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Et toi, tu te souviens? Tu étais fier et droit. Imposant et minéral. Froid et ferme. Tu nous protégeais des méchants qui étaient de l'autre côté de toi, de chaque côté. Tu devais durer 100 ans, mais "ils" t'ont détruit, et plus rien n'est comme avant. Tu nous faisais peur, de part et d'autre de toi-même, mais tu organisais nos vies, et c'était simple.</span></span></span><br /><a name='more'></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-2ZMqmxx82sI/XcbQSbb39rI/AAAAAAAAETE/tGq1QhIYc9Qnq86KWNKZvnY7z3cyxKaMACLcBGAsYHQ/s1600/mauerleervor.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1084" data-original-width="1488" height="291" src="https://1.bp.blogspot.com/-2ZMqmxx82sI/XcbQSbb39rI/AAAAAAAAETE/tGq1QhIYc9Qnq86KWNKZvnY7z3cyxKaMACLcBGAsYHQ/s400/mauerleervor.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Aujourd'hui, c'est beaucoup plus compliqué. Parce qu'on est libre, tu sais, et la liberté, c'est quelque chose de très compliqué. Enfin, d'ailleurs, c'est pas vraiment la liberté qu'on a depuis que tu n'es plus là. C'est un autre truc, mais très proche, et, il paraît, même mieux. Comment ils disent, déjà, ceux qui ont gagné sur toi? Ah oui, le libéralisme. Ca ressemble à la liberté. Il y a le mot "libre" dedans. Etymologiquement, c'est la même racine. Les gens qui ont gagné sur toi, ils disent souvent "moins d'égalité, plus de liberté", parce que la liberté, c'est sacré, et l'égalité, ça freine la liberté, parce qu'on ne peut pas être tous pareils, parce que si on est pareil, comme à l'époque d'un côté de toi, ça veut dire qu'on n'est pas libre !</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ceux qui ont gagné sur toi, il faut que je t'explique tout de suite qui c'est. C'était pas du tout les gens qui voulaient que tu tombes, parce qu'ils en avaient marre du PQ qui gratte et irrite les fesses, ou parce que tu les empêchais de voir Michael Jackson en concert. C'était pas non plus les gens qui voulaient juste t'enlever mais garder tout le système du boulot pour tout le monde, de l'école gratuite, de la sécurité sociale, </span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">d'une certaine solidarité, </span></span></span>des femmes qui pouvaient travailler pendant qu'on garde leur gamin, des gamins qu'elles avaient le droit de pas vouloir garder si elles tombaient enceinte, tout ça... Ces gens, ils voulaient juste améliorer en fait la vie derrière toi, en t'enlevant. Mais c'est pas eux qui ont gagné sur toi. Ceux qui ont gagné sur toi, c'est ceux qui ont attendu que tous ceux dont je viens de parler, ils mouillent leur chemise, qu'ils se fassent taper dessus par la méchante police du côté pas libre de toi, ou bien qu'ils se barrent en masse en passant par la Hongrie qui commençait à te démonter. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme ça, c'était plus simple, chacun a pris équitablement sa part du boulot. Et quand ceux qui ont mouillé leur chemise et pris des coups de matraque ont réussi à faire que tu tombes, ceux qui ont gagné sur toi, ils sont venus et ils ont dit: "le capitalisme a détruit le rideau de fer, le capitalisme l'a emporté sur le communisme!". Comme ils parlaient avec beaucoup d'emphase, qu'ils étaient bien habillés, et qu'on était tous bourrés sur la Place Venceslas ou sur Friedrichstrasse, tout le monde les a cru quand ils ont dit ça: ils ont alors pu venir avec leurs devises, <strike>liquider</strike> investir dans l'économie, apporter le bonheur, et vendre du PQ qui sent la rose citronée et caresse les fesses pendant que la radio elle passe Michael Jackson. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br />Du côté ex-pas libre de toi, beaucoup de gens ont perdu leur travail, ou aussi leurs repères. Parfois c'est même pire quand tu perds tes repères que quand tu perds ton travail, parce que tu ne sais plus qui tu es, d'où tu viens, où tu vas, pourquoi tu fais ça, etc. Mais les gens qui ont gagné sur toi ont dit que tout ça c'est pas grave parce qu'on ne peut pas arrêter la marche de l'histoire, et que maintenant les gens qui étaient pas libres sont libres, et ça, c'est le plus important, parce que pas être libre c'est terrible. Ils ont dit que les gens qui ont perdu leurs repères, ils doivent arrêter d'être perdus, de se plaindre tout le temps, et de dire que quand tu étais là, il y avait des choses bien quand même, parce que dire qu'il y avait des choses bien, ça veut dire qu'on est complice de Staline et des millions de morts qu'il a tué en masse, ou qu'on regrette la STASI, et ça, c'est pas bien du tout, parce que ça veut dire qu'on est pas prêt pour être libre. C'est pour ça que parfois, on dit que les gens qui étaient du côté pas libre de toi, ce sont des ploucs un peu retardés, et qu'ils ont pas d'expérience démocratique. C'est pour ça qu'ils arrivent pas bien à être libres...</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Mais aujourd'hui, on n'a pas tellement le temps de réfléchir à tout ça, si c'était bien ou pas avant, s'il aurait fallu faire autrement, et si les gens qui ont gagné sur toi, ils ont pas un peu exagéré leur rôle et s'ils ont pas merdé sur certains trucs... On n'a pas le temps de réfléchir, parce que tu sais, on est libre. Et être libre ça prend beaucoup de temps: par exemple, ça prend beaucoup de temps d'étudier si on prend plutôt un forfait 4G avec SMS illimités ou si on préfère la box qui te garantit la portabilité de ton ancien numéro avec lequel tu peux appeler tous les week-ends en illimité aussi. Ou alors, on doit bien réfléchir si on prend plutôt l'avion ou le TGV pour le week-end à Barcelone. Dans le premier, c'est très rapide mais on est entassé avec des pauvres, parce que l'avion, c'est devenu pas cher du tout. Les pauvres, ils sont sales, vulgaires et ils parlent fort. Dans le second, c'est rapide aussi, mais un peu moins quand même, mais tu peux voyager avec des gens comme ceux qui ont gagné sur toi, qui bossent sur leur laptop pendant tout le voyage, et c'est calme. Surtout si tu prends la liberté de choisir la première classe pour juste 10 euros de plus. Il y a aussi le bus, ça permet d'économiser une nuit d'hôtel parce que tu pars à Barcelone à 1h45 du matin et tu peux dormir dans le bus, mais tu voyages aussi avec des gens pauvres qui sentent la transpiration. <br /><br />Alors il faut bien étudier, comparer. Et puis il faut réfléchir si Prague, c'est quand même pas mieux que Barcelone. Et il faut bien réfléchir si c'est pas mieux le Air BnB à Poble Sec que dans le Barri Gotic, parce que c'est moins cher à Poble Sec. Le prix c'est toujours important, parce que la liberté, les gens qui ont gagné sur toi le disent souvent, c'est d'avoir toujours le meilleur prix. Ca dynamise tout un "écosystème" qui se régule lui-même, sans qu'on ait besoin d'agir dessus, comme ça, on a du temps libre pour d'autres choses, et on peut bien étudier les offres qui font vivre l'écosystème. C'est comme ça pour tout, il faut tout bien étudier et bien réfléchir: aussi pour l'électricité, le gaz, la complémentaire santé, l'écran plasma, l'enceinte blue-tooth... Aussi pour les études, il faut bien choisir ce qu'on veut faire, et il faut prendre une école qui est bien notée, de préférence privée, parce que quand c'est privé tu as la liberté de choisir. Comme on est libre de choisir, alors il faut prendre le temps de bien peser le pour et le contre de chaque chose. On est entrepreneur de notre vie, maintenant.&nbsp; C'est ça qui est compliqué, mais comme tu n'es plus là, on doit faire sans toi. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En fait, il y a encore un peu des gens qui se battent pour une partie de ce que tu protégeais à l'époque, et qui était pas mal d'un côté de toi, si on fait abstraction de la police qui tape et torture, et du parti unique: la sécu, le travail, la solidarité, tout ça... Mais ces gens, excuse moi d'être vulgaire, ils sont surtout occupés à faire des concours de bites en ce moment: ils regardent qui bande le plus à gauche et qui a la plus grosse. A cause de ça, ils se disputent tout le temps, parce qu'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, il y a trop de choses qui les divisent, qu'ils disent, et que c'est irréconciliable, qu'ils disent aussi. Pourtant, quand tu regardes même distraitement, tu vois que oui, il y a 2-3 choses qui les divisent, mais qu'il y a aussi beaucoup de choses qui les rapprochent, mais eux, ils regardent surtout ce qui les rapproche pas, et comment l'autre qui est d'accord avec eux sur beaucoup de choses, il a quand même franchi des lignes rouges, et ça, la ligne rouge, c'est un truc qui fait que c'est irréconciliable. Ils pensent pas du tout non plus que les différences, c'est aussi une richesse, et que ça peut permettre de rassembler plus de monde si on arrive à se concentrer sur ce qui rapproche. Ca aussi c'est irréconciliable derrière la ligne rouge. Alors ils vont tous séparément se battre contre ceux qui ont gagné sur toi, et ça sert à rien, c'est ridicule, et ceux qui ont gagné sur toi, ils gagnent aussi sur eux, tout le temps. <br /><br />A cause de ça, on reste libre d'être apathique, dégoûté et cynique.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ca tombe bien, parce que depuis que tu n'es plus là, ceux qui ont gagné sur toi, ils ont inventé des trucs qui nous permettent d'être libres et en même temps apathiques, tout en étant libre de ne pas nous en rendre compte. Non, c'est pas la télé qui existait déjà quand tu étais là et disait de part et d'autre de toi ce qu'on devait penser! La télé existe toujours, mais aujourd'hui, c'est devenu tellement compliqué d'être libre de choisir dans le bouquet de 80 chaînes, et entre la microfibre et le satellite 5G, que c'est pas de ça que je veux te parler. Il y a un autre truc beaucoup plus puissant que la télé. Tiens, c'est marrant, au début, ça s'appelait un mur comme toi, mais aujourd'hui on dit "timeline", parce que ça vient des Etats-Unis, et aux Etats-Unis on parle anglais. Quand on utilise un mot anglais, ça veut de toute façon dire que c'est mieux, et qu'on est libre, puisque les Etats Unis, c'est le leader du monde libre par excellence.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et donc le mur inventé par ceux qui ont gagné sur toi, c'est un truc sur lequel on peut écrire, poster des photos, dire tout ce qu'on pense. C'est un truc où on peut vraiment tout dire, puisqu'on est libre, on peut même dire que les pédés sont des malades mentaux et que les juifs gouvernent le monde, même si c'est prouvé que c'est pas vrai, et que c'est pas gentil de dire pédé. C'est ça la liberté d'expression! Attention à ne pas interdire de dire des bêtises ou des choses pas gentilles, comme au temps où tu étais là, et que les gens d'un côté de toi n'avaient pas le droit de dire des choses, parce que sinon, ils allaient en prison, ou au Goulag. Les gens qui ont gagné sur toi disent que c'était terrible, le goulag, alors il faut laisser dire aux gens les choses, parce qu'en plus, ça génère du trafic, et plus il y a du trafic, plus l'algorithme, il s'agite, et les annonceurs sont contents (tu sais, les annonceurs font partie de l'écosystème qui se régule tout seul dont je te parlais plus haut. Il ne faut surtout pas perturber ces gens là, sinon les marchés ne sont plus rassurés, et ça, c'est très grave!). En plus, on peut récolter des "likes" et des commentaires et ça, ça fait aussi beaucoup de trafic. Comme ça, on devient un "influenceur", une sorte de personne plus libre que les autres, puisqu'elle les influence, et que les gens ils sont libres d'être influencés. <br /><br />Le mur/timeline c'est aussi un truc très pratique pour les gens qui ont gagné sur toi, parce que les utilisateurs du mur attendent les likes et les commentaires, et ils répondent. Ca prend du temps d'attendre les likes, les commentaires, puis de répondre. Tu peux pas lire un livre et attendre les likes et les commentaires, puis répondre! Et le like, c'est mieux qu'un salaire: le type qui a plein de like, il est tellement fier, parce que souvent, il a jamais eu un tel succès ailleurs! En tout cas, comme ça, les gens, ils sont occupés, et ils ne pensent pas à poser des questions qui dérangent aux gens qui ont gagné sur toi, et encore moins à descendre dans la rue ou à bloquer des usines, parce que les gens qui ont gagné sur toi, ils sont en train de terminer de ce côté le boulot commencé du côté ex-pas libre de toi quand tu es tombé. Mais heureusement, les gens n'ont pas besoin de bloquer les usines ou de faire la grève puisqu'ils ont la liberté de poster sur le mur qu'il y a une manifestation au Chili ou que même, il suffit de mettre une photo avec "grève" écrit dessus sur le mur et de rien publier pendant une heure. Et sur le mur, les gens ont le droit de dire que les gens qui ont gagné sur toi sont très méchants et qu'il faut faire quelque chose contre eux. Quand c'est posté, les autres ont la liberté de liker et de dire que c'est vrai, que ça peut plus durer, que faut vraiment faire quelque chose, que l'apathie c'est plus possible, et comme ça, ça fait le boulot. Ca économise de devoir mouiller sa chemise, de se faire taper, comme les gens qui voulaient t'enlever et juste améliorer le système que tu protégeais, dont je parlais plus haut. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour finir sur le mur qui s'appelle timeline, comme tout le monde est libre de dire ce qu'il pense et de montrer tout ce qu'il fait, tout le monde est libre de savoir tout sur tout le monde. Fini les cachotteries et les petits secrets, de toute façon, si on n'a rien à se reprocher on n'a rien à cacher, c'est ça qui est formidable, quand on est libre! Comme ça, on peut tous se surveiller et vérifier que chacun reste bien libre de tout dire et tout montrer. On peut même savoir si la personne a regardé ou pas le message qu'on lui a envoyé en inbox, une espèce de boîte derrière le mur: comme ça, si elle l'a vu, mais qu'elle répond pas, on peut la <strike>harceler</strike> relancer, ou déduire que c'est vraiment un(e) sale con(e), alors qu'il/elle avait la liberté d'avoir la politesse de nous répondre, puisqu'il/elle savait qu'on verrait qu'il/elle a vu. Grâce à ça, on est aussi libre d'être viré de son boulot si on a pris la liberté d'écrire sur le mur que notre patron est un gros con. On est aussi libre d'avoir une fiche S qui donne la liberté d'avoir plein d'ennuis avec la police, si par exemple dans un moment de colère qu'on a été libre de ressentir, on a été libre d'avoir écrit sur le mur que les gens qui ont gagné sur toi sont tellement arrogants qu'ils font parfois regretter la Bande à Baader ou la guillotine.&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'ailleurs, depuis que tu n'es plus là, on est libre d'être mieux surveillé partout et tout le temps. Le téléphone portable qu'on est libre d'être obligé de posséder pour le travail ou pour plein de choses pratiques, non seulement il nous donne la liberté de pouvoir être joint partout et tout le temps, mais aussi il nous écoute. Comme ça, il peut nous proposer des offres bien ciblées, et on ne perdra pas le temps avec des offres pas ciblées. Comme ça on restera libre de pouvoir bien prendre le temps d'étudier les offres ciblées pour nous, et l'écosystème, il pourra continuer à se réguler tout seul, et les marchés, ils seront rassurés.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Grâce à ça, la police elle est aussi libre de savoir plus facilement ce qu'on est libre de penser, surtout si on est contre les gens qui ont gagné sur toi, et qu'on connaît d'autres gens qui sont contre eux, et qui mouillent leur chemise pour de vrai dans des grèves ou des blocages, et qui se font taper par la police. C'est rigolo, les gens qui ont gagné sur toi ont quand même beaucoup pris des choses du temps où tu étais là, et du côté pas libre de toi, par exemple les caméras de surveillance partout, les fiches S dont j'ai parlé qui ressemblent un petit peu aux dossiers de la STASI, les informateurs qui sont libres de dénoncer les gens "qui partagent pas notre mode de vie"...En plus, ils ont amélioré les choses, comme par exemple la reconnaissance faciale ou le projet de nous donner la liberté de ne plus être anonyme sur les timelines. Tout ça nous rappelle un peu le temps où tu étais là. <br /><br />D'ailleurs, ça commence à ressembler au temps ou d'un côté de toi, les gens se faisaient arrêter, taper ou torturer par la police. Les gens qui ont gagné sur toi ont inventé plein d'armes, que, si les gens qui te gardaient à l'époque les avaient eu, peut-être que tu serais encore là. Quoique, à l'époque, les gens qui ont gagné sur toi, avant de gagner, ils protestaient solennellement quand la police, du côté de toi où ça tapait sur les gens, elle tapait trop fort, ou qu'il y avait des morts, ou des gens en prison. Du coup, la police du côté de toi où elle tapait et torturait, elle devait quand même pas aller trop loin, à cause de l'image. Ou alors, il fallait le faire discrètement. Aujourd'hui, c'est fini, les gens qui ont gagné sur toi, personne ne leur dit quand ça va trop loin et qu'il y a des morts ou des gens en prison, parce qu'ils n'ont pas de leçons à recevoir, puisqu'ils ont gagné sur le côté de toi où les gens n'étaient pas libres, et que maintenant les gens sont libres, et que donc on peut pas mettre tout sur le même plan.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'ailleurs, c'est marrant, les murs n'ont pas disparu avec les gens qui ont gagné sur toi. Ca aussi, c'est un truc compliqué dans la liberté libérale avec son écosystème qui se régule tout seul. Il y a plein de murs partout, mais on ne les voit pas. Ce sont des murs invisibles que les gens qui ont gagné sur toi ont mis un peu partout: des trucs comme les diplômes, la rémunération, le niveau culturel, le quartier, les cotations boursières, et plein d'autres choses encore. Comme ça, ça leur permet de rester entre eux, et de continuer à faire leurs petites affaires. Mais ça ne suffit pas, ils mettent aussi des murs entre nous qui ne sommes pas comme eux, comme ça, on devient jaloux du mec qui est derrière notre mur, parce que les gens qui ont gagné sur toi disent que ce mec, il fout rien et qu'il reçoit du fric, alors que nous on se lève tôt et on bosse pour une misère... Comme ça, on devient tous irréconciliables, nous aussi.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et pour finir, ils mettent quand même des vrais murs, comme toi, si besoin. Ca nous rappelle le bon vieux temps. Il y en a dans beaucoup d'endroits dans le monde, et la liste serait très longue à énumérer. Il faut être juste et honnête, c'est pas toujours les gens qui ont gagné sur toi qui les mettent, comme en Corée du Nord, où c'est des gens qui revendiquent aussi un côté pas libre, comme toi à l'époque, qui gardent le mur. Il y a aussi des vrais murs comme toi dans des pays, où les gens, ils peuvent pas se supporter, et donc, pour les protéger les uns les autres, on met un mur. Comme ça, on n'est pas obligé de régler le problème, mais au moins c'est la paix. On dit alors que c'est un "conflit gelé". C'est très pratique, un conflit gelé, parce que les gens, tu les laisse libres de se détester si ça les chante, mais simplement tu demandes qu'ils se tapent pas dessus, et qu'ils vivent chacun de leur côté. C'est là qu'on retrouve les gens qui ont gagné sur toi, parce qu'ils sont jamais très loin, tu sais. Une fois que le conflit est gelé, ils peuvent finalement venir et faire des affaires qui permettent à l'écosystème de bien se réguler tout seul de chaque côté de là où les gens peuvent pas se supporter.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br />Chez nous, là où tu nous coupais en deux à l'époque, les vrais murs sont maintenant aux frontières de ce qui s'appelle l'Union Européenne. Tu sais, c'est ce truc que les gens qui ont gagné sur toi ont créé pour que l'écosystème se régule mieux et tout seul, et qu'ils appellent souvent plus simplement "l'Europe": comme ça, ils rappellent bien que l'Europe, c'est seulement l'endroit des gens qui ont gagné sur toi, pas les autres endroits en Europe qui doivent encore faire des efforts pour rentrer "dans l'Europe" et être libres comme nous. Ces murs aux frontières de "l'Europe", ça nous protège des gens qui "n'ont pas notre mode de vie" que j'ai déjà évoqué, puisque depuis peu, on doit les surveiller nous mêmes, afin de rester bien libres entre gens irréconciliables, mais qui partagent le même mode de vie. <br /><br />Ces gens veulent venir chez nous parce que chez eux,&nbsp; ils trouvent que c'est tout pourri, que y'a pas d'argent, de sécu, de travail, et même parfois pas de PQ, même qui gratte, ni de radio pour écouter Michael Jackson. Et souvent la police sur place les tape et les torture pour un oui ou pour un non. Et personne ne dit rien solennellement, comme à l'époque contre le côté pas libre de toi, parce que pendant que la police tape et torture, les gens qui ont gagné sur toi gagnent aussi là bas, avec leur plates-forme pétrolière, où ils n'ont pas besoin de payer des taxes. Chez les gens irréconciliables aussi, il y en a certains qui ne disent rien si la police tape et torture là-bas, parce que cette frange des gens irréconciliables, elle pense que le pouvoir qui dit à la police de taper et de torturer, il résiste à l'impérialisme américain, et ça c'est une ligne rouge chez ces gens irréconciliables qui fait que justement c'est irréconciliable avec les autres qui ont aussi leurs lignes rouges. Mais je m'égare... Je voulais dire que les gens qui ne partagent pas notre mode de vie qui veulent venir chez nous parce que c'est mieux, ça veut dire quand même qu'en réalité, ils connaissent un peu notre mode de vie, puisqu'ils pensent que ce mode de vie est mieux que le leur. Ca veut dire qu'ils partagent un peu notre mode de vie, alors c'est bizarre de dire qu'ils le partagent pas. En fait, dire qu'ils ne partagent pas notre mode de vie, ça aussi, ça permet aux gens qui ont gagné sur toi de créer encore un mur invisible de plus. Ca fait encore que nous, on se concentre sur ceux qui ne partagent pas notre mode de vie, au lieu de nous concentrer sur ceux qui ont gagné sur toi. Comme ça, les gens qui ont gagné sur toi, ils restent au pouvoir, l'écosystème, il continue de se réguler tout seul, et nous on reste libre de tout ce que je t'ai raconté dans ce post.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tous ces murs invisibles que les gens qui ont gagné sur toi mettent en place partout, ça fait que finalement, tu ne nous manque pas trop. Comme toi autrefois, tous ces petits murs organisent nos vies et donc c'est simple, finalement. C'est pour ça d'ailleurs que rien ne va changer, et que les gens qui ont gagné sur toi, ils vont toujours gagner sur tout. Parce que nous, comme les vopos qui te gardaient farouchement à  l'époque, on préfère garder farouchement tous les petits murs, invisibles ou non, qu'ils ont mis entre nous: parce qu'aujourd'hui, les murs qui nous séparent des autres, c'est souvent la  seule chose qui nous reste...</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-kRLMqlQpOvE/XcbQ-0KHkzI/AAAAAAAAETQ/TsAhv-LrymsTuQ9QraW3uAK_MLWux96PwCLcBGAsYHQ/s1600/Hongrie.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="600" data-original-width="1000" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-kRLMqlQpOvE/XcbQ-0KHkzI/AAAAAAAAETQ/TsAhv-LrymsTuQ9QraW3uAK_MLWux96PwCLcBGAsYHQ/s400/Hongrie.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><br /><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Ce post spécial "le mur: 30 ans après" est aussi un petit clin d'oeil amical à <a href="https://www.facebook.com/jeanluc.florin.1" target="_blank">Jean-Luc Florin</a>, dont les  publications sur facebook se situent dans un esprit similaire à celui-ci, et dont la lecture est une délectation à chaque fois. </i></span></span></span></div><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div>
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Et toi, tu te souviens? Tu étais fier et droit. Imposant et minéral. Froid et ferme. Tu nous protégeais des méchants qui étaient de l'autre côté de toi, de chaque côté. Tu devais durer 100 ans, mais "ils" t'ont détruit, et plus rien n'est comme avant. Tu nous faisais peur, de part et d'autre de toi-même, mais tu organisais nos vies, et c'était simple.</span></span></span><br /><a name='more'></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-2ZMqmxx82sI/XcbQSbb39rI/AAAAAAAAETE/tGq1QhIYc9Qnq86KWNKZvnY7z3cyxKaMACLcBGAsYHQ/s1600/mauerleervor.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1084" data-original-width="1488" height="291" src="https://1.bp.blogspot.com/-2ZMqmxx82sI/XcbQSbb39rI/AAAAAAAAETE/tGq1QhIYc9Qnq86KWNKZvnY7z3cyxKaMACLcBGAsYHQ/s400/mauerleervor.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Aujourd'hui, c'est beaucoup plus compliqué. Parce qu'on est libre, tu sais, et la liberté, c'est quelque chose de très compliqué. Enfin, d'ailleurs, c'est pas vraiment la liberté qu'on a depuis que tu n'es plus là. C'est un autre truc, mais très proche, et, il paraît, même mieux. Comment ils disent, déjà, ceux qui ont gagné sur toi? Ah oui, le libéralisme. Ca ressemble à la liberté. Il y a le mot "libre" dedans. Etymologiquement, c'est la même racine. Les gens qui ont gagné sur toi, ils disent souvent "moins d'égalité, plus de liberté", parce que la liberté, c'est sacré, et l'égalité, ça freine la liberté, parce qu'on ne peut pas être tous pareils, parce que si on est pareil, comme à l'époque d'un côté de toi, ça veut dire qu'on n'est pas libre !</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ceux qui ont gagné sur toi, il faut que je t'explique tout de suite qui c'est. C'était pas du tout les gens qui voulaient que tu tombes, parce qu'ils en avaient marre du PQ qui gratte et irrite les fesses, ou parce que tu les empêchais de voir Michael Jackson en concert. C'était pas non plus les gens qui voulaient juste t'enlever mais garder tout le système du boulot pour tout le monde, de l'école gratuite, de la sécurité sociale, </span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">d'une certaine solidarité, </span></span></span>des femmes qui pouvaient travailler pendant qu'on garde leur gamin, des gamins qu'elles avaient le droit de pas vouloir garder si elles tombaient enceinte, tout ça... Ces gens, ils voulaient juste améliorer en fait la vie derrière toi, en t'enlevant. Mais c'est pas eux qui ont gagné sur toi. Ceux qui ont gagné sur toi, c'est ceux qui ont attendu que tous ceux dont je viens de parler, ils mouillent leur chemise, qu'ils se fassent taper dessus par la méchante police du côté pas libre de toi, ou bien qu'ils se barrent en masse en passant par la Hongrie qui commençait à te démonter. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme ça, c'était plus simple, chacun a pris équitablement sa part du boulot. Et quand ceux qui ont mouillé leur chemise et pris des coups de matraque ont réussi à faire que tu tombes, ceux qui ont gagné sur toi, ils sont venus et ils ont dit: "le capitalisme a détruit le rideau de fer, le capitalisme l'a emporté sur le communisme!". Comme ils parlaient avec beaucoup d'emphase, qu'ils étaient bien habillés, et qu'on était tous bourrés sur la Place Venceslas ou sur Friedrichstrasse, tout le monde les a cru quand ils ont dit ça: ils ont alors pu venir avec leurs devises, <strike>liquider</strike> investir dans l'économie, apporter le bonheur, et vendre du PQ qui sent la rose citronée et caresse les fesses pendant que la radio elle passe Michael Jackson. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br />Du côté ex-pas libre de toi, beaucoup de gens ont perdu leur travail, ou aussi leurs repères. Parfois c'est même pire quand tu perds tes repères que quand tu perds ton travail, parce que tu ne sais plus qui tu es, d'où tu viens, où tu vas, pourquoi tu fais ça, etc. Mais les gens qui ont gagné sur toi ont dit que tout ça c'est pas grave parce qu'on ne peut pas arrêter la marche de l'histoire, et que maintenant les gens qui étaient pas libres sont libres, et ça, c'est le plus important, parce que pas être libre c'est terrible. Ils ont dit que les gens qui ont perdu leurs repères, ils doivent arrêter d'être perdus, de se plaindre tout le temps, et de dire que quand tu étais là, il y avait des choses bien quand même, parce que dire qu'il y avait des choses bien, ça veut dire qu'on est complice de Staline et des millions de morts qu'il a tué en masse, ou qu'on regrette la STASI, et ça, c'est pas bien du tout, parce que ça veut dire qu'on est pas prêt pour être libre. C'est pour ça que parfois, on dit que les gens qui étaient du côté pas libre de toi, ce sont des ploucs un peu retardés, et qu'ils ont pas d'expérience démocratique. C'est pour ça qu'ils arrivent pas bien à être libres...</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Mais aujourd'hui, on n'a pas tellement le temps de réfléchir à tout ça, si c'était bien ou pas avant, s'il aurait fallu faire autrement, et si les gens qui ont gagné sur toi, ils ont pas un peu exagéré leur rôle et s'ils ont pas merdé sur certains trucs... On n'a pas le temps de réfléchir, parce que tu sais, on est libre. Et être libre ça prend beaucoup de temps: par exemple, ça prend beaucoup de temps d'étudier si on prend plutôt un forfait 4G avec SMS illimités ou si on préfère la box qui te garantit la portabilité de ton ancien numéro avec lequel tu peux appeler tous les week-ends en illimité aussi. Ou alors, on doit bien réfléchir si on prend plutôt l'avion ou le TGV pour le week-end à Barcelone. Dans le premier, c'est très rapide mais on est entassé avec des pauvres, parce que l'avion, c'est devenu pas cher du tout. Les pauvres, ils sont sales, vulgaires et ils parlent fort. Dans le second, c'est rapide aussi, mais un peu moins quand même, mais tu peux voyager avec des gens comme ceux qui ont gagné sur toi, qui bossent sur leur laptop pendant tout le voyage, et c'est calme. Surtout si tu prends la liberté de choisir la première classe pour juste 10 euros de plus. Il y a aussi le bus, ça permet d'économiser une nuit d'hôtel parce que tu pars à Barcelone à 1h45 du matin et tu peux dormir dans le bus, mais tu voyages aussi avec des gens pauvres qui sentent la transpiration. <br /><br />Alors il faut bien étudier, comparer. Et puis il faut réfléchir si Prague, c'est quand même pas mieux que Barcelone. Et il faut bien réfléchir si c'est pas mieux le Air BnB à Poble Sec que dans le Barri Gotic, parce que c'est moins cher à Poble Sec. Le prix c'est toujours important, parce que la liberté, les gens qui ont gagné sur toi le disent souvent, c'est d'avoir toujours le meilleur prix. Ca dynamise tout un "écosystème" qui se régule lui-même, sans qu'on ait besoin d'agir dessus, comme ça, on a du temps libre pour d'autres choses, et on peut bien étudier les offres qui font vivre l'écosystème. C'est comme ça pour tout, il faut tout bien étudier et bien réfléchir: aussi pour l'électricité, le gaz, la complémentaire santé, l'écran plasma, l'enceinte blue-tooth... Aussi pour les études, il faut bien choisir ce qu'on veut faire, et il faut prendre une école qui est bien notée, de préférence privée, parce que quand c'est privé tu as la liberté de choisir. Comme on est libre de choisir, alors il faut prendre le temps de bien peser le pour et le contre de chaque chose. On est entrepreneur de notre vie, maintenant.&nbsp; C'est ça qui est compliqué, mais comme tu n'es plus là, on doit faire sans toi. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En fait, il y a encore un peu des gens qui se battent pour une partie de ce que tu protégeais à l'époque, et qui était pas mal d'un côté de toi, si on fait abstraction de la police qui tape et torture, et du parti unique: la sécu, le travail, la solidarité, tout ça... Mais ces gens, excuse moi d'être vulgaire, ils sont surtout occupés à faire des concours de bites en ce moment: ils regardent qui bande le plus à gauche et qui a la plus grosse. A cause de ça, ils se disputent tout le temps, parce qu'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord, il y a trop de choses qui les divisent, qu'ils disent, et que c'est irréconciliable, qu'ils disent aussi. Pourtant, quand tu regardes même distraitement, tu vois que oui, il y a 2-3 choses qui les divisent, mais qu'il y a aussi beaucoup de choses qui les rapprochent, mais eux, ils regardent surtout ce qui les rapproche pas, et comment l'autre qui est d'accord avec eux sur beaucoup de choses, il a quand même franchi des lignes rouges, et ça, la ligne rouge, c'est un truc qui fait que c'est irréconciliable. Ils pensent pas du tout non plus que les différences, c'est aussi une richesse, et que ça peut permettre de rassembler plus de monde si on arrive à se concentrer sur ce qui rapproche. Ca aussi c'est irréconciliable derrière la ligne rouge. Alors ils vont tous séparément se battre contre ceux qui ont gagné sur toi, et ça sert à rien, c'est ridicule, et ceux qui ont gagné sur toi, ils gagnent aussi sur eux, tout le temps. <br /><br />A cause de ça, on reste libre d'être apathique, dégoûté et cynique.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ca tombe bien, parce que depuis que tu n'es plus là, ceux qui ont gagné sur toi, ils ont inventé des trucs qui nous permettent d'être libres et en même temps apathiques, tout en étant libre de ne pas nous en rendre compte. Non, c'est pas la télé qui existait déjà quand tu étais là et disait de part et d'autre de toi ce qu'on devait penser! La télé existe toujours, mais aujourd'hui, c'est devenu tellement compliqué d'être libre de choisir dans le bouquet de 80 chaînes, et entre la microfibre et le satellite 5G, que c'est pas de ça que je veux te parler. Il y a un autre truc beaucoup plus puissant que la télé. Tiens, c'est marrant, au début, ça s'appelait un mur comme toi, mais aujourd'hui on dit "timeline", parce que ça vient des Etats-Unis, et aux Etats-Unis on parle anglais. Quand on utilise un mot anglais, ça veut de toute façon dire que c'est mieux, et qu'on est libre, puisque les Etats Unis, c'est le leader du monde libre par excellence.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et donc le mur inventé par ceux qui ont gagné sur toi, c'est un truc sur lequel on peut écrire, poster des photos, dire tout ce qu'on pense. C'est un truc où on peut vraiment tout dire, puisqu'on est libre, on peut même dire que les pédés sont des malades mentaux et que les juifs gouvernent le monde, même si c'est prouvé que c'est pas vrai, et que c'est pas gentil de dire pédé. C'est ça la liberté d'expression! Attention à ne pas interdire de dire des bêtises ou des choses pas gentilles, comme au temps où tu étais là, et que les gens d'un côté de toi n'avaient pas le droit de dire des choses, parce que sinon, ils allaient en prison, ou au Goulag. Les gens qui ont gagné sur toi disent que c'était terrible, le goulag, alors il faut laisser dire aux gens les choses, parce qu'en plus, ça génère du trafic, et plus il y a du trafic, plus l'algorithme, il s'agite, et les annonceurs sont contents (tu sais, les annonceurs font partie de l'écosystème qui se régule tout seul dont je te parlais plus haut. Il ne faut surtout pas perturber ces gens là, sinon les marchés ne sont plus rassurés, et ça, c'est très grave!). En plus, on peut récolter des "likes" et des commentaires et ça, ça fait aussi beaucoup de trafic. Comme ça, on devient un "influenceur", une sorte de personne plus libre que les autres, puisqu'elle les influence, et que les gens ils sont libres d'être influencés. <br /><br />Le mur/timeline c'est aussi un truc très pratique pour les gens qui ont gagné sur toi, parce que les utilisateurs du mur attendent les likes et les commentaires, et ils répondent. Ca prend du temps d'attendre les likes, les commentaires, puis de répondre. Tu peux pas lire un livre et attendre les likes et les commentaires, puis répondre! Et le like, c'est mieux qu'un salaire: le type qui a plein de like, il est tellement fier, parce que souvent, il a jamais eu un tel succès ailleurs! En tout cas, comme ça, les gens, ils sont occupés, et ils ne pensent pas à poser des questions qui dérangent aux gens qui ont gagné sur toi, et encore moins à descendre dans la rue ou à bloquer des usines, parce que les gens qui ont gagné sur toi, ils sont en train de terminer de ce côté le boulot commencé du côté ex-pas libre de toi quand tu es tombé. Mais heureusement, les gens n'ont pas besoin de bloquer les usines ou de faire la grève puisqu'ils ont la liberté de poster sur le mur qu'il y a une manifestation au Chili ou que même, il suffit de mettre une photo avec "grève" écrit dessus sur le mur et de rien publier pendant une heure. Et sur le mur, les gens ont le droit de dire que les gens qui ont gagné sur toi sont très méchants et qu'il faut faire quelque chose contre eux. Quand c'est posté, les autres ont la liberté de liker et de dire que c'est vrai, que ça peut plus durer, que faut vraiment faire quelque chose, que l'apathie c'est plus possible, et comme ça, ça fait le boulot. Ca économise de devoir mouiller sa chemise, de se faire taper, comme les gens qui voulaient t'enlever et juste améliorer le système que tu protégeais, dont je parlais plus haut. </span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour finir sur le mur qui s'appelle timeline, comme tout le monde est libre de dire ce qu'il pense et de montrer tout ce qu'il fait, tout le monde est libre de savoir tout sur tout le monde. Fini les cachotteries et les petits secrets, de toute façon, si on n'a rien à se reprocher on n'a rien à cacher, c'est ça qui est formidable, quand on est libre! Comme ça, on peut tous se surveiller et vérifier que chacun reste bien libre de tout dire et tout montrer. On peut même savoir si la personne a regardé ou pas le message qu'on lui a envoyé en inbox, une espèce de boîte derrière le mur: comme ça, si elle l'a vu, mais qu'elle répond pas, on peut la <strike>harceler</strike> relancer, ou déduire que c'est vraiment un(e) sale con(e), alors qu'il/elle avait la liberté d'avoir la politesse de nous répondre, puisqu'il/elle savait qu'on verrait qu'il/elle a vu. Grâce à ça, on est aussi libre d'être viré de son boulot si on a pris la liberté d'écrire sur le mur que notre patron est un gros con. On est aussi libre d'avoir une fiche S qui donne la liberté d'avoir plein d'ennuis avec la police, si par exemple dans un moment de colère qu'on a été libre de ressentir, on a été libre d'avoir écrit sur le mur que les gens qui ont gagné sur toi sont tellement arrogants qu'ils font parfois regretter la Bande à Baader ou la guillotine.&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'ailleurs, depuis que tu n'es plus là, on est libre d'être mieux surveillé partout et tout le temps. Le téléphone portable qu'on est libre d'être obligé de posséder pour le travail ou pour plein de choses pratiques, non seulement il nous donne la liberté de pouvoir être joint partout et tout le temps, mais aussi il nous écoute. Comme ça, il peut nous proposer des offres bien ciblées, et on ne perdra pas le temps avec des offres pas ciblées. Comme ça on restera libre de pouvoir bien prendre le temps d'étudier les offres ciblées pour nous, et l'écosystème, il pourra continuer à se réguler tout seul, et les marchés, ils seront rassurés.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Grâce à ça, la police elle est aussi libre de savoir plus facilement ce qu'on est libre de penser, surtout si on est contre les gens qui ont gagné sur toi, et qu'on connaît d'autres gens qui sont contre eux, et qui mouillent leur chemise pour de vrai dans des grèves ou des blocages, et qui se font taper par la police. C'est rigolo, les gens qui ont gagné sur toi ont quand même beaucoup pris des choses du temps où tu étais là, et du côté pas libre de toi, par exemple les caméras de surveillance partout, les fiches S dont j'ai parlé qui ressemblent un petit peu aux dossiers de la STASI, les informateurs qui sont libres de dénoncer les gens "qui partagent pas notre mode de vie"...En plus, ils ont amélioré les choses, comme par exemple la reconnaissance faciale ou le projet de nous donner la liberté de ne plus être anonyme sur les timelines. Tout ça nous rappelle un peu le temps où tu étais là. <br /><br />D'ailleurs, ça commence à ressembler au temps ou d'un côté de toi, les gens se faisaient arrêter, taper ou torturer par la police. Les gens qui ont gagné sur toi ont inventé plein d'armes, que, si les gens qui te gardaient à l'époque les avaient eu, peut-être que tu serais encore là. Quoique, à l'époque, les gens qui ont gagné sur toi, avant de gagner, ils protestaient solennellement quand la police, du côté de toi où ça tapait sur les gens, elle tapait trop fort, ou qu'il y avait des morts, ou des gens en prison. Du coup, la police du côté de toi où elle tapait et torturait, elle devait quand même pas aller trop loin, à cause de l'image. Ou alors, il fallait le faire discrètement. Aujourd'hui, c'est fini, les gens qui ont gagné sur toi, personne ne leur dit quand ça va trop loin et qu'il y a des morts ou des gens en prison, parce qu'ils n'ont pas de leçons à recevoir, puisqu'ils ont gagné sur le côté de toi où les gens n'étaient pas libres, et que maintenant les gens sont libres, et que donc on peut pas mettre tout sur le même plan.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'ailleurs, c'est marrant, les murs n'ont pas disparu avec les gens qui ont gagné sur toi. Ca aussi, c'est un truc compliqué dans la liberté libérale avec son écosystème qui se régule tout seul. Il y a plein de murs partout, mais on ne les voit pas. Ce sont des murs invisibles que les gens qui ont gagné sur toi ont mis un peu partout: des trucs comme les diplômes, la rémunération, le niveau culturel, le quartier, les cotations boursières, et plein d'autres choses encore. Comme ça, ça leur permet de rester entre eux, et de continuer à faire leurs petites affaires. Mais ça ne suffit pas, ils mettent aussi des murs entre nous qui ne sommes pas comme eux, comme ça, on devient jaloux du mec qui est derrière notre mur, parce que les gens qui ont gagné sur toi disent que ce mec, il fout rien et qu'il reçoit du fric, alors que nous on se lève tôt et on bosse pour une misère... Comme ça, on devient tous irréconciliables, nous aussi.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et pour finir, ils mettent quand même des vrais murs, comme toi, si besoin. Ca nous rappelle le bon vieux temps. Il y en a dans beaucoup d'endroits dans le monde, et la liste serait très longue à énumérer. Il faut être juste et honnête, c'est pas toujours les gens qui ont gagné sur toi qui les mettent, comme en Corée du Nord, où c'est des gens qui revendiquent aussi un côté pas libre, comme toi à l'époque, qui gardent le mur. Il y a aussi des vrais murs comme toi dans des pays, où les gens, ils peuvent pas se supporter, et donc, pour les protéger les uns les autres, on met un mur. Comme ça, on n'est pas obligé de régler le problème, mais au moins c'est la paix. On dit alors que c'est un "conflit gelé". C'est très pratique, un conflit gelé, parce que les gens, tu les laisse libres de se détester si ça les chante, mais simplement tu demandes qu'ils se tapent pas dessus, et qu'ils vivent chacun de leur côté. C'est là qu'on retrouve les gens qui ont gagné sur toi, parce qu'ils sont jamais très loin, tu sais. Une fois que le conflit est gelé, ils peuvent finalement venir et faire des affaires qui permettent à l'écosystème de bien se réguler tout seul de chaque côté de là où les gens peuvent pas se supporter.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br />Chez nous, là où tu nous coupais en deux à l'époque, les vrais murs sont maintenant aux frontières de ce qui s'appelle l'Union Européenne. Tu sais, c'est ce truc que les gens qui ont gagné sur toi ont créé pour que l'écosystème se régule mieux et tout seul, et qu'ils appellent souvent plus simplement "l'Europe": comme ça, ils rappellent bien que l'Europe, c'est seulement l'endroit des gens qui ont gagné sur toi, pas les autres endroits en Europe qui doivent encore faire des efforts pour rentrer "dans l'Europe" et être libres comme nous. Ces murs aux frontières de "l'Europe", ça nous protège des gens qui "n'ont pas notre mode de vie" que j'ai déjà évoqué, puisque depuis peu, on doit les surveiller nous mêmes, afin de rester bien libres entre gens irréconciliables, mais qui partagent le même mode de vie. <br /><br />Ces gens veulent venir chez nous parce que chez eux,&nbsp; ils trouvent que c'est tout pourri, que y'a pas d'argent, de sécu, de travail, et même parfois pas de PQ, même qui gratte, ni de radio pour écouter Michael Jackson. Et souvent la police sur place les tape et les torture pour un oui ou pour un non. Et personne ne dit rien solennellement, comme à l'époque contre le côté pas libre de toi, parce que pendant que la police tape et torture, les gens qui ont gagné sur toi gagnent aussi là bas, avec leur plates-forme pétrolière, où ils n'ont pas besoin de payer des taxes. Chez les gens irréconciliables aussi, il y en a certains qui ne disent rien si la police tape et torture là-bas, parce que cette frange des gens irréconciliables, elle pense que le pouvoir qui dit à la police de taper et de torturer, il résiste à l'impérialisme américain, et ça c'est une ligne rouge chez ces gens irréconciliables qui fait que justement c'est irréconciliable avec les autres qui ont aussi leurs lignes rouges. Mais je m'égare... Je voulais dire que les gens qui ne partagent pas notre mode de vie qui veulent venir chez nous parce que c'est mieux, ça veut dire quand même qu'en réalité, ils connaissent un peu notre mode de vie, puisqu'ils pensent que ce mode de vie est mieux que le leur. Ca veut dire qu'ils partagent un peu notre mode de vie, alors c'est bizarre de dire qu'ils le partagent pas. En fait, dire qu'ils ne partagent pas notre mode de vie, ça aussi, ça permet aux gens qui ont gagné sur toi de créer encore un mur invisible de plus. Ca fait encore que nous, on se concentre sur ceux qui ne partagent pas notre mode de vie, au lieu de nous concentrer sur ceux qui ont gagné sur toi. Comme ça, les gens qui ont gagné sur toi, ils restent au pouvoir, l'écosystème, il continue de se réguler tout seul, et nous on reste libre de tout ce que je t'ai raconté dans ce post.</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tous ces murs invisibles que les gens qui ont gagné sur toi mettent en place partout, ça fait que finalement, tu ne nous manque pas trop. Comme toi autrefois, tous ces petits murs organisent nos vies et donc c'est simple, finalement. C'est pour ça d'ailleurs que rien ne va changer, et que les gens qui ont gagné sur toi, ils vont toujours gagner sur tout. Parce que nous, comme les vopos qui te gardaient farouchement à  l'époque, on préfère garder farouchement tous les petits murs, invisibles ou non, qu'ils ont mis entre nous: parce qu'aujourd'hui, les murs qui nous séparent des autres, c'est souvent la  seule chose qui nous reste...</span></span></span><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-kRLMqlQpOvE/XcbQ-0KHkzI/AAAAAAAAETQ/TsAhv-LrymsTuQ9QraW3uAK_MLWux96PwCLcBGAsYHQ/s1600/Hongrie.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="600" data-original-width="1000" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-kRLMqlQpOvE/XcbQ-0KHkzI/AAAAAAAAETQ/TsAhv-LrymsTuQ9QraW3uAK_MLWux96PwCLcBGAsYHQ/s400/Hongrie.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><br /><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Ce post spécial "le mur: 30 ans après" est aussi un petit clin d'oeil amical à <a href="https://www.facebook.com/jeanluc.florin.1" target="_blank">Jean-Luc Florin</a>, dont les  publications sur facebook se situent dans un esprit similaire à celui-ci, et dont la lecture est une délectation à chaque fois. </i></span></span></span></div><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div>
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Hérisson se dit jež en serbo-croate (prononcer yèj), et le nom du héros est donc une construction, intraduisible, autour de ce mot racine (on pourrait tenter un "Héri Le Hérissonnet").</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'intrigue commence avec la lettre que le lapin-facteur apporte à Ježurka, une lettre envoyée par la "renarde" (lisica, prononcer "lissitsa", "renard" en serbo-croate, est un mot féminin dans cette langue), qui l'invite à déjeuner chez elle. Invitation acceptée sur le champ par notre hérisson. Les deux personnages s'échangent de nombreuses politesses et bons mots, et font bonne chère. </span></span></span><br /><a name='more'></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-H9GxW3jfJPM/XaOCladI6mI/AAAAAAAAER0/jSUU_APqbQYvB3xsl6tSosaaP5Vllg2FACLcBGAsYHQ/s1600/Jez%2Bi%2Blija.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="203" data-original-width="300" height="270" src="https://1.bp.blogspot.com/-H9GxW3jfJPM/XaOCladI6mI/AAAAAAAAER0/jSUU_APqbQYvB3xsl6tSosaaP5Vllg2FACLcBGAsYHQ/s400/Jez%2Bi%2Blija.jpg" width="400" />&nbsp;</a></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-mC8wsVO0_wU/XaN7Fby2cYI/AAAAAAAAEQI/SVUMvlo11n0g14vJG5sGQam3BLELR4E9gCLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B%25282%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="438" data-original-width="620" height="282" src="https://1.bp.blogspot.com/-mC8wsVO0_wU/XaN7Fby2cYI/AAAAAAAAEQI/SVUMvlo11n0g14vJG5sGQam3BLELR4E9gCLcBGAsYHQ/s400/Jezeva%2BKucica%2B%25282%2529.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vient la nuit et le hérisson se lève pour repartir, quand la renarde lui propose de rester dormir. Refus de Ježurka qui, droit dans ses bottes, insiste de rentrer chez lui, expliquant que rien n'est plus agréable que sa maison, qu'il a hâte de retrouver. Et le hérisson de repartir en pleine nuit, sous la lune brillante qui lui sert de lumière, pour regagner sa demeure. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-27UpNLkAt2c/XaN7t_0lFBI/AAAAAAAAEQQ/wfmVe8DMmF4mIo-ZL4BsXUeAfXLAmZQDACLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B5.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="279" data-original-width="397" height="224" src="https://1.bp.blogspot.com/-27UpNLkAt2c/XaN7t_0lFBI/AAAAAAAAEQQ/wfmVe8DMmF4mIo-ZL4BsXUeAfXLAmZQDACLcBGAsYHQ/s320/Jezeva%2BKucica%2B5.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-1gqWEw3hWWU/XaN8svZlXRI/AAAAAAAAEQw/_HgCw3GjevEqS3eVeWSle39b_2GjqyT8gCLcBGAsYHQ/s1600/jezevkucica7.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="272" data-original-width="403" height="215" src="https://1.bp.blogspot.com/-1gqWEw3hWWU/XaN8svZlXRI/AAAAAAAAEQw/_HgCw3GjevEqS3eVeWSle39b_2GjqyT8gCLcBGAsYHQ/s320/jezevkucica7.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Intriguée, la renarde se demande que peut bien avoir de si extraordinaire une telle maison, pour que son hôte ait absolument envie d'y retourner en pleine nuit. Sans doute une maison très belle et très riche, se dit-elle, et la renarde de s'élancer à la suite du hérisson, pour voir de plus près sa maison. En chemin, elle croise successivement trois autres figures de la forêt, le loup, l'ours et le sanglier. Ceux-là ne pensent qu'à manger vite et bien, et à une maison préfèrent un bon gueuleton. Ils n'ont que sarcasmes envers ce hérisson stupide, qui préfère un chez-soi à un repas solide. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NhaYLwhGrnk/XaN8AJtBkRI/AAAAAAAAEQY/DdVlZtfRDEI0rK5V4-Cpcoi5-UuJGbkCACLcBGAsYHQ/s1600/JK%2B6.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="360" data-original-width="480" height="300" src="https://1.bp.blogspot.com/-NhaYLwhGrnk/XaN8AJtBkRI/AAAAAAAAEQY/DdVlZtfRDEI0rK5V4-Cpcoi5-UuJGbkCACLcBGAsYHQ/s400/JK%2B6.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ils décident toutefois de suivre la renarde, pour voir à quoi peut bien ressembler cette maison, mais davantage pour se payer la tête de ce hérisson qui semble passer à côté des bonnes choses de la vie. Le quatuor arrive donc chez Ježurka Ježić. Surprise, la maison est fruste, pauvre, et prend l'eau. Et la petite bande, de ricaner sur le sort du hérisson. Mais ce dernier, sans se départir, explique alors que, peu importe le cadre et l'état du logis, il s'y sent heureux, libre et à l'abri.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-4YNRKDA4Bkw/XaN8MPGgMjI/AAAAAAAAEQg/WbBneHmlbmUku29pohLbSSzPNuwZaoLcgCLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="453" data-original-width="656" height="220" src="https://1.bp.blogspot.com/-4YNRKDA4Bkw/XaN8MPGgMjI/AAAAAAAAEQg/WbBneHmlbmUku29pohLbSSzPNuwZaoLcgCLcBGAsYHQ/s320/Jezeva%2BKucica%2B4.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La renarde, qui, comme dans d'autres cultures, est intelligente et rusée, reconnaît que le hérisson a raison, sans convaincre les trois autres, à qui Ćopić prédit une fin tragique: préférant leur gourmandise insatiable à la recherche d'un foyer protecteur, le loup sera traqué sans relâche par les villageois, l'ours mourra de trop de piqûres d'abeille, et le sanglier finira abattu par les chasseurs.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-iSdn3lJWC5o/XaN8JO1Sb1I/AAAAAAAAEQc/71jqDwSd77Yap56G5rsPPoRVKRVmEwD-QCEwYBhgL/s1600/Jezeva%2BKucica%2B%25283%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="411" data-original-width="620" height="212" src="https://1.bp.blogspot.com/-iSdn3lJWC5o/XaN8JO1Sb1I/AAAAAAAAEQc/71jqDwSd77Yap56G5rsPPoRVKRVmEwD-QCEwYBhgL/s320/Jezeva%2BKucica%2B%25283%2529.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La morale de l'histoire, chacun l'aura deviné, c'est qu'il faut vivre modestement et se contenter de peu, que la gourmandise, et sa cousine, la cupidité, mènent l'humain à sa perte, et qu'enfin, il faut aimer son foyer comme il est, le foyer étant ici le pays, la Yougoslavie. Cette dernière, appauvrie et dévastée par la guerre, est, en 1949, en pleine reconstruction. Le régime est, par ailleurs, engagé dans une grande opération de confiscation des biens de la bourgeoisie, ainsi que de collectivisation de l'agriculture. Il n'est pas exclu que les trois animaux obsédés par leur gourmandise symbolisent à la fois la bourgeoisie cupide et le monde paysan, ce dernier étant accusé de réactionnarisme et d'égoïsme, en raison de sa résistance à la collectivisation, mais aussi aux "réquisitions" forcées de bétail, de lait ou de farine, opérées par les cadres locaux du parti (et pas toujours suivies de la redistribution promise dans la communauté...). A l'opposé, la renarde incarne le nouveau citoyen yougoslave qui se convertit au socialisme, après observation attentive et constat de ses bienfaits, sans compter qu'il s'agit d'un personnage féminin: c'est aussi la femme, intelligente, travailleuse et pragmatique, dans la symbolique du nouveau pouvoir, qui est ici décrite, celle qui a compris les qualités du nouveau système, et pourra fonder un beau foyer socialiste! </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le hérisson, enfin, droit dans ses bottes en matière de principes, et jaloux de sa liberté, symbolise probablement la voie à part qui se dessine en Yougoslavie, alors qu'un an avant, Tito rompait avec Staline. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NoBq0pMjFNc/XaN-QOKwf3I/AAAAAAAAEQ8/aUAIvzxQrkc-Nzuapyol2y225Ltl_IqSACLcBGAsYHQ/s1600/Branko%2BCopic%2Bmlad.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1600" data-original-width="1093" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-NoBq0pMjFNc/XaN-QOKwf3I/AAAAAAAAEQ8/aUAIvzxQrkc-Nzuapyol2y225Ltl_IqSACLcBGAsYHQ/s400/Branko%2BCopic%2Bmlad.JPG" width="272" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Branko Ćopić est alors un yougoslaviste et un socialiste convaincu. Sa famille, des Serbes de Bosnie-Herzégovine, a payé un lourd tribut durant la IIe Guerre Mondiale : son frère et sa soeur y sont morts au combat. Lui-même a, dès 1941, rejoint les Partisans. Ces derniers, sensibles à ses talents d'écriture, le nommeront correspondant de guerre pour la journal "Borba" ("Combat"). </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'oeuvre est donc au diapason des préoccupations du régime d'alors, mais cet aspect, que certains esprits chagrins qualifieront de "propagandiste", n'enlève rien à sa beauté poétique, à sa manière de faire sonner la langue, et à la douce pulsation de sa narration en vers, évoquant l'agitation invisible mais fébrile de la forêt et du monde animal qui y évolue (le texte <a href="https://www.6yka.com/novosti/branko-copic-jezeva-kucica" target="_blank">ici</a>, en serbo-croate)...<br />Et puis, la philosophie de la fable (vivre modestement et librement en cultivant son indépendance), n'est pas en soi contestable, et peut de toute façon frayer avec plusieurs orientations idéologiques, qui y verront chacune midi à leur porte: de la gauche anticapitaliste à l'écologie décroissante, de la démocratie chrétienne se voulant "sociale-libérale" et bonne gestionnaire, à la droite paternaliste et austéritaire appelant à faire des efforts...</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'oeuvre puise aussi dans certains éléments de la culture et du  mysticisme slaves, comme, par exemple, l'amour et le culte du foyer:  chez les Slaves, davantage que dans d'autres cultures européennes, la  maison n'est pas seulement le lieu où l'on habite, c'est aussi et avant  tout un espace protecteur, chaleureux, à l'abri des tumultes du monde,  qui obéit à ses propres règles, et que chacun doit préserver et  cultiver. Dans les anciennes croyances, la maison avait même ses esprits, qu'il fallait se garder de fâcher. Quant à la nature et au monde animal, au coeur du récit de  Branko Ćopić, les anciens Slaves les percevaient comme un univers mystique possédant ses propres forces et énergies, un univers tantôt mystérieux voire effrayant, tantôt bienveillant et complice, avec qui il fallait savoir cohabiter en bonne intelligence. Ces croyances ont survécu dans l'inconscient collectif, et il est intéressant de relever ici que les différents régimes communistes, désireux de créer un "homme nouveau", loin de combattre ces croyances et "archaïsmes", les ont au contraire cultivés. En Yougoslavie, la "folkloristika" (étude des arts et traditions populaires) était par exemple un domaine de recherche encouragé. L'idée, non dénuée de pragmatisme, mais aussi d'ambiguïtés, était que le chemin vers "l'homme nouveau" serait progressif, et que ce processus se devait de respecter la sagesse du peuple, fusse-t-elle emprunte d'archaïsmes. Par ailleurs, cette bienveillance envers les traditions et le folklore permettait de cultiver l'identité nationale, qui, dans le cas de la Yougoslavie, s'inspirait du "panslavisme". De fait, puiser dans un référentiel traditionnel n'était pas répréhensible, au contraire, c'était une manière de rapprocher l'intelligentsia et le peuple.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Ježeva Kučica" a bercé des générations de petits Yougoslaves. L'ouvrage figurait au programme de l'Ecole Primaire. Pour l'écrivain <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Miljenko_Jergovi%C4%87" target="_blank">Miljenko Jergovic</a>, Ježurka Ježić a été le premier compagnon imaginaire de beaucoup d'enfants, et leur premier contact avec la poésie et la littérature.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/bTmvMHmwh4A" width="560"></iframe></span></div></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Une version chantée du poème de Branko </span></span></i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Ćopić avec le texte.</i></span></span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le culte autour de cette oeuvre, qui perdure jusqu'à aujourd'hui, a véritablement démarré en 1957, lorsqu'une nouvelle édition de l'ouvrage est illustrée par le peintre croate Vilko Gliha Selan. Inspirées par l'art naïf et populaire, ainsi que par une certaine esthétique que l'on retrouve chez d'autres imagiers d'Europe Centrale et Orientale (je pense en particulier au Tchèque <a href="http://www.tresbohemes.com/2017/06/jiri-trnka-and-the-czech-year-aka-spalicek/" target="_blank">Jiri Trnka</a>), ces illustrations magnifiques nous transportent dans un imaginaire sensible et rustique dont la magie opère immédiatement. J'en ai repris la plupart pour illustrer ce post.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Maîtrisant son art jusque dans ses plus profondes subtilités, le peintre a entre autres recouru à une gamme de couleurs restreintes, mais fortes, celles que l'oeil de l'enfant perçoit le mieux, ce qui donne à l'ensemble cette tonalité chromatique particulière qui renforce le pouvoir poétique de l'ensemble. De fait, même si d'autres éditions paraîtront, y compris récemment, avec d'autres illustrateurs, rien n'égalera ni ne dépassera les peintures de Vilko Gliha Selan, définitivement et exclusivement associées à la fable de Branko Ćopić.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-jM6041s_wDw/XaOCJNr5-oI/AAAAAAAAERk/_19M3OK8jro85vLmdvjPJqennDD6GVMvQCLcBGAsYHQ/s1600/nada-iveljic-sestinski-kisobran-ilustracije-vilko-gliha-selan-slika-28574193.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="463" data-original-width="330" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-jM6041s_wDw/XaOCJNr5-oI/AAAAAAAAERk/_19M3OK8jro85vLmdvjPJqennDD6GVMvQCLcBGAsYHQ/s400/nada-iveljic-sestinski-kisobran-ilustracije-vilko-gliha-selan-slika-28574193.jpg" width="285" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-xdEJ4YovT44/XaOCOf5hSnI/AAAAAAAAERo/6uxUkQ21KV0xybPpHY1NWxhvzNyHGjSewCLcBGAsYHQ/s1600/Vilka%2BSelan.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1600" data-original-width="1136" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-xdEJ4YovT44/XaOCOf5hSnI/AAAAAAAAERo/6uxUkQ21KV0xybPpHY1NWxhvzNyHGjSewCLcBGAsYHQ/s400/Vilka%2BSelan.jpg" width="283" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Autres illustrations de Vilko Gliha Selan.</i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le texte fera l'objet de plusieurs livre-disques pour enfants, ainsi que d'adaptations au théâtre ou au cinéma. La récente version en film d'animation (2017), dans une coproduction croato-canadienne, <span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">tournée par la réalisatrice d'origine bosnienne Eva Cvijanović, parvient esthétiquement à rivaliser avec les illustrations de Vilko Gliha Selan, sans toutefois selon moi les rattraper. Mais la réalisatrice a fait un beau travail, mieux en tout cas que certaines autres illustrations, entre la BD franco-belge et la touche Walt Disney, qui sont quasiment une insulte à l'oeuvre de Gliha Selan, laquelle, à mon sens, a bien vieilli, et suscite une émotion intacte.</span></span></span></span></span><br /><br /><div style="text-align: center;"><div style="padding: 56.25% 0 0 0; position: relative;"><iframe allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen="" frameborder="0" src="https://player.vimeo.com/video/305564592" style="height: 100%; left: 0; position: absolute; top: 0; width: 100%;"></iframe></div><script src="https://player.vimeo.com/api/player.js"></script><i><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Le film d'</span></span></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Eva Cvijanović</span></span></span></span></span></span></span></span></span></i><br /><script src="https://player.vimeo.com/api/player.js"></script><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Loin de ces mondes imaginaires et de leurs oniriques échappées, la politique la plus politicienne rattrapera le petit hérisson flegmatique et têtu, lorsqu'une autre forme de gourmandise, celle du nationalisme, viendra détruire la maison yougoslave qui déjà prenait l'eau. Le tort de Ježurka Ježić sera que son géniteur était serbe, et, dans la Croatie fraîchement indépendante, être un auteur "ennemi" suffit à vous effacer des radars. L'ouvrage fut pour cette raison, et en dépit de son message éducatif (tout à fait transposable dans la Croatie indépendante), supprimé du programme scolaire. La décision fut d'autant plus absurde et injuste, que Ćopić avait des attaches personnelles en Croatie, et que, dans un élan de yougoslavisme bien compris et respectueux de toutes les identités de l'ancien pays, il avait lui-même retranscrit le texte, écrit originellement dans la variante serbe, en variante croate. Un imprimeur croate finira toutefois par sortir le livre, après la guerre, sans mentionner son auteur sur la couverture...</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Branko Ćopić n'était cependant plus de ce monde pour être confronté à ces ultimes humiliations, consécutives à l'explosion sanglante de son pays, dont il ne fut pas non plus le témoin. L'homme s'était suicidé le 26 mars 1984, en se jetant du pont Branko, à Belgrade, pont ainsi nommé en l'honneur de l'écrivain serbe Branko Radičević. </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Ce geste désespéré, longtemps incompris et non documenté, a fini par révéler une partie de ses secrets, via les témoignages de deux amis proches de Branko Ćopić. Si ce dernier affectionnait d'écrire pour le jeune public, sa vie ne fut pourtant pas un conte pour enfant. L'homme était un moraliste aussi déterminé que son hérisson, et, à la différence d'autres, il n'hésitait pas à exprimer, souvent par le biais de la satire, ses indignations et critiques.&nbsp;</span></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-F6nd4H6Xq-A/XaN_7P2kmJI/AAAAAAAAERQ/B60u4k-D7MQ59mE6TXON7cfU8aROBq3dACLcBGAsYHQ/s1600/Copic%2Bruke%2Bu%2Bvazduhu.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="448" data-original-width="604" height="237" src="https://1.bp.blogspot.com/-F6nd4H6Xq-A/XaN_7P2kmJI/AAAAAAAAERQ/B60u4k-D7MQ59mE6TXON7cfU8aROBq3dACLcBGAsYHQ/s320/Copic%2Bruke%2Bu%2Bvazduhu.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">C'est ainsi que, un an après les tribulations du hérisson comme fable morale au service du nouvel Etat, Ćopić publie un texte intitulé "Jeretička priča" ("Récit Hérétique", prononcer "Yérétitchka Pritcha") dans les "Književne Novine" ("les Nouvelles Littéraires", prononcer Kgnijèvné Noviné")). Le texte se moque des moeurs et privilèges de la nouvelle "bourgeoisie communiste", qui n'a rien à envier à la précédente, selon Ćopić. Croyant sincèrement à la promesse égalitariste du socialisme, il ne supporte pas les abus et le train de vie d'une partie de la nouvelle élite dirigeante, qui détourne </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">l'argent public </span></span>à des fins personnelles ou le dilapide par son incompétence. Le texte fait l'effet d'une bombe, et Tito lui-même désavouera l'écrivain dans des termes très durs, tout en garantissant qu'il ne serait pas arrêté. L'anecdote raconte que Ćopić a découpé l'article de journal où figurait cette garantie de Tito, et qu'il l'a accrochée sur la porte de son appartement, à l'attention des agents de l'<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/State_Security_Administration_(Yugoslavia)" target="_blank">UDBA</a>, la police secrète yougoslave, au cas où ils auraient été tentés de venir l'arrêter.&nbsp;</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-2AX2eniwGS8/XaOAiQJwK3I/AAAAAAAAERY/Nmtosvy_2TUPPm7Dr8hQPtqa5WyEmNoogCLcBGAsYHQ/s1600/Copic%2Bsa%2Blulom.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="516" data-original-width="339" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-2AX2eniwGS8/XaOAiQJwK3I/AAAAAAAAERY/Nmtosvy_2TUPPm7Dr8hQPtqa5WyEmNoogCLcBGAsYHQ/s400/Copic%2Bsa%2Blulom.JPG" width="262" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Tombé en disgrâce puis </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">exclu du PC</span></span>, malgré plusieurs tentatives de s'expliquer, rejeté ou évité par nombre de ses pairs, par peur ou opportunisme (hormis Ivo Andrić, qui lui conservera une amitié fidèle), Ćopić sera l'un des rares écrivains yougoslaves à avoir eu </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">un dossier, régulièrement alimenté, dans les tiroirs de l'UDBA. Paradoxe, cette situation ne l'a pas empêché d'écrire ni de publier, ni même d'être un auteur à succès, </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">pouvant vivre pleinement de son métier</span></span>, et traduit dans de nombreuses langues. <br /><br />Mais sa mise au ban du Parti et des milieux littéraires reste une blessure irréparable, tout comme </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">les fréquentes intimidations de l'UDBA, qui pèsent de plus en plus à l'écrivain</span></span>. Et derrière le moralisme incisif, l'humour et la satire, qui caractérisent l'homme public comme bon nombre de ses écrits, Branko Ćopić est habité par une sombre gravité, une vision pessimiste de l'humanité, et une perception aiguë de l'air incertain du temps. Ce sont ces différents vecteurs qui se croisent lorsque Ćopić décide de renoncer au combat de l'existence, si l'on en croit les deux témoignages d'amis proches que j'évoquais plus haut, deux témoignages qui ne s'excluent pas l'un et l'autre. Selon le premier, Ćopić aurait été convoqué par l'UDBA pour être une énième fois entendu. Une convocation de trop que l'homme se sentait incapable d'affronter à nouveau, et qui l'a plongé dans une profonde dépression. D'après le second témoignage, l'écrivain s'était aperçu avec inquiétude que les fondations de la "maison Yougoslavie" étaient en train de se fissurer. Devenu davantage réformiste que révolutionnaire, il pressentait que le Parti, entretenant, par sa rigidité et ses mensonges, l'illusion de tenir l'édifice, était incapable de se réinventer, et risquait de mener le pays à sa perte. Ćopić commet l'irréparable à la fois par désespoir, </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"> mais aussi dans un geste de sacrifice, </span></span>présumant que sa mort serait peut-être comprise comme un signal d'alarme appelant le pays à se ressaisir. Il n'en fut bien-sûr rien, et chacun connaît hélas la suite de l'histoire...</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Sx67EY8WJcM/XaOGL6Zd8WI/AAAAAAAAESQ/pnxsvIz2GMACO5JwCu0CJjhdlxRS2IlVQCLcBGAsYHQ/s1600/Brankov%2BMost%2Bi%2Bnovi%2BBG.JPG" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="393" data-original-width="401" height="312" src="https://1.bp.blogspot.com/-Sx67EY8WJcM/XaOGL6Zd8WI/AAAAAAAAESQ/pnxsvIz2GMACO5JwCu0CJjhdlxRS2IlVQCLcBGAsYHQ/s320/Brankov%2BMost%2Bi%2Bnovi%2BBG.JPG" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Branko Ćopić ne fut pas le seul à mettre fin à ses jours en se jetant du Brankov Most,&nbsp;</i></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>qui connaît en moyenne 40 tentatives de suicide par an, et porte le charmant surnom de "pont des suicidés". Certains chroniqueurs émettent l'hypothèse que Ćopić aurait symboliquement choisi ce pont parce qu'au moment de sauter de la rambarde, il devait forcément tourner le dos au siège du Comité Central, situé dans le quartier de Ušće, dont on aperçoit les tours au second plan sur la photo.</i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">&nbsp;</span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Nous reste, malgré le sang et les larmes qui confirmèrent les prémonitions de l'écrivain, ce hérisson qui a su traverser le temps et ses distorsions... Toujours vénéré par ceux dont il fut autrefois le premier compagnon imaginaire, comme par ceux qui ont aujourd'hui la chance de le découvrir, Ježurka Ježić, du haut de ses soixante-dix ans, continue, imperturbable, de nous délivrer son petit message de liberté, de modestie, et de conviction, qui n'a rien perdu de sa pertinence.&nbsp;</span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"> </span></span></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Bon anniversaire, Monsieur Ježić, et longue vie !</span></span></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">&nbsp;</span></span><a href="https://1.bp.blogspot.com/-pi-tKZMq-xI/XaODaRHzRAI/AAAAAAAAESA/mjX8kOoWr90Ub19aAZYNgaTkG2WXRgEgQCLcBGAsYHQ/s1600/Jez%2Bu%2Bkucici.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="787" data-original-width="1152" height="272" src="https://1.bp.blogspot.com/-pi-tKZMq-xI/XaODaRHzRAI/AAAAAAAAESA/mjX8kOoWr90Ub19aAZYNgaTkG2WXRgEgQCLcBGAsYHQ/s400/Jez%2Bu%2Bkucici.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div>
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Hérisson se dit jež en serbo-croate (prononcer yèj), et le nom du héros est donc une construction, intraduisible, autour de ce mot racine (on pourrait tenter un "Héri Le Hérissonnet").</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'intrigue commence avec la lettre que le lapin-facteur apporte à Ježurka, une lettre envoyée par la "renarde" (lisica, prononcer "lissitsa", "renard" en serbo-croate, est un mot féminin dans cette langue), qui l'invite à déjeuner chez elle. Invitation acceptée sur le champ par notre hérisson. Les deux personnages s'échangent de nombreuses politesses et bons mots, et font bonne chère. </span></span></span><br /><a name='more'></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-H9GxW3jfJPM/XaOCladI6mI/AAAAAAAAER0/jSUU_APqbQYvB3xsl6tSosaaP5Vllg2FACLcBGAsYHQ/s1600/Jez%2Bi%2Blija.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="203" data-original-width="300" height="270" src="https://1.bp.blogspot.com/-H9GxW3jfJPM/XaOCladI6mI/AAAAAAAAER0/jSUU_APqbQYvB3xsl6tSosaaP5Vllg2FACLcBGAsYHQ/s400/Jez%2Bi%2Blija.jpg" width="400" />&nbsp;</a></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-mC8wsVO0_wU/XaN7Fby2cYI/AAAAAAAAEQI/SVUMvlo11n0g14vJG5sGQam3BLELR4E9gCLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B%25282%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="438" data-original-width="620" height="282" src="https://1.bp.blogspot.com/-mC8wsVO0_wU/XaN7Fby2cYI/AAAAAAAAEQI/SVUMvlo11n0g14vJG5sGQam3BLELR4E9gCLcBGAsYHQ/s400/Jezeva%2BKucica%2B%25282%2529.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vient la nuit et le hérisson se lève pour repartir, quand la renarde lui propose de rester dormir. Refus de Ježurka qui, droit dans ses bottes, insiste de rentrer chez lui, expliquant que rien n'est plus agréable que sa maison, qu'il a hâte de retrouver. Et le hérisson de repartir en pleine nuit, sous la lune brillante qui lui sert de lumière, pour regagner sa demeure. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-27UpNLkAt2c/XaN7t_0lFBI/AAAAAAAAEQQ/wfmVe8DMmF4mIo-ZL4BsXUeAfXLAmZQDACLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B5.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="279" data-original-width="397" height="224" src="https://1.bp.blogspot.com/-27UpNLkAt2c/XaN7t_0lFBI/AAAAAAAAEQQ/wfmVe8DMmF4mIo-ZL4BsXUeAfXLAmZQDACLcBGAsYHQ/s320/Jezeva%2BKucica%2B5.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-1gqWEw3hWWU/XaN8svZlXRI/AAAAAAAAEQw/_HgCw3GjevEqS3eVeWSle39b_2GjqyT8gCLcBGAsYHQ/s1600/jezevkucica7.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="272" data-original-width="403" height="215" src="https://1.bp.blogspot.com/-1gqWEw3hWWU/XaN8svZlXRI/AAAAAAAAEQw/_HgCw3GjevEqS3eVeWSle39b_2GjqyT8gCLcBGAsYHQ/s320/jezevkucica7.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Intriguée, la renarde se demande que peut bien avoir de si extraordinaire une telle maison, pour que son hôte ait absolument envie d'y retourner en pleine nuit. Sans doute une maison très belle et très riche, se dit-elle, et la renarde de s'élancer à la suite du hérisson, pour voir de plus près sa maison. En chemin, elle croise successivement trois autres figures de la forêt, le loup, l'ours et le sanglier. Ceux-là ne pensent qu'à manger vite et bien, et à une maison préfèrent un bon gueuleton. Ils n'ont que sarcasmes envers ce hérisson stupide, qui préfère un chez-soi à un repas solide. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NhaYLwhGrnk/XaN8AJtBkRI/AAAAAAAAEQY/DdVlZtfRDEI0rK5V4-Cpcoi5-UuJGbkCACLcBGAsYHQ/s1600/JK%2B6.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="360" data-original-width="480" height="300" src="https://1.bp.blogspot.com/-NhaYLwhGrnk/XaN8AJtBkRI/AAAAAAAAEQY/DdVlZtfRDEI0rK5V4-Cpcoi5-UuJGbkCACLcBGAsYHQ/s400/JK%2B6.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ils décident toutefois de suivre la renarde, pour voir à quoi peut bien ressembler cette maison, mais davantage pour se payer la tête de ce hérisson qui semble passer à côté des bonnes choses de la vie. Le quatuor arrive donc chez Ježurka Ježić. Surprise, la maison est fruste, pauvre, et prend l'eau. Et la petite bande, de ricaner sur le sort du hérisson. Mais ce dernier, sans se départir, explique alors que, peu importe le cadre et l'état du logis, il s'y sent heureux, libre et à l'abri.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-4YNRKDA4Bkw/XaN8MPGgMjI/AAAAAAAAEQg/WbBneHmlbmUku29pohLbSSzPNuwZaoLcgCLcBGAsYHQ/s1600/Jezeva%2BKucica%2B4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="453" data-original-width="656" height="220" src="https://1.bp.blogspot.com/-4YNRKDA4Bkw/XaN8MPGgMjI/AAAAAAAAEQg/WbBneHmlbmUku29pohLbSSzPNuwZaoLcgCLcBGAsYHQ/s320/Jezeva%2BKucica%2B4.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La renarde, qui, comme dans d'autres cultures, est intelligente et rusée, reconnaît que le hérisson a raison, sans convaincre les trois autres, à qui Ćopić prédit une fin tragique: préférant leur gourmandise insatiable à la recherche d'un foyer protecteur, le loup sera traqué sans relâche par les villageois, l'ours mourra de trop de piqûres d'abeille, et le sanglier finira abattu par les chasseurs.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-iSdn3lJWC5o/XaN8JO1Sb1I/AAAAAAAAEQc/71jqDwSd77Yap56G5rsPPoRVKRVmEwD-QCEwYBhgL/s1600/Jezeva%2BKucica%2B%25283%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="411" data-original-width="620" height="212" src="https://1.bp.blogspot.com/-iSdn3lJWC5o/XaN8JO1Sb1I/AAAAAAAAEQc/71jqDwSd77Yap56G5rsPPoRVKRVmEwD-QCEwYBhgL/s320/Jezeva%2BKucica%2B%25283%2529.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La morale de l'histoire, chacun l'aura deviné, c'est qu'il faut vivre modestement et se contenter de peu, que la gourmandise, et sa cousine, la cupidité, mènent l'humain à sa perte, et qu'enfin, il faut aimer son foyer comme il est, le foyer étant ici le pays, la Yougoslavie. Cette dernière, appauvrie et dévastée par la guerre, est, en 1949, en pleine reconstruction. Le régime est, par ailleurs, engagé dans une grande opération de confiscation des biens de la bourgeoisie, ainsi que de collectivisation de l'agriculture. Il n'est pas exclu que les trois animaux obsédés par leur gourmandise symbolisent à la fois la bourgeoisie cupide et le monde paysan, ce dernier étant accusé de réactionnarisme et d'égoïsme, en raison de sa résistance à la collectivisation, mais aussi aux "réquisitions" forcées de bétail, de lait ou de farine, opérées par les cadres locaux du parti (et pas toujours suivies de la redistribution promise dans la communauté...). A l'opposé, la renarde incarne le nouveau citoyen yougoslave qui se convertit au socialisme, après observation attentive et constat de ses bienfaits, sans compter qu'il s'agit d'un personnage féminin: c'est aussi la femme, intelligente, travailleuse et pragmatique, dans la symbolique du nouveau pouvoir, qui est ici décrite, celle qui a compris les qualités du nouveau système, et pourra fonder un beau foyer socialiste! </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le hérisson, enfin, droit dans ses bottes en matière de principes, et jaloux de sa liberté, symbolise probablement la voie à part qui se dessine en Yougoslavie, alors qu'un an avant, Tito rompait avec Staline. </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NoBq0pMjFNc/XaN-QOKwf3I/AAAAAAAAEQ8/aUAIvzxQrkc-Nzuapyol2y225Ltl_IqSACLcBGAsYHQ/s1600/Branko%2BCopic%2Bmlad.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1600" data-original-width="1093" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-NoBq0pMjFNc/XaN-QOKwf3I/AAAAAAAAEQ8/aUAIvzxQrkc-Nzuapyol2y225Ltl_IqSACLcBGAsYHQ/s400/Branko%2BCopic%2Bmlad.JPG" width="272" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Branko Ćopić est alors un yougoslaviste et un socialiste convaincu. Sa famille, des Serbes de Bosnie-Herzégovine, a payé un lourd tribut durant la IIe Guerre Mondiale : son frère et sa soeur y sont morts au combat. Lui-même a, dès 1941, rejoint les Partisans. Ces derniers, sensibles à ses talents d'écriture, le nommeront correspondant de guerre pour la journal "Borba" ("Combat"). </span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'oeuvre est donc au diapason des préoccupations du régime d'alors, mais cet aspect, que certains esprits chagrins qualifieront de "propagandiste", n'enlève rien à sa beauté poétique, à sa manière de faire sonner la langue, et à la douce pulsation de sa narration en vers, évoquant l'agitation invisible mais fébrile de la forêt et du monde animal qui y évolue (le texte <a href="https://www.6yka.com/novosti/branko-copic-jezeva-kucica" target="_blank">ici</a>, en serbo-croate)...<br />Et puis, la philosophie de la fable (vivre modestement et librement en cultivant son indépendance), n'est pas en soi contestable, et peut de toute façon frayer avec plusieurs orientations idéologiques, qui y verront chacune midi à leur porte: de la gauche anticapitaliste à l'écologie décroissante, de la démocratie chrétienne se voulant "sociale-libérale" et bonne gestionnaire, à la droite paternaliste et austéritaire appelant à faire des efforts...</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'oeuvre puise aussi dans certains éléments de la culture et du  mysticisme slaves, comme, par exemple, l'amour et le culte du foyer:  chez les Slaves, davantage que dans d'autres cultures européennes, la  maison n'est pas seulement le lieu où l'on habite, c'est aussi et avant  tout un espace protecteur, chaleureux, à l'abri des tumultes du monde,  qui obéit à ses propres règles, et que chacun doit préserver et  cultiver. Dans les anciennes croyances, la maison avait même ses esprits, qu'il fallait se garder de fâcher. Quant à la nature et au monde animal, au coeur du récit de  Branko Ćopić, les anciens Slaves les percevaient comme un univers mystique possédant ses propres forces et énergies, un univers tantôt mystérieux voire effrayant, tantôt bienveillant et complice, avec qui il fallait savoir cohabiter en bonne intelligence. Ces croyances ont survécu dans l'inconscient collectif, et il est intéressant de relever ici que les différents régimes communistes, désireux de créer un "homme nouveau", loin de combattre ces croyances et "archaïsmes", les ont au contraire cultivés. En Yougoslavie, la "folkloristika" (étude des arts et traditions populaires) était par exemple un domaine de recherche encouragé. L'idée, non dénuée de pragmatisme, mais aussi d'ambiguïtés, était que le chemin vers "l'homme nouveau" serait progressif, et que ce processus se devait de respecter la sagesse du peuple, fusse-t-elle emprunte d'archaïsmes. Par ailleurs, cette bienveillance envers les traditions et le folklore permettait de cultiver l'identité nationale, qui, dans le cas de la Yougoslavie, s'inspirait du "panslavisme". De fait, puiser dans un référentiel traditionnel n'était pas répréhensible, au contraire, c'était une manière de rapprocher l'intelligentsia et le peuple.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Ježeva Kučica" a bercé des générations de petits Yougoslaves. L'ouvrage figurait au programme de l'Ecole Primaire. Pour l'écrivain <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Miljenko_Jergovi%C4%87" target="_blank">Miljenko Jergovic</a>, Ježurka Ježić a été le premier compagnon imaginaire de beaucoup d'enfants, et leur premier contact avec la poésie et la littérature.</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/bTmvMHmwh4A" width="560"></iframe></span></div></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Une version chantée du poème de Branko </span></span></i><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Ćopić avec le texte.</i></span></span></span></span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le culte autour de cette oeuvre, qui perdure jusqu'à aujourd'hui, a véritablement démarré en 1957, lorsqu'une nouvelle édition de l'ouvrage est illustrée par le peintre croate Vilko Gliha Selan. Inspirées par l'art naïf et populaire, ainsi que par une certaine esthétique que l'on retrouve chez d'autres imagiers d'Europe Centrale et Orientale (je pense en particulier au Tchèque <a href="http://www.tresbohemes.com/2017/06/jiri-trnka-and-the-czech-year-aka-spalicek/" target="_blank">Jiri Trnka</a>), ces illustrations magnifiques nous transportent dans un imaginaire sensible et rustique dont la magie opère immédiatement. J'en ai repris la plupart pour illustrer ce post.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Maîtrisant son art jusque dans ses plus profondes subtilités, le peintre a entre autres recouru à une gamme de couleurs restreintes, mais fortes, celles que l'oeil de l'enfant perçoit le mieux, ce qui donne à l'ensemble cette tonalité chromatique particulière qui renforce le pouvoir poétique de l'ensemble. De fait, même si d'autres éditions paraîtront, y compris récemment, avec d'autres illustrateurs, rien n'égalera ni ne dépassera les peintures de Vilko Gliha Selan, définitivement et exclusivement associées à la fable de Branko Ćopić.</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-jM6041s_wDw/XaOCJNr5-oI/AAAAAAAAERk/_19M3OK8jro85vLmdvjPJqennDD6GVMvQCLcBGAsYHQ/s1600/nada-iveljic-sestinski-kisobran-ilustracije-vilko-gliha-selan-slika-28574193.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="463" data-original-width="330" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-jM6041s_wDw/XaOCJNr5-oI/AAAAAAAAERk/_19M3OK8jro85vLmdvjPJqennDD6GVMvQCLcBGAsYHQ/s400/nada-iveljic-sestinski-kisobran-ilustracije-vilko-gliha-selan-slika-28574193.jpg" width="285" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-xdEJ4YovT44/XaOCOf5hSnI/AAAAAAAAERo/6uxUkQ21KV0xybPpHY1NWxhvzNyHGjSewCLcBGAsYHQ/s1600/Vilka%2BSelan.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1600" data-original-width="1136" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-xdEJ4YovT44/XaOCOf5hSnI/AAAAAAAAERo/6uxUkQ21KV0xybPpHY1NWxhvzNyHGjSewCLcBGAsYHQ/s400/Vilka%2BSelan.jpg" width="283" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Autres illustrations de Vilko Gliha Selan.</i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le texte fera l'objet de plusieurs livre-disques pour enfants, ainsi que d'adaptations au théâtre ou au cinéma. La récente version en film d'animation (2017), dans une coproduction croato-canadienne, <span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">tournée par la réalisatrice d'origine bosnienne Eva Cvijanović, parvient esthétiquement à rivaliser avec les illustrations de Vilko Gliha Selan, sans toutefois selon moi les rattraper. Mais la réalisatrice a fait un beau travail, mieux en tout cas que certaines autres illustrations, entre la BD franco-belge et la touche Walt Disney, qui sont quasiment une insulte à l'oeuvre de Gliha Selan, laquelle, à mon sens, a bien vieilli, et suscite une émotion intacte.</span></span></span></span></span><br /><br /><div style="text-align: center;"><div style="padding: 56.25% 0 0 0; position: relative;"><iframe allow="autoplay; fullscreen" allowfullscreen="" frameborder="0" src="https://player.vimeo.com/video/305564592" style="height: 100%; left: 0; position: absolute; top: 0; width: 100%;"></iframe></div><script src="https://player.vimeo.com/api/player.js"></script><i><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Le film d'</span></span></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Eva Cvijanović</span></span></span></span></span></span></span></span></span></i><br /><script src="https://player.vimeo.com/api/player.js"></script><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Loin de ces mondes imaginaires et de leurs oniriques échappées, la politique la plus politicienne rattrapera le petit hérisson flegmatique et têtu, lorsqu'une autre forme de gourmandise, celle du nationalisme, viendra détruire la maison yougoslave qui déjà prenait l'eau. Le tort de Ježurka Ježić sera que son géniteur était serbe, et, dans la Croatie fraîchement indépendante, être un auteur "ennemi" suffit à vous effacer des radars. L'ouvrage fut pour cette raison, et en dépit de son message éducatif (tout à fait transposable dans la Croatie indépendante), supprimé du programme scolaire. La décision fut d'autant plus absurde et injuste, que Ćopić avait des attaches personnelles en Croatie, et que, dans un élan de yougoslavisme bien compris et respectueux de toutes les identités de l'ancien pays, il avait lui-même retranscrit le texte, écrit originellement dans la variante serbe, en variante croate. Un imprimeur croate finira toutefois par sortir le livre, après la guerre, sans mentionner son auteur sur la couverture...</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Branko Ćopić n'était cependant plus de ce monde pour être confronté à ces ultimes humiliations, consécutives à l'explosion sanglante de son pays, dont il ne fut pas non plus le témoin. L'homme s'était suicidé le 26 mars 1984, en se jetant du pont Branko, à Belgrade, pont ainsi nommé en l'honneur de l'écrivain serbe Branko Radičević. </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Ce geste désespéré, longtemps incompris et non documenté, a fini par révéler une partie de ses secrets, via les témoignages de deux amis proches de Branko Ćopić. Si ce dernier affectionnait d'écrire pour le jeune public, sa vie ne fut pourtant pas un conte pour enfant. L'homme était un moraliste aussi déterminé que son hérisson, et, à la différence d'autres, il n'hésitait pas à exprimer, souvent par le biais de la satire, ses indignations et critiques.&nbsp;</span></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-F6nd4H6Xq-A/XaN_7P2kmJI/AAAAAAAAERQ/B60u4k-D7MQ59mE6TXON7cfU8aROBq3dACLcBGAsYHQ/s1600/Copic%2Bruke%2Bu%2Bvazduhu.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="448" data-original-width="604" height="237" src="https://1.bp.blogspot.com/-F6nd4H6Xq-A/XaN_7P2kmJI/AAAAAAAAERQ/B60u4k-D7MQ59mE6TXON7cfU8aROBq3dACLcBGAsYHQ/s320/Copic%2Bruke%2Bu%2Bvazduhu.jpg" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">C'est ainsi que, un an après les tribulations du hérisson comme fable morale au service du nouvel Etat, Ćopić publie un texte intitulé "Jeretička priča" ("Récit Hérétique", prononcer "Yérétitchka Pritcha") dans les "Književne Novine" ("les Nouvelles Littéraires", prononcer Kgnijèvné Noviné")). Le texte se moque des moeurs et privilèges de la nouvelle "bourgeoisie communiste", qui n'a rien à envier à la précédente, selon Ćopić. Croyant sincèrement à la promesse égalitariste du socialisme, il ne supporte pas les abus et le train de vie d'une partie de la nouvelle élite dirigeante, qui détourne </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">l'argent public </span></span>à des fins personnelles ou le dilapide par son incompétence. Le texte fait l'effet d'une bombe, et Tito lui-même désavouera l'écrivain dans des termes très durs, tout en garantissant qu'il ne serait pas arrêté. L'anecdote raconte que Ćopić a découpé l'article de journal où figurait cette garantie de Tito, et qu'il l'a accrochée sur la porte de son appartement, à l'attention des agents de l'<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/State_Security_Administration_(Yugoslavia)" target="_blank">UDBA</a>, la police secrète yougoslave, au cas où ils auraient été tentés de venir l'arrêter.&nbsp;</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-2AX2eniwGS8/XaOAiQJwK3I/AAAAAAAAERY/Nmtosvy_2TUPPm7Dr8hQPtqa5WyEmNoogCLcBGAsYHQ/s1600/Copic%2Bsa%2Blulom.JPG" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="516" data-original-width="339" height="400" src="https://1.bp.blogspot.com/-2AX2eniwGS8/XaOAiQJwK3I/AAAAAAAAERY/Nmtosvy_2TUPPm7Dr8hQPtqa5WyEmNoogCLcBGAsYHQ/s400/Copic%2Bsa%2Blulom.JPG" width="262" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Tombé en disgrâce puis </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">exclu du PC</span></span>, malgré plusieurs tentatives de s'expliquer, rejeté ou évité par nombre de ses pairs, par peur ou opportunisme (hormis Ivo Andrić, qui lui conservera une amitié fidèle), Ćopić sera l'un des rares écrivains yougoslaves à avoir eu </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">un dossier, régulièrement alimenté, dans les tiroirs de l'UDBA. Paradoxe, cette situation ne l'a pas empêché d'écrire ni de publier, ni même d'être un auteur à succès, </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">pouvant vivre pleinement de son métier</span></span>, et traduit dans de nombreuses langues. <br /><br />Mais sa mise au ban du Parti et des milieux littéraires reste une blessure irréparable, tout comme </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">les fréquentes intimidations de l'UDBA, qui pèsent de plus en plus à l'écrivain</span></span>. Et derrière le moralisme incisif, l'humour et la satire, qui caractérisent l'homme public comme bon nombre de ses écrits, Branko Ćopić est habité par une sombre gravité, une vision pessimiste de l'humanité, et une perception aiguë de l'air incertain du temps. Ce sont ces différents vecteurs qui se croisent lorsque Ćopić décide de renoncer au combat de l'existence, si l'on en croit les deux témoignages d'amis proches que j'évoquais plus haut, deux témoignages qui ne s'excluent pas l'un et l'autre. Selon le premier, Ćopić aurait été convoqué par l'UDBA pour être une énième fois entendu. Une convocation de trop que l'homme se sentait incapable d'affronter à nouveau, et qui l'a plongé dans une profonde dépression. D'après le second témoignage, l'écrivain s'était aperçu avec inquiétude que les fondations de la "maison Yougoslavie" étaient en train de se fissurer. Devenu davantage réformiste que révolutionnaire, il pressentait que le Parti, entretenant, par sa rigidité et ses mensonges, l'illusion de tenir l'édifice, était incapable de se réinventer, et risquait de mener le pays à sa perte. Ćopić commet l'irréparable à la fois par désespoir, </span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"> mais aussi dans un geste de sacrifice, </span></span>présumant que sa mort serait peut-être comprise comme un signal d'alarme appelant le pays à se ressaisir. Il n'en fut bien-sûr rien, et chacun connaît hélas la suite de l'histoire...</span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Sx67EY8WJcM/XaOGL6Zd8WI/AAAAAAAAESQ/pnxsvIz2GMACO5JwCu0CJjhdlxRS2IlVQCLcBGAsYHQ/s1600/Brankov%2BMost%2Bi%2Bnovi%2BBG.JPG" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="393" data-original-width="401" height="312" src="https://1.bp.blogspot.com/-Sx67EY8WJcM/XaOGL6Zd8WI/AAAAAAAAESQ/pnxsvIz2GMACO5JwCu0CJjhdlxRS2IlVQCLcBGAsYHQ/s320/Brankov%2BMost%2Bi%2Bnovi%2BBG.JPG" width="320" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Branko Ćopić ne fut pas le seul à mettre fin à ses jours en se jetant du Brankov Most,&nbsp;</i></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>qui connaît en moyenne 40 tentatives de suicide par an, et porte le charmant surnom de "pont des suicidés". Certains chroniqueurs émettent l'hypothèse que Ćopić aurait symboliquement choisi ce pont parce qu'au moment de sauter de la rambarde, il devait forcément tourner le dos au siège du Comité Central, situé dans le quartier de Ušće, dont on aperçoit les tours au second plan sur la photo.</i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">&nbsp;</span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Nous reste, malgré le sang et les larmes qui confirmèrent les prémonitions de l'écrivain, ce hérisson qui a su traverser le temps et ses distorsions... Toujours vénéré par ceux dont il fut autrefois le premier compagnon imaginaire, comme par ceux qui ont aujourd'hui la chance de le découvrir, Ježurka Ježić, du haut de ses soixante-dix ans, continue, imperturbable, de nous délivrer son petit message de liberté, de modestie, et de conviction, qui n'a rien perdu de sa pertinence.&nbsp;</span></span><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"> </span></span></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption"><br /></span></span></span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">Bon anniversaire, Monsieur Ježić, et longue vie !</span></span></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span aria-live="polite" class="fbPhotosPhotoCaption" data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" id="fbPhotoSnowliftCaption" tabindex="0"><span class="hasCaption">&nbsp;</span></span><a href="https://1.bp.blogspot.com/-pi-tKZMq-xI/XaODaRHzRAI/AAAAAAAAESA/mjX8kOoWr90Ub19aAZYNgaTkG2WXRgEgQCLcBGAsYHQ/s1600/Jez%2Bu%2Bkucici.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="787" data-original-width="1152" height="272" src="https://1.bp.blogspot.com/-pi-tKZMq-xI/XaODaRHzRAI/AAAAAAAAESA/mjX8kOoWr90Ub19aAZYNgaTkG2WXRgEgQCLcBGAsYHQ/s400/Jez%2Bu%2Bkucici.jpg" width="400" /></a></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></div>
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C'est un événement à plus d'un titre, et en particulier parce que la dernière exposition à Belgrade de la pasionaria de "l'art-performance-extremo-conceptuel" remonte à ...1975. Un événement aux allures de come-back qui pourtant déchaîne les passions et génère une chaude et belle polémique, digne de celles dont l'Hexagone est coutumier. En cause, le budget faramineux de l'exposition, plus d'un demi million d'euros, autant que le budget annuel du MSU lui-même, MSU dont il faut rappeler qu'il fut, à l'instar d'autres musées de la Yougosphère, longtemps fermé pour cause de travaux de rénovation inachevés...faute de budget. Le musée à réouvert en 2017, après 10 ans de fermeture, et reprend peu à peu son rythme de croisière. L'expo de Marina Abramović tombe donc à pic pour, idéalement, relancer cette institution, crée en 1965 malgré le mépris de Tito pour l'art contemporain, jugé par le maréchal comme décadent, bourgeois, et occidental, mais c'est une autre histoire, quoique... </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-vV1i_YuUj30/XY5dBAdVV2I/AAAAAAAAELA/FW-bs_ULa5swbCawfniR3RhHMwuug4vhwCLcBGAsYHQ/s1600/msu.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="529" data-original-width="940" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-vV1i_YuUj30/XY5dBAdVV2I/AAAAAAAAELA/FW-bs_ULa5swbCawfniR3RhHMwuug4vhwCLcBGAsYHQ/s400/msu.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>&nbsp;Le MSU.</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais au fait, qui paye ? C'est dans la réponse que se trouve le principal point de crispation de la polémique, car c'est l'Etat serbe, c'est à dire le gouvernement d'Aleksandar Vučić, qui a débloqué les fonds publics nécessaires à la tenue de l'exposition. Dans un pays où la majorité de la population continue de survivre avec des revenus autour de 500 euros pour un coût de la vie guère plus bas que celui de la France, cette dépense somptuaire heurte, d'autant que le gouvernement </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, l'un des plus impopulaires de l'histoire contemporaine serbe, demande à ses concitoyens des "poursuivre les efforts face aux indispensables réformes" (refrain entendu ailleurs), et se voit vigoureusement critiqué pour ses investissements calamiteux dans des projets comme l'ultra controversé "<a href="https://www.equaltimes.org/derriere-la-facade-rutilante-du?lang=en" target="_blank">Beograd na Vodi</a>", qui défigure à jamais la ville basse de Belgrade avec ses buildings "de grand standing", sans répondre aux besoins réels et pressants de la capitale en termes de logement, d'urbanisme, d'infrastructures, et d'écologie.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Au delà des procès habituels en élitisme et autre poujadisme anti-artistiques qui s'expriment contre Marina Abramović, et auxquels il est évidemment ici hors de question de prêter le flanc, il faut préciser que cette exposition et son financement posent question jusque dans les milieux artistiques ou intellectuels eux-mêmes. A priori favorables à Marina Abramović, ou reconnaissant au moins l'importance de son oeuvre, ces artistes et intellectuels sont - pour la plupart - opposés au régime d'Aleksandar Vučić. Entre les difficultés à créer ou à penser en Serbie, la critique du pouvoir, et la recherche d'une position équilibrée face à cette exposition, leur désarroi est profond. </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans le flot des commentaires plus ou moins pertinents qui agitent les débats autour de cet événement, un point de vue me semble se démarquer, à la fois parce qu'il expose précisément les problèmes que constitue ce soutien de l'Etat à "The Cleaner", qu'il en identifie les enjeux cachés, mais aussi parce qu'il fait intelligemment la part des choses. Ce point de vue est celui de Branislav Dimitrijević, éminent théoricien et historien de l'art, commissaire de nombreuses expositions, et connaisseur avisé de la création artistique yougoslave et post-yougoslave. Interrogé récemment par Radio Slobodna Europa, l'antenne serbe de Radio Free Europe, il répond avec des mots choisis, et des arguments affûtés, ainsi que parfois un soupçon d'ironie </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(interview complète <a href="https://www.slobodnaevropa.org/a/30175064.html" target="_blank">ici</a>, en serbo-croate)</span></span>. Je traduis et reprends ici la majeure partie de ses propos, auxquels je souscris entièrement, avant de proposer quelques réflexions et commentaires personnels sur cette affaire :</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><a name='more'></a><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-fRoh8KJh6zo/XY5X5YQgSZI/AAAAAAAAEKc/kB3625tLgo8utYYQQZRoTODIvf6-KoRoQCLcBGAsYHQ/s1600/761w0slsj4v8uxwj8sx1po40b6r.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="750" data-original-width="1200" height="250" src="https://1.bp.blogspot.com/-fRoh8KJh6zo/XY5X5YQgSZI/AAAAAAAAEKc/kB3625tLgo8utYYQQZRoTODIvf6-KoRoQCLcBGAsYHQ/s400/761w0slsj4v8uxwj8sx1po40b6r.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;<i>Branislav Dimitrijević. Photo (c) Portal Novosti</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"(...) L'exposition a été initiée et même d'une certaine façon négociée personnellement par la première ministre Ana Brnabić. C'est une situation étrange dans laquelle l'ensemble du process vient directement d'en haut pour un grand événement culturel - et c'est assurément ici un événement culturel majeur. C'est le gouvernement lui-même qui initie, puis, en gros, organise, etc.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">D'après ce que j'ai compris, le MSU est plus là pour apporter son aide à cette grosse entreprise...</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Il n'y a aucun doute que, lorsqu'on parle d'art contemporain, Marina Abramović est l'un des noms les plus connus parmi les artistes, non seulement de Serbie, mais de tout l'espace yougoslave. Il ne fait pas de doute non plus que Marina Abramović a dépassé le simple statut d'artiste. Elle est aujourd'hui une star (1) de gros calibre, et son art va dans la direction d'une forme de starification (2). Il ne fait également pas de doute que le gouvernement a jugé qu'une telle exposition pourrait contribuer à donner une meilleure image, qu'elle va peut-être faire venir du monde à Belgrade...</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">[Cette dimension événementielle] va avant tout dans la direction que martèle le gouvernement actuellement, et qui dit que l'art et la culture font partie des industries culturelles, qu'elles doivent gagner elles-mêmes leur argent, mais cela nous emmène dans une situation étrange où ce même gouvernement, qui plaide pour une dérégulation et, d'une certaine façon, pour le retrait de l'Etat dans l'aide à la culture, débloque maintenant une telle somme.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je pense qu'ils espèrent d'une certaine façon que cette exposition attirera l'attention, qu'elle aura un tel écho que tout le monde va se presser à Belgrade pour la voir, et que la Serbie apparaîtra de je ne sais quelle merveilleuse manière dans la presse mondiale pour avoir accueilli un événement de cette ampleur. A ce titre, cet événement dépasse véritablement ce qui est mon domaine d'activité, l'histoire de l'art, pour incarner un projet politique par excellence (3)</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(...) Vous avez encore et toujours beaucoup de gens [en Serbie] qui mettent en question et dénient une quelconque place significative à Marina Abramović en tant qu'artiste, et qui, partant, dénient tout rôle significatif à l'art conceptuel, à l'art-performance, au "body-art", à quelque chose qui, en grande partie, appartient déjà à l'histoire de l'art, et qui ne devrait pas être matière à débat sur sa valeur ou non.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(...) De l'autre côté, vous avez une sorte de complète mystification euphorique, que, d'une certaine manière, Marina Abramović elle-même, ainsi que sa façon de se présenter au public, alimentent.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je rappelerai que Marina Abramović s'est faite connaître, surtout ces derniers temps, par une sorte d' "auto-mythologisation" dans laquelle un des arguments centraux consiste en une complète construction autour de son enfance malheureuse en Yougoslavie communiste, où elle se présente plus ou moins comme une victime du système (...). Elle parle de cette époque comme d'une époque de misère, de dénuement, de je ne sais quelle horreur dont elle aurait survécu, et qu'elle a dû fuir.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(...) A travers cette auto-mythologisation, elle se livre à une sorte de révisionnisme historique.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je pense qu'il y a ici un accouplement idéal [sic] entre ce qu'est la politique actuelle du gouvernement serbe et ce qu'est la "mythologisation" de Marina Abramović. Ce narratif tombe ici à point, pour que le gouvernement se présente comme très avancé parce qu'il fait la promotion d'une artiste radicale, même si cette artiste ne peut bien-sûr plus être considérée aujourd'hui comme radicale. </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">D'un autre côté se répète la mantra anticommuniste du terrible système totalitaire dans lequel nous avons vécu dans tous les Etats ex-Yougoslaves, et en particulier en Croatie et en Serbie, où les forces politiques qui sont au pouvoir profèrent sans cesse des mensonges sur l'histoire (...). Ces contre-vérités qui s'expriment en permanence se réfèrent en particulier à ce discours comme quoi, en Yougoslavie socialiste, il n'y avait jamais rien à acheter, que tout était gris et laid.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce discours est aussi celui que répète Marina Abramović (4) et c'est l'un des aspects pour lesquels elle convient dans le cas qui nous occupe.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(...) Il y a quelques années, Marina Abramović a bénéficié d'une grande publicité au Monténégro (5). Elle a été décorée, nommée citoyenne d'honneur, et s'est livrée à des déclarations pathétiques sur son identité monténégrine. J'ai écris un texte là dessus (...) pour essayer de comprendre comment une artiste avec un tel profil et une telle radicalité artistique peut accepter ce type de cérémonial national.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans le cas de l'exposition actuelle, j'ai l'impression qu'elle est davantage réservée, et, à ce titre, elle n'est pas  directement au service de l'idéologie dominante du pouvoir. Mais même en faisant abstraction de ça, cette exposition va être utilisée avant tout comme de la propagande par le gouvernement actuel. Il va se présenter comme extrêmement moderne, avancé, en phase avec son temps, et pourra démontrer que, si Marina Abramović n'a pas été en Yougoslavie depuis 50 ans, si elle n'a pas eu d'exposition, voilà, maintenant, grâce à ce gouvernement, c'est enfin arrivé! Un acte de propagande accompli !</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais encore une fois, on ne peut pas non plus dire que ce n'est pas une exposition importante. Il était vraiment temps qu'une exposition dédiée à Marina Abramović soit organisée à Belgrade.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cela nous annonce-t-il une nouvelle politique culturelle ? (...) J'ai bien peur que non. J'ai bien peur que ce ne soit qu'un caprice politique, qu'un excès politique où on a va montrer que nous aussi on peut le faire, puis, quand tout ce cirque aura quitté notre ville, tout continuera comme avant. Le MSU va, comme c'était le cas jusqu'à aujourd'hui, galérer à trouver de l'argent, le budget sera diminué et il ne sera pas possible de monter de tels projets à nouveau. Je ne crois pas que cette exposition va apporter quelque chose. (...) On va se prendre en photo, ce sera très glamour, mais ça va finir très vite, et tout va rester à l'ancienne: les institutions continueront d'être ruinées.(...)</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La seule chose qui me réjouis est que c'est quand même une exposition de Marina Abramović. Ils auraient pu investir cet argent dans quelque chose de beaucoup moins pertinent et de beaucoup plus conservateur. A ce titre, c'est un signe fort qu'il s'agisse au moins d'une exposition de Marina Abramović. Nous avons tous hâte de voir cette exposition. C'est quand même un grand événement pour l'histoire de l'art, mais c'est avant tout un grand événement en termes de spectacle politique."</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">*&nbsp;&nbsp; *&nbsp;&nbsp; *</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, pour résumer les propos ci-dessus "The Cleaner" mérite bien son nom, car c'est au final une belle opération d' "<span style="color: #e06666;"><a href="https://poplarpeople.co.uk/artwashing" target="_blank">artwashing</a></span>", cette tendance à laver plus blanc politiquement par le biais des arts et de la culture.<br /> </span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En guise de complément à ce qui précède</span></span></span>, voici maintenant quelques commentaires personnels. </span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Coupons court d'abord et tout de suite à un potentiel débat qui n'a pas lieu d'être: Oui, Marina Abramović est une grande artiste. Point barre. <br /><br />Après, son art, et sa manière de le "vendre", ont pris effectivement une direction qui relève de la starification, et qui a fini par faire, selon moi, que son travail actuel est devenu l'ombre de ce qu'il a pu être à une époque. Corollaire de cette démarche, il est devenu "in" d'aimer Marina Abramović, sans que cette adhésion à son oeuvre soit toujours sincère ou que les postulats de cette oeuvre soient toujours compris. Etre en photo avec elle dans "Vanity Fair", ou placer habilement son nom au milieu du cocktail, alors que l'on reprend sa troisième verrine de caviar-mangue bio, ça fait désormais le boulot pour donner l'air d'être dans le coup.<br /><br /> Le discours de Marina Abramović sur la situation en Yougoslavie, et sur son propre vécu, est un mensonge qualifié. Les pénuries ou l'ambiance glauque, ce fut éventuellement vrai à partir du milieu des années 80, lorsque le pays fut miné par la crise économique qui allait lui être fatale, mais ce ne fut pas le cas dans les années 60-70. Quand au reste, personne ne dit que le pays était un paradis démocratique abouti, mais ce n'était pas non plus une dictature, stricto sensu. Il y avait des gardes-fous et des contre-pouvoirs, ce que des chercheurs en science politique ont depuis <a href="http://www.znaci.net/00003/1001.pdf">démontré</a>. Quant aux arts et à la culture, s'il y eu des épisodes de censure occasionnels, ils n'ont jamais pris de proportions graves, et personne n'est allé en prison ou n'a été menacé dans son intégrité physique pour sa création, comme ce fut le cas en RDA ou en URSS. Le même Branislav Dimitrijević explique d'ailleurs, dans une autre interview à Radio Slobodna Evropa (<a href="https://www.slobodnaevropa.org/a/intervju-branislav-dimitrijevic/28499038.html">ici</a>, en serbo-croate), que la situation politique et géopolitique du pays, la voie à part empruntée par la Yougoslavie dans le paysage communiste, fut un vecteur de nombreuses dynamiques, de dialectiques fécondes sur le plan artistique. Dimitrijević rappelle encore que le désintérêt manifeste de Tito pour l'art contemporain n'a aucunement empêché la construction du MSU, qui ne fut jamais inquiété financièrement ou politiquement, lors de son existence dans la Yougoslavie socialiste...contrairement à aujourd'hui, où il lutte quasi en permanence pour sa survie, à l'instar, plus globalement, d'une jeune scène artistique laissée à l'abandon. J'ajouterai aussi que le désintérêt de départ du parti communiste envers les arts novateurs a très vite évolué; en témoignent si besoin l'architecture audacieuse de nombreux quartiers et bâtiments construits durant le "socialisme", ou encore la beauté visionnaire des fameux <a href="https://laspirale.org/texte-526-spomenici-monuments-oublies-de-l-ex-yougoslavie.html">spomenici</a>, ces monuments en l'honneur de la mémoire antifasciste de la Seconde Guerre Mondiale, là encore à la différence des buildings sans âme de "Beograd na Vodi" ou des croix et églises kitsch que l'on voit fleurir partout en Serbie, dans la sillage de la "contre-révolution" nationale-religieuse en vigueur depuis les années 90-2000.</span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: black;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin et surtout, Marina Abramović n'a jamais été opprimée ni réprimée. Son exposition belgradoise en 1975, se déroula au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Studentski_kulturni_centar" target="_blank">SKC</a>, un des fleurons de la liberté de penser et de créer en Yougoslavie, un lieu qui accueilli de nombreuses figures locales et internationales de l'avant-garde artistique et des musiques alternatives. Ce "storytelling" de la souffrance et de l'oppression, car s'en est un, est une façon de "sexifier" un vécu en faisant croire qu'on a été dissident, ou qu'on a résisté au régime. Dans le même registre court le storytelling que Goran Bregović aurait été punk à Sarajevo, ce qui n'a jamais été le cas (nous y reviendrons dans un post dédié). Mais passons à autre chose, car il y a encore à dire sur cette affaire.</span></span></span></span></span></span><br /><br /><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le gouvernement serbe actuel n'en est pas à son premier essai dans cette forme de "disruption", qui consiste chez lui, à alterner les postures conservatrices, autoritaristes, nationalistes, voire mafieuses et les écrans de progressisme artificiel et de modernité apparente. Je serai même tenté de dire que "Beograd na Vodi" participe d'un même élan d'autosuggestion et de propagande que l'exposition de Marina Abramović: l'idée là aussi est de montrer qu'on "peut le faire", à savoir construire une ville nouvelle rutilante et monumentale, avec l'idée d'impressionner les touristes, de séduire les "investisseurs", mais aussi en interne, de donner une impression de normalité, de progrès, d'évolution, dans un pays encore traumatisé par sa mise au ban des nations dans les années 90, et par les faibles avancées qui ont suivi. On trouve bien ça et là des Serbes qui pensent que "Beograd na Vodi" est un projet pertinent et qu'il dynamise la ville (j'en ai rencontré), mais ce sont soit des sympathisants du régime, soit des gens politiquement peu conscientisés, soit des gens complexés par les difficultés de la Serbie par rapport à des pays plus riches, et qui croient que cette poudre aux yeux urbanistique est un signe tangible de redressement. Ce n'est d'ailleurs pas un phénomène propre à la Serbie, et on trouve autant de naïfs ou d'idiots utiles en France, prêts à soutenir nombre de projets coûteux et inappropriés au nom d'un prétendu dynamisme. </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cela dit, pas grand monde n'est dupe quant à "Beograd na Vodi", et le projet suscite quand même l'opposition d'une large majorité.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Rsyj5QSH5O4/XY5ZngDcyHI/AAAAAAAAEKo/u3CaSvIabaMKx7F2FeTHXnBWAm6osuEFQCLcBGAsYHQ/s1600/Beograd%2Bna%2Bvodi%2B665x317%2BF.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="317" data-original-width="665" height="190" src="https://1.bp.blogspot.com/-Rsyj5QSH5O4/XY5ZngDcyHI/AAAAAAAAEKo/u3CaSvIabaMKx7F2FeTHXnBWAm6osuEFQCLcBGAsYHQ/s400/Beograd%2Bna%2Bvodi%2B665x317%2BF.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;<i>"Beograd na Vodi". Image de synthèse du projet global. Pour l'instant, seuls quatre tours de dressent au milieu de terrains vagues, où, il y a encore un an, se trouvait la gare centrale de Belgrade, dont le trafic a été déplacé sur deux autres gares plus périphériques...<br />L'immense tour qui domine le quartier n'est pas encore sortie de terre, mais les Belgradois l'ont déjà surnommé avec pertinence le "Dildo" (le godemichet).<br />Cette image de synthèse est au demeurant fausse, car au second plan, en vrai, se dresse la ville haute, qui, comme son nom le suggère, a un relief accidenté (et non plat comme sur l'image).&nbsp;</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Avec l'exposition de Marina Abramović, le gouvernement Vučić cherche à se replacer dans la bataille de l'image et du développement culturel. L'idée est de séduire les classes moyennes et supérieures cultivées d'Occident, pour leur montrer que la Serbie est un pays ouvert et audacieux et que les Serbes ne mangent pas les bébés. Or cette bataille a déjà été menée en partie, mais pas par le gouvernement serbe, ou pas directement: ce sont d'autres acteurs, privés, associatifs ou individuels qui ont fait le boulot de changer l'image de la Serbie. Des événements comme Exit, le festival de Guča, les clubs branchés de Savamala, les lieux alternatifs de Dorćol ou de Zemun (quartiers de Belgrade), ou les "splavovi" (bâteaux-boîtes de nuit) de bord de Save et leurs fêtes délirantes, ont, depuis une bonne décennie, contribué à donner une image excitante et moderne de la Serbie auprès d'une jeunesse occidentale en quête de nouvelles sensations. Si j'ai pu exprimer des critiques sur une certaine "folklorisation" détestable à travers la mode des fanfares et du Balkan Beat, ou sur les inepties type "Belgrade est le nouveau Berlin", si Guča reste un événement noyauté par la sphère nationaliste (on en avait parlé <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2012/07/last-exit-from-guca.html" target="_blank">ici</a>), je me réjouis quand même que l'on soit sorti de l'image méprisante, voire raciste, à l'égard de la Serbie, image qui était encore en vigueur il n'y a pas si longtemps. Les Serbes sont encore montés d'un cran en termes d'image, lorsque une partie d'entre eux <a href="https://www.opendemocracy.net/en/can-europe-make-it/wait-serbs-are-now-good-guys/" target="_blank">est venue spontanément accueillir, nourrir, soigner, protéger les réfugiés passant par la Serbie</a>. Un comble dans un pays considéré, il est vrai non complètement à tort, comme le berceau de la purification ethnique, et comme un paradis pour les extrémistes de droite. Il faut d'ailleurs préciser, afin d'être complètement honnête, que même le gouvernement d'Aleksandar Vučić, s'est montré relativement bienveillant sur cette question (encore une disruption pseudo-progressiste!). </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais en dépit de cette exception, et pour le dire crûment envers le gouvernement serbe actuel, celui-ci n'y est pas pour grand chose dans le dynamisme culturel et humain de la capitale, qui est le fruit des efforts de gens qui se sont bien souvent débrouillés seuls, se sont bagarrés, ont monté des dossiers et ont trouvé de l'argent auprès de fondations étrangères, ou ont opté pour l'underground DIY le plus total.&nbsp;</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour le régime en place, qui n'a rien fait, et ne fera rien, pour toute cette nébuleuse, qui de toute façon lui est globalement défavorable, il est néanmoins urgent de reprendre la main et de montrer qu'il peut, lui aussi, faire, comme le suggérait Dimitrijević, de la culture à la fois radicale et haut-de-gamme, pointue et en même temps inoffensive, afin de bien montrer qu'il n'est pas cet immonde héritier de l'extrême-droite serbe qu'il est pourtant, et dont il conserve encore les réflexes et attributs autoritaires et nationalistes, couplés à des pratiques mafieuses et à un ultralibéralisme décomplexé (le parti au pouvoir est issu du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_radical_serbe" target="_blank">Parti Radical Serbe</a> de Vojislav Šešelj).</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme je le disais plus haut, ce n'est pas la première fois que le gouvernement joue cette carte de la "modernité progressiste". Il est intéressant ici de mettre le financement et l'organisation de cette exposition en perspective avec un autre choix "disruptif" d'Aleksandar Vučić, en l’occurrence, celui d'avoir engagé comme première ministre une lesbienne assumée, Ana Brnabić, celle là même qui serait à l'initiative de cette coûteuse exposition. Il est évidemment hors de question ici d'attaquer Madame Brnabić sur ce critère de l'homosexualité, pour concentrer les critiques sur sa politique et ses attitudes. Comme par exemple son dédain affiché des étudiants en lutte contre le mainmise du parti au pouvoir sur l'Université de Belgrade, îlot de savoir et d'intelligence autrefois reconnu, que même Milošević n'avait pas réussi à corrompre, devenu aujourd'hui un temple de médiocrité intellectuelle, pour cause de profs et cadres nommés sur des critères partisans et non sur leur compétence... Ou encore&nbsp; ses déclarations, indigne d'une haute dirigeante d'un Etat moderne, proférées alors que les discussions avec Priština tournaient en rond, sur les Kosovars albanais, <a href="https://www.rferl.org/a/social-media-users-come-out-of-the-woods-to-further-serbia-kosovo-dispute/29974481.html" target="_blank">"gens des forêts"</a> arriérés et méprisables. Ces deux exemples nous rappellent cependant qu'être homosexuel(le) n'est aucunement un gage d'ouverture et de tolérance.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Si Vučić certifie avoir choisi Brnabić sur ses compétences, l'homosexualité de cette dernière est pourtant bien le piège qui est tendu au camp progressiste serbe. Avoir choisi une femme homosexuelle comme première ministre, dans un pays où le machisme et l'homophobie ont encore de beaux jours devant eux, c'est à priori un choix courageux, audacieux, respectable, noble. Mais c'est aussi une façon de couper l'herbe sous les pieds de l'opposition progressiste, de la neutraliser en la plongeant dans un désarroi insoluble: saluer ce geste, c'est risquer de donner des gages à ce gouvernement. Ne pas le saluer, c'est être du côté de la meute conservatrice qui rejette Brnabić parce qu'elle est une femme et une lesbienne. Critiquer Ana Brnabić sur sa politique, c'est risquer d'être confondu avec la même meute haineuse, </span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">qui mélange allègrement critique politique, sexisme et homophobie.</span></span></span></span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le piège est double car ce choix est aussi une manière de braquer les  Serbes les plus conservateurs et homophobes et donc de renforcer  l'extrême droite, pour mieux se poser en rempart contre celle-ci, ce que  le régime de Vučić ne manque pas de faire.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Et le piège a fonctionné, atomisant encore davantage une société déjà très divisée, d'autant que le SNS, le parti d'Aleksandar Vučić a reçu, sur cette question de l'homosexualité, le soutien inattendu de Pedja Azdejković, l'un des militants LGBTIQ les plus en vue. Lors d'une interview avec les internautes, organisée par le journal Danas  (proche de l'opposition progressiste) sur Facebook, Azdejković a déclaré que le SNS "a fait beaucoup plus pour la&nbsp; cause LGBTIQ que les autres partis", dénonçant les égarements actuels des partis démocratiques, alliés via une plate-forme transpartisane d'opposition avec des partis d'extrême-droite ou ultra-conservateurs... </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour le régime, la carte Brnabić est tout bénef', la nomination de la ministre <a href="https://www.lci.fr/international/serbie-qui-est-ana-brnabic-cette-femme-homosexuelle-nommee-premier-ministre-2055613.html?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter" target="_blank">ayant été relevée dans la presse mondiale</a> comme une marque de progressisme indéniable, ce qui permet au gouvernement serbe de cultiver en Occident cette image de parti "centriste", un comble alors que le reste de sa politique se situe globalement aux antipodes du centrisme et de ce choix d'une ministre lesbienne, et que ce choix lui-même participe finalement d'une logique de choc des civilisations, logique dans laquelle la Serbie apparaît moderne, ouverte, supérieure aux Albanais dont on rappelle l'arriération, l'homophobie, le sexisme (qui sont effectivement un problème au sein de la société kosovare), tout en omettant de dénoncer les mêmes maux qui pourtant existent de manière préoccupante aussi en Serbie, ou mieux, en faisant comme s'ils avaient disparu.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'exposition de Marina Abramović risque de produire les mêmes effets. En semant le désarroi et la discorde au sein des milieux culturels et artistiques, elle risque de les atomiser, de les faire imploser ou de les mobiliser inutilement dans des polémiques stériles, tout en braquant, en parallèle, les plus frustrés et en colère de la population, qui viendront grossir les rangs de la sphère conservatrice et "anti-art dégénéré" qui trouvera là une nouvelle occasion de monter au créneau.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour revenir au texte, et pour conclure, les réflexions de Branislav Dimitrijević soulèvent aussi la question, épineuse, du lien, ambigu, et parfois nauséabond entre culture et politique. Dans la Serbie d'hier et d'aujourd'hui, cette question s'est toujours posée avec acuité. Le désir de créer, la nécessité de faire exister son art, et la grande difficulté à en vivre, impliquent des choix qui vont de la marginalité assumée au compromis pragmatique, et à son double moins fréquentable, la compromission. Où est la frontière ? Faut-il coopérer avec le gouvernement d'Aleksandar Vučić ? Ce sont des questions, obsédantes et tenaces, qui habitent de nombreux acteurs culturels et citoyens serbes, sans qu'ils arrivent toujours à trancher. Alors que certaines oeuvres de Marina Abramović ont porté un regard sans concessions sur le nationalisme serbe, les guerres yougoslaves et le patriarcat balkanique, l'artiste aurait-elle dû refuser cette opportunité de présenter son travail en raison du lourd héritage idéologique de ses hôtes? Faut-il boycotter l'exposition ? Je me garderai d'exprimer ici un point de vue ferme et définitif. Le mérite des réflexions de Branislav Dimitrijević est de nous donner la conscience de ce qui se joue derrière cette exposition, c'est pourquoi il m'a semblé fondamental de partager ses réflexions pour les porter à la connaissance des francophones qui seraient susceptibles d'être attirés par cet événement. Qui décidera d'y aller après avoir lu tout ceci, le fera au moins en connaissance de cause et sans être dupe.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/--XY2s89fSl4/XY5cHrMDbvI/AAAAAAAAEK0/M0L1kWUzVdgBJ8wrom_znMF51rWNBPtRwCLcBGAsYHQ/s1600/Marina-Abramovic-Balkan-B-006.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="276" data-original-width="460" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/--XY2s89fSl4/XY5cHrMDbvI/AAAAAAAAEK0/M0L1kWUzVdgBJ8wrom_znMF51rWNBPtRwCLcBGAsYHQ/s400/Marina-Abramovic-Balkan-B-006.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"<a href="https://www.moma.org/audio/playlist/243/3126" target="_blank">Balkan Baroque</a>", oeuvre de Marina Abramovic sur les guerres yougoslaves. </i></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Last but not least, le débat que soulève cette expo n'est bien-sûr nullement réservé à la Serbie, et à son gouvernement détestable. Il se pose partout, y compris en France, et pas seulement dans les villes tenues par le FN/RN (by the way, notre gouvernement aussi est détestable). Il est de longue date démontré que l'art contemporain, dans sa version la plus starifiée (on ne parle du petit plasticien désargenté qui bosse en intérim pour vivre, et expose au petit bonheur la chance), sert à asseoir les rapports de domination de classe en permettant à la haute bourgeoisie de s'afficher, de fixer ce qu'est le "bon goût", et ainsi de se démarquer de la plèbe (sans parler bien-sûr des avantages fiscaux que représentent le fait d' "investir" dans l'art). De façon plus globale, le mariage entre culture et politique est de longue date consommé. La mutation de la culture en "industrie culturelle", et sa dérégulation sont engagées. Enfin, il ne fait guère de doute que la culture est un bras armé, en termes de retours sur image et de retombées économiques, dans l'âpre compétition des villes et des régions. On me répondra sans doute que la situation n'est pas la même en Serbie et en France, qu'il ne faut pas tout mélanger et que ce n'est donc pas comparable. Certes, peut-être, mais cela ne dispense pas de se reposer la question, surtout dans l'époque tendue et "fin de règne" que nous traversons, et donc d'interroger, sans poujadisme anti-artistique, certains choix politiques en matière culturelle, les immixtions d'élus dans les programmations, ou encore les rapports parfois très connivents entre acteurs culturels et "décideurs"... Pour cette raison aussi, les réflexions de Dimitrijević sont précieuses.<br /><br /><i>Photo d'illustration en début de post: Marina Abramović, lors de la cérémonie de ses 70 ans. Crédit (c) Jared Siskin/Patrick McMullan.</i></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><u>Notes:</u></i></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(1)  et (2) En VO, Dimitrijević utilise d'abord l'expression "estradna  zvezda", littéralement "étoile de l'estrade", puis "estrada", que j'ai  traduit donc respectivement par "star" et "starification". Le mot  "estrada", du français "estrade", sert à désigner au sens figuré en  serbo-croate les spectacles grand-public, les célébrités, le show-biz,  le monde du divertissement et de la variété. Le terme "estrada" a pris  avec le temps un sens péjoratif que n'a pas son synonyme d'origine  anglophone "šou biznis" (show business), qui conserve en serbo-croate un  sens neutre ou même positif. Estrada véhicule des connotations de  bêtise, de vulgarité, de mauvais goût, de complaisance... Ex: les stars  du turbofolk font partie de l'estrada (CQFD). Après avoir songé à  "show-biz", j'ai choisi "star" pour traduire (imparfaitement) cette  notion, parce que ce mot me semblait être le plus proche de l'intention  originelle de Dimitrijević, en termes de sens. Si quelqu'un a mieux à  proposer, ne pas hésiter en commentaire...</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">3) "par excellence" est en français dans le texte dans la VO. La formule est passée avec le même sens en serbo-croate.</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(4) </span></i></span><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Extrait des mémoires de Marina Abramović, cité par le journal serbe Telegraf: "</span></i></span>Je  viens d'un environnement obscur. Ainsi était la Yougoslavie de l'après  guerre, du milieu des années 40 au milieu des années 70 (...). Une  dictature communiste, qu'administrait le Maréchal Tito. Il y avait tout  le temps des pénuries de tout et de rien, partout c'était la grisaille.  Il y a quelque chose de caractéristique dans le communisme et le  socialisme - une espèce d'esthétique basée sur la pure laideur. Le  Belgrade de mon enfance n'avait rien de monumental comme pouvait l'être  la Place Rouge à Moscou. Tout était comme usé. Comme si le sommet  observait tout à travers le prisme du communisme ou du socialisme de  quelqu'un d'autre, et créait quelque chose de moins bien ou de moins  fonctionnel, et de plus abîmé. Le souvenir des espaces publics me  revient toujours. Ils étaient tous peints dans une couleur verte sale,  et en haut étaient suspendues des ampoules nues qui donnaient une  lumière grise sous laquelle tout le monde semblait avoir des cernes. La  combinaison de cette luminosité et de la couleur des murs faisait que la  couleur de peau de tous paraissait verte jaunie, comme si nous avions  un foie malade. Quelle que soit votre activité, il y avait toujours un  sentiment de répression, et une petite dose de dépression."</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(5) Les parents de Marina Abramović sont monténégrins.</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><br /></div>
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C'est un événement à plus d'un titre, et en particulier parce que la dernière exposition à Belgrade de la pasionaria de "l'art-performance-extremo-conceptuel" remonte à ...1975. Un événement aux allures de come-back qui pourtant déchaîne les passions et génère une chaude et belle polémique, digne de celles dont l'Hexagone est coutumier. En cause, le budget faramineux de l'exposition, plus d'un demi million d'euros, autant que le budget annuel du MSU lui-même, MSU dont il faut rappeler qu'il fut, à l'instar d'autres musées de la Yougosphère, longtemps fermé pour cause de travaux de rénovation inachevés...faute de budget. Le musée à réouvert en 2017, après 10 ans de fermeture, et reprend peu à peu son rythme de croisière. L'expo de Marina Abramović tombe donc à pic pour, idéalement, relancer cette institution, crée en 1965 malgré le mépris de Tito pour l'art contemporain, jugé par le maréchal comme décadent, bourgeois, et occidental, mais c'est une autre histoire, quoique... </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-vV1i_YuUj30/XY5dBAdVV2I/AAAAAAAAELA/FW-bs_ULa5swbCawfniR3RhHMwuug4vhwCLcBGAsYHQ/s1600/msu.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="529" data-original-width="940" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-vV1i_YuUj30/XY5dBAdVV2I/AAAAAAAAELA/FW-bs_ULa5swbCawfniR3RhHMwuug4vhwCLcBGAsYHQ/s400/msu.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>&nbsp;Le MSU.</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais au fait, qui paye ? C'est dans la réponse que se trouve le principal point de crispation de la polémique, car c'est l'Etat serbe, c'est à dire le gouvernement d'Aleksandar Vučić, qui a débloqué les fonds publics nécessaires à la tenue de l'exposition. Dans un pays où la majorité de la population continue de survivre avec des revenus autour de 500 euros pour un coût de la vie guère plus bas que celui de la France, cette dépense somptuaire heurte, d'autant que le gouvernement </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span></span>, l'un des plus impopulaires de l'histoire contemporaine serbe, demande à ses concitoyens des "poursuivre les efforts face aux indispensables réformes" (refrain entendu ailleurs), et se voit vigoureusement critiqué pour ses investissements calamiteux dans des projets comme l'ultra controversé "<a href="https://www.equaltimes.org/derriere-la-facade-rutilante-du?lang=en" target="_blank">Beograd na Vodi</a>", qui défigure à jamais la ville basse de Belgrade avec ses buildings "de grand standing", sans répondre aux besoins réels et pressants de la capitale en termes de logement, d'urbanisme, d'infrastructures, et d'écologie.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Au delà des procès habituels en élitisme et autre poujadisme anti-artistiques qui s'expriment contre Marina Abramović, et auxquels il est évidemment ici hors de question de prêter le flanc, il faut préciser que cette exposition et son financement posent question jusque dans les milieux artistiques ou intellectuels eux-mêmes. A priori favorables à Marina Abramović, ou reconnaissant au moins l'importance de son oeuvre, ces artistes et intellectuels sont - pour la plupart - opposés au régime d'Aleksandar Vučić. Entre les difficultés à créer ou à penser en Serbie, la critique du pouvoir, et la recherche d'une position équilibrée face à cette exposition, leur désarroi est profond. </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans le flot des commentaires plus ou moins pertinents qui agitent les débats autour de cet événement, un point de vue me semble se démarquer, à la fois parce qu'il expose précisément les problèmes que constitue ce soutien de l'Etat à "The Cleaner", qu'il en identifie les enjeux cachés, mais aussi parce qu'il fait intelligemment la part des choses. Ce point de vue est celui de Branislav Dimitrijević, éminent théoricien et historien de l'art, commissaire de nombreuses expositions, et connaisseur avisé de la création artistique yougoslave et post-yougoslave. Interrogé récemment par Radio Slobodna Europa, l'antenne serbe de Radio Free Europe, il répond avec des mots choisis, et des arguments affûtés, ainsi que parfois un soupçon d'ironie </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(interview complète <a href="https://www.slobodnaevropa.org/a/30175064.html" target="_blank">ici</a>, en serbo-croate)</span></span>. Je traduis et reprends ici la majeure partie de ses propos, auxquels je souscris entièrement, avant de proposer quelques réflexions et commentaires personnels sur cette affaire :</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><a name='more'></a><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-fRoh8KJh6zo/XY5X5YQgSZI/AAAAAAAAEKc/kB3625tLgo8utYYQQZRoTODIvf6-KoRoQCLcBGAsYHQ/s1600/761w0slsj4v8uxwj8sx1po40b6r.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="750" data-original-width="1200" height="250" src="https://1.bp.blogspot.com/-fRoh8KJh6zo/XY5X5YQgSZI/AAAAAAAAEKc/kB3625tLgo8utYYQQZRoTODIvf6-KoRoQCLcBGAsYHQ/s400/761w0slsj4v8uxwj8sx1po40b6r.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;<i>Branislav Dimitrijević. Photo (c) Portal Novosti</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"(...) L'exposition a été initiée et même d'une certaine façon négociée personnellement par la première ministre Ana Brnabić. C'est une situation étrange dans laquelle l'ensemble du process vient directement d'en haut pour un grand événement culturel - et c'est assurément ici un événement culturel majeur. C'est le gouvernement lui-même qui initie, puis, en gros, organise, etc.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">D'après ce que j'ai compris, le MSU est plus là pour apporter son aide à cette grosse entreprise...</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Il n'y a aucun doute que, lorsqu'on parle d'art contemporain, Marina Abramović est l'un des noms les plus connus parmi les artistes, non seulement de Serbie, mais de tout l'espace yougoslave. Il ne fait pas de doute non plus que Marina Abramović a dépassé le simple statut d'artiste. Elle est aujourd'hui une star (1) de gros calibre, et son art va dans la direction d'une forme de starification (2). Il ne fait également pas de doute que le gouvernement a jugé qu'une telle exposition pourrait contribuer à donner une meilleure image, qu'elle va peut-être faire venir du monde à Belgrade...</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">[Cette dimension événementielle] va avant tout dans la direction que martèle le gouvernement actuellement, et qui dit que l'art et la culture font partie des industries culturelles, qu'elles doivent gagner elles-mêmes leur argent, mais cela nous emmène dans une situation étrange où ce même gouvernement, qui plaide pour une dérégulation et, d'une certaine façon, pour le retrait de l'Etat dans l'aide à la culture, débloque maintenant une telle somme.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je pense qu'ils espèrent d'une certaine façon que cette exposition attirera l'attention, qu'elle aura un tel écho que tout le monde va se presser à Belgrade pour la voir, et que la Serbie apparaîtra de je ne sais quelle merveilleuse manière dans la presse mondiale pour avoir accueilli un événement de cette ampleur. A ce titre, cet événement dépasse véritablement ce qui est mon domaine d'activité, l'histoire de l'art, pour incarner un projet politique par excellence (3)</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(...) Vous avez encore et toujours beaucoup de gens [en Serbie] qui mettent en question et dénient une quelconque place significative à Marina Abramović en tant qu'artiste, et qui, partant, dénient tout rôle significatif à l'art conceptuel, à l'art-performance, au "body-art", à quelque chose qui, en grande partie, appartient déjà à l'histoire de l'art, et qui ne devrait pas être matière à débat sur sa valeur ou non.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(...) De l'autre côté, vous avez une sorte de complète mystification euphorique, que, d'une certaine manière, Marina Abramović elle-même, ainsi que sa façon de se présenter au public, alimentent.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je rappelerai que Marina Abramović s'est faite connaître, surtout ces derniers temps, par une sorte d' "auto-mythologisation" dans laquelle un des arguments centraux consiste en une complète construction autour de son enfance malheureuse en Yougoslavie communiste, où elle se présente plus ou moins comme une victime du système (...). Elle parle de cette époque comme d'une époque de misère, de dénuement, de je ne sais quelle horreur dont elle aurait survécu, et qu'elle a dû fuir.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(...) A travers cette auto-mythologisation, elle se livre à une sorte de révisionnisme historique.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je pense qu'il y a ici un accouplement idéal [sic] entre ce qu'est la politique actuelle du gouvernement serbe et ce qu'est la "mythologisation" de Marina Abramović. Ce narratif tombe ici à point, pour que le gouvernement se présente comme très avancé parce qu'il fait la promotion d'une artiste radicale, même si cette artiste ne peut bien-sûr plus être considérée aujourd'hui comme radicale. </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">D'un autre côté se répète la mantra anticommuniste du terrible système totalitaire dans lequel nous avons vécu dans tous les Etats ex-Yougoslaves, et en particulier en Croatie et en Serbie, où les forces politiques qui sont au pouvoir profèrent sans cesse des mensonges sur l'histoire (...). Ces contre-vérités qui s'expriment en permanence se réfèrent en particulier à ce discours comme quoi, en Yougoslavie socialiste, il n'y avait jamais rien à acheter, que tout était gris et laid.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce discours est aussi celui que répète Marina Abramović (4) et c'est l'un des aspects pour lesquels elle convient dans le cas qui nous occupe.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(...) Il y a quelques années, Marina Abramović a bénéficié d'une grande publicité au Monténégro (5). Elle a été décorée, nommée citoyenne d'honneur, et s'est livrée à des déclarations pathétiques sur son identité monténégrine. J'ai écris un texte là dessus (...) pour essayer de comprendre comment une artiste avec un tel profil et une telle radicalité artistique peut accepter ce type de cérémonial national.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans le cas de l'exposition actuelle, j'ai l'impression qu'elle est davantage réservée, et, à ce titre, elle n'est pas  directement au service de l'idéologie dominante du pouvoir. Mais même en faisant abstraction de ça, cette exposition va être utilisée avant tout comme de la propagande par le gouvernement actuel. Il va se présenter comme extrêmement moderne, avancé, en phase avec son temps, et pourra démontrer que, si Marina Abramović n'a pas été en Yougoslavie depuis 50 ans, si elle n'a pas eu d'exposition, voilà, maintenant, grâce à ce gouvernement, c'est enfin arrivé! Un acte de propagande accompli !</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais encore une fois, on ne peut pas non plus dire que ce n'est pas une exposition importante. Il était vraiment temps qu'une exposition dédiée à Marina Abramović soit organisée à Belgrade.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cela nous annonce-t-il une nouvelle politique culturelle ? (...) J'ai bien peur que non. J'ai bien peur que ce ne soit qu'un caprice politique, qu'un excès politique où on a va montrer que nous aussi on peut le faire, puis, quand tout ce cirque aura quitté notre ville, tout continuera comme avant. Le MSU va, comme c'était le cas jusqu'à aujourd'hui, galérer à trouver de l'argent, le budget sera diminué et il ne sera pas possible de monter de tels projets à nouveau. Je ne crois pas que cette exposition va apporter quelque chose. (...) On va se prendre en photo, ce sera très glamour, mais ça va finir très vite, et tout va rester à l'ancienne: les institutions continueront d'être ruinées.(...)</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La seule chose qui me réjouis est que c'est quand même une exposition de Marina Abramović. Ils auraient pu investir cet argent dans quelque chose de beaucoup moins pertinent et de beaucoup plus conservateur. A ce titre, c'est un signe fort qu'il s'agisse au moins d'une exposition de Marina Abramović. Nous avons tous hâte de voir cette exposition. C'est quand même un grand événement pour l'histoire de l'art, mais c'est avant tout un grand événement en termes de spectacle politique."</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">*&nbsp;&nbsp; *&nbsp;&nbsp; *</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, pour résumer les propos ci-dessus "The Cleaner" mérite bien son nom, car c'est au final une belle opération d' "<span style="color: #e06666;"><a href="https://poplarpeople.co.uk/artwashing" target="_blank">artwashing</a></span>", cette tendance à laver plus blanc politiquement par le biais des arts et de la culture.<br /> </span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En guise de complément à ce qui précède</span></span></span>, voici maintenant quelques commentaires personnels. </span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Coupons court d'abord et tout de suite à un potentiel débat qui n'a pas lieu d'être: Oui, Marina Abramović est une grande artiste. Point barre. <br /><br />Après, son art, et sa manière de le "vendre", ont pris effectivement une direction qui relève de la starification, et qui a fini par faire, selon moi, que son travail actuel est devenu l'ombre de ce qu'il a pu être à une époque. Corollaire de cette démarche, il est devenu "in" d'aimer Marina Abramović, sans que cette adhésion à son oeuvre soit toujours sincère ou que les postulats de cette oeuvre soient toujours compris. Etre en photo avec elle dans "Vanity Fair", ou placer habilement son nom au milieu du cocktail, alors que l'on reprend sa troisième verrine de caviar-mangue bio, ça fait désormais le boulot pour donner l'air d'être dans le coup.<br /><br /> Le discours de Marina Abramović sur la situation en Yougoslavie, et sur son propre vécu, est un mensonge qualifié. Les pénuries ou l'ambiance glauque, ce fut éventuellement vrai à partir du milieu des années 80, lorsque le pays fut miné par la crise économique qui allait lui être fatale, mais ce ne fut pas le cas dans les années 60-70. Quand au reste, personne ne dit que le pays était un paradis démocratique abouti, mais ce n'était pas non plus une dictature, stricto sensu. Il y avait des gardes-fous et des contre-pouvoirs, ce que des chercheurs en science politique ont depuis <a href="http://www.znaci.net/00003/1001.pdf">démontré</a>. Quant aux arts et à la culture, s'il y eu des épisodes de censure occasionnels, ils n'ont jamais pris de proportions graves, et personne n'est allé en prison ou n'a été menacé dans son intégrité physique pour sa création, comme ce fut le cas en RDA ou en URSS. Le même Branislav Dimitrijević explique d'ailleurs, dans une autre interview à Radio Slobodna Evropa (<a href="https://www.slobodnaevropa.org/a/intervju-branislav-dimitrijevic/28499038.html">ici</a>, en serbo-croate), que la situation politique et géopolitique du pays, la voie à part empruntée par la Yougoslavie dans le paysage communiste, fut un vecteur de nombreuses dynamiques, de dialectiques fécondes sur le plan artistique. Dimitrijević rappelle encore que le désintérêt manifeste de Tito pour l'art contemporain n'a aucunement empêché la construction du MSU, qui ne fut jamais inquiété financièrement ou politiquement, lors de son existence dans la Yougoslavie socialiste...contrairement à aujourd'hui, où il lutte quasi en permanence pour sa survie, à l'instar, plus globalement, d'une jeune scène artistique laissée à l'abandon. J'ajouterai aussi que le désintérêt de départ du parti communiste envers les arts novateurs a très vite évolué; en témoignent si besoin l'architecture audacieuse de nombreux quartiers et bâtiments construits durant le "socialisme", ou encore la beauté visionnaire des fameux <a href="https://laspirale.org/texte-526-spomenici-monuments-oublies-de-l-ex-yougoslavie.html">spomenici</a>, ces monuments en l'honneur de la mémoire antifasciste de la Seconde Guerre Mondiale, là encore à la différence des buildings sans âme de "Beograd na Vodi" ou des croix et églises kitsch que l'on voit fleurir partout en Serbie, dans la sillage de la "contre-révolution" nationale-religieuse en vigueur depuis les années 90-2000.</span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><span style="color: #fff2cc;"></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: black;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin et surtout, Marina Abramović n'a jamais été opprimée ni réprimée. Son exposition belgradoise en 1975, se déroula au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Studentski_kulturni_centar" target="_blank">SKC</a>, un des fleurons de la liberté de penser et de créer en Yougoslavie, un lieu qui accueilli de nombreuses figures locales et internationales de l'avant-garde artistique et des musiques alternatives. Ce "storytelling" de la souffrance et de l'oppression, car s'en est un, est une façon de "sexifier" un vécu en faisant croire qu'on a été dissident, ou qu'on a résisté au régime. Dans le même registre court le storytelling que Goran Bregović aurait été punk à Sarajevo, ce qui n'a jamais été le cas (nous y reviendrons dans un post dédié). Mais passons à autre chose, car il y a encore à dire sur cette affaire.</span></span></span></span></span></span><br /><br /><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le gouvernement serbe actuel n'en est pas à son premier essai dans cette forme de "disruption", qui consiste chez lui, à alterner les postures conservatrices, autoritaristes, nationalistes, voire mafieuses et les écrans de progressisme artificiel et de modernité apparente. Je serai même tenté de dire que "Beograd na Vodi" participe d'un même élan d'autosuggestion et de propagande que l'exposition de Marina Abramović: l'idée là aussi est de montrer qu'on "peut le faire", à savoir construire une ville nouvelle rutilante et monumentale, avec l'idée d'impressionner les touristes, de séduire les "investisseurs", mais aussi en interne, de donner une impression de normalité, de progrès, d'évolution, dans un pays encore traumatisé par sa mise au ban des nations dans les années 90, et par les faibles avancées qui ont suivi. On trouve bien ça et là des Serbes qui pensent que "Beograd na Vodi" est un projet pertinent et qu'il dynamise la ville (j'en ai rencontré), mais ce sont soit des sympathisants du régime, soit des gens politiquement peu conscientisés, soit des gens complexés par les difficultés de la Serbie par rapport à des pays plus riches, et qui croient que cette poudre aux yeux urbanistique est un signe tangible de redressement. Ce n'est d'ailleurs pas un phénomène propre à la Serbie, et on trouve autant de naïfs ou d'idiots utiles en France, prêts à soutenir nombre de projets coûteux et inappropriés au nom d'un prétendu dynamisme. </span></span><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cela dit, pas grand monde n'est dupe quant à "Beograd na Vodi", et le projet suscite quand même l'opposition d'une large majorité.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-Rsyj5QSH5O4/XY5ZngDcyHI/AAAAAAAAEKo/u3CaSvIabaMKx7F2FeTHXnBWAm6osuEFQCLcBGAsYHQ/s1600/Beograd%2Bna%2Bvodi%2B665x317%2BF.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="317" data-original-width="665" height="190" src="https://1.bp.blogspot.com/-Rsyj5QSH5O4/XY5ZngDcyHI/AAAAAAAAEKo/u3CaSvIabaMKx7F2FeTHXnBWAm6osuEFQCLcBGAsYHQ/s400/Beograd%2Bna%2Bvodi%2B665x317%2BF.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;<i>"Beograd na Vodi". Image de synthèse du projet global. Pour l'instant, seuls quatre tours de dressent au milieu de terrains vagues, où, il y a encore un an, se trouvait la gare centrale de Belgrade, dont le trafic a été déplacé sur deux autres gares plus périphériques...<br />L'immense tour qui domine le quartier n'est pas encore sortie de terre, mais les Belgradois l'ont déjà surnommé avec pertinence le "Dildo" (le godemichet).<br />Cette image de synthèse est au demeurant fausse, car au second plan, en vrai, se dresse la ville haute, qui, comme son nom le suggère, a un relief accidenté (et non plat comme sur l'image).&nbsp;</i></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Avec l'exposition de Marina Abramović, le gouvernement Vučić cherche à se replacer dans la bataille de l'image et du développement culturel. L'idée est de séduire les classes moyennes et supérieures cultivées d'Occident, pour leur montrer que la Serbie est un pays ouvert et audacieux et que les Serbes ne mangent pas les bébés. Or cette bataille a déjà été menée en partie, mais pas par le gouvernement serbe, ou pas directement: ce sont d'autres acteurs, privés, associatifs ou individuels qui ont fait le boulot de changer l'image de la Serbie. Des événements comme Exit, le festival de Guča, les clubs branchés de Savamala, les lieux alternatifs de Dorćol ou de Zemun (quartiers de Belgrade), ou les "splavovi" (bâteaux-boîtes de nuit) de bord de Save et leurs fêtes délirantes, ont, depuis une bonne décennie, contribué à donner une image excitante et moderne de la Serbie auprès d'une jeunesse occidentale en quête de nouvelles sensations. Si j'ai pu exprimer des critiques sur une certaine "folklorisation" détestable à travers la mode des fanfares et du Balkan Beat, ou sur les inepties type "Belgrade est le nouveau Berlin", si Guča reste un événement noyauté par la sphère nationaliste (on en avait parlé <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2012/07/last-exit-from-guca.html" target="_blank">ici</a>), je me réjouis quand même que l'on soit sorti de l'image méprisante, voire raciste, à l'égard de la Serbie, image qui était encore en vigueur il n'y a pas si longtemps. Les Serbes sont encore montés d'un cran en termes d'image, lorsque une partie d'entre eux <a href="https://www.opendemocracy.net/en/can-europe-make-it/wait-serbs-are-now-good-guys/" target="_blank">est venue spontanément accueillir, nourrir, soigner, protéger les réfugiés passant par la Serbie</a>. Un comble dans un pays considéré, il est vrai non complètement à tort, comme le berceau de la purification ethnique, et comme un paradis pour les extrémistes de droite. Il faut d'ailleurs préciser, afin d'être complètement honnête, que même le gouvernement d'Aleksandar Vučić, s'est montré relativement bienveillant sur cette question (encore une disruption pseudo-progressiste!). </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais en dépit de cette exception, et pour le dire crûment envers le gouvernement serbe actuel, celui-ci n'y est pas pour grand chose dans le dynamisme culturel et humain de la capitale, qui est le fruit des efforts de gens qui se sont bien souvent débrouillés seuls, se sont bagarrés, ont monté des dossiers et ont trouvé de l'argent auprès de fondations étrangères, ou ont opté pour l'underground DIY le plus total.&nbsp;</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour le régime en place, qui n'a rien fait, et ne fera rien, pour toute cette nébuleuse, qui de toute façon lui est globalement défavorable, il est néanmoins urgent de reprendre la main et de montrer qu'il peut, lui aussi, faire, comme le suggérait Dimitrijević, de la culture à la fois radicale et haut-de-gamme, pointue et en même temps inoffensive, afin de bien montrer qu'il n'est pas cet immonde héritier de l'extrême-droite serbe qu'il est pourtant, et dont il conserve encore les réflexes et attributs autoritaires et nationalistes, couplés à des pratiques mafieuses et à un ultralibéralisme décomplexé (le parti au pouvoir est issu du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_radical_serbe" target="_blank">Parti Radical Serbe</a> de Vojislav Šešelj).</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme je le disais plus haut, ce n'est pas la première fois que le gouvernement joue cette carte de la "modernité progressiste". Il est intéressant ici de mettre le financement et l'organisation de cette exposition en perspective avec un autre choix "disruptif" d'Aleksandar Vučić, en l’occurrence, celui d'avoir engagé comme première ministre une lesbienne assumée, Ana Brnabić, celle là même qui serait à l'initiative de cette coûteuse exposition. Il est évidemment hors de question ici d'attaquer Madame Brnabić sur ce critère de l'homosexualité, pour concentrer les critiques sur sa politique et ses attitudes. Comme par exemple son dédain affiché des étudiants en lutte contre le mainmise du parti au pouvoir sur l'Université de Belgrade, îlot de savoir et d'intelligence autrefois reconnu, que même Milošević n'avait pas réussi à corrompre, devenu aujourd'hui un temple de médiocrité intellectuelle, pour cause de profs et cadres nommés sur des critères partisans et non sur leur compétence... Ou encore&nbsp; ses déclarations, indigne d'une haute dirigeante d'un Etat moderne, proférées alors que les discussions avec Priština tournaient en rond, sur les Kosovars albanais, <a href="https://www.rferl.org/a/social-media-users-come-out-of-the-woods-to-further-serbia-kosovo-dispute/29974481.html" target="_blank">"gens des forêts"</a> arriérés et méprisables. Ces deux exemples nous rappellent cependant qu'être homosexuel(le) n'est aucunement un gage d'ouverture et de tolérance.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Si Vučić certifie avoir choisi Brnabić sur ses compétences, l'homosexualité de cette dernière est pourtant bien le piège qui est tendu au camp progressiste serbe. Avoir choisi une femme homosexuelle comme première ministre, dans un pays où le machisme et l'homophobie ont encore de beaux jours devant eux, c'est à priori un choix courageux, audacieux, respectable, noble. Mais c'est aussi une façon de couper l'herbe sous les pieds de l'opposition progressiste, de la neutraliser en la plongeant dans un désarroi insoluble: saluer ce geste, c'est risquer de donner des gages à ce gouvernement. Ne pas le saluer, c'est être du côté de la meute conservatrice qui rejette Brnabić parce qu'elle est une femme et une lesbienne. Critiquer Ana Brnabić sur sa politique, c'est risquer d'être confondu avec la même meute haineuse, </span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">qui mélange allègrement critique politique, sexisme et homophobie.</span></span></span></span></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le piège est double car ce choix est aussi une manière de braquer les  Serbes les plus conservateurs et homophobes et donc de renforcer  l'extrême droite, pour mieux se poser en rempart contre celle-ci, ce que  le régime de Vučić ne manque pas de faire.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Et le piège a fonctionné, atomisant encore davantage une société déjà très divisée, d'autant que le SNS, le parti d'Aleksandar Vučić a reçu, sur cette question de l'homosexualité, le soutien inattendu de Pedja Azdejković, l'un des militants LGBTIQ les plus en vue. Lors d'une interview avec les internautes, organisée par le journal Danas  (proche de l'opposition progressiste) sur Facebook, Azdejković a déclaré que le SNS "a fait beaucoup plus pour la&nbsp; cause LGBTIQ que les autres partis", dénonçant les égarements actuels des partis démocratiques, alliés via une plate-forme transpartisane d'opposition avec des partis d'extrême-droite ou ultra-conservateurs... </span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour le régime, la carte Brnabić est tout bénef', la nomination de la ministre <a href="https://www.lci.fr/international/serbie-qui-est-ana-brnabic-cette-femme-homosexuelle-nommee-premier-ministre-2055613.html?utm_source=dlvr.it&amp;utm_medium=twitter" target="_blank">ayant été relevée dans la presse mondiale</a> comme une marque de progressisme indéniable, ce qui permet au gouvernement serbe de cultiver en Occident cette image de parti "centriste", un comble alors que le reste de sa politique se situe globalement aux antipodes du centrisme et de ce choix d'une ministre lesbienne, et que ce choix lui-même participe finalement d'une logique de choc des civilisations, logique dans laquelle la Serbie apparaît moderne, ouverte, supérieure aux Albanais dont on rappelle l'arriération, l'homophobie, le sexisme (qui sont effectivement un problème au sein de la société kosovare), tout en omettant de dénoncer les mêmes maux qui pourtant existent de manière préoccupante aussi en Serbie, ou mieux, en faisant comme s'ils avaient disparu.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'exposition de Marina Abramović risque de produire les mêmes effets. En semant le désarroi et la discorde au sein des milieux culturels et artistiques, elle risque de les atomiser, de les faire imploser ou de les mobiliser inutilement dans des polémiques stériles, tout en braquant, en parallèle, les plus frustrés et en colère de la population, qui viendront grossir les rangs de la sphère conservatrice et "anti-art dégénéré" qui trouvera là une nouvelle occasion de monter au créneau.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour revenir au texte, et pour conclure, les réflexions de Branislav Dimitrijević soulèvent aussi la question, épineuse, du lien, ambigu, et parfois nauséabond entre culture et politique. Dans la Serbie d'hier et d'aujourd'hui, cette question s'est toujours posée avec acuité. Le désir de créer, la nécessité de faire exister son art, et la grande difficulté à en vivre, impliquent des choix qui vont de la marginalité assumée au compromis pragmatique, et à son double moins fréquentable, la compromission. Où est la frontière ? Faut-il coopérer avec le gouvernement d'Aleksandar Vučić ? Ce sont des questions, obsédantes et tenaces, qui habitent de nombreux acteurs culturels et citoyens serbes, sans qu'ils arrivent toujours à trancher. Alors que certaines oeuvres de Marina Abramović ont porté un regard sans concessions sur le nationalisme serbe, les guerres yougoslaves et le patriarcat balkanique, l'artiste aurait-elle dû refuser cette opportunité de présenter son travail en raison du lourd héritage idéologique de ses hôtes? Faut-il boycotter l'exposition ? Je me garderai d'exprimer ici un point de vue ferme et définitif. Le mérite des réflexions de Branislav Dimitrijević est de nous donner la conscience de ce qui se joue derrière cette exposition, c'est pourquoi il m'a semblé fondamental de partager ses réflexions pour les porter à la connaissance des francophones qui seraient susceptibles d'être attirés par cet événement. Qui décidera d'y aller après avoir lu tout ceci, le fera au moins en connaissance de cause et sans être dupe.</span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/--XY2s89fSl4/XY5cHrMDbvI/AAAAAAAAEK0/M0L1kWUzVdgBJ8wrom_znMF51rWNBPtRwCLcBGAsYHQ/s1600/Marina-Abramovic-Balkan-B-006.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="276" data-original-width="460" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/--XY2s89fSl4/XY5cHrMDbvI/AAAAAAAAEK0/M0L1kWUzVdgBJ8wrom_znMF51rWNBPtRwCLcBGAsYHQ/s400/Marina-Abramovic-Balkan-B-006.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"<a href="https://www.moma.org/audio/playlist/243/3126" target="_blank">Balkan Baroque</a>", oeuvre de Marina Abramovic sur les guerres yougoslaves. </i></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Last but not least, le débat que soulève cette expo n'est bien-sûr nullement réservé à la Serbie, et à son gouvernement détestable. Il se pose partout, y compris en France, et pas seulement dans les villes tenues par le FN/RN (by the way, notre gouvernement aussi est détestable). Il est de longue date démontré que l'art contemporain, dans sa version la plus starifiée (on ne parle du petit plasticien désargenté qui bosse en intérim pour vivre, et expose au petit bonheur la chance), sert à asseoir les rapports de domination de classe en permettant à la haute bourgeoisie de s'afficher, de fixer ce qu'est le "bon goût", et ainsi de se démarquer de la plèbe (sans parler bien-sûr des avantages fiscaux que représentent le fait d' "investir" dans l'art). De façon plus globale, le mariage entre culture et politique est de longue date consommé. La mutation de la culture en "industrie culturelle", et sa dérégulation sont engagées. Enfin, il ne fait guère de doute que la culture est un bras armé, en termes de retours sur image et de retombées économiques, dans l'âpre compétition des villes et des régions. On me répondra sans doute que la situation n'est pas la même en Serbie et en France, qu'il ne faut pas tout mélanger et que ce n'est donc pas comparable. Certes, peut-être, mais cela ne dispense pas de se reposer la question, surtout dans l'époque tendue et "fin de règne" que nous traversons, et donc d'interroger, sans poujadisme anti-artistique, certains choix politiques en matière culturelle, les immixtions d'élus dans les programmations, ou encore les rapports parfois très connivents entre acteurs culturels et "décideurs"... Pour cette raison aussi, les réflexions de Dimitrijević sont précieuses.<br /><br /><i>Photo d'illustration en début de post: Marina Abramović, lors de la cérémonie de ses 70 ans. Crédit (c) Jared Siskin/Patrick McMullan.</i></span></span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><u>Notes:</u></i></span></span></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(1)  et (2) En VO, Dimitrijević utilise d'abord l'expression "estradna  zvezda", littéralement "étoile de l'estrade", puis "estrada", que j'ai  traduit donc respectivement par "star" et "starification". Le mot  "estrada", du français "estrade", sert à désigner au sens figuré en  serbo-croate les spectacles grand-public, les célébrités, le show-biz,  le monde du divertissement et de la variété. Le terme "estrada" a pris  avec le temps un sens péjoratif que n'a pas son synonyme d'origine  anglophone "šou biznis" (show business), qui conserve en serbo-croate un  sens neutre ou même positif. Estrada véhicule des connotations de  bêtise, de vulgarité, de mauvais goût, de complaisance... Ex: les stars  du turbofolk font partie de l'estrada (CQFD). Après avoir songé à  "show-biz", j'ai choisi "star" pour traduire (imparfaitement) cette  notion, parce que ce mot me semblait être le plus proche de l'intention  originelle de Dimitrijević, en termes de sens. Si quelqu'un a mieux à  proposer, ne pas hésiter en commentaire...</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">3) "par excellence" est en français dans le texte dans la VO. La formule est passée avec le même sens en serbo-croate.</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(4) </span></i></span><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Extrait des mémoires de Marina Abramović, cité par le journal serbe Telegraf: "</span></i></span>Je  viens d'un environnement obscur. Ainsi était la Yougoslavie de l'après  guerre, du milieu des années 40 au milieu des années 70 (...). Une  dictature communiste, qu'administrait le Maréchal Tito. Il y avait tout  le temps des pénuries de tout et de rien, partout c'était la grisaille.  Il y a quelque chose de caractéristique dans le communisme et le  socialisme - une espèce d'esthétique basée sur la pure laideur. Le  Belgrade de mon enfance n'avait rien de monumental comme pouvait l'être  la Place Rouge à Moscou. Tout était comme usé. Comme si le sommet  observait tout à travers le prisme du communisme ou du socialisme de  quelqu'un d'autre, et créait quelque chose de moins bien ou de moins  fonctionnel, et de plus abîmé. Le souvenir des espaces publics me  revient toujours. Ils étaient tous peints dans une couleur verte sale,  et en haut étaient suspendues des ampoules nues qui donnaient une  lumière grise sous laquelle tout le monde semblait avoir des cernes. La  combinaison de cette luminosité et de la couleur des murs faisait que la  couleur de peau de tous paraissait verte jaunie, comme si nous avions  un foie malade. Quelle que soit votre activité, il y avait toujours un  sentiment de répression, et une petite dose de dépression."</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(5) Les parents de Marina Abramović sont monténégrins.</span></i></span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></span></span></div><br /></div>
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L'envie est forte depuis longtemps de redonner un nouveau souffle à un travail, commencé ici en 2011 sans trop savoir où il allait nous mener, mais assez original et excitant pour que son auteur, malgré d'inévitables phases de doutes, pertes d'inspiration ou simple surcroît de "Real Life", n'ait jamais eu envie de le lâcher. Cette motivation s'est vue aussi entretenue par le fait que, de l'autre côté de l'écran, un public, certes peut-être modeste voire "de niche", s'est constitué et semble trouver matière à s'enrichir l'esprit dans les thèmes que j'ai ici développés et les angles que j'ai choisis.<br />&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Si le bilan est donc "globalement positif", cette aventure affiche néanmoins selon moi des signes de fatigue et une légère sensation de surplace...Ce ne sont pas forcément les sujets ou les approches, parfois ressassés, qui sont en cause, même si, ça et là, je peux avoir le sentiment d'avoir fait le tour d'une question. J'ai mes obsessions, mes mauvaises têtes, mes parti-pris, mes centre d'intérêts et mes convictions, et forcément, ils viennent habiter, parfois malgré moi, comme le naturel qui revient au galop, la plupart des publications. Je crois pourtant, et sans ici me la raconter, avoir réussi, sans trahir les envies de départ, à diversifier le propos au fil du temps, et aussi à évoluer sur certains points de vue...</span></span></span><br /><a name='more'></a><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /><span style="color: #fff2cc;">La principale problématique est en fait la suivante: en parallèle à ce blog s'est développé sur <span style="color: #e06666;"><a href="https://www.facebook.com/yougosonic" target="_blank">son profil facebook</a></span> une sorte de "blog bis", avec des posts de plus en plus longs et argumentés. Cela s'est fait naturellement et sans que j'en prenne de suite véritablement conscience. Le désir de partager et "d'expliquer l'ex-Yougoslavie en suivant les chemins de traverses", comme le proclame fièrement l'accroche de ce blog, a fini par se manifester principalement sur le réseau social, au détriment du blog. L'idée de départ était pourtant que facebook soit un satellite, un complément du blog, un relais de celui-ci. C'est un peu le contraire qui se passe aujourd'hui et ce n'est pas selon moi une bonne chose.<br /><br />Explications:<br /><br />- Tout d'abord, et contrairement à ce que proclament Zuckerberg et les profs de "e-marketing" adeptes du "sans twitter, insta, facebook, point de salut!", tout le monde N'EST PAS sur le grand réseau social. J'ai même le sentiment que sa fréquentation marque le pas.<br /><br />- Outre une façon très verticale de décider et d'imposer certains changements de l'interface, outre l'inutilité ou l'inefficience de certains de ces changements, outre le flicage et l'espionnage de plus en plus décomplexé des usagers, le sentiment de ces derniers d'être pris pour des pigeons va croissant depuis les dernières élections américaines, et ce, malgré les couleuvres que Zuckie a essayé péniblement de nous faire avaler. Une prise de conscience salutaire des internautes dont il sera intéressant de suivre les évolutions, même si on peut très fortement douter qu'elle se solde par un effondrement à court-moyen terme du réseau, tant sa puissance réside et demeure dans l'incomparable et addictive vitrine offerte à nos petits et grands égos interactifs, lesquels valent bien quelques compromissions avec la vie privée et le fait de bosser gratos pour un type dont le business-model est de vendre nos données à tout vent... Je ne m'exclue pas du lot derrière ce constat moraliste, même si j'ai mes périodes de sevrage, choisies ou au contraire imposées par la "real life", qui me permettent de reprendre pied et recul au milieu du feu nourri des statuts, y compris des miens.<br /><br />- Au delà de ces questions autour de notre manière de composer avec le réseau et de "will facebook eat itself?", un post de blog demeure <u><b>davantage visible</b></u> sur le net qu'un post facebook, souvent noyé dans le vaste foutoir de la "timeline" et de toute façon oublié le lendemain de sa publication, sans parler des caprices d'un algorithme aussi perturbant qu'inefficace, et autres censures occasionnelles. Un post de blog est donc précieux de par sa capacité à durer sur le net, à être référencé, "archivé", et donc à pouvoir toucher un public plus durablement. Il est de fait regrettable de réserver mes réflexions et idées à ma seule communauté facebook, alors qu'il existe, dans l'ombre du net, un lectorat curieux, ouvert et avide d'éclairages tels que ceux qu'en toute modestie, je propose.<br /><br />- Le côté "publier/éliminer" récurrent du réseau social, l'actu en flux hypertendu, la "déhiérarchisation" de plus en plus délétère entre "contenu de qualité" et l'opinion du premier Jeanfoutre passant par là, le caractère chronophage de la publication d'un post et de la modération des commentaires, l'hyperréactivité (dans tous les sens du terme) des usagers sur la moindre thématique "chaude patate", l'illusion du débat, de la réflexion, de l'engagement, le bal des égos, tout cela me semble de plus en plus stérile, et a fini par générer une certaine lassitude...<br /><br />Là aussi, les commentaires postés sur une note de blog sont souvent plus mesurés, réfléchis, argumentés que sur facebook... Il est vrai que le petit "poste frontière" à l'ancienne, que constitue la "modération" par le maître de céans, AVANT publication du commentaire, fait son effet, et décourage, bien souvent, les indélicats, ou les oblige à mettre pincettes et matière dans la formulation de leur point de vue, fusse-t-il en désaccord avec celui du taulier, étant entendu que, bien-sûr, il n'a jamais été question que ce blog et son versant facebookien soient un rassemblement de lèches-culs de ma petite personne, ni un club de "sachants", bien-nés, d'accords entre eux, se servant mutuellement une soupe consensuelle et connivente.<br /><br />Je n'ai cela dit pas à me plaindre: je peux affirmer avec satisfaction qu' une communauté de qualité s'est constituée autour de mon profil FB, avec des contacts enrichissants et passionnants, ce y compris au delà d'éventuelles divergences d'opinions ou d'analyses. 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L'envie est forte depuis longtemps de redonner un nouveau souffle à un travail, commencé ici en 2011 sans trop savoir où il allait nous mener, mais assez original et excitant pour que son auteur, malgré d'inévitables phases de doutes, pertes d'inspiration ou simple surcroît de "Real Life", n'ait jamais eu envie de le lâcher. Cette motivation s'est vue aussi entretenue par le fait que, de l'autre côté de l'écran, un public, certes peut-être modeste voire "de niche", s'est constitué et semble trouver matière à s'enrichir l'esprit dans les thèmes que j'ai ici développés et les angles que j'ai choisis.<br />&nbsp;</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Si le bilan est donc "globalement positif", cette aventure affiche néanmoins selon moi des signes de fatigue et une légère sensation de surplace...Ce ne sont pas forcément les sujets ou les approches, parfois ressassés, qui sont en cause, même si, ça et là, je peux avoir le sentiment d'avoir fait le tour d'une question. J'ai mes obsessions, mes mauvaises têtes, mes parti-pris, mes centre d'intérêts et mes convictions, et forcément, ils viennent habiter, parfois malgré moi, comme le naturel qui revient au galop, la plupart des publications. Je crois pourtant, et sans ici me la raconter, avoir réussi, sans trahir les envies de départ, à diversifier le propos au fil du temps, et aussi à évoluer sur certains points de vue...</span></span></span><br /><a name='more'></a><span style="font-size: small;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /><span style="color: #fff2cc;">La principale problématique est en fait la suivante: en parallèle à ce blog s'est développé sur <span style="color: #e06666;"><a href="https://www.facebook.com/yougosonic" target="_blank">son profil facebook</a></span> une sorte de "blog bis", avec des posts de plus en plus longs et argumentés. Cela s'est fait naturellement et sans que j'en prenne de suite véritablement conscience. Le désir de partager et "d'expliquer l'ex-Yougoslavie en suivant les chemins de traverses", comme le proclame fièrement l'accroche de ce blog, a fini par se manifester principalement sur le réseau social, au détriment du blog. L'idée de départ était pourtant que facebook soit un satellite, un complément du blog, un relais de celui-ci. C'est un peu le contraire qui se passe aujourd'hui et ce n'est pas selon moi une bonne chose.<br /><br />Explications:<br /><br />- Tout d'abord, et contrairement à ce que proclament Zuckerberg et les profs de "e-marketing" adeptes du "sans twitter, insta, facebook, point de salut!", tout le monde N'EST PAS sur le grand réseau social. J'ai même le sentiment que sa fréquentation marque le pas.<br /><br />- Outre une façon très verticale de décider et d'imposer certains changements de l'interface, outre l'inutilité ou l'inefficience de certains de ces changements, outre le flicage et l'espionnage de plus en plus décomplexé des usagers, le sentiment de ces derniers d'être pris pour des pigeons va croissant depuis les dernières élections américaines, et ce, malgré les couleuvres que Zuckie a essayé péniblement de nous faire avaler. Une prise de conscience salutaire des internautes dont il sera intéressant de suivre les évolutions, même si on peut très fortement douter qu'elle se solde par un effondrement à court-moyen terme du réseau, tant sa puissance réside et demeure dans l'incomparable et addictive vitrine offerte à nos petits et grands égos interactifs, lesquels valent bien quelques compromissions avec la vie privée et le fait de bosser gratos pour un type dont le business-model est de vendre nos données à tout vent... Je ne m'exclue pas du lot derrière ce constat moraliste, même si j'ai mes périodes de sevrage, choisies ou au contraire imposées par la "real life", qui me permettent de reprendre pied et recul au milieu du feu nourri des statuts, y compris des miens.<br /><br />- Au delà de ces questions autour de notre manière de composer avec le réseau et de "will facebook eat itself?", un post de blog demeure <u><b>davantage visible</b></u> sur le net qu'un post facebook, souvent noyé dans le vaste foutoir de la "timeline" et de toute façon oublié le lendemain de sa publication, sans parler des caprices d'un algorithme aussi perturbant qu'inefficace, et autres censures occasionnelles. Un post de blog est donc précieux de par sa capacité à durer sur le net, à être référencé, "archivé", et donc à pouvoir toucher un public plus durablement. Il est de fait regrettable de réserver mes réflexions et idées à ma seule communauté facebook, alors qu'il existe, dans l'ombre du net, un lectorat curieux, ouvert et avide d'éclairages tels que ceux qu'en toute modestie, je propose.<br /><br />- Le côté "publier/éliminer" récurrent du réseau social, l'actu en flux hypertendu, la "déhiérarchisation" de plus en plus délétère entre "contenu de qualité" et l'opinion du premier Jeanfoutre passant par là, le caractère chronophage de la publication d'un post et de la modération des commentaires, l'hyperréactivité (dans tous les sens du terme) des usagers sur la moindre thématique "chaude patate", l'illusion du débat, de la réflexion, de l'engagement, le bal des égos, tout cela me semble de plus en plus stérile, et a fini par générer une certaine lassitude...<br /><br />Là aussi, les commentaires postés sur une note de blog sont souvent plus mesurés, réfléchis, argumentés que sur facebook... Il est vrai que le petit "poste frontière" à l'ancienne, que constitue la "modération" par le maître de céans, AVANT publication du commentaire, fait son effet, et décourage, bien souvent, les indélicats, ou les oblige à mettre pincettes et matière dans la formulation de leur point de vue, fusse-t-il en désaccord avec celui du taulier, étant entendu que, bien-sûr, il n'a jamais été question que ce blog et son versant facebookien soient un rassemblement de lèches-culs de ma petite personne, ni un club de "sachants", bien-nés, d'accords entre eux, se servant mutuellement une soupe consensuelle et connivente.<br /><br />Je n'ai cela dit pas à me plaindre: je peux affirmer avec satisfaction qu' une communauté de qualité s'est constituée autour de mon profil FB, avec des contacts enrichissants et passionnants, ce y compris au delà d'éventuelles divergences d'opinions ou d'analyses. Nous avons réussi à éviter (ou à éliminer si besoin) - globalement - les fachos, les illuminés, les conspis, les frustrés, les débiles, les trolls, les barbouzes, les "hors-sujets", qui pullulent ailleurs et qui ont contribué à faire de facebook cet égout à ciel ouvert qui fait élire Trump et laisse dire que les juifs mangent les enfants... <br /><br />Bref, point n'est question à ce jour de quitter à 100% le réseau social, qui reste, avec tous ses défauts, un fil info incontournable, un espace d'échange précieux, et un miroir, certes parfois déformant, de l'air du temps, mais de l'utiliser un peu différemment.<br /><br />L'idée forte des temps à venir est de <b>"revenir"</b> sur le blog, et d'y établir le coeur de notre activité, en publiant ici ce qu'on a à dire. Je retranscrirai peu à peu certains posts publiés sur facebook par le passé, et qui me semblent mériter publication/archivage par ici. Il n'est pas exclu que ces posts soient parfois enrichis et retravaillés. Une autre nouveauté sera aussi de partager ici des documents et des notes, parfois issus d'autres sources, de les résumer ou d'en citer des extraits, et d'y apporter éventuellement quelques commentaires et compléments d'infos. Il n'est pas exclu non plus que je ne brise pas un vieux tabou originel qui est celui de la traduction occasionnelle d'autres posts, articles, et sources en serbo-croate... Bien-sûr, je continuerai d'écrire de nouveaux posts, au gré de mon inspiration, de mes découvertes, de l'actualité ou de l'inactualité, ...et de mon temps libre. <br /><br />Ces divers ajustements seront une façon de renouer avec l'esprit originel du blogging, qui fut avant tout une sorte de "bloc-note" en ligne. Elles permettront, je l'espère, de redonner à ce blog la vitalité et le rythme à la hauteur de ces ambitions.<br /><br />Voilà pour les intentions.Y a plus qu'à! Nous verrons concrètement dans les prochains temps comment tout cela s'articule et trouve son rythme dans la pratique...<br /><br />Last but not least, faire vivre ce blog étant une tâche de longue haleine, soumise aux aléas de la "real life" et de nombreux autres paramètres, rien de tel pour relancer la machine que de créer un deuxième blog ! Non content de n'avoir que ce blog dédié à la Yougosphère, j'aurai le plaisir sous peu d'inaugurer un "side-project", sur un thème voisin. Les plus impatients iront voir <a href="https://ivanovitchgraffiti.blogspot.com/" target="_blank">ici</a>, mais en resteront pour leur frais. On en reparle bientôt... Stay tuned et à très vite !<br /><br /><i>Image d'illustration: "Jeunesse! Ne laisse pas le maïs pourrir en Srem [région de Serbie, entre Belgrade et Novi Sad], alors que la famine fait rage dans les autres régions". 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                    [atom_content] => <div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-QrEEkirPEGU/W_RSOJEqeyI/AAAAAAAAD8w/YiZgZAab7kY0iha011gsZKYlcg3fCoPhACLcBGAs/s1600/Serbian%2Bwar%2BSongs.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="700" data-original-width="700" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-QrEEkirPEGU/W_RSOJEqeyI/AAAAAAAAD8w/YiZgZAab7kY0iha011gsZKYlcg3fCoPhACLcBGAs/s400/Serbian%2Bwar%2BSongs.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Les récentes commémorations de la première grande boucherie mondiale du siècle dernier sont un bon prétexte pour sortir des tiroirs un projet musical singulier, passé globalement inaperçu: "</span><a href="http://www.karlrecords.net/?p=472" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Serbian war songs</span></a><span style="color: #fff2cc;">" est paru en 2017, et je n'ai moi-même découvert ce disque que très récemment, un peu par hasard. Le titre est à la fois trompeur et exact. En l'occurrence, ce n'est pas à proprement parler une anthologie de chants militaires éditée pour renflouer le budget de l'armée serbe fragilisé par les guerres des années 90, ni une énième initiative patriotique glorifiant les hauts faits d'armes de cette valeureuse nation. Non. Si ces "chansons de guerre serbes" sont bien des oeuvres du folklore traditionnel ou du répertoire militaire, composées à l'époque de la Première Guerre Mondiale en Serbie, elles sont ici "déconstruites" pour être réinterprétées dans le langage particulier des musiques d'avant-garde.&nbsp;</span></span><br /><a name='more'></a></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A la manoeuvre se trouve l'Ensemble</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zeitkratzer" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zeitkratzer</span></a><span style="color: #fff2cc;">, une formation basée à Berlin, ville qui a en commun avec les Balkans d'avoir vécu dans sa chair les grands soubresauts de l'histoire du XXe siècle. Zeitkratzer signifie d'ailleurs "Eraflure du temps". Classé dans la "Neue Musik" ("Musique nouvelle"), terme désignant en allemand ce qu'on appelle en France la "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_contemporaine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">musique contemporaine</span></a><span style="color: #fff2cc;">", Zeitkratzer en est pourtant une figure hors-norme, loin de l'image </span><a href="https://www.francemusique.fr/musique-contemporaine/le-vrai-ou-faux-de-la-musique-contemporaine-32689" target="_blank"><span style="color: #e06666;">"bourgeoise", pédante et ennuyeuse</span></a><span style="color: #fff2cc;">, qui colle volontiers à la peau de ce courant artistique. Le répertoire et la</span> <a href="https://zeitkratzer.bandcamp.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">discographie</span></a> <span style="color: #fff2cc;">de l'ensemble croisent aussi bien les pièces des compositeurs contemporains parmi les plus emblématiques, tels</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Cage" target="_blank"><span style="color: #e06666;">John Cage</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karlheinz_Stockhausen" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Karlheinz Stockhausen</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ou </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iannis_Xenakis" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Iannis Xenakis</span></a><span style="color: #fff2cc;">, que des oeuvres de</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Deicide" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Deicide</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Whitehouse" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Whitehouse</span></a><span style="color: #fff2cc;">, Kraftwerk ou Lou Reed. Loin d'en rester à un dialogue entre les musiques "savantes" et le death-metal, l'industriel, l'électro ou le rock, Zeitkratzer a aussi sorti deux albums consacrés à la "</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Volksmusik" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Volksmusik</span></a><span style="color: #fff2cc;">", la musique populaire du domaine culturel germanique, amenant au coeur de l'avant-garde sonore des genres aussi ringardisés et péquenoïdes que la "oumpapa" et les "yodele". La rencontre de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Cutler" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Chris Cutler</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et des</span> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=5okscXiUesc" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kastelruther Spatzen</span></a><span style="color: #fff2cc;">, en quelque sorte. Il fallait oser!&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-tNVPPjIS1nU/W_RVABvgaeI/AAAAAAAAD88/iLnVvLdxYVQ55izUzvIbUFF_nCHMKpDnACLcBGAs/s1600/Zeitkratzer.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="571" data-original-width="600" height="304" src="https://4.bp.blogspot.com/-tNVPPjIS1nU/W_RVABvgaeI/AAAAAAAAD88/iLnVvLdxYVQ55izUzvIbUFF_nCHMKpDnACLcBGAs/s320/Zeitkratzer.jpg" width="320" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Zeitkratzer.</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des gens avec une photo de presse pareille ne peuvent pas être foncièrement mauvais !</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></i></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La démarche ne manque pas d'humour ni d'esprit frondeur, mais au delà de cette dimension impertinente, Zeitkratzer voulait sortir du mépris qui entoure habituellement la musique populaire, pour en interroger la place et le rôle, son ancrage social et ses mutations, accompagnant celles de l'histoire. Voilà qui devrait suffire à situer qui est Zeitkratzer. Entrons maintenant dans le vif du sujet!</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le projet "Serbian war songs" est à l'origine une commande de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_des_cultures_du_monde_(Berlin)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Haus der Kulturen der Welt</span></a> <span style="color: #fff2cc;">("Maison des Cultures du Monde"), institution culturelle berlinoise dédiée à la diffusion et au dialogue des expressions contemporaines du monde. Le disque est un&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">enregistrement du concert donné là-bas le 16 janvier 2016.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Dans cet esprit de dialogue des cultures, Zeitkratzer s'est entouré de musiciens serbes pour mener à bien le projet:</span> <a href="http://www.haizebegi.eu/intervenants-artiste/artiste/svetlana-spajic-chanteuse/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Svetlana Spajic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et Dragana Tomić, à la voix, Obrad Milić, à la voix, au </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Diple" target="_blank"><span style="color: #e06666;">diple</span></a> <span style="color: #fff2cc;">(sorte de flûte mais dont le son nasillard s'apparente plutôt à celui d'une cornemuse), et à la </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gusle" target="_blank"><span style="color: #e06666;">gusle</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Le choix de Svetlana Spajić mérite quelques précisions. La musicienne est en effet connue pour son interprétation du chant polyphonique serbe, un art ancien, typique de la tradition musicale orale, et des régions rurales de Serbie. Ce chant offre la particularité d'être volontiers "dissonant" pour des oreilles occidentales, habituées à l'harmonie mélodique classique.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: center;"><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="375" mozallowfullscreen="" src="https://player.vimeo.com/video/17327102" webkitallowfullscreen="" width="500"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">C'est précisément cette dissonance, que l'on retrouve aussi dans les modes de jeux d'autres instruments balkaniques, qui rapproche la musique traditionnelle de la région et la musique contemporaine, dont l'un des principes fondateurs a été de remettre en question l'harmonie classique. L'improvisation est aussi une composante importante qui réunit ces deux univers qu'à priori tout oppose. Avant même de travailler avec Zeitkratzer, Svetlana Spajić avait déjà oeuvré à faire se rencontrer les expressions musicales ancestrales et l'avant-garde artistique, en créant par exemple des illustrations sonores pour des oeuvres de la célèbre performeuse </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marina_Abramovi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Marina Abramovic</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ou en collaborant avec des artistes partageant un même appétit de transversalité des époques et des genres, comme</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainkho_Namtchylak" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Sainkho Namtchylak</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Alors que le chant polyphonique serbe a volontiers été éclipsé par la mode des fanfares, plus accessibles et plus festives, et qu'il tendait à retomber dans l'oubli, Svetlana Spajić a indéniablement contribué à lui redonner sa place. L'imposante maîtrise technique de la musicienne et sa connaissance du répertoire vocal de l'ensemble des Balkans (on trouve du chant polyphonique dans toute la région) font qu'elle est aujourd'hui sollicitée aussi pour de nombreuses masterclasses et ateliers de par le monde.</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/hAcXUajXFzs" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"></span></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Svetlana Spajić et Sainkho Namtchylak en concert&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">à la </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Belgrade_Youth_Center" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Dom Omladine</span></a><span style="color: #fff2cc;"> de Belgrade en 2011.</span></i></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En plus de cette proximité entre un certain type de musique balkanique et la musique contemporaine, il est intéressant de préciser que l'émergence en Serbie d'artistes comme Svetlana Spajić, provient elle aussi d'un phénomène de vases communicantes entre une certaine avant-garde musicale et ce qui allait plus tard s'appeler les "musiques du monde". L'un des acteurs les plus engagés dans le domaine des musiques du monde en Serbie est</span> <a href="http://www.wmce.de/bojan-djordjevic.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Bojan Djordjevic</span></a><span style="color: #fff2cc;">, entre autres producteur et manager du groupe pop-rock tzigane</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kal_(band)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kal</span></a><span style="color: #fff2cc;">, fondateur du magazine</span> <a href="https://bibliolore.org/2009/10/27/etnoumlje-srpski-world-music-magazine/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Etnoumlje</span></a> <span style="color: #fff2cc;">dédié à ces musiques et programmateur du festival</span> <a href="http://ringring.rs/en/uncategorized/world-music-festival-todo-mundo-2018-starts-soon/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Todo Mundo</span></a> <span style="color: #fff2cc;">de Belgrade. Djordjević&nbsp;est aussi l'auteur des compilations "</span><a href="https://www.discogs.com/fr/label/990481-Srbija-Sounds-Global" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Srbija sounds global</span></a><span style="color: #fff2cc;">", éditées par la radio</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/B92" target="_blank"><span style="color: #e06666;">B92</span></a> <span style="color: #fff2cc;">au début des années 2000, et qui présentaient la fine fleur des musiques traditionnelles et néo-traditionnelles de Serbie. Ces compilations dévoilaient une scène diverse et originale, où tradition et innovation se rencontraient, en particulier chez des artistes comme le très déjanté violoniste hongrois de Voïvodine</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Lajk%C3%B3" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Lajko Felix</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le barde </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Boris_Kova%C4%8D" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Boris Kovac</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et son "last Balkan tango" intemporel, l'excellente</span> <a href="https://www.facebook.com/pages/category/Musician-Band/Beogradska-%C4%8Calgija-305725256144120/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Beogradska Calgija</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et son étonnante assimilation de l'héritage musical ottoman ou sépharade, et bien-sûr Svetlana Spajić, avec son groupe "Drina" où figure également Dragana Tomić, présente aussi sur "Serbian war songs".&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-FLj9TP5BBqI/W_RaAwCTnbI/AAAAAAAAD9U/WimwtbZNf7c0POaajjPaQ6yYzvoqhr5hwCLcBGAs/s1600/Bojan%2BDjordjevic.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="225" data-original-width="300" src="https://3.bp.blogspot.com/-FLj9TP5BBqI/W_RaAwCTnbI/AAAAAAAAD9U/WimwtbZNf7c0POaajjPaQ6yYzvoqhr5hwCLcBGAs/s1600/Bojan%2BDjordjevic.jpg" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Bojan Djordjevi</i><span style="text-align: justify;"><i>ć</i></span><i>.</i></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Dans une vie précédente, dans les années 80, Djordjević&nbsp;fut un des acteurs-clés de la niche des musiques "innovatrices" en Yougoslavie, participant à l'édition et à la diffusion de cassettes de cette mouvance, proche du courant du "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rock_in_opposition" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Rock in Opposition</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">" (RIO) né au Royaume Uni à la fin des 70's, une branche&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;">radicalement aventureuse du&nbsp;</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rock_progressif" target="_blank"><span style="color: #e06666;">rock progressif</span></a><span style="color: #fff2cc;">. La scène RIO en Yougoslavie fut évidemment éparse, confidentielle et, disons-le, anecdotique en termes d'impact et de notoriété. Eparpillée dans toute la fédération, elle fut cependant soudée et solidaire, et Djordjević&nbsp;fut, avec son complice Aleksandar Konjikušić, l'un de ceux qui parvint à la mettre en orbite sur la carte du monde des musiques de traverses, via leur "tape-label" intitulé malicieusement "Nikad Robom". Cette formule, signifiant "Jamais esclave" en français, fut d'abord un des slogans des Partisa</span><span style="color: #fff2cc;">ns combattant les nazis et les fascistes, avant de devenir un must de la pop-culture yougoslave, via la BD éponyme, narrant les exploits de deux jeunes partisans intrépides, Mirko et Slavko. A cette époque où internet n'existait pas de manière publique, et où les communications se faisaient par courrier, téléphone ou fax, les compilations de "Nikad Robom" parvinrent à faire collaborer les artistes yougoslaves et leurs homologues français, britanniques, américains de la mouvance RIO. Avec le recul, les relations tissées par le label, ainsi que sa production, dessinant une belle internationale de la "musique de recherche", laissent pantois.</span></div><div style="text-align: justify;"><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-ZYFadcU4mks/W_RYPgP4gVI/AAAAAAAAD9I/1K-fRyY4FegbW3J2LbU7irDVs9Ybv3bOwCLcBGAs/s1600/Nikad%2BRobom%2Btape%2Blabel.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="200" data-original-width="252" height="317" src="https://2.bp.blogspot.com/-ZYFadcU4mks/W_RYPgP4gVI/AAAAAAAAD9I/1K-fRyY4FegbW3J2LbU7irDVs9Ybv3bOwCLcBGAs/s400/Nikad%2BRobom%2Btape%2Blabel.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">Couverture d'une cassette de Nikad Robom (le label), intitulée&nbsp;</span></i></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">"banni par la peur de la Commune", avec en face A, une demo de 1976 de</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/This_Heat" target="_blank"><span style="color: #e06666;">This Heat</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et en face B, l'enregistrement du concert d'</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Elliott_Sharp" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Elliot Sharp</span></a> <span style="color: #fff2cc;">à Ljubljana en 1987.</span></i></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">(Source: l'excellent blog "</span><a href="http://ahogonsindustrialguide.blogspot.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">A hogon's industrial guide</span></a><span style="color: #fff2cc;">", qui</span> <a href="http://ahogonsindustrialguide.blogspot.com/2014/03/the-diversity-of-diversity-traditions.html#i_-_nikad_robom" target="_blank"><span style="color: #e06666;">explore en détail le phénomène "Nikad Robom"</span></a><span style="color: #fff2cc;"> )</span></i></div></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">L'amour de la musique, la curiosité, l'attrait pour des sonorités différentes du mainstream ont naturellement conduit Djordjević a s'intéresser aux musiques traditionnelles, défricheuses de champs inexplorés, oubliés ou délaissés. C'est par ce biais que s'est faite progressivement la bascule, des musiques innovatrices vers les musiques du monde. Précisons que cet intérêt pour les musiques traditionnelles, en particulier celles de Serbie, ne fut à aucun moment motivé par la montée du nationalisme sur place, à la même époque. Par une de ces contradictions dont les extrémistes sont coutumiers, les nationalistes serbes se tournèrent plutôt vers l'indigeste soupe post-moderne qu'était le turbofolk, là où les antinationalistes s'intéressèrent à des expressions archaïques, oubliées, mais plus authentiques, et ne cherchant noise à personne!</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Notons aussi que cette bascule n'a pas constitué un abandon d'une musique au profit de l'autre, au contraire. C'est davantage une jonction, un temps rompue, qui a été réactivée. Bojan Djordjević&nbsp;a aussi fondé le</span> <a href="http://ringring.rs/en/ring-ring-festival-2018/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ring Ring Festival</span></a> <span style="color: #fff2cc;">à Belgrade, en 1996, dédié aux musiques innovatrices, du</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Free_jazz" target="_blank"><span style="color: #e06666;">free-jazz</span></a> <span style="color: #fff2cc;">à l'</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Experimental_rock" target="_blank"><span style="color: #e06666;">avant-rock</span></a> <span style="color: #fff2cc;">en passant justement par les musiques néo-traditionnelles. Une gageure, à l'époque. Le pays était encore sous sanctions, la misère sociale et morale régnait, et la culture indépendante ne devait sa survie qu'à des financements au compte-goutte, souvent étrangers, notamment ceux du "méchant impérialiste" George Sörös et de sa fondation Open Society. Malgré ce climat difficile, ou peut-être à cause de lui, l'îlot de liberté et de créativité qu'était Ring Ring parvint à s'affirmer, à faire venir à Belgrade la fine fleur internationale des musiques hors normes, et à donner une tribune à son pendant local. Ring Ring existe d'ailleurs toujours, et bénéficie aujourd'hui d'une reconnaissance au delà des frontières de la Serbie.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Le phénomène que nous décrivons ici ne fut d'ailleurs pas une spécificité serbe ou yougoslave. En Occident aussi, les "musiques du monde" ont émergé par le biais des scènes indépendantes, alternatives ou avant-gardistes de l'époque. C'est dans le sillage des nombreux dérivés du punk que bon nombre d'artistes des années 80 ont introduit des mélodies orientales, des percus tibétaines, ou ont tenté l'improbable alliage du "</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/White_noise" target="_blank"><span style="color: #e06666;">bruit blanc</span></a><span style="color: #fff2cc;">" et du groove ethnique, bousculant les codes en vigueur du rock et du jazz, finalement engoncés dans un certain conservatisme ennuyeux. Michel Winter et Stéphane Karo, le duo belge qui, par exemple, redécouvrit les "</span></span><a href="https://www.discogs.com/fr/Le-Taraf-de-Clejani-Roumanie-Musique-Des-Tsiganes-De-Valachie/master/608884" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Lautari de Clejani</span></a><span style="color: #fff2cc;">", futurs </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taraf_de_Ha%C3%AFdouks" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Taraf de Haïdouks</span></a><span style="color: #fff2cc;">, étaient proche de la bohème alternative bruxelloise d'alors, et en particulier de groupes comme</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Minimal_Compact" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Minimal Compact</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aksak_Maboul" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Aksak Maboul</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et du label</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crammed_Discs" style="color: #e06666;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Crammed Discs</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></div><div style="text-align: justify;"><br /><span style="color: #fff2cc;">Dans ce tropisme de l'avant-garde vers les musiques traditionnelles, la seule différence peut-être, entre la Yougoslavie et l'Europe Occidentale, est que chez la première, tout ce patrimoine "dormait" là, à proximité, et n'attendait que qu'on le réveille, là où ailleurs, les musiciens sont allés chercher nouveauté et inspiration dans divers outre-mers et outre-terres...</span><br /><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">A côté du champ des musiques alternatives, la musique contemporaine elle-même a volontiers puisé dans des sonorités "exotiques", en particulier asiatiques, pour apporter de la nouveauté et de l' "étrangeté" à son langage musical. On précisera enfin que certains courants de la musique contemporaine, comme celui de la musique dite "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_spectrale" target="_blank"><span style="color: #e06666;">spectrale</span></a><span style="color: #fff2cc;">", ont trouvé leur inspiration dans certaines musiques traditionnelles roumaines. La péninsule balkanique a donc contribué à sa manière à la musique contemporaine. La Roumanie est encore aujourd'hui, avec la France, un foyer important du courant "spectral", qui, précisons-le, concerne le spectre sonore, et non les spectres qui hantent les récits populaires de Transylvanie et alentour...&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Refermons cette parenthèse, dont l'idée était de démontrer, loin de l'opposition de façade entre musiques traditionnelles et musiques "innovatrices", opposition aujourd'hui essentiellement socioculturelle, leurs connexions et parentés.</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-_x8BCgbTTiM/W_Razk_O1kI/AAAAAAAAD9g/5-iQgachQOcCxB79fONgTmRFBTLxrKqwACLcBGAs/s1600/Arm%25C3%25A9e%2Bserbe%2Bfront%2Bd%2Borient.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="477" data-original-width="745" height="255" src="https://4.bp.blogspot.com/-_x8BCgbTTiM/W_Razk_O1kI/AAAAAAAAD9g/5-iQgachQOcCxB79fONgTmRFBTLxrKqwACLcBGAs/s400/Arm%25C3%25A9e%2Bserbe%2Bfront%2Bd%2Borient.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">Des soldats serbes durant la Première Guerre Mondiale.</span></i></div></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Loin d'être le choc esthétique auquel on pouvait s'attendre "Serbian war songs" éclaire et valorise à merveille cette proximité d'univers. Le chant polyphonique et les sonorités particulières du diple et de la gusle viennent se mêler aux distorsions, dissonances et déstructurations propre à la réécriture contemporaine. Les deux langages musicaux se cherchent mutuellement parfois, errent, tâtonnent, comme s'ils s'étaient perdus de vus, puis se retrouvent et interagissent, dans une fusion finalement cohérente, où, paradoxalement, chacun garde son identité. Une belle métaphore de ce qu'est le dialogue interculturel.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Même si le disque ne constitue pas un fond sonore idéal pour faire son jogging dans les allées d'un jardin à la française, ni la musique d'ambiance adéquate pour déguster une craft-beer avec ta team en after-work  à l'happy-hour de ton pub préféré, il est moins rebutant que ce que l'appellation "musique contemporaine", toujours un peu annonciatrice de verre cassé et de portes qui grincent, peut habituellement suggérer. Certes, il faut parfois s'accrocher, notamment au premier morceau, puissante montée de tonnerre, de vacarme et de cris primaux, évoquant un</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Einst%C3%BCrzende_Neubauten" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Einstürzende Neubauten</span></a> <span style="color: #fff2cc;">perdu a milieu des pleureuses professionnelles qui accompagnent encore les enterrements dans certaines régions des Balkans. D'autres pièces sont du même tonneau de bruit et fureur, mais l'ensemble de l'enregistrement est davantage dans la tension, la retenue, la mélancolie, le recueillement ou l'émotion, que dans le fatras sonore, lequel n'est là que pour rappeler la violence du sujet: la guerre. Moyennant un petit effort d'écoute, le disque est à mon sens accessible, même à celles et ceux qui ne sont pas familiers des musiques improvisées ou contemporaines, mais savent faire preuve de curiosité, et ne sont pas fermé(e)s à se faire un peu bousculer dans leurs zones de confort auditif. En revanche, qui a déjà frayé avec les oeuvres de gens aussi différents que</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Zorn" target="_blank"><span style="color: #e06666;">John Zorn</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="http://brahms.ircam.fr/helmut-lachenmann#bio" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Helmut Lachenmann</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yoshihide_%C5%8Ctomo" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Otomo Yoshihide</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fred_Frith" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Fred Frith</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="http://brahms.ircam.fr/luigi-nono#bio" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Luigi Nono</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et autres Chris Cutler, Sainkho Namtchylak ou Neubauten déjà cités, devrait sans peine retrouver ses marques sur ce sentier de la guerre sonique, aux multiples croisements et détours.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Bref, c'est un disque passionnant et surprenant, aux antipodes de tout ce qui domine dans le marché musical en provenance des Balkans, ou lié à cette région.</span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><i><span style="color: #fff2cc;">Toi aussi, vis un choc esthétique bouleversant,&nbsp;</span></i><br /><span style="color: #fff2cc;"><i>en écoutant&nbsp;</i><i>"Serbian war songs" en direct sur ton blog préféré</i></span><br /><i><span style="color: #fff2cc;">(Et si tu aimes, tu peux aussi donner un peu de sous&nbsp;</span></i><br /><span style="color: #fff2cc;"><i>à ces gens là,&nbsp;</i><i>en achetant leur disque,&nbsp;</i></span><br /><i><span style="color: #fff2cc;">en cliquant sur "buy") :&nbsp;</span></i></div><div style="text-align: center;"><iframe seamless="" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=1600884908/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/transparent=true/" style="border: 0; height: 786px; width: 350px;"><a href="http://karlrecords.bandcamp.com/album/serbian-war-songs">Serbian War Songs by zeitkratzer / SVETLANA SPAJIĆ / DRAGANA TOMIĆ  / OBRAD MILIĆ</a></iframe></div></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;">Avant de conclure, il me semble nécessaire de relever une ultime mais importante dimension, en filigrane de ce projet, et au delà de l'aspect musicologique. En l'occurrence, écouter des musiciens allemands qui accompagnent des confrères serbes en train de chanter "Le Boche est venu" ("Shvabo came") ou "l'assassinat de Sarajevo" est aussi cocasse que déroutant. Ce n'est pas une démarche qui va de soi. Cette collaboration questionne donc aussi l'histoire croisée des deux pays. Une histoire, on le sait, tumultueuse, conflictuelle, et massivement jonchée de cadavres, mue longtemps par un racisme réciproque: la race slave inférieure, fruste, désordonnée et incapable de se prendre en main, pour les uns, le Teuton obtus, rigide, autoritaire, s'exprimant par des borborygmes indélicats à l'oreille, et dépourvu de toute fantaisie pour les autres. Une histoire qui a laissé, de part et d'autres, des mauvais souvenirs et des rancoeurs tenaces, des préjugés solides et une incompréhension mutuelle persistante, jusqu'à nos jours.</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-MVq7CogN2KM/W_RbnMxDjfI/AAAAAAAAD9s/wT0MY1Gf0_YpBnonX-ZsU7jic4JaIKZgACLcBGAs/s1600/Serbien_muss_sterbien.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="331" data-original-width="523" height="252" src="https://3.bp.blogspot.com/-MVq7CogN2KM/W_RbnMxDjfI/AAAAAAAAD9s/wT0MY1Gf0_YpBnonX-ZsU7jic4JaIKZgACLcBGAs/s400/Serbien_muss_sterbien.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">"La Serbie doit mourir!"<br />Caricature autrichienne publiée après l'attentat de Sarajevo.</span></i></div><div style="text-align: center;"><i><br /></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-t12W-_t5eRQ/W_Rf0RHEkgI/AAAAAAAAD94/0T0AmlfB4T0f6H5ToMVfak2MMSIz0cOugCLcBGAs/s1600/Ovako%2Bje%2BSrbija%2Bnabacila%2Bstraf%2Bekspediciju.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="379" data-original-width="578" height="261" src="https://3.bp.blogspot.com/-t12W-_t5eRQ/W_Rf0RHEkgI/AAAAAAAAD94/0T0AmlfB4T0f6H5ToMVfak2MMSIz0cOugCLcBGAs/s400/Ovako%2Bje%2BSrbija%2Bnabacila%2Bstraf%2Bekspediciju.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">"Voilà comment la Serbie a rejeté l'expédition punitive"</span></i></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">Caricature serbe (non datée).<br />Sur le pas de la porte: Serbie.<br />Là où tombent les soldats: "Bocheland"<br />Notons aussi l'utilisation du mot allemand "Strafe" ("punition", "ШTPAф" en cyrillique) dans le texte serbe.&nbsp;</span></i></div></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">La classe politique et une part notable de la société serbe n'ont jamais pardonné à l'Allemagne, et à sa soeur l'Autriche, leur soutien aux séparatistes slovènes et croates. Tout comme les massacres de civils, durant la Première Guerre Mondiale, suivis des horreurs de la Seconde, continuent de hanter l'inconscient collectif local. L'Allemagne est aussi un grand investisseur dans la région aujourd'hui "pacifiée", mais sa présence dans l'économie serbe dévastée, via Lidl et autres fleurons du management low-cost des ressources humaines, est vécue comme un néo-colonialisme humiliant, poursuivant la politique guerrière d'autrefois par d'autres moyens.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Les préjugés sont aussi tenaces côté allemand, où l'inconscient collectif continue de percevoir les Serbes comme des sauvages retardés et ivres de violence, à l'opposé de leurs "cousins" croates, certes eux aussi un peu "désordonnés", mais ayant le bon goût de posséder, du moins sur le papier, le même héritage culturel centre-européen.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Paradoxalement, les deux pays se retrouvent pourtant dans une même part d'ombre historique: l'Allemagne comme la Serbie sont accusés d'être les principaux responsables des grandes déflagrations guerrières du siècle passé, et, comme si cela ne suffisait pas, ils sont aussi coupables d'avoir fomenté et réalisé les pires atrocités qui ont ensanglanté le continent européen au cours du même siècle: l'Holocauste pour les premiers, la purification ethnique pour les seconds. Les deux pays ont aussi chacun payé très cher leurs errements politiques, d'abord sous des tapis de bombe, ensuite en gardant une vieille étiquette de pestiférés qui leur colle à la peau et ressort à chaque faux pas. Enfin, ils ont aussi chacun goûté à l'expérience communiste, quoique pas de la même manière, ni dans une même façon de dealer avec cette expérience, même si le rejet de cette "parenthèse" domine aujourd'hui dans les deux cas.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Si l'Allemagne Fédérale a effectué un travail de questionnement et de reconnaissance de ces crimes, la Serbie peine encore à le faire. Le rapport à la culpabilité et à l'histoire est d'ailleurs lui-même une des grilles d'analyse qui alimente certains discours serbophobes en Allemagne: ces discours déplorent l'incapacité qui serait celle de la Serbie à assumer son passé de manière critique, à abandonner ses "démons", comme l'Allemagne aurait été, elle, capable de le faire. C'est ce type de vision qui a poussé d'anciens pacifistes et antimilitaristes convaincus, comme l'écologiste</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joschka_Fischer" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Joschka Fischer</span></a><span style="color: #fff2cc;">, à approuver sans états d'âmes les bombardements de la Serbie par l'OTAN. Des bombardements qui ont encore aggravé les malentendus entre les deux pays.<br /><br /></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-KweLv3h-43E/W_Rl3QAOIbI/AAAAAAAAD-Q/6A3dFuez-5gd6KqDsAp0xBkWIspCORdNQCLcBGAs/s1600/0401foto_FoNet_Aleksandar_Levajkovic-1-678x381.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="381" data-original-width="678" height="223" src="https://1.bp.blogspot.com/-KweLv3h-43E/W_Rl3QAOIbI/AAAAAAAAD-Q/6A3dFuez-5gd6KqDsAp0xBkWIspCORdNQCLcBGAs/s400/0401foto_FoNet_Aleksandar_Levajkovic-1-678x381.jpg" width="400" /></a></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;"><span style="color: #fff2cc;">Attaque de l'Ambassade d'Allemagne à Belgrade en 2008,&nbsp;</span></i></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>lors d'incidents suivant la proclamation de l'indépendance du Kosovo.</i></span><br /><i style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Photo (c)&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Aleksandar Levajković/FoNet</span></span></i></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Il faut bien-sûr nuancer tout ce qui précède. L'Allemagne Fédérale a certes engagé un examen de conscience approfondi de son passé nazi, mais il serait faux de croire que cet examen s'est fait de manière spontanée, volontaire et assidue. C'est à la fin des années 60, en étouffant sous le poids des conservatismes, chargés de garder les lourds secrets du passé sous cloches, que la jeunesse s'est mise à demander des comptes à ses aînés. Les grandes remises en question des années 60-70, le pacifisme et les idéaux hippies ont accompagné ce mouvement d'inventaire sévère des "heures les plus sombres" de l'histoire du pays. Cependant, même si l'Allemagne a réalisé au final un travail de mémoire exemplaire, bien plus abouti que celui effectué en France, où le mythe du "tous résistants" demeure tenace, notons quand même qu'il n'a pas réussi à empêcher la bête immonde de resurgir des sous-bois politiques où elle s'était tapie en attendant son heure: la percée de Pegida et de l'AfD, entre autres, y compris dans les Länder de l'Ouest, en témoigne. En face, si la Serbie "officielle" et certains pans de la société continuent de nier crimes et responsabilités, ou en minimisent la gravité, il est faux de prétendre qu'aucun inventaire du passé n'est à l'oeuvre. Au contraire, on observe de plus en plus de questionnements de la part de la nouvelle génération, demandant à son tour des comptes aux aînés. La production cinématographique, en particulier, se fait l'écho de ces questionnements, comme en témoigne notamment le travail d'</span><a href="https://www.cinemadefacto.com/portfolio/ognjen-glavonic/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ognjen Glavonic</span></a><span style="color: #fff2cc;">, dont on avait parlé</span> <span style="color: #e06666;"><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/05/plongees-en-abysses.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a>&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc;">(voir en 2e partie de post).</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin, la persistance des préjugés mutuels ne signifie pas que tous les Allemands haïssent les Serbes et vice versa. Mais il reste des progrès à faire pour que les perceptions réciproques et les relations se détendent et s'affinent.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-ZOFsLIN-RiA/W_RhPd2MhOI/AAAAAAAAD-E/79tfX0XkpNMVJg0XTpGXaAfOWZzbDWwzQCLcBGAs/s1600/fotofelcfelc.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="450" data-original-width="1170" height="153" src="https://4.bp.blogspot.com/-ZOFsLIN-RiA/W_RhPd2MhOI/AAAAAAAAD-E/79tfX0XkpNMVJg0XTpGXaAfOWZzbDWwzQCLcBGAs/s400/fotofelcfelc.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Début 2018, la</span> <a href="https://www.bgf.rs/en/about-us/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Beogradska Filharmonija</span></a>&nbsp;<span style="color: #fff2cc;">("Philharmonie de Belgrade") a recruté</span> <a href="https://www.bgf.rs/en/dirigent_cp/gabriel-feltz/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Gabriel Feltz</span></a> <span style="color: #fff2cc;">(photo ci-dessus), un chef d'orchestre allemand, originaire lui-aussi de Berlin. Contrairement à certains de ses confrères "parachutés", ne venant dans leur "ville de travail" que pour les répétitions et les concerts, Feltz s'est installé à Belgrade, et apprend le serbe. Il affectionne l'énergie de la ville et la qualité du public qui vient aux concerts. Feltz confesse aussi régulièrement le plaisir et l'enthousiasme qu'il a de travailler avec cet orchestre, dont il n'a de cesse de relever l'excellent niveau technique et la profonde implication des interprètes. Le chef entend faire fructifier ce précieux capital artistique et humain, en remettant la Philharmonie de Belgrade en orbite dans les réseaux européens de la musique, via une politique active d'échanges, de collaborations et de diffusion. Bref, en l'extrayant du ghetto géographique et culturel dans lequel les années d'isolement de la Serbie et les difficultés économiques et politiques actuelles l'ont plongée.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/OpK4ftn_8mI" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Rencontre et entretien avec Gabriel Feltz dans un reportage web de la&nbsp;</span></i></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Philharmonie de Belgrade&nbsp;</span></i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">(en serbe et anglais).</span></i></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;">La notoriété et la bonne réputation de Feltz dans le milieu de la musique classique devraient faciliter cette ambition, que motive un autre enjeu: le chef n'oublie pas d'où il vient ni où il se trouve, et entend "à [son] humble niveau, oeuvrer au resserrement des liens entre l'Allemagne et la Serbie".&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Langage universel dont la syntaxe est flexible et les accents multiples, la musique peut, modestement, remettre du sens là où les mots des hommes sont devenus mensonges, désaccords et intolérance. Si elle ne saurait panser les blessures du passé, ni véritablement effacer les tensions politiques, elle peut néanmoins prendre sa part et indiquer la direction. De la Philharmonie de Belgrade aux "Serbian war songs", on ne se lassera pas d'écouter cette indispensable petite musique dissonante, qui brise les lignes trop droites des partitions géopolitiques!</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div></span><br /><div style="text-align: justify;"><br /></div>
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Le titre est à la fois trompeur et exact. En l'occurrence, ce n'est pas à proprement parler une anthologie de chants militaires éditée pour renflouer le budget de l'armée serbe fragilisé par les guerres des années 90, ni une énième initiative patriotique glorifiant les hauts faits d'armes de cette valeureuse nation. Non. Si ces "chansons de guerre serbes" sont bien des oeuvres du folklore traditionnel ou du répertoire militaire, composées à l'époque de la Première Guerre Mondiale en Serbie, elles sont ici "déconstruites" pour être réinterprétées dans le langage particulier des musiques d'avant-garde.&nbsp;</span></span><br /><a name='more'></a></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A la manoeuvre se trouve l'Ensemble</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zeitkratzer" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zeitkratzer</span></a><span style="color: #fff2cc;">, une formation basée à Berlin, ville qui a en commun avec les Balkans d'avoir vécu dans sa chair les grands soubresauts de l'histoire du XXe siècle. Zeitkratzer signifie d'ailleurs "Eraflure du temps". Classé dans la "Neue Musik" ("Musique nouvelle"), terme désignant en allemand ce qu'on appelle en France la "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_contemporaine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">musique contemporaine</span></a><span style="color: #fff2cc;">", Zeitkratzer en est pourtant une figure hors-norme, loin de l'image </span><a href="https://www.francemusique.fr/musique-contemporaine/le-vrai-ou-faux-de-la-musique-contemporaine-32689" target="_blank"><span style="color: #e06666;">"bourgeoise", pédante et ennuyeuse</span></a><span style="color: #fff2cc;">, qui colle volontiers à la peau de ce courant artistique. Le répertoire et la</span> <a href="https://zeitkratzer.bandcamp.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">discographie</span></a> <span style="color: #fff2cc;">de l'ensemble croisent aussi bien les pièces des compositeurs contemporains parmi les plus emblématiques, tels</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Cage" target="_blank"><span style="color: #e06666;">John Cage</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karlheinz_Stockhausen" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Karlheinz Stockhausen</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ou </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iannis_Xenakis" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Iannis Xenakis</span></a><span style="color: #fff2cc;">, que des oeuvres de</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Deicide" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Deicide</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Whitehouse" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Whitehouse</span></a><span style="color: #fff2cc;">, Kraftwerk ou Lou Reed. Loin d'en rester à un dialogue entre les musiques "savantes" et le death-metal, l'industriel, l'électro ou le rock, Zeitkratzer a aussi sorti deux albums consacrés à la "</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Volksmusik" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Volksmusik</span></a><span style="color: #fff2cc;">", la musique populaire du domaine culturel germanique, amenant au coeur de l'avant-garde sonore des genres aussi ringardisés et péquenoïdes que la "oumpapa" et les "yodele". La rencontre de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Cutler" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Chris Cutler</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et des</span> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=5okscXiUesc" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kastelruther Spatzen</span></a><span style="color: #fff2cc;">, en quelque sorte. Il fallait oser!&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-tNVPPjIS1nU/W_RVABvgaeI/AAAAAAAAD88/iLnVvLdxYVQ55izUzvIbUFF_nCHMKpDnACLcBGAs/s1600/Zeitkratzer.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="571" data-original-width="600" height="304" src="https://4.bp.blogspot.com/-tNVPPjIS1nU/W_RVABvgaeI/AAAAAAAAD88/iLnVvLdxYVQ55izUzvIbUFF_nCHMKpDnACLcBGAs/s320/Zeitkratzer.jpg" width="320" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Zeitkratzer.</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des gens avec une photo de presse pareille ne peuvent pas être foncièrement mauvais !</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></i></div></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La démarche ne manque pas d'humour ni d'esprit frondeur, mais au delà de cette dimension impertinente, Zeitkratzer voulait sortir du mépris qui entoure habituellement la musique populaire, pour en interroger la place et le rôle, son ancrage social et ses mutations, accompagnant celles de l'histoire. Voilà qui devrait suffire à situer qui est Zeitkratzer. Entrons maintenant dans le vif du sujet!</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le projet "Serbian war songs" est à l'origine une commande de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_des_cultures_du_monde_(Berlin)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Haus der Kulturen der Welt</span></a> <span style="color: #fff2cc;">("Maison des Cultures du Monde"), institution culturelle berlinoise dédiée à la diffusion et au dialogue des expressions contemporaines du monde. Le disque est un&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">enregistrement du concert donné là-bas le 16 janvier 2016.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Dans cet esprit de dialogue des cultures, Zeitkratzer s'est entouré de musiciens serbes pour mener à bien le projet:</span> <a href="http://www.haizebegi.eu/intervenants-artiste/artiste/svetlana-spajic-chanteuse/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Svetlana Spajic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et Dragana Tomić, à la voix, Obrad Milić, à la voix, au </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Diple" target="_blank"><span style="color: #e06666;">diple</span></a> <span style="color: #fff2cc;">(sorte de flûte mais dont le son nasillard s'apparente plutôt à celui d'une cornemuse), et à la </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Gusle" target="_blank"><span style="color: #e06666;">gusle</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Le choix de Svetlana Spajić mérite quelques précisions. La musicienne est en effet connue pour son interprétation du chant polyphonique serbe, un art ancien, typique de la tradition musicale orale, et des régions rurales de Serbie. Ce chant offre la particularité d'être volontiers "dissonant" pour des oreilles occidentales, habituées à l'harmonie mélodique classique.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: center;"><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="375" mozallowfullscreen="" src="https://player.vimeo.com/video/17327102" webkitallowfullscreen="" width="500"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">C'est précisément cette dissonance, que l'on retrouve aussi dans les modes de jeux d'autres instruments balkaniques, qui rapproche la musique traditionnelle de la région et la musique contemporaine, dont l'un des principes fondateurs a été de remettre en question l'harmonie classique. L'improvisation est aussi une composante importante qui réunit ces deux univers qu'à priori tout oppose. Avant même de travailler avec Zeitkratzer, Svetlana Spajić avait déjà oeuvré à faire se rencontrer les expressions musicales ancestrales et l'avant-garde artistique, en créant par exemple des illustrations sonores pour des oeuvres de la célèbre performeuse </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marina_Abramovi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Marina Abramovic</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ou en collaborant avec des artistes partageant un même appétit de transversalité des époques et des genres, comme</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainkho_Namtchylak" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Sainkho Namtchylak</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Alors que le chant polyphonique serbe a volontiers été éclipsé par la mode des fanfares, plus accessibles et plus festives, et qu'il tendait à retomber dans l'oubli, Svetlana Spajić a indéniablement contribué à lui redonner sa place. L'imposante maîtrise technique de la musicienne et sa connaissance du répertoire vocal de l'ensemble des Balkans (on trouve du chant polyphonique dans toute la région) font qu'elle est aujourd'hui sollicitée aussi pour de nombreuses masterclasses et ateliers de par le monde.</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/hAcXUajXFzs" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"></span></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Svetlana Spajić et Sainkho Namtchylak en concert&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">à la </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Belgrade_Youth_Center" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Dom Omladine</span></a><span style="color: #fff2cc;"> de Belgrade en 2011.</span></i></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En plus de cette proximité entre un certain type de musique balkanique et la musique contemporaine, il est intéressant de préciser que l'émergence en Serbie d'artistes comme Svetlana Spajić, provient elle aussi d'un phénomène de vases communicantes entre une certaine avant-garde musicale et ce qui allait plus tard s'appeler les "musiques du monde". L'un des acteurs les plus engagés dans le domaine des musiques du monde en Serbie est</span> <a href="http://www.wmce.de/bojan-djordjevic.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Bojan Djordjevic</span></a><span style="color: #fff2cc;">, entre autres producteur et manager du groupe pop-rock tzigane</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kal_(band)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kal</span></a><span style="color: #fff2cc;">, fondateur du magazine</span> <a href="https://bibliolore.org/2009/10/27/etnoumlje-srpski-world-music-magazine/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Etnoumlje</span></a> <span style="color: #fff2cc;">dédié à ces musiques et programmateur du festival</span> <a href="http://ringring.rs/en/uncategorized/world-music-festival-todo-mundo-2018-starts-soon/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Todo Mundo</span></a> <span style="color: #fff2cc;">de Belgrade. Djordjević&nbsp;est aussi l'auteur des compilations "</span><a href="https://www.discogs.com/fr/label/990481-Srbija-Sounds-Global" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Srbija sounds global</span></a><span style="color: #fff2cc;">", éditées par la radio</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/B92" target="_blank"><span style="color: #e06666;">B92</span></a> <span style="color: #fff2cc;">au début des années 2000, et qui présentaient la fine fleur des musiques traditionnelles et néo-traditionnelles de Serbie. Ces compilations dévoilaient une scène diverse et originale, où tradition et innovation se rencontraient, en particulier chez des artistes comme le très déjanté violoniste hongrois de Voïvodine</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Lajk%C3%B3" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Lajko Felix</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le barde </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Boris_Kova%C4%8D" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Boris Kovac</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et son "last Balkan tango" intemporel, l'excellente</span> <a href="https://www.facebook.com/pages/category/Musician-Band/Beogradska-%C4%8Calgija-305725256144120/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Beogradska Calgija</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et son étonnante assimilation de l'héritage musical ottoman ou sépharade, et bien-sûr Svetlana Spajić, avec son groupe "Drina" où figure également Dragana Tomić, présente aussi sur "Serbian war songs".&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-FLj9TP5BBqI/W_RaAwCTnbI/AAAAAAAAD9U/WimwtbZNf7c0POaajjPaQ6yYzvoqhr5hwCLcBGAs/s1600/Bojan%2BDjordjevic.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="225" data-original-width="300" src="https://3.bp.blogspot.com/-FLj9TP5BBqI/W_RaAwCTnbI/AAAAAAAAD9U/WimwtbZNf7c0POaajjPaQ6yYzvoqhr5hwCLcBGAs/s1600/Bojan%2BDjordjevic.jpg" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Bojan Djordjevi</i><span style="text-align: justify;"><i>ć</i></span><i>.</i></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Dans une vie précédente, dans les années 80, Djordjević&nbsp;fut un des acteurs-clés de la niche des musiques "innovatrices" en Yougoslavie, participant à l'édition et à la diffusion de cassettes de cette mouvance, proche du courant du "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rock_in_opposition" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Rock in Opposition</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">" (RIO) né au Royaume Uni à la fin des 70's, une branche&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;">radicalement aventureuse du&nbsp;</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Rock_progressif" target="_blank"><span style="color: #e06666;">rock progressif</span></a><span style="color: #fff2cc;">. La scène RIO en Yougoslavie fut évidemment éparse, confidentielle et, disons-le, anecdotique en termes d'impact et de notoriété. Eparpillée dans toute la fédération, elle fut cependant soudée et solidaire, et Djordjević&nbsp;fut, avec son complice Aleksandar Konjikušić, l'un de ceux qui parvint à la mettre en orbite sur la carte du monde des musiques de traverses, via leur "tape-label" intitulé malicieusement "Nikad Robom". Cette formule, signifiant "Jamais esclave" en français, fut d'abord un des slogans des Partisa</span><span style="color: #fff2cc;">ns combattant les nazis et les fascistes, avant de devenir un must de la pop-culture yougoslave, via la BD éponyme, narrant les exploits de deux jeunes partisans intrépides, Mirko et Slavko. A cette époque où internet n'existait pas de manière publique, et où les communications se faisaient par courrier, téléphone ou fax, les compilations de "Nikad Robom" parvinrent à faire collaborer les artistes yougoslaves et leurs homologues français, britanniques, américains de la mouvance RIO. Avec le recul, les relations tissées par le label, ainsi que sa production, dessinant une belle internationale de la "musique de recherche", laissent pantois.</span></div><div style="text-align: justify;"><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-ZYFadcU4mks/W_RYPgP4gVI/AAAAAAAAD9I/1K-fRyY4FegbW3J2LbU7irDVs9Ybv3bOwCLcBGAs/s1600/Nikad%2BRobom%2Btape%2Blabel.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="200" data-original-width="252" height="317" src="https://2.bp.blogspot.com/-ZYFadcU4mks/W_RYPgP4gVI/AAAAAAAAD9I/1K-fRyY4FegbW3J2LbU7irDVs9Ybv3bOwCLcBGAs/s400/Nikad%2BRobom%2Btape%2Blabel.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">Couverture d'une cassette de Nikad Robom (le label), intitulée&nbsp;</span></i></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">"banni par la peur de la Commune", avec en face A, une demo de 1976 de</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/This_Heat" target="_blank"><span style="color: #e06666;">This Heat</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et en face B, l'enregistrement du concert d'</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Elliott_Sharp" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Elliot Sharp</span></a> <span style="color: #fff2cc;">à Ljubljana en 1987.</span></i></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">(Source: l'excellent blog "</span><a href="http://ahogonsindustrialguide.blogspot.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">A hogon's industrial guide</span></a><span style="color: #fff2cc;">", qui</span> <a href="http://ahogonsindustrialguide.blogspot.com/2014/03/the-diversity-of-diversity-traditions.html#i_-_nikad_robom" target="_blank"><span style="color: #e06666;">explore en détail le phénomène "Nikad Robom"</span></a><span style="color: #fff2cc;"> )</span></i></div></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">L'amour de la musique, la curiosité, l'attrait pour des sonorités différentes du mainstream ont naturellement conduit Djordjević a s'intéresser aux musiques traditionnelles, défricheuses de champs inexplorés, oubliés ou délaissés. C'est par ce biais que s'est faite progressivement la bascule, des musiques innovatrices vers les musiques du monde. Précisons que cet intérêt pour les musiques traditionnelles, en particulier celles de Serbie, ne fut à aucun moment motivé par la montée du nationalisme sur place, à la même époque. Par une de ces contradictions dont les extrémistes sont coutumiers, les nationalistes serbes se tournèrent plutôt vers l'indigeste soupe post-moderne qu'était le turbofolk, là où les antinationalistes s'intéressèrent à des expressions archaïques, oubliées, mais plus authentiques, et ne cherchant noise à personne!</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Notons aussi que cette bascule n'a pas constitué un abandon d'une musique au profit de l'autre, au contraire. C'est davantage une jonction, un temps rompue, qui a été réactivée. Bojan Djordjević&nbsp;a aussi fondé le</span> <a href="http://ringring.rs/en/ring-ring-festival-2018/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ring Ring Festival</span></a> <span style="color: #fff2cc;">à Belgrade, en 1996, dédié aux musiques innovatrices, du</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Free_jazz" target="_blank"><span style="color: #e06666;">free-jazz</span></a> <span style="color: #fff2cc;">à l'</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Experimental_rock" target="_blank"><span style="color: #e06666;">avant-rock</span></a> <span style="color: #fff2cc;">en passant justement par les musiques néo-traditionnelles. Une gageure, à l'époque. Le pays était encore sous sanctions, la misère sociale et morale régnait, et la culture indépendante ne devait sa survie qu'à des financements au compte-goutte, souvent étrangers, notamment ceux du "méchant impérialiste" George Sörös et de sa fondation Open Society. Malgré ce climat difficile, ou peut-être à cause de lui, l'îlot de liberté et de créativité qu'était Ring Ring parvint à s'affirmer, à faire venir à Belgrade la fine fleur internationale des musiques hors normes, et à donner une tribune à son pendant local. Ring Ring existe d'ailleurs toujours, et bénéficie aujourd'hui d'une reconnaissance au delà des frontières de la Serbie.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Le phénomène que nous décrivons ici ne fut d'ailleurs pas une spécificité serbe ou yougoslave. En Occident aussi, les "musiques du monde" ont émergé par le biais des scènes indépendantes, alternatives ou avant-gardistes de l'époque. C'est dans le sillage des nombreux dérivés du punk que bon nombre d'artistes des années 80 ont introduit des mélodies orientales, des percus tibétaines, ou ont tenté l'improbable alliage du "</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/White_noise" target="_blank"><span style="color: #e06666;">bruit blanc</span></a><span style="color: #fff2cc;">" et du groove ethnique, bousculant les codes en vigueur du rock et du jazz, finalement engoncés dans un certain conservatisme ennuyeux. Michel Winter et Stéphane Karo, le duo belge qui, par exemple, redécouvrit les "</span></span><a href="https://www.discogs.com/fr/Le-Taraf-de-Clejani-Roumanie-Musique-Des-Tsiganes-De-Valachie/master/608884" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Lautari de Clejani</span></a><span style="color: #fff2cc;">", futurs </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taraf_de_Ha%C3%AFdouks" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Taraf de Haïdouks</span></a><span style="color: #fff2cc;">, étaient proche de la bohème alternative bruxelloise d'alors, et en particulier de groupes comme</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Minimal_Compact" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Minimal Compact</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aksak_Maboul" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Aksak Maboul</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et du label</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Crammed_Discs" style="color: #e06666;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Crammed Discs</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></div><div style="text-align: justify;"><br /><span style="color: #fff2cc;">Dans ce tropisme de l'avant-garde vers les musiques traditionnelles, la seule différence peut-être, entre la Yougoslavie et l'Europe Occidentale, est que chez la première, tout ce patrimoine "dormait" là, à proximité, et n'attendait que qu'on le réveille, là où ailleurs, les musiciens sont allés chercher nouveauté et inspiration dans divers outre-mers et outre-terres...</span><br /><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">A côté du champ des musiques alternatives, la musique contemporaine elle-même a volontiers puisé dans des sonorités "exotiques", en particulier asiatiques, pour apporter de la nouveauté et de l' "étrangeté" à son langage musical. On précisera enfin que certains courants de la musique contemporaine, comme celui de la musique dite "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_spectrale" target="_blank"><span style="color: #e06666;">spectrale</span></a><span style="color: #fff2cc;">", ont trouvé leur inspiration dans certaines musiques traditionnelles roumaines. La péninsule balkanique a donc contribué à sa manière à la musique contemporaine. La Roumanie est encore aujourd'hui, avec la France, un foyer important du courant "spectral", qui, précisons-le, concerne le spectre sonore, et non les spectres qui hantent les récits populaires de Transylvanie et alentour...&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Refermons cette parenthèse, dont l'idée était de démontrer, loin de l'opposition de façade entre musiques traditionnelles et musiques "innovatrices", opposition aujourd'hui essentiellement socioculturelle, leurs connexions et parentés.</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-_x8BCgbTTiM/W_Razk_O1kI/AAAAAAAAD9g/5-iQgachQOcCxB79fONgTmRFBTLxrKqwACLcBGAs/s1600/Arm%25C3%25A9e%2Bserbe%2Bfront%2Bd%2Borient.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="477" data-original-width="745" height="255" src="https://4.bp.blogspot.com/-_x8BCgbTTiM/W_Razk_O1kI/AAAAAAAAD9g/5-iQgachQOcCxB79fONgTmRFBTLxrKqwACLcBGAs/s400/Arm%25C3%25A9e%2Bserbe%2Bfront%2Bd%2Borient.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">Des soldats serbes durant la Première Guerre Mondiale.</span></i></div></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Loin d'être le choc esthétique auquel on pouvait s'attendre "Serbian war songs" éclaire et valorise à merveille cette proximité d'univers. Le chant polyphonique et les sonorités particulières du diple et de la gusle viennent se mêler aux distorsions, dissonances et déstructurations propre à la réécriture contemporaine. Les deux langages musicaux se cherchent mutuellement parfois, errent, tâtonnent, comme s'ils s'étaient perdus de vus, puis se retrouvent et interagissent, dans une fusion finalement cohérente, où, paradoxalement, chacun garde son identité. Une belle métaphore de ce qu'est le dialogue interculturel.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Même si le disque ne constitue pas un fond sonore idéal pour faire son jogging dans les allées d'un jardin à la française, ni la musique d'ambiance adéquate pour déguster une craft-beer avec ta team en after-work  à l'happy-hour de ton pub préféré, il est moins rebutant que ce que l'appellation "musique contemporaine", toujours un peu annonciatrice de verre cassé et de portes qui grincent, peut habituellement suggérer. Certes, il faut parfois s'accrocher, notamment au premier morceau, puissante montée de tonnerre, de vacarme et de cris primaux, évoquant un</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Einst%C3%BCrzende_Neubauten" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Einstürzende Neubauten</span></a> <span style="color: #fff2cc;">perdu a milieu des pleureuses professionnelles qui accompagnent encore les enterrements dans certaines régions des Balkans. D'autres pièces sont du même tonneau de bruit et fureur, mais l'ensemble de l'enregistrement est davantage dans la tension, la retenue, la mélancolie, le recueillement ou l'émotion, que dans le fatras sonore, lequel n'est là que pour rappeler la violence du sujet: la guerre. Moyennant un petit effort d'écoute, le disque est à mon sens accessible, même à celles et ceux qui ne sont pas familiers des musiques improvisées ou contemporaines, mais savent faire preuve de curiosité, et ne sont pas fermé(e)s à se faire un peu bousculer dans leurs zones de confort auditif. En revanche, qui a déjà frayé avec les oeuvres de gens aussi différents que</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Zorn" target="_blank"><span style="color: #e06666;">John Zorn</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="http://brahms.ircam.fr/helmut-lachenmann#bio" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Helmut Lachenmann</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Yoshihide_%C5%8Ctomo" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Otomo Yoshihide</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fred_Frith" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Fred Frith</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="http://brahms.ircam.fr/luigi-nono#bio" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Luigi Nono</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et autres Chris Cutler, Sainkho Namtchylak ou Neubauten déjà cités, devrait sans peine retrouver ses marques sur ce sentier de la guerre sonique, aux multiples croisements et détours.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Bref, c'est un disque passionnant et surprenant, aux antipodes de tout ce qui domine dans le marché musical en provenance des Balkans, ou lié à cette région.</span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><i><span style="color: #fff2cc;">Toi aussi, vis un choc esthétique bouleversant,&nbsp;</span></i><br /><span style="color: #fff2cc;"><i>en écoutant&nbsp;</i><i>"Serbian war songs" en direct sur ton blog préféré</i></span><br /><i><span style="color: #fff2cc;">(Et si tu aimes, tu peux aussi donner un peu de sous&nbsp;</span></i><br /><span style="color: #fff2cc;"><i>à ces gens là,&nbsp;</i><i>en achetant leur disque,&nbsp;</i></span><br /><i><span style="color: #fff2cc;">en cliquant sur "buy") :&nbsp;</span></i></div><div style="text-align: center;"><iframe seamless="" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=1600884908/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/transparent=true/" style="border: 0; height: 786px; width: 350px;"><a href="http://karlrecords.bandcamp.com/album/serbian-war-songs">Serbian War Songs by zeitkratzer / SVETLANA SPAJIĆ / DRAGANA TOMIĆ  / OBRAD MILIĆ</a></iframe></div></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="color: #fff2cc;">Avant de conclure, il me semble nécessaire de relever une ultime mais importante dimension, en filigrane de ce projet, et au delà de l'aspect musicologique. En l'occurrence, écouter des musiciens allemands qui accompagnent des confrères serbes en train de chanter "Le Boche est venu" ("Shvabo came") ou "l'assassinat de Sarajevo" est aussi cocasse que déroutant. Ce n'est pas une démarche qui va de soi. Cette collaboration questionne donc aussi l'histoire croisée des deux pays. Une histoire, on le sait, tumultueuse, conflictuelle, et massivement jonchée de cadavres, mue longtemps par un racisme réciproque: la race slave inférieure, fruste, désordonnée et incapable de se prendre en main, pour les uns, le Teuton obtus, rigide, autoritaire, s'exprimant par des borborygmes indélicats à l'oreille, et dépourvu de toute fantaisie pour les autres. Une histoire qui a laissé, de part et d'autres, des mauvais souvenirs et des rancoeurs tenaces, des préjugés solides et une incompréhension mutuelle persistante, jusqu'à nos jours.</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-MVq7CogN2KM/W_RbnMxDjfI/AAAAAAAAD9s/wT0MY1Gf0_YpBnonX-ZsU7jic4JaIKZgACLcBGAs/s1600/Serbien_muss_sterbien.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="331" data-original-width="523" height="252" src="https://3.bp.blogspot.com/-MVq7CogN2KM/W_RbnMxDjfI/AAAAAAAAD9s/wT0MY1Gf0_YpBnonX-ZsU7jic4JaIKZgACLcBGAs/s400/Serbien_muss_sterbien.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">"La Serbie doit mourir!"<br />Caricature autrichienne publiée après l'attentat de Sarajevo.</span></i></div><div style="text-align: center;"><i><br /></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-t12W-_t5eRQ/W_Rf0RHEkgI/AAAAAAAAD94/0T0AmlfB4T0f6H5ToMVfak2MMSIz0cOugCLcBGAs/s1600/Ovako%2Bje%2BSrbija%2Bnabacila%2Bstraf%2Bekspediciju.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="379" data-original-width="578" height="261" src="https://3.bp.blogspot.com/-t12W-_t5eRQ/W_Rf0RHEkgI/AAAAAAAAD94/0T0AmlfB4T0f6H5ToMVfak2MMSIz0cOugCLcBGAs/s400/Ovako%2Bje%2BSrbija%2Bnabacila%2Bstraf%2Bekspediciju.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">"Voilà comment la Serbie a rejeté l'expédition punitive"</span></i></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc;">Caricature serbe (non datée).<br />Sur le pas de la porte: Serbie.<br />Là où tombent les soldats: "Bocheland"<br />Notons aussi l'utilisation du mot allemand "Strafe" ("punition", "ШTPAф" en cyrillique) dans le texte serbe.&nbsp;</span></i></div></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">La classe politique et une part notable de la société serbe n'ont jamais pardonné à l'Allemagne, et à sa soeur l'Autriche, leur soutien aux séparatistes slovènes et croates. Tout comme les massacres de civils, durant la Première Guerre Mondiale, suivis des horreurs de la Seconde, continuent de hanter l'inconscient collectif local. L'Allemagne est aussi un grand investisseur dans la région aujourd'hui "pacifiée", mais sa présence dans l'économie serbe dévastée, via Lidl et autres fleurons du management low-cost des ressources humaines, est vécue comme un néo-colonialisme humiliant, poursuivant la politique guerrière d'autrefois par d'autres moyens.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Les préjugés sont aussi tenaces côté allemand, où l'inconscient collectif continue de percevoir les Serbes comme des sauvages retardés et ivres de violence, à l'opposé de leurs "cousins" croates, certes eux aussi un peu "désordonnés", mais ayant le bon goût de posséder, du moins sur le papier, le même héritage culturel centre-européen.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Paradoxalement, les deux pays se retrouvent pourtant dans une même part d'ombre historique: l'Allemagne comme la Serbie sont accusés d'être les principaux responsables des grandes déflagrations guerrières du siècle passé, et, comme si cela ne suffisait pas, ils sont aussi coupables d'avoir fomenté et réalisé les pires atrocités qui ont ensanglanté le continent européen au cours du même siècle: l'Holocauste pour les premiers, la purification ethnique pour les seconds. Les deux pays ont aussi chacun payé très cher leurs errements politiques, d'abord sous des tapis de bombe, ensuite en gardant une vieille étiquette de pestiférés qui leur colle à la peau et ressort à chaque faux pas. Enfin, ils ont aussi chacun goûté à l'expérience communiste, quoique pas de la même manière, ni dans une même façon de dealer avec cette expérience, même si le rejet de cette "parenthèse" domine aujourd'hui dans les deux cas.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Si l'Allemagne Fédérale a effectué un travail de questionnement et de reconnaissance de ces crimes, la Serbie peine encore à le faire. Le rapport à la culpabilité et à l'histoire est d'ailleurs lui-même une des grilles d'analyse qui alimente certains discours serbophobes en Allemagne: ces discours déplorent l'incapacité qui serait celle de la Serbie à assumer son passé de manière critique, à abandonner ses "démons", comme l'Allemagne aurait été, elle, capable de le faire. C'est ce type de vision qui a poussé d'anciens pacifistes et antimilitaristes convaincus, comme l'écologiste</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joschka_Fischer" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Joschka Fischer</span></a><span style="color: #fff2cc;">, à approuver sans états d'âmes les bombardements de la Serbie par l'OTAN. Des bombardements qui ont encore aggravé les malentendus entre les deux pays.<br /><br /></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-KweLv3h-43E/W_Rl3QAOIbI/AAAAAAAAD-Q/6A3dFuez-5gd6KqDsAp0xBkWIspCORdNQCLcBGAs/s1600/0401foto_FoNet_Aleksandar_Levajkovic-1-678x381.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="381" data-original-width="678" height="223" src="https://1.bp.blogspot.com/-KweLv3h-43E/W_Rl3QAOIbI/AAAAAAAAD-Q/6A3dFuez-5gd6KqDsAp0xBkWIspCORdNQCLcBGAs/s400/0401foto_FoNet_Aleksandar_Levajkovic-1-678x381.jpg" width="400" /></a></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;"><span style="color: #fff2cc;">Attaque de l'Ambassade d'Allemagne à Belgrade en 2008,&nbsp;</span></i></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>lors d'incidents suivant la proclamation de l'indépendance du Kosovo.</i></span><br /><i style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Photo (c)&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Aleksandar Levajković/FoNet</span></span></i></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Il faut bien-sûr nuancer tout ce qui précède. L'Allemagne Fédérale a certes engagé un examen de conscience approfondi de son passé nazi, mais il serait faux de croire que cet examen s'est fait de manière spontanée, volontaire et assidue. C'est à la fin des années 60, en étouffant sous le poids des conservatismes, chargés de garder les lourds secrets du passé sous cloches, que la jeunesse s'est mise à demander des comptes à ses aînés. Les grandes remises en question des années 60-70, le pacifisme et les idéaux hippies ont accompagné ce mouvement d'inventaire sévère des "heures les plus sombres" de l'histoire du pays. Cependant, même si l'Allemagne a réalisé au final un travail de mémoire exemplaire, bien plus abouti que celui effectué en France, où le mythe du "tous résistants" demeure tenace, notons quand même qu'il n'a pas réussi à empêcher la bête immonde de resurgir des sous-bois politiques où elle s'était tapie en attendant son heure: la percée de Pegida et de l'AfD, entre autres, y compris dans les Länder de l'Ouest, en témoigne. En face, si la Serbie "officielle" et certains pans de la société continuent de nier crimes et responsabilités, ou en minimisent la gravité, il est faux de prétendre qu'aucun inventaire du passé n'est à l'oeuvre. Au contraire, on observe de plus en plus de questionnements de la part de la nouvelle génération, demandant à son tour des comptes aux aînés. La production cinématographique, en particulier, se fait l'écho de ces questionnements, comme en témoigne notamment le travail d'</span><a href="https://www.cinemadefacto.com/portfolio/ognjen-glavonic/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ognjen Glavonic</span></a><span style="color: #fff2cc;">, dont on avait parlé</span> <span style="color: #e06666;"><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/05/plongees-en-abysses.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a>&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc;">(voir en 2e partie de post).</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin, la persistance des préjugés mutuels ne signifie pas que tous les Allemands haïssent les Serbes et vice versa. Mais il reste des progrès à faire pour que les perceptions réciproques et les relations se détendent et s'affinent.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-ZOFsLIN-RiA/W_RhPd2MhOI/AAAAAAAAD-E/79tfX0XkpNMVJg0XTpGXaAfOWZzbDWwzQCLcBGAs/s1600/fotofelcfelc.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="450" data-original-width="1170" height="153" src="https://4.bp.blogspot.com/-ZOFsLIN-RiA/W_RhPd2MhOI/AAAAAAAAD-E/79tfX0XkpNMVJg0XTpGXaAfOWZzbDWwzQCLcBGAs/s400/fotofelcfelc.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Début 2018, la</span> <a href="https://www.bgf.rs/en/about-us/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Beogradska Filharmonija</span></a>&nbsp;<span style="color: #fff2cc;">("Philharmonie de Belgrade") a recruté</span> <a href="https://www.bgf.rs/en/dirigent_cp/gabriel-feltz/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Gabriel Feltz</span></a> <span style="color: #fff2cc;">(photo ci-dessus), un chef d'orchestre allemand, originaire lui-aussi de Berlin. Contrairement à certains de ses confrères "parachutés", ne venant dans leur "ville de travail" que pour les répétitions et les concerts, Feltz s'est installé à Belgrade, et apprend le serbe. Il affectionne l'énergie de la ville et la qualité du public qui vient aux concerts. Feltz confesse aussi régulièrement le plaisir et l'enthousiasme qu'il a de travailler avec cet orchestre, dont il n'a de cesse de relever l'excellent niveau technique et la profonde implication des interprètes. Le chef entend faire fructifier ce précieux capital artistique et humain, en remettant la Philharmonie de Belgrade en orbite dans les réseaux européens de la musique, via une politique active d'échanges, de collaborations et de diffusion. Bref, en l'extrayant du ghetto géographique et culturel dans lequel les années d'isolement de la Serbie et les difficultés économiques et politiques actuelles l'ont plongée.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><div style="text-align: center;"><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/OpK4ftn_8mI" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Rencontre et entretien avec Gabriel Feltz dans un reportage web de la&nbsp;</span></i></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Philharmonie de Belgrade&nbsp;</span></i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">(en serbe et anglais).</span></i></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="color: #fff2cc;">La notoriété et la bonne réputation de Feltz dans le milieu de la musique classique devraient faciliter cette ambition, que motive un autre enjeu: le chef n'oublie pas d'où il vient ni où il se trouve, et entend "à [son] humble niveau, oeuvrer au resserrement des liens entre l'Allemagne et la Serbie".&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Langage universel dont la syntaxe est flexible et les accents multiples, la musique peut, modestement, remettre du sens là où les mots des hommes sont devenus mensonges, désaccords et intolérance. Si elle ne saurait panser les blessures du passé, ni véritablement effacer les tensions politiques, elle peut néanmoins prendre sa part et indiquer la direction. De la Philharmonie de Belgrade aux "Serbian war songs", on ne se lassera pas d'écouter cette indispensable petite musique dissonante, qui brise les lignes trop droites des partitions géopolitiques!</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div></span><br /><div style="text-align: justify;"><br /></div>
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Le NSK s'est posé au départ en miroir des tensions et contradictions de la Yougoslavie post-Tito, ainsi que de la société slovène d'alors, dévoilant les ambiguïtés et fractures d'un régime finissant, dont certains des acteurs allaient troquer le "socialisme antifasciste" pour le "nationalisme autoritaire" afin de se maintenir au pouvoir. Le tout sur fond de "détachement cynique" d'une population qui, majoritairement, ne croyait plus à l'idéologie (si tant est qu'elle y ait cru un jour), mais "faisait semblant", avant de se laisser tenter à son tour par la promesse de réalisation du grand rêve national, sensé remplacer la ringarde "fraternité et unité".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><a name='more'></a></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le "NSK Rendez-vous" de Grenoble entend éclairer les différentes facettes de ce mouvement artistique, encore mal connu et parfois mal compris en France ...à la différence des pays germaniques, anglophones et slaves, où il fait l'objet de travaux universitaires, d'ouvrages, de conférences et d'expositions dans les musées d'art contemporains. 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On y abordera également un autre défi plus ancien que le groupe s'était lancé, à savoir son concert à Sarajevo, à la veille des accords de Dayton (on en avait parlé </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2012/06/rock-around-bunker.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Un événement considéré encore aujourd'hui comme l'un des plus importants de la vie culturelle durant le siège. C'est à Sarajevo qu'on été posées les bases de "</span><a href="https://passport.nsk.si/fr/qui_sommes_nous" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'Etat NSK</span></a><span style="color: #fff2cc;">", un Etat sans territoire, transcendant les cultures et fédérant une communauté d'individus libres-penseurs (pour faire très court), concrétisation des réflexions de Laibach sur la notion d'Etat, et possible pied-de-nez aux nouveaux Etats nés de la dislocation yougoslave.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Si en apparence, le travail du NSK, mouvement né en Yougoslavie au début des années 80, peut sembler daté, il est en réalité, pour paraphraser une expression éculée, "d'une grande actualité". Tout en gardant son langage propre et son identité, les artistes du mouvement ont su évoluer au fil du temps. Au delà du contexte yougoslave et post-yougoslave, le NSK interroge aussi les ambiguïtés et contradictions de l'Occident démocratique et libéral, engoncé dans le confort bourgeois de ses certitudes, celles d'être "du bon côté" de l'histoire, de l'économie et de la politique, et ne devant à ce titre souffrir aucune critique ni questionnement.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Par des détournements sulfureux d'affiches ou de symboles souvent totalitaires, le NSK éclaire les non-dits et mensonges cachés du pouvoir, qu'il soit de "là-bas" ou d'ici, qu'il s'agisse de politique ou de culture de masse. Il en révèle au final la part de farce et de grotesque.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">C'est donc un processus émancipateur qui est à l'oeuvre, mais où, comme chez le psy, c'est le NSK qui pose les questions, alors que c'est à nous de trouver les réponses.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">En ces temps où politique et communication sont plus que jamais étroitement mêlés, en ces temps d'affrontements entre ce qui serait le "vieux monde" et ce qui serait le "monde nouveau", en ces temps où les uns réclament "moins d'Etat" et </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/10/regards-serbes-dans-le-miroir-catalan.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">d'autres réclament "leur" Etat</span></a><span style="color: #fff2cc;">, en ces temps qui ont vu naître la bulle Macron et la baudruche Trump, etc ...le travail du NSK s'avère toujours utile et pertinent pour nous garder en alerte et nous inviter à penser par nous-même.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Le rendez-vous de Grenoble est une occasion rare de découvrir ce mouvement majeur de l'histoire de l'art yougoslave, et de l"histoire tout court, qui passionne aussi ceux qui s'intéressent à la philosophie et aux sciences politiques. Les organisateurs&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc;">promettent une atmosphère conviviale, favorisant la rencontre et la découverte (un brunch avec les artistes est prévu le 14.10)</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Chez Yougosonic, on soutient l'événement avec d'autant plus d'enthousiasme, que celui-ci,&nbsp; en accueillant des expressions contemporaines originales et incisives, se bat pour "donner une autre image de la région via son histoire, ses artistes et ses problématiques - qui sont celles de toute l'Europe aussi, même si certains ont tendance à l'oublier", comme me l'écrivait il y a quelque jours l'infatigable Aurélie Dos Santos Duchesne, l'une des chevilles ouvrières du festival. J'applaudis des deux mains. Voilà qui va nous changer de Kusturica et de ses fanfaronnades! Autre aspect prometteur à plus long terme, le "NSK Rendez-vous" pourrait s'ouvrir à d'autres artistes d'ex-Yougoslavie et des Balkans...A suivre !</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-PVfJyvHWtJw/W7ybhnYD9FI/AAAAAAAAD8k/wt9dhMp9rmYXEpLzoHFzIFowXkoR_jQSwCLcBGAs/s1600/nsk%2BMacron.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="960" data-original-width="600" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-PVfJyvHWtJw/W7ybhnYD9FI/AAAAAAAAD8k/wt9dhMp9rmYXEpLzoHFzIFowXkoR_jQSwCLcBGAs/s400/nsk%2BMacron.jpg" width="250" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">On invite donc notre estimé lectorat de Grenoble, de Lyon et pourquoi pas de plus loin encore, à répondre présent à ce rendez-vous auquel on souhaite un plein succès et une longue vie.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;">Après le Dauphiné Libéré, il est temps d'essayer le Dauphiné Laibachisé !</span></div></span>
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Le NSK s'est posé au départ en miroir des tensions et contradictions de la Yougoslavie post-Tito, ainsi que de la société slovène d'alors, dévoilant les ambiguïtés et fractures d'un régime finissant, dont certains des acteurs allaient troquer le "socialisme antifasciste" pour le "nationalisme autoritaire" afin de se maintenir au pouvoir. 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Cette deuxième édition du "NSK Rendez-vous", dont vous découvrirez les détails de la prog </span><a href="https://www.nsk.ccc-grenoble.fr/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">sur le site</span></a><span style="color: #fff2cc;"> dédié, revient entre autres sur le travail du collectif artistique slovène</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/IRWIN" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Irwin</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ainsi que sur le récent</span> <a href="https://www.telerama.fr/musique/de-retour-de-coree-du-nord-le-groupe-laibach-ravi-de-sa-tournee,130656.php" target="_blank"><span style="color: #e06666;">concert de Laibach en Corée du Nord</span></a><span style="color: #fff2cc;">, un défi interculturel et géopolitique, autant qu'une aventure rocambolesque. On y abordera également un autre défi plus ancien que le groupe s'était lancé, à savoir son concert à Sarajevo, à la veille des accords de Dayton (on en avait parlé </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2012/06/rock-around-bunker.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Un événement considéré encore aujourd'hui comme l'un des plus importants de la vie culturelle durant le siège. C'est à Sarajevo qu'on été posées les bases de "</span><a href="https://passport.nsk.si/fr/qui_sommes_nous" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'Etat NSK</span></a><span style="color: #fff2cc;">", un Etat sans territoire, transcendant les cultures et fédérant une communauté d'individus libres-penseurs (pour faire très court), concrétisation des réflexions de Laibach sur la notion d'Etat, et possible pied-de-nez aux nouveaux Etats nés de la dislocation yougoslave.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Si en apparence, le travail du NSK, mouvement né en Yougoslavie au début des années 80, peut sembler daté, il est en réalité, pour paraphraser une expression éculée, "d'une grande actualité". Tout en gardant son langage propre et son identité, les artistes du mouvement ont su évoluer au fil du temps. Au delà du contexte yougoslave et post-yougoslave, le NSK interroge aussi les ambiguïtés et contradictions de l'Occident démocratique et libéral, engoncé dans le confort bourgeois de ses certitudes, celles d'être "du bon côté" de l'histoire, de l'économie et de la politique, et ne devant à ce titre souffrir aucune critique ni questionnement.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Par des détournements sulfureux d'affiches ou de symboles souvent totalitaires, le NSK éclaire les non-dits et mensonges cachés du pouvoir, qu'il soit de "là-bas" ou d'ici, qu'il s'agisse de politique ou de culture de masse. Il en révèle au final la part de farce et de grotesque.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">C'est donc un processus émancipateur qui est à l'oeuvre, mais où, comme chez le psy, c'est le NSK qui pose les questions, alors que c'est à nous de trouver les réponses.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">En ces temps où politique et communication sont plus que jamais étroitement mêlés, en ces temps d'affrontements entre ce qui serait le "vieux monde" et ce qui serait le "monde nouveau", en ces temps où les uns réclament "moins d'Etat" et </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/10/regards-serbes-dans-le-miroir-catalan.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">d'autres réclament "leur" Etat</span></a><span style="color: #fff2cc;">, en ces temps qui ont vu naître la bulle Macron et la baudruche Trump, etc ...le travail du NSK s'avère toujours utile et pertinent pour nous garder en alerte et nous inviter à penser par nous-même.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Le rendez-vous de Grenoble est une occasion rare de découvrir ce mouvement majeur de l'histoire de l'art yougoslave, et de l"histoire tout court, qui passionne aussi ceux qui s'intéressent à la philosophie et aux sciences politiques. Les organisateurs&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc;">promettent une atmosphère conviviale, favorisant la rencontre et la découverte (un brunch avec les artistes est prévu le 14.10)</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Chez Yougosonic, on soutient l'événement avec d'autant plus d'enthousiasme, que celui-ci,&nbsp; en accueillant des expressions contemporaines originales et incisives, se bat pour "donner une autre image de la région via son histoire, ses artistes et ses problématiques - qui sont celles de toute l'Europe aussi, même si certains ont tendance à l'oublier", comme me l'écrivait il y a quelque jours l'infatigable Aurélie Dos Santos Duchesne, l'une des chevilles ouvrières du festival. J'applaudis des deux mains. Voilà qui va nous changer de Kusturica et de ses fanfaronnades! Autre aspect prometteur à plus long terme, le "NSK Rendez-vous" pourrait s'ouvrir à d'autres artistes d'ex-Yougoslavie et des Balkans...A suivre !</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-PVfJyvHWtJw/W7ybhnYD9FI/AAAAAAAAD8k/wt9dhMp9rmYXEpLzoHFzIFowXkoR_jQSwCLcBGAs/s1600/nsk%2BMacron.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="960" data-original-width="600" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-PVfJyvHWtJw/W7ybhnYD9FI/AAAAAAAAD8k/wt9dhMp9rmYXEpLzoHFzIFowXkoR_jQSwCLcBGAs/s400/nsk%2BMacron.jpg" width="250" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">On invite donc notre estimé lectorat de Grenoble, de Lyon et pourquoi pas de plus loin encore, à répondre présent à ce rendez-vous auquel on souhaite un plein succès et une longue vie.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;">Après le Dauphiné Libéré, il est temps d'essayer le Dauphiné Laibachisé !</span></div></span>
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La grave "crise" de l'automne 2017 entre Madrid et Barcelone a volontiers sonné sur place comme un retour du refoulé de la crise yougoslave d'alors, même si toutes les comparaisons et analogies avec celle-ci ne sont pas forcément pertinentes. On a largement commenté sur place ces événements, que ce soit chez les professionnels de l'information (la presse) ou chez les "amateurs" sur les réseaux sociaux. Chacun est allé de son analyse, projetant bien souvent un regard yougo-centré, pas forcément inexacte ou inintéressant, mais parfois néanmoins emprunt de fantasmes ou de raccourcis.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour le dire concrètement mais de façon schématique, les pro-indépendance ont inscrit le combat</span><span style="color: #fce5cd;"> </span><a href="https://laviedesidees.fr/Catalanisme-histoire-d-un-concept.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">catalaniste</span></a> <span style="color: #fff2cc;">dans une même dynamique que le combat indépendantiste de leur peuple lors de la dislocation yougoslave. Le "mouvement catalan", réputé "moderne", dynamique, modéré, et ancré dans les valeurs européennes, a eu bon dos pour certifier que les indépendances d'alors (ou à venir) dans la Yougosphère étaient légitimes et bien intentionnées. Une façon d'effacer les pots cassés et autres dommages collatéraux de ces indépendances, de la purification ethnique, administrative ou militaire, aux crimes de guerre. Du côté de ceux qui expriment des réserves ou sont ouvertement défavorables à l'indépendance de la Catalogne, on a justement rappelé avec force combien les envols pris par les uns et les autres en Yougoslavie ont généré de violence, certains exprimant leur inquiétude, affirmant que les Catalans ne savaient pas ce qui les attendait en termes de répression.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a name='more'></a><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour être là encore très schématique, on peut ranger dans les "pro-Catalans" la majorité des opinions et des presses croates et slovènes, où l'on rappelle volontiers que des manifestations de solidarité avec les républiques yougoslaves séparatistes se sont tenues en Catalogne au début des années 90. Chez les Bosniaques aussi, on se souvient du soutien de la Catalogne, notamment face au siège de Sarajevo. Ceci posé, le consensus face au désir d'indépendance de la province espagnole n'est pas intégral au sein de la communauté bosniaque, chez qui on observe davantage de réserve, d'inquiétude, voire de désapprobation. Rien d'étonnant dans ces positionnements, une nette majorité de Croates et de Slovènes, toute sensibilité politique confondue, assume et revendique la justesse du choix indépendantiste de leur pays. Parmi les Bosniaques, l'attachement à la Yougoslavie était plus fort, et le sentiment qu'on a payé très cher le prix de la séparation reste tenace. Il est donc compréhensible que l'on soit plus réservé.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-OEcehTaHRAg/W7C9SjVD_7I/AAAAAAAAD5w/mMfXcXsZmzEAwo9jxASJccDuwSYFevaVwCLcBGAs/s1600/sarajevo_skup_podrska_katalonija_RSA1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="788" data-original-width="1179" height="266" src="https://3.bp.blogspot.com/-OEcehTaHRAg/W7C9SjVD_7I/AAAAAAAAD5w/mMfXcXsZmzEAwo9jxASJccDuwSYFevaVwCLcBGAs/s400/sarajevo_skup_podrska_katalonija_RSA1.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Manifestation de soutien à l'indépendance de la Catalogne à Sarajevo.&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>(c) Radio Sarajevo.<br />Détail piquant, sur la fresque au second plan, il est écrit&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Barcelone, Sarajevo est avec toi" ...en espagnol ("Sarajevo esta contigo") et non en catalan.</i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quant aux Serbes, et je parle ici de l'ensemble des Serbes d'ex-Yougoslavie (donc aussi des Serbes de Bosnie-Herzégovine, du Monténégro, du Kosovo et de Croatie), ils se retrouvent avec les fesses entre deux chaises: d'un côté s'exprime la tentation de soutenir les aspirations catalanes à l'indépendance, pour mieux suggérer que la prise d'indépendance de la Republika Srpska serait un horizon souhaitable. De l'autre, il y a l'inqualifiable perte du Kosovo, et du coup, affirmer que le combat catalan serait juste et bon revient à donner des gages de légitimité à la cause albano-kosovare. Rappelons ici au passage que l'Espagne ne reconnaît toujours pas le Kosovo, précisément pour ne pas donner de grain à moudre aux Basques et aux Catalans... </span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce dilemme serbo-serbe inconciliable s'ajoute un sentiment yougoslave ou yougonostalgique qui s'est davantage maintenu chez les Serbes que chez les Croates ou les Slovènes.&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce sentiment "yougoslaviste" existe aussi, on n'est pas à une contradiction près, chez certains nationalistes, qui considèrent que les Serbes ont été trahis par les autres peuples yougoslaves, et que par ailleurs les Serbes avaient un rôle quasi messianique de "garants" du projet yougoslave.&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce sentiment d'être le peuple "moteur" s'accompagne de tendances à promouvoir un Etat fort et centralisé, héritées d'ailleurs en partie des liens qui ont existé entre la Serbie et la France au XIXe et XXe siècle, de nombreux cadres et officiers de l'Etat serbe s'étant formés et France, où ils ont puisé certains modèles politiques. Ceux qui continuent d'adhérer à cette vision auraient donc plutôt tendance à appuyer l'attitude de Madrid.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est malheureusement en grande partie la réaffirmation de ce rôle de peuple "moteur" au cours des années 80 qui a conduit les "autres peuples" à envisager de prendre le large.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'opposé, en Serbie même,&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">bon nombre de ceux qui s'opposèrent à la guerre ou à&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;considèrent qu'ils n'ont pas choisi cette dislocation de l'ancien pays, et restent aussi volontiers attachés à sa mémoire. Ces "progressistes" accusent davantage les nationalistes serbes (voire même leurs co-nationaux irrédentistes de Croatie et de Bosnie-Herzégovine) d'être responsables de l'effondrement du pays, que les Croates et les Slovènes. Ils peuvent en quelque sorte "entendre" qu'on ait pu vouloir se séparer de leur pays en plein délire, dominé par&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.<br /><br />Enfin, il y a les Serbes devenus des minorités nationales, comme en Croatie ou au Monténégro, ou des communautés enclavées, comme au Kosovo, sans parler de ceux qui ont du fuir des territoires où ils vivaient parfois depuis plusieurs siècles. Ces Serbes là évidemment ont vécu les sécessions successives comme un cauchemar à ne pas reproduire...sauf éventuellement, on l'a dit, dans le cas de la Republika Srpska, et d'une réunion, plus qu'hypothétique et porteuse de nouveaux conflits, de tous les Serbes dans un seul Etat. Mais à vrai dire, hormis les extrémiste, plus grand monde ne croit ni même n'adhère véritablement aujourd'hui au projet de "Grande Serbie", l'effort devant porter, pour la majorité des Serbes, sur ce qu'on peut encore sauver de "serbitude", au Kosovo ou ailleurs...</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce mouvement de chaises musicales autour de la partition catalane chez les Serbes est révélateur des tiraillements en vigueur chez cette communauté d'ex-Yougoslavie, qui, contrairement à ce que l'on imagine souvent en Occident, ou même sur place, est loin d'être homogène, et offre au contraire nombreux contrastes et contradictions.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A ce titre, les deux articles les plus significatifs que j'ai pu lire dans la presse de la Yougosphère sont des articles serbes, parus tous deux au cours de l'été 2017, donc avant le référendum unilatéral engagé par</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carles_Puigdemont" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Carles Puigdemont</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et ses alliés, et les incidents dont nous avons été témoins en Catalogne, au début de l'automne de la même année. Les deux médias où ont été publiés ces deux articles ont ceci de particulier qu'ils sont, à leur manière, la voix de deux Serbie que je qualifierai chacune de "périphérique". Une périphérie à la fois géographique et intellectuelle.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-t7vsD1-kouY/W7DMmQe7JiI/AAAAAAAAD58/xaqQ_erwM-cQ27C_JVQhubHAjXOMdNfawCLcBGAs/s1600/novosti3.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="750" data-original-width="521" height="320" src="https://1.bp.blogspot.com/-t7vsD1-kouY/W7DMmQe7JiI/AAAAAAAAD58/xaqQ_erwM-cQ27C_JVQhubHAjXOMdNfawCLcBGAs/s320/novosti3.jpg" width="222" /></a></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le premier média est</span> <a href="https://www.portalnovosti.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Novosti</span></a><span style="color: #fff2cc;">, l'organe du très officiel</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Serb_National_Council" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Conseil National des Serbes de Croatie</span><span style="color: #fff2cc;">.</span></a><span style="color: #fff2cc;"> C'est donc un journal serbe de Croatie, rattaché à l'organe représentatif de cette communauté, et reconnu officiellement par l'Etat croate. J'avais déjà évoqué le Conseil des Serbes et Novosti</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/05/lemancipation-par-le-serbe.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et rappelle brièvement les caractéristiques de ce journal: il défend une vision plutôt "modérée" sur la question des Serbes de Croatie, et se veut loyaliste à cet Etat. Il considère que la communauté serbe doit se prendre en main et participer pleinement à la vie politique, sociétale et culturelle de son pays, la Croatie. Même si ce positionnement n'empêche pas Novosti d'être, à juste titre, et en phase avec les inquiétudes de sa communauté, sévère quant aux dérives néo-oustachistes en vigueur en Croatie, il le fait sans irrédentisme ni volonté de déterrer la hache de guerre. Bref, on est loin des années 90 où les Serbes de Croatie, poussés par Belgrade, et provoqués par Zagreb, avaient, pour nombre d'entre eux, fait le choix de la violence. Un choix qui, associé aux exactions côté croate, a coûté cher à cette communauté, dont une bonne part a dû fuir lors de l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Temp%C3%AAte" target="_blank"><span style="color: #e06666;">opération Oluja</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Aujourd'hui, ceux qui sont restés font globalement profil bas, dans une Croatie qui les tolère tant qu'ils ne la ramènent pas. Ils sont juridiquement "protégés" par des lois sur les droits des minorités, ratifiées par la Croatie pour pouvoir intégrer l'Union Européenne. Leurs représentants privilégient l'action politique et le dialogue avec la majorité croate, et recourent au "soft-power" médiatique dont Novosti est le porte-voix.</span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Malgré ces liens avec le Conseil National des Serbes de Croatie qui auraient pu en faire un outil ouvertement propagandiste, Novosti est un média de qualité, plutôt de gauche, avec de bonnes plumes, de bons dossiers et des enquêtes de fond. Il figure selon moi parmi les meilleurs journaux de Croatie. C'est en tout cas une source qu'on affectionne dans ce blog.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'autre média ayant écrit sur la Catalogne en été 2017 est "</span><a href="http://www.autonomija.info/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Autonomija</span></a><span style="color: #fff2cc;">". C'est un magazine en ligne basé en</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vo%C3%AFvodine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Voïvodine</span></a><span style="color: #fff2cc;">, cette province du nord de la Serbie aux nombreuses spécificités. Majoritairement peuplée de Serbes, la Voïvodine n'a jamais fait partie de l'Empire Ottoman, à la différence du reste de la Serbie et de la Bosnie-Herzégovine. Elle a en revanche appartenu à l'Autriche-Hongrie. A ce titre, elle abrite encore aujourd'hui de nombreuses minorités dont la présence est un reliquat de l'ancien empire à deux têtes: Hongrois, deuxième communauté de la province en nombre, Roumains, Ruthènes (Ukrainiens), Tchèques, Slovaques, et même quelques descendants d'Allemands, constituent quelques pièces de la mosaïque régionale. Ces spécificités font qu'une proportion importante de Serbes de Voïvodine se sent différente des autres Serbes, en particulier de ceux de l'ancien Empire Ottoman. Pour dire les choses schématiquement, ces Serbes "à part" sont souvent davantage progressistes sur les questions de société, plus favorables à l'Occident, aux idées démocratiques et au libéralisme économique, que leurs "compatriotes" des autres "pays" serbes. Ils revendiquent leur appartenance à la Mitteleuropa, et non aux Balkans, et défendent l'idée d'une Voïvodine ouverte, moderne et multiethnique. On ne saurait bien-sûr généraliser cette mentalité à l'intégralité des Serbes de Voïvodine, loin de là, mais elle constitue toutefois une lame de fond assez importante. Suffisamment en tout cas pour que les différents pouvoirs aient voulu mater cette province.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'un des premiers coups portés à la Voïvodine a été la "</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Anti-bureaucratic_revolution" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Révolution anti-bureaucratique</span></a><span style="color: #fff2cc;">", qui, sous couvert de renverser la bureaucratie, soi-disant corrompue et incompétente, de la province, fut en fait un véritable putsch, orchestré par un&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;en pleine ascension, qui décapita le pouvoir, non nationaliste, en place à Novi Sad. L'autonomie de la province fut supprimée, et celle-ci se retrouva sous tutelle directe de Belgrade.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Elle résistera tant bien que mal pendant le conflit des années 90, avec un mouvement "anti-guerre" actif, ainsi que des cas de désobéissance civile et de désertions soutenus par de nombreux citoyens. Cependant, l'équilibre interethnique s'est trouvé fragilisé. Les Hongrois, notamment, ont subi des exactions de la part de nationalistes serbes, et bon nombre d'entre eux sont partis de l'autre côté de la frontière pour ne jamais revenir. Le régime a cherché précisément à bouleverser la démographie et la sociologie de la province: à cette époque, de nombreux réfugiés serbes de Bosnie-Herzégovine, de Croatie et du Kosovo ont été rapatriés en Voïvodine au gré des rebondissements du conflit et des purifications ethniques qu'il a généré. Issus de villages ou de régions pauvres, partis dans des conditions souvent difficiles, et ayant tout perdu, ces "pieds noirs serbes" se sont sentis mal à l'aise dans le creuset voïvodinien. La frustration et l'intégration en dent de scie d'une partie d'entre eux ont contribué à nourrir les partis nationalistes serbes. On aurait tort cependant de tout mettre sur le dos de ces "rapatriés", la dégénérescence de la société voïvodinienne concernant aussi ses habitants "de souche".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Ces mutations vers le bas de la société voïvodinienne ne firent en fait que suivre la déliquescence de la société serbe en générale, minée par l'isolement du pays, et livrée aux mafias prospérant sur l'embargo et les butins de guerre. Humiliation suprême pour les progressistes de la région, le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_radical_serbe" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Parti radical Serbe</span></a><span style="color: #fff2cc;"> finit même par gagner la municipalité de sa capitale, Novi Sad. Les Radicaux firent alors de la ville leur laboratoire, à l'instar des villes FN en France. Les milices néofascistes serbes semèrent la terreur à Novi Sad ou dans les villages cosmopolites de la province, où des nationalistes hongrois, proches du</span></span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jobbik" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Jobbik</span></a><span style="color: #fff2cc;">, venaient aussi faire occasionnellement le coup de poing. Le paysage sociologique a donc considérablement changé en 30 ans, et aujourd'hui, beaucoup d'analystes et de citoyens, y compris issus de la province elle-même, jugent que la Voïvodine ouverte et épanouie dans sa diversité n'est plus qu'un mythe...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En dépit ou peut-être à cause de cette situation, un régionalisme, voire, pour les plus déterminés, un désir d'indépendance, s'est développé chez certains habitants de la province, y compris et notamment parmi ses habitants serbes. Si l'indépendantisme est minoritaire (autour de 15% dans les sondages), l'autonomisme tourne autour des 50%. Conceptualisé au sein de l'ancien mouvement anti-guerre de la région et de l'intelligentsia progressiste de Novi Sad et de Subotica, les deux principales villes de la province, il séduit peu à peu d'autres couches de la société, et notamment une partie des citoyens issus des minorités nationales. Ces derniers sont rassurés par un projet politique qui ne cherche pas à les assimiler ou à les instrumentaliser (=politique récurrente de l'Etat serbe), mais au contraire, vise à mieux protéger leurs droits linguistiques et culturels.</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-gf4cYYlXoyI/W7DNTp2-vSI/AAAAAAAAD6M/l8rwx1T5kAArsTy83VGYWcGbTD7ZzU91ACLcBGAs/s1600/pravda%2Bza%2BVojvodinu%2BLSV.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="678" data-original-width="1024" height="263" src="https://3.bp.blogspot.com/-gf4cYYlXoyI/W7DNTp2-vSI/AAAAAAAAD6M/l8rwx1T5kAArsTy83VGYWcGbTD7ZzU91ACLcBGAs/s400/pravda%2Bza%2BVojvodinu%2BLSV.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Justice pour la Voïvodine"</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Manifestation de la </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_des_sociaux-d%C3%A9mocrates_de_Vo%C3%AFvodine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ligue des Sociaux Démocrates de Voïvodine (LSV)</span></a><span style="color: #fff2cc;">,&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>un parti réclamant la création d'une "république" de Voïvodine à l'autonomie très large, dans une Serbie fédéralisée.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce courant prône une Voïvodine multiethnique, moderne, dynamique, démocratique, libérale, européenne, mais fortement autonome par rapport à Belgrade, qui bien-sûr, ne veut rien entendre, et n'a jamais restitué à la province l'intégralité de ses prérogatives du temps de la Yougoslavie. Une surdité et un immobilisme belgradois, qui, bien-sûr, encouragent le sentiment autonomiste.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ca ne vous rappelle rien ? On y vient...</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Autonomija" est donc est un média de Novi Sad, qui, sans affirmer ouvertement ses positions autonomistes, revendique la place et le discours à part de la Voïvodine au sein de la Serbie. Le nom du média joue bien entendu sur cette ambiguïté de sens, entre une "autonomie de la pensée", revendiquée par la rédaction face au mainstream médiatique globalement "aux ordres" de Belgrade, et l'autonomie éventuelle de la province... C'est un journal lui aussi de qualité, et une source régulière de ce blog, où écrivent des journalistes et intellectuels serbophones et magyarophones, le tout dans une orientation centriste, libérale en économie et progressiste sur les questions de société.</span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-G-Qrr_xJPbw/W7DNbB7tKCI/AAAAAAAAD6c/8m9_KkOGc50vQw1SWCzzw-r3RcTwwVnwgCPcBGAYYCw/s1600/Autonomija.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="138" data-original-width="364" height="121" src="https://1.bp.blogspot.com/-G-Qrr_xJPbw/W7DNbB7tKCI/AAAAAAAAD6c/8m9_KkOGc50vQw1SWCzzw-r3RcTwwVnwgCPcBGAYYCw/s320/Autonomija.jpg" width="320" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Le portail de la Voïvodine citoyenne",&nbsp;</i></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>le slogan d'Autonomija.</i></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="http://www.autonomija.info/aleksandar-kocic-katalonija-sangrija-i-korupcija.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">L'article sur la Catalogne paru dans Autonomija</span></a> <span style="color: #fff2cc;">est écrit par Aleksandar&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić (prononcer Kotsitch)</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, le correspondant à Madrid du journal. L'article est sérieux quant à l'exposé des faits, mais le ton est presque badin, léger. Le journaliste titre d'ailleurs "Catalogne, sangria et corruption". On sent un papier pondu en terrasse en buvant de ce célèbre alcool fruité après la sieste, par une belle fin d'après-midi de l'été madrilène. L'article ne traite pas que de la Catalogne mais dresse un état des lieux global de la situation en Espagne. Le journaliste explique que le pays sort de la crise, même si la remontée économique n'est pas encore visible pour de nombreux Espagnols, d'autant que les salaires restent faibles et la précarité importante. Il pointe alors les nombreux scandales et affaires de corruption qui ont entre autres touché le Parti Populaire au pouvoir, et de fait, Mariano Rajoy et son gouvernement (</span><a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/01/espagne-mariano-rajoy-admet-sa-defaite-avant-le-vote-de-la-motion-de-censure-au-parlement_5308016_3214.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">lesquels ont depuis, comme on le sait, fini par démissionner, suite à une mention de censure, et ont cédé la place aux socialistes</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Ces affaires seraient, dit le journaliste, un facteur ayant contribué au développement du scepticisme de la population et à sa volonté de changement. "Reste à voir quoi faire avec ces emmerdeurs de Catalans", conclut-il. Le terme "emmerdeur" (1) est ici employé dans le bon sens du terme. Les "Catalans" sont pour&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;des empêcheurs de tourner en rond, au rôle salutaire, un poil à gratter vecteur de renouveau dans une Espagne immobiliste et vieillissante. Il faut d'ailleurs préciser que dans cet article, le terme "Katalonci" (prononcer Katalonn'tsi, "les Catalans" en serbo-croate), semble désigner les indépendantistes, et uniquement eux. Le terme revient avec cette signification en plusieurs occurrences, alors que le mot exact à employer, dans une rigueur journalistique un peu plus neutre, aurait dû être "les indépendantistes catalans".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sans prendre parti directement pour l'indépendance de la Catalogne, le ton de l'article la présente néanmoins avec une forme de bienveillance, comme un processus logique, cohérent et compréhensible, suggérant peut-être par là que l'indépendantisme surfe aussi sur une volonté de sortir d'une Espagne où la corruption est forte.</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-9Gjj_Orq-Qg/W7DNkWmT_RI/AAAAAAAAD6Y/c0frIzn8jwsBcm_3Wif7UfzRmPCnlzL6wCLcBGAs/s1600/LSV%2BKatalonija.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="503" data-original-width="434" height="400" src="https://3.bp.blogspot.com/-9Gjj_Orq-Qg/W7DNkWmT_RI/AAAAAAAAD6Y/c0frIzn8jwsBcm_3Wif7UfzRmPCnlzL6wCLcBGAs/s400/LSV%2BKatalonija.JPG" width="345" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des drapeaux catalans dans des villes de Voïvodine,&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">au moment du référendum du 1er octobre.&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Copie d'écran de la page facebook de la LSV.</span></i><br /><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce n'est pas dans l'article mais effectivement, les indépendantistes catalans, notamment ceux du</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_d%C3%A9mocrate_europ%C3%A9en_catalan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">PDeCat</span></a> <span style="color: #fff2cc;">de Carles Puigdemont, invoquent volontiers la bonne et saine gestion des finances et un parcours sans taches, dans une région, riche, moderne et dynamique, face à cette Espagne corrompue, et jugée inefficace, à l'instar d'autres nationalistes en Europe, comme la Flandre face à la Wallonie, ou la Ligue du Nord face au Mezzogiorno, ou encore les riches et rigoureux Slovènes en leur temps, face aux "peuples du Sud" jugés paresseux et magouilleurs (=les autres Yougoslaves)...</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-iMfQSgZK33w/W7DN6MIznkI/AAAAAAAAD6g/ouom1kvPNeMVr129mDfJJs_bA7RqNh9FgCLcBGAs/s1600/vojvodina.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="756" data-original-width="1200" height="251" src="https://2.bp.blogspot.com/-iMfQSgZK33w/W7DN6MIznkI/AAAAAAAAD6g/ouom1kvPNeMVr129mDfJJs_bA7RqNh9FgCLcBGAs/s400/vojvodina.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Voïvodine=Catalogne.</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Jeune Voïvodine" [=branche jeunesse de la LSV].</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Graffiti en Voïvodine.</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Sans surprise, ce sentiment de supériorité dans la gestion des affaires se retrouve aussi chez les autonomistes voïvodiniens. La région, grenier à blé de la Serbie, est plus riche que le reste du pays, même si cela ne saute pas aux yeux lorsqu'on traverse les faubourgs miteux de Subotica, après avoir franchi la frontière, ou dans certains bourgs ruraux désolés, où seule une charrette à boeufs trouble parfois la torpeur. Avec ses universités, sa société cosmopolite, ses artistes, ses intellectuels, son festival</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_EXIT" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Exit</span></a><span style="color: #fff2cc;">, son architecture délicieusement "Mitteleuropa", la Voïvodine se revendique volontiers comme une région moderne et inventive comme le fait la Catalogne dont personne n'ose contester la richesse économique ni la créativité culturelle.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme on l'a vu plus haut, les autonomistes voïvodiniens aiment volontiers rappeler qu'ils sont différents des autres serbes, et que le reste du pays n'est que gabegie. Par ailleurs, ils insistent sur la culture démocratique de la Voïvodine, qui serait selon eux plus développée que dans le reste de la société serbe.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Tous ces éléments ne figurent pas dans l'article mais on devine quand même entre les lignes des parallèles entre les ressorts du catalanisme actuel et le sentiment autonomiste voïvodinien. Face à une Espagne devenue symbole de marasme financier et de corruption, il est logique, semble-t-il nous dire, qu'une région qui gère bien l'argent ait envie de prendre le large. Sous-entendu, la Voïvodine pourrait elle-aussi avoir le droit de prendre ses distances d'avec la Serbie.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout à sa description décontractée d'une Espagne en quête de changement, le journaliste se veut optimiste, affirmant même que le pouvoir central espagnol "devrait [finalement] autoriser le référendum [sur l'indépendance de la Catalogne], tout en répétant que celui-ci n'a aucune valeur légale. Ensuite", poursuit le correspondant d'Autonomija à Madrid, "on verra bien". Nous sommes le 31 juillet 2017 lorsque ces mots sont publiés par le portail de Novi Sad. Entre temps, "on a bien vu", des débuts de l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Anubis" target="_blank"><span style="color: #e06666;">opération Anubis</span></a> <span style="color: #fff2cc;">le 20 septembre, jusqu'à la</span> <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/30/la-catalogne-sous-la-tutelle-de-madrid-retrouvez-nos-reponses-a-vos-questions_5207864_3214.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">mise sous tutelle de la Catalogne</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le 30 octobre, en passant par la</span> <a href="https://www.midilibre.fr/2017/10/01/referendum-en-catalogne-de-nombreux-heurts-entre-policiers-et-votants-video,1568216.php" target="_blank"><span style="color: #e06666;">répression sanglante du référendum le 1er octobre</span></a><span style="color: #fff2cc;">, comment le pouvoir central a réagi...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">On ne sait pas si&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;en a avalé de travers sa sangria! En revanche, on se dit que chez Novosti, on n'était pas complètement à côté de la plaque.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Dans</span> <a href="https://www.portalnovosti.com/katalonska-repriza-jugo-scenarija" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'article</span></a> <span style="color: #fff2cc;">publié par le journal des Serbes de Croatie, l'approche est en effet totalement différente. Le ton est beaucoup plus grave et inquiet qu'en Voïvodine. Point de badineries ni de sangria. L'auteur, Sre<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span>ko Pulig (prononcer Sretch'ko Pouligue), titre en mode rétro-prémonitoire "La reprise catalane du scénario yougoslave", et tout le monde comprend de suite de quoi il s'agit.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Nous avons une grande expérience [en ex-Yougoslavie] de comment les mouvements séparatistes cherchent à asseoir leur légitimité derrière un référendum, et comment ce référendum peut leur permettre d'arriver à leurs fins" écrit le journaliste en début d'article, une expérience qui, "un quart de siècle après le funeste éclatement, ne fait pas la moindre unanimité" sur les ressorts de cet éclatement ni sur les responsabilités des uns et des autres, continue le journaliste qui avertit: "L'Espagne est à mi-chemin d'apprendre de nous, la question est de savoir si elle veut vraiment parcourir la deuxième moitié du chemin". Le ton est donné.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Bien qu'il ne le dise pas explicitement, Pulig ne semble pas franchement favorable au projet indépendantiste catalan, ni même au référendum du 1er octobre 2017, non reconnu par Madrid, et que les loyalistes à l'Espagne annoncent vouloir boycotter. Il donne d'ailleurs assez précisément les pourcentages des pros et des anti-indépendance dans les sondages, pour mieux démontrer que l'option séparatiste, majoritaire au parlement catalan via la coalition gouvernementale "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensemble_pour_le_oui" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Junts pel Si</span></a><span style="color: #fff2cc;">" ("Ensembles pour le oui"), ne l'est pas au niveau de l'opinion. Reprenant visiblement la trame et le propos d'</span><a href="https://www.theguardian.com/world/2017/jul/22/catalonia-independence-referendum-isabel-coixet" target="_blank"><span style="color: #e06666;">un article du Guardian</span></a> <span style="color: #fff2cc;">sur le sujet, Pulig convoque des témoins catalans, comme ces artistes et intellectuels ayant publié une tribune défavorable à l'indépendance.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Il cite en particulier le témoignage de la réalisatrice de cinéma</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabel_Coixet" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Isabel Coixet</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Cette dernière s'oppose au projet indépendantiste et rappelle qu'on peut se sentir à la fois espagnol et catalan. Seulement voilà, explique la réalisatrice, citée tant par le Guardian que par Novosti, il règne aujourd'hui un tel terrorisme intellectuel en Catalogne, que les opposants à l'indépendance, volontiers traités de fascistes, n'osent plus s'exprimer en public, au travail ou même au sein de leur famille. La réalisatrice s'offusque entre autres du ton nauséabond qu'emploie le marketing en faveur de l'indépendance, en l'occurrence, d'une affiche où apparaît Franco appelant à voter non au référendum, suggérant que celui ou celle qui ferait ce choix serait un(e) fasciste (photo ci-dessous).&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-e7eay9Z5ntY/W7DQMEsUIrI/AAAAAAAAD6s/5cdNxYFG5lMmNerpV3qwIALXTCCpAwkBACLcBGAs/s1600/Franco%2BVotes%2BNo%2Ba%2Bla%2Brepublica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="643" height="225" src="https://4.bp.blogspot.com/-e7eay9Z5ntY/W7DQMEsUIrI/AAAAAAAAD6s/5cdNxYFG5lMmNerpV3qwIALXTCCpAwkBACLcBGAs/s400/Franco%2BVotes%2BNo%2Ba%2Bla%2Brepublica.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Par ailleurs, dénonce Coixet, la coalition indépendantiste n'aurait rien anticipé et ne donnerait aucun aperçu de ce à quoi pourrait ressembler une Catalogne séparée de l'Espagne. A côté de ce témoignage, emblématique du désarroi des Catalans défavorables à l'indépendance, l'article de Novosti fait également état de purges au sein du gouvernement de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9ralit%C3%A9_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Généralité</span></a><span style="color: #fff2cc;">, des ministres, réservés&nbsp;quant au référendum du 1er octobre, ou insuffisamment convaincus par les perspectives indépendantistes, ayant été mis à pied par Carles Puigdemont.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Cette parole donnée à des Catalans anti-indépendantistes, et ce tableau inquiétant de la situation, tels que développés dans l'article de Novosti sont parfaitement compréhensibles si l'on fait un retour un arrière. Le journal des Serbes de Croatie se souvient visiblement assez bien du climat de la Yougoslavie au seuil de sa dislocation: ceux qui s'opposaient aux indépendances slovènes et croates, n'étaient pas traités de fascistes, mais de "yougo-communistes", de "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchetniks" target="_blank"><span style="color: #e06666;">tchetniks</span></a><span style="color: #fff2cc;">", ou de "nationalistes grands-serbes", alors que certains, Serbes ou autres, étaient sincèrement attachés à l'Etat yougoslave, et n'éprouvaient aucune haine ni l'envie de se battre. Ce terrorisme intellectuel est d'ailleurs toujours en vigueur dans la Croatie d'aujourd'hui, où toute personne éprouvant de la nostalgie pour la Yougoslavie, ou ayant des états d'âme sur la guerre d'indépendance, est affublée des mêmes noms d'oiseaux. Novosti est d'ailleurs régulièrement sous le feu des très actives associations d'extrêmes droites d'anciens combattants ou des cercles catholiques intégristes, qui l'accusent d'être anti-croate et demandent son interdiction.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout comme toute autre option destinée à sauver la Yougoslavie (large autonomie, confédération...) était refusée et ne constituait même pas matière à discussion de la part des gouvernements sécessionnistes, Puigdemont refuse d'envisager d'éventuels "aménagements" permettant de maintenir la Catalogne en Espagne. D'après le témoignage de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kiro_Gligorov" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kiro Gligorov</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ancien président de la Macédoine, lorsque la CEE tenta un ultime rapprochement des parties, c'est Franjo Tudjman qui aurait opposé un refus catégorique, arguant qu'il avait la "mission historique" de conduire son peuple à l'indépendance, et que le reste "ne l'intéressait pas". Des propos entendus depuis, quoique sous une autre forme, dans la bouche de Puigdemont.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En Croatie, les Serbes locaux n'étaient certes d'entrée de jeu pas favorables à l'indépendance, et ont été nombreux à boycotter&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">le référendum, qu'ils jugeaient d'autant plus invalide que démographiquement, ils n'avaient aucune chance de pouvoir peser sur le résultat (d'où le propos critique de Pulig sur l'usage des référendums, cité plus haut). Cependant</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, outre les manipulations de&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, c'est l'intransigeance du gouvernement croate HDZ fraîchement élu, supprimant leurs droits et statuts particuliers, sur fond de provocations néo-oustachistes, qui achèvera de les braquer et de les fanatiser, avec les conséquences désastreuses que l'on a évoqué plus haut.</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les traumatismes sont donc profonds et on comprend que le principal média des Serbes de Croatie ressente de l'inquiétude et vive l'évolution récente de la "question catalane" comme un possible bis repetita du scénario yougoslave.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans Autonomija, tout en admettant brièvement que l'indépendantisme n'est pas majoritaire dans l'opinion catalane,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;semble pourtant ne pas partager les inquiétudes de son confrère de Croatie. Il n'évoque pas ce</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">s Catalans non-indépendantistes, ni les hispanophones de la province, ces derniers devenant pourtant de facto, si l'indépendance devait survenir, une minorité nationale autant que linguistique. Un paradoxe de la part d'un journaliste écrivant dans un média qui, par exemple, soutient les droits des Magyars de Voïvodine. Ce paradoxe n'est qu'apparent et s'explique facilement: dans le "discours voïvodinien" tel que défini plus haut, les Magyars sont jugés être du "bon côté". Il font partie du projet autonomiste, un projet qui revendique une société au cosmopolitisme assumé et épanoui, où les Magyars ont donc toute leur place. Dans ce discours, c'est Belgrade qui empêche la concrétisation de cette société plurielle et équilibrée, ce qui d'ailleurs n'est pas faux dans les faits. A l'opposé, les Catalans défavorables à l'indépendance doivent probablement être, pour&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, du "mauvais côté", des esprits chagrins rétifs aux mouvements du monde et à l'avènement d'un nouvel Etat moderne et progressiste.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">De son côté, le propos de Pulig mériterait aussi quelques nuances, ajustements et développements. Tout à sa thèse d'un possible <i>worst case scenario</i> à la Yougoslave, et à sa peinture dramatique de la situation en Catalogne, en écho à celle vécue par la communauté serbe de Croatie dans les années 90, le journaliste de Novosti procède lui-aussi à quelques omissions et raccourcis.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En l'occurrence, il ne précise pas les différences de contextes historiques, sociologiques et politiques, entre l'Espagne d'aujourd'hui et la Yougoslavie d'alors. Il ne propose pas non plus de comparaison entre les caractéristiques du nationalisme catalan et celles de son pendant croate.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme le démontre</span> <a href="http://www.slate.fr/story/107357/pourquoi-pige-rien-independantisme-catalan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">une analyse assez fouillée parue dans Slate</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le nationalisme catalan possède, historiquement et sociologiquement, une composante de gauche, voire d'extrême-gauche, que le franquisme a contribué à renforcer. Même si cette composante n'est pas la seule, et que le catalanisme touche aussi des sphères politiques plus à droite, lesquelles dominent aujourd'hui en terme d'exercice du pouvoir au sein de la Généralité, ce fond de gauche n'a pas disparu, comme en témoigne la présence, au sein du "Junts pel Si", de deux partis de gauche "appellation d'origine contrôlée" (</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Candidature_d%27unit%C3%A9_populaire" target="_blank"><span style="color: #e06666;">CUP</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_r%C3%A9publicaine_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ERC</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Cette omission du fait gauchiste est d'autant plus étonnante que, si l'on regarde ce que publie habituellement Sre</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">ko Pulig, il apparaît que ce journaliste est un observateur attentif de l'état de la gauche en ex-Yougoslavie. Il devrait donc à priori avoir eu vent de cet aspect du catalanisme, ce d'autant plus que des liens ont existé entre les Républicains Espagnols (dont on fait partie l'immense majorité des Catalans) et la Yougoslavie: </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yugoslav_volunteers_in_the_Spanish_Civil_War" target="_blank"><span style="color: #e06666;">des militants de gauche serbes, croates, bosniaques, hongrois, etc. issus de l'ancien Royaume de Yougoslavie, sont venus combattre en nombre aux côtés des Républicains contre les phalangistes</span></a><span style="color: #fff2cc;">.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-GxTNxicSV08/W7DTMUNOvPI/AAAAAAAAD7A/RzSxmW0mN-oHcNfX-CTJsowkf_hSNBISgCLcBGAs/s1600/yugoslavos%2Ben%2Bla%2Bguerra%2Bcivil.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="557" data-original-width="990" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-GxTNxicSV08/W7DTMUNOvPI/AAAAAAAAD7A/RzSxmW0mN-oHcNfX-CTJsowkf_hSNBISgCLcBGAs/s400/yugoslavos%2Ben%2Bla%2Bguerra%2Bcivil.jpg" width="400" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Membres yougoslaves d'une unité républicaine durant la guerre d'Espagne.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et aujourd'hui, une partie des gauches se reconstituant en ex-Yougoslavie, affiche des sympathies pour la cause catalane, à l'instar de nombreux militants de gauche ailleurs en Europe. Il aurait été précisément intéressant d'interroger cette composante de gauche du catalanisme, face à la polarisation/radicalisation en cours au moment où est écrit l'article, et de questionner éventuellement la bienveillance de certaines gauches, post-yougoslaves ou non, hier opposées à la dislocation de le fédération socialiste, aujourd'hui favorables à l'indépendance de la Catalogne, comme le relevait, non sans ironie, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Slavoj_%C5%BDi%C5%BEek" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Slavoj Zizek</span></a><span style="color: #fff2cc;"> dans</span> <a href="https://www.independent.co.uk/voices/catalan-independence-referendum-spain-liberal-left-european-union-russia-a7982471.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">The Independant</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais comme Pulig n'aborde pas du tout cet aspect, on est privé de réflexions pertinentes sur des questions qui mériteraient pourtant d'être posées.</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-tzxdAWbLhmQ/W7DUMJq3FZI/AAAAAAAAD7M/nTN43_YHquss8FRVHN3BdJKNRd1FjH8RACLcBGAs/s1600/catalunya.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="356" data-original-width="534" height="266" src="https://2.bp.blogspot.com/-tzxdAWbLhmQ/W7DUMJq3FZI/AAAAAAAAD7M/nTN43_YHquss8FRVHN3BdJKNRd1FjH8RACLcBGAs/s400/catalunya.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des militants de la CUP font campagne pour le référendum,&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">malgré l'interdiction.</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sur les affiches : "Votons pour être libres".</span></i><br /><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Au delà de la composante de gauche du mouvement catalan, Sre<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span>ko Pulig n'aborde pas non plus certains visages résolument démocratiques et innovants dans la construction du projet indépendantiste catalan: comme le démontre encore le décryptage proposé par Slate, de larges pans de la société civile catalane sont investis dans l'élaboration d'un pays qui se voudrait "meilleur" que l'existant actuel. Cette dynamique citoyenne et progressiste est omise par le journaliste de Novosti.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'opposé, et pour revenir brièvement en Voïvodine, on peut émettre l'hypothèse que ce visage là du "projet" indépendantiste catalan ne peut que séduire les autonomistes de la province du nord de la Serbie. Ce d'autant plus que l'autonomisme voïvodinien se théorise dans un processus assez proche de ce qu'on vient de décrire en Catalogne, via des débats, des plate-formes, des ONG... On peut aussi dresser des parallèles entre l'héritage anti-franquiste de l'indépendantisme catalan, et la filiation de l'autonomisme voîvodinien avec le mouvement "anti-guerre" des années 90. Kocić&nbsp;ne parle pas non plus de cet héritage et de cette dynamique citoyenne dans son article, mais on devine aisément que son traitement plutôt favorable du fait indépendantiste peut venir de cette similitude d'approches.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le "nationalisme" catalan se présente aussi comme un "nationalisme" inclusif et plutôt démocratique. L'indépendantisme plaide globalement pour une société ouverte, moderne, démocratique, et où peut aspirer à devenir Catalan toute personne, y compris étrangère (sous entendu, les immigrés), qui vit sur place et fait l'effort de "s'intégrer" à la société du nouvel Etat.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce titre, concernant les nombreux Hispanophones et habitants de la Catalogne originaires d'autres régions d'Espagne, point n'est question de les priver de leurs droits civiques, ni de les chasser. La feuille de route de l'indépendance prévoit même pour eux qu'ils puissent bénéficier d'une double nationalité, catalane et espagnole. Quant au castillan, il resterait à priori l'une des langues officielles du nouvel Etat, aux côtés du catalan.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pulig n'évoque pas non plus cet aspect inclusif de l'indépendantisme, aspect qui, à l'opposé, ne peut&nbsp; encore une fois que séduire les autonomistes "cosmopolites" de Voïvodine, dont le correspondant d'Autonomija à Madrid semble proche.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, on est - en principe -&nbsp; assez loin de l'idéologie du HDZ et de sa concrétisation à partir de 1991. Sur le papier, à aucun moment n'est formulée l'idée de créer un Etat autoritaire, ultraconservateur, mafieux, et ne dédaignant pas de recourir aux assassinats politiques et autres crimes de guerre (suivez mon regard).</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">La vaste coalition indépendantiste du "Junts pel Si" n'est pas le HDZ dominé par les "faucons", les irrédentistes d'Herzégovine et les nostalgiques d'Ante Pavelić, au détriment des modérés et des anciens Partisans, rapidement évincés de tout poste décisionnaire (j'avais abordé cette ultra-droitisation du HDZ </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/07/cops-are-not-all-bastards.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">)...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Last but not least, Pulig semble se concentrer sur les dérives et radicalisations qui sévissent du côté des indépendantistes mais évoque peu celles qui s'expriment du côté de l'Etat central et du parti au pouvoir à Madrid. Certes, il cite Isabel Coixet dénonçant l'aveuglement de Madrid, mais pour mieux pointer le fait que cet aveuglement arrange les calculs de Puigdemont... C'est du moins la thèse que soutient la cinéaste, à juste titre d'ailleurs selon moi (on y revient plus bas).</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cependant, une analyse la plus objective possible de la crise catalano-espagnole ne saurait faire l'économie d'une critique plus affinée de l'intransigeance aveugle de Mariano Rajoy et des&nbsp; mécanismes bureaucratiques des institutions centrales espagnoles, comme la Cour Constitutionnelle qui n'a eu de cesse de retoquer des lois et réformes votées par la Catalogne, braquant alors une société ayant le sentiment qu'il faut la permission de papa pour tout changement pourtant décidé dans les règles du jeu démocratiques. L'article de Slate pointe à ce titre les échecs de l'Etat espagnol post-franquiste dans la construction d'un fédéralisme abouti, où précisément, les entités décentralisées ne possèdent pas toutes les prérogatives que permet habituellement ce type de fédéralisme, ce qui génère des frustrations. A ce titre, les anciennes républiques yougoslaves possédaient des degrés d'autonomie plus fortes que les régions autonomes d'Espagne, en particulier dans le domaine des recettes fiscales. Ce sont ces droits qui les pousseront, lorsque crises politiques et économiques mineront la Yougoslavie, à demander plus, la main d'abord, puis le bras.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A côté des problématiques de l'Etat espagnol, inachevé et étriqué dans certains de ses fonctionnements, le rôle du gouvernement central est une clé essentielle de compréhension de la radicalisation de la partie catalane. On le sait, Rajoy ne voulait pas discuter avec les indépendantistes, et s'est contenté de marteler que le référendum du 1er octobre 2017 était illégal, que la loi s'appliquerait en cas de tenue de ce référendum, et que de toute façon, la Catalogne fait partie de l'Espagne, point barre. D'après</span> <a href="https://www.lemonde.fr/journaliste/sandrine-morel/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Sandrine Morel</span></a><span style="color: #fff2cc;">, correspondante du Monde à Madrid, qui a publié cette année en Espagne un ouvrage qui revient sur la crise catalane (2), il était même impossible, et ce de longue date, d'interroger les membres du gouvernement espagnol sur la question catalane: un non-problème, un phénomène qui n'existe pas. En Voïvodine, l'article d'Autonomija voit avec pertinence dans cet aveuglement de Madrid des parallèles avec celui de Belgrade face au Kosovo. Alors que l'indépendance de l'ancienne province s'annonçait comme de plus en plus inéluctable, les autorités serbes continuaient de claironner à tout vent que le Kosovo était serbe et qu'il en serait toujours ainsi, point barre. "On sait comment cela s'est terminé" rappelle&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;avec malice dans son article, suggérant qu'un schéma similaire pourrait s'appliquer un jour à la Catalogne.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ces mises au point faites, dès la lecture des deux articles, donc avant d'assister aux tristes événement de septembre et octobre 2017, je partageais quand même davantage l'inquiétude et les réserves de Novosti que l'optimisme badin d'Autonomija. J'avais effectivement la sensation que les deux parties étaient dans un dialogue de sourd de plus plus en plus profond, et que, face à l'intransigeance insensée de Madrid, le camp indépendantiste se durcissait dans le discours et les attitudes. J'avais aussi acquis le sentiment que Puigdemont, derrière son visage poupin de gendre idéal et ses allures de cadre supérieur décontracté, était en fait un sale type, prêt à tout pour arriver à ses fins, dans ce qui ressemblait de plus en plus à une fuite en avant, mâtinée là aussi d'aveuglement entêté, et d'une bonne dose d'improvisation.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les faits ont confirmé cette sensation. Avec beaucoup de cynisme selon moi, le leader indépendantiste et ses alliés ont tablé sur un déplacement du conflit de la sphère politique vers "la rue", risquant très clairement la sécurité et l'intégrité physique des habitants de la région, y compris de leurs supporters, dans des affrontements. Un choix machiavélique qui n'est pas sans rappeler certaines manoeuvres des responsables de l'éclatement de la Yougoslavie, tablant eux aussi sur la rue et la foule. On me répondra que les citoyens qui sont descendus dans la rue pour défendre la tenue et le résultat du vote, ou ceux qui se sont mobilisés pour manifester avec fougue leur attachement à l'Espagne, y sont tous allés spontanément et de leur plein gré. Certes. Mais je pose néanmoins la question de savoir à quel moment un comportement protestataire demeure spontané et choisi, et à quel moment il est le fruit un peu trop mûr d'un contexte politique passionnel où le dialogue au sommet est rompu et où le point de non retour est atteint...&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/-JtvwlOKMaA" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Affrontements entre l'Armée Fédérale Yougoslave et la population à Zagreb,&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>le 2 juillet 1991 (l'indépendance de la Croatie a été proclamée le 25 juin).&nbsp;</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Reportage de la télévision slovène.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce calcul de Puigdemont est d'autant plus scandaleux, que son coup de poker terminé avec&nbsp;le flop que l'on sait, l'homme s'est lamentablement débiné en allant se mettre les fesses au chaud chez ses amis flamands de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nieuw-Vlaamse_Alliantie" target="_blank"><span style="color: #e06666;">NVA</span></a><span style="color: #fff2cc;">, parti nationaliste</span><span style="color: #e06666;"> <a href="http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/la-n-va-d-extreme-droite-les-experts-sont-partages-5602e51835700fb92f211ecf" target="_blank"><span style="color: #e06666;">guère plus fréquentable</span></a></span> <span style="color: #fff2cc;">que l'infâme Vlaams Blok/Belang (dont on a parlé récemment </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/05/plongees-en-abysses.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">), alors que certains de ses partenaires du "Junts Pel Si" se retrouvaient en prison et y croupissent toujours.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Entre temps, le mythe de l'intégrité et du progressisme de la cause catalane s'est aussi davantage fissuré, confirmant là aussi certains ressentis de Pulig: outre les accusations de fascisme visant sans distinction les loyalistes à l'Etat espagnol, outre l'éviction de ministres modérés ou timorés quant à l'accélération du processus de séparation d'avec Madrid, les indépendantistes ne seraient pas aussi intègres et progressistes qu'ils le prétendent, dans le lobbying pour leur cause: toujours dans son ouvrage sur la crise catalane, la correspondante du Monde Sandrine Morel</span> <a href="https://www.elperiodico.com/es/politica/20180603/revelaciones-corresponsal-le-monde-proces-independentista-6854742" target="_blank"><span style="color: #e06666;">raconte encore avoir été victime de pressions de la part de certains de ses interlocuteurs indépendantistes</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">, qui lui reprochaient de donner une version tronquée de leur combat. "Si nous achetons de la pub dans ton journal, tu verras ce que tes chefs te diront d'écrire sur nous", lui auraient dit l'un d'eux, irrité par les questions de la journaliste. Alors que celle-ci était sous le choc de cette intimidation, l'homme aurait ajouté: "c'est comme ça que ça marche ici". Plus inquiétant, peu de temps avant cette remarque, le même homme aurait menacé: "si le référendum n'a pas lieu, nous aurons un vrai </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Euroma%C3%AFdan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Maïdan</span></a><span style="color: #fff2cc;"> [en Catalogne]", preuve que certains indépendantistes n'excluaient pas une dérive violente.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-rEVhKl5dT3M/W7DU18t3jtI/AAAAAAAAD7U/7zpUwroOycofKl0VQkiJ6hj0TAzwxGnrwCLcBGAs/s1600/Sandrine%2BMorel.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="240" data-original-width="426" height="225" src="https://3.bp.blogspot.com/-rEVhKl5dT3M/W7DU18t3jtI/AAAAAAAAD7U/7zpUwroOycofKl0VQkiJ6hj0TAzwxGnrwCLcBGAs/s400/Sandrine%2BMorel.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Sandrine Morel, lors d'une interview à la télévision catalane TV3,&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">où elle fait état des pressions et de certaines attitudes du camp indépendantiste&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">(à regarder</span><span style="color: #e06666;"> <a href="http://www.ccma.cat/tv3/alacarta/els-matins/sandrine-morel-corresponsal-de-le-monde-denuncia-pressions-per-informar-del-proces/video/5770141/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a></span><span style="color: #fff2cc;"> si vous comprenez l'espagnol).</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Morel présente aussi Puigdemont comme un politicien égocentrique, convaincu de parvenir à faire tomber Rajoy, et prêt à tout pour y arriver, dans un combat de coq sans pitié dans la basse-cour ibérique.</span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Derrière son visage moderniste, démocratique et inclusif, l'indépendantisme catalan n'est pas dépourvu de rancoeur et de revanchisme face au reste de l'Espagne et au castillan, langue qui cohabite toujours avec le catalan dans la région, tout comme la majorité des Croates éprouvait rancoeur et désir de revanche face à la Yougoslavie et à la supposée domination des Serbes, domination s'exprimant même selon eux par la langue (le SERBO-croate). Et le revanchisme, ça ne donne jamais rien de bon... S'il est normal que le catalan soit protégé, enseigné, cultivé et encouragé, on observe&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">des cas de refus de parler castillan à un interlocuteur hispanophone dans certaines situations de la vie courante, ainsi que&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">des débuts de </span><a href="https://www.courrierinternational.com/article/espagne-barcelone-ne-pas-parler-catalan-peut-couter-cher" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">chicaneries administratives</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> de la part des autorités, sans parler d'absurdités grotesques, comme le recrutement d'interprètes par le parlement catalan en novembre 2009, pour traduire les échanges avec une délégation venue du Nicaragua, alors que les députés catalans comprennent tous parfaitement l'espagnol. Là encore, les purifications linguistiques du serbo-croate, qui ne concernent pas que la variante croate, comme on le pense souvent, mais toutes les variantes de cette langue, nous montrent jusqu'à quel degré de bêtise peut aller ce revanchisme, à la différence près que le serbo-croate demeure bien une seule et même langue, alors que le catalan et l'espagnol, quoique proches, sont bien deux langues différentes, avec chacune leur prononciation, leur vocabulaire et leur grammaire propres.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Richesse de la région, le bilinguisme catalan/castillan marquerait le pas, d'après Isabel Coixet, et </span><a href="https://lepetitjournal.com/barcelone/education/les-langues-dans-le-systeme-scolaire-catalan-comment-ca-marche-215407" style="color: #fff2cc;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">il n'est plus possible de suivre des cours moitié en castillan, moitié en catalan hors des écoles privées</span></a><span style="color: #fff2cc;">. En d'autres termes, le castillan est de plus en plus enseigné comme une langue étrangère, et seuls les milieux aisés peuvent inscrire leurs enfants dans une école pratiquant à égalité les deux langues.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Rappelons aussi que les indépendantistes ont leurs radicaux, comme</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span><a href="http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/05/16/31002-20180516ARTFIG00125-qui-se-cache-derriere-le-sulfureux-quin-torra-nouveau-president-de-la-catalogne.php" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Quim Torra</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, devenu d'ailleurs le nouveau président de la Généralité suite aux élections de décembre 2017. Ce proche de Puigdemont est connu en Espagne pour avoir traité les Espagnols de "hyènes" et autres tweets racistes, présentant le reste du pays comme habité par une sous-race méprisable, voleuse et opportuniste, ce qui rappelle des propos entendus à l'époque à Ljubljana ou à Zagreb. Si ce genre de sorties demeure minoritaire parmi les indépendantistes, et que l'homme a depuis exprimé ses regrets et présenté ses excuses, il reste une incarnation du bloc des "durs". Hors de la sphère politique, le vandalisme de voitures immatriculées à Madrid était monnaie courante à Barcelone, lors des matchs Barça-Real, avant que le gouvernement espagnol ne se décide à anonymiser les plaques minéralogiques ...comme en Bosnie-Herzégovine, où il est impossible de savoir si une voiture est de Banja Luka, Tuzla ou Sarajevo.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin, le référendum du 1er octobre, quintessence de l'expression démocratique selon les indépendantistes, fut entaché d'</span><a href="https://www.huffingtonpost.fr/2017/10/04/referendum-en-catalogne-dans-70-communes-il-y-a-eu-plus-de-bulletins-oui-que-delecteurs-inscrits_a_23232837/" style="color: #e06666;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">irrégularités</span></a><span style="color: #fff2cc;">, dignes d'ailleurs de celles que l'on observe lors d'élections en ex-Yougoslavie, encore aujourd'hui.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-OpRqbUsNfgE/W7DaEKNIEwI/AAAAAAAAD8A/LBg4kgtT7VIiYcJZCU--xDH1o8cyJamwgCLcBGAs/s1600/R%25C3%25A9pression%2Bpolici%25C3%25A8re%2BBarcelone.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="638" data-original-width="975" height="261" src="https://4.bp.blogspot.com/-OpRqbUsNfgE/W7DaEKNIEwI/AAAAAAAAD8A/LBg4kgtT7VIiYcJZCU--xDH1o8cyJamwgCLcBGAs/s400/R%25C3%25A9pression%2Bpolici%25C3%25A8re%2BBarcelone.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Répression policière à Barcelone, le 1er octobre 2017</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme dans beaucoup de conflits, les torts sont partagés, ce qui ne signifie pas que les degrés de responsabilités soient identiques. Celui qui oppose Puigdemont à Rajoy, la Catalogne à l'Etat central, ne fait pas exception. Chacune des parties s'est ici employée, méthodiquement, à rendre tout dialogue impossible, avec le tragique point culminant du 1er octobre, où les matraques ont frappé, où le sang, indépendantiste comme loyaliste, a coulé, et où des affrontements, certes au final relativement isolés, ont éclaté entre pro et anti-indépendantistes, dont des "ultras" d'extrême-droite qui n'attendaient que ça, au détour d'une manif ou d'une terrasse de café, ou devant le siège de Catalunya Radio, la radio publique catalane, accusée d'être pro-indépendance, ce qui a valu à ses journalistes de devoir rester plusieurs heures à l'intérieur du bâtiment, menacés par des partisans échaudés du maintien dans l'Etat espagnol.&nbsp;</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-vGt-gPF6lp0/W7DZAPSxPoI/AAAAAAAAD70/nHgOr444pkwcHrNz6-lQywFWe0CewYIFQCLcBGAs/s1600/Imagen-agresion-vecino-parte-ultras_EDIIMA20171027_1157_4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="643" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-vGt-gPF6lp0/W7DZAPSxPoI/AAAAAAAAD70/nHgOr444pkwcHrNz6-lQywFWe0CewYIFQCLcBGAs/s400/Imagen-agresion-vecino-parte-ultras_EDIIMA20171027_1157_4.jpg" width="400" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Affrontements entre indépendantistes et loyalistes devant un café à Barcelone,&nbsp;</span></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">dans la nuit du 1er au 2 octobre 2017.</span></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ces tristes événements n'ont heureusement pas dégénéré. Il n'y a pas eu de snipers pro-Espagne tirant sur la foule sur l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avenue_Diagonale" target="_blank"><span style="color: #e06666;">avenue Diagonale</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ou sur la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Place de Catalogne</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ni de barricades érigées dans certaines communes catalanes, où les hispanophones, souvent venus des régions pauvres du royaume, et ne comprenant pas ce qu'on leur reproche au juste derrière la volonté séparatiste, sont nombreux voire majoritaires (tout comme de nombreux Serbes de Croatie, dont les ancêtres étaient venus il y a plusieurs siècles, ne comprenaient pas pourquoi, soudain, tout le monde les détestait). Il n'y a pas eu de <i>worst case scenario</i> à la yougoslave, mais ces violences, quelle que soit l'opinion politique de celles et ceux qui en ont été les victimes, sont déjà de trop. Le climat rance et tendu de polarisation de la société, tel que décrit par Novosti, risque de persister, et avec lui, les frustrations et les rancoeurs d'un camp comme de l'autre.&nbsp;</span></span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Loin de l'optimisme décontracté qui émane de l'article d'Autonomija, l'article de Novosti suggère selon moi trois choses fondamentales que je pose en guise de conclusion:</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Premièrement, un projet d'indépendance, aussi légitime soit-il, historiquement, socialement ou culturellement (et l'indépendantisme catalan est, sur un certain nombre d'aspects, légitime), ne peut pas tirer un trait sur des décennies voire des siècles d'existence au sein d'un autre Etat, avec tout ce que ce passif implique: par exemple, la présence de citoyens d'autres régions de cet Etat, parlant</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">éventuellement</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;une autre langue, et attachés à cet Etat, et voyant même dans le maintien de celui-ci une garantie de leurs droits. A côté des délires inexcusables de la</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Grande Serbie" (=Union de tous les Serbes dans un seul Etat, par la guerre si besoin), la situation décrite à l'instant était celle de certains Serbes de Croatie ou de Bosnie-Herzégovine, qui se sentaient protégés juridiquement et culturellement par l'Etat yougoslave, et tenaient donc à sa survie. C'était aussi le cas de beaucoup de "Yougoslaves", toutes "ethnies" confondues, vivant en Slovénie, citoyens à part entière de cette république dans l'ancien Etat, que l'indépendance</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2013/07/nos-ancetres-les-effaces.html" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">a privé du jour au lendemain de leurs droits civiques</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Deuxièmement, une prise d'indépendance n'est pas un processus léger, simple et sans conséquences, mais il a des implications profondes et durables. Pour ceux qui aspirent à la réalisation de ce processus, celui-ci est une promesse, une perspective optimiste, où les ajustements et mutations nécessaires, voire les quelques sacrifices éventuels, seront compensés par la concrétisation du projet et ses bienfaits escomptés à moyen et long terme. Mais pour les autres, défavorables à ce processus, celui-ci va signifier des changements lourds et irréversibles, un basculement dans un monde nouveau où il faudra consentir à de gros efforts d'adaptation, voire à devoir faire profil bas... Face à cette frange de population sceptique voire anxieuse, l'intelligence comme l'éthique politiques exigeraient, à défaut de parvenir à convaincre, de prendre en compte les inquiétudes, de rassurer, de dire que l'on s'efforcera de faire que ce changement soit le plus indolore possible. En aucun cas, ignorer, mépriser, ni insulter cette population, en insinuant qu'elle est franquiste (Catalogne) ou en la privant de ses droits (Croatie et Slovénie).</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Troisièmement, aussi inclusif, humaniste et démocratique soit-il, un projet indépendantiste tend néanmoins bien souvent, et à un moment donné, à se durcir et à faire remonter à la surface des caractéristiques moins progressistes, comme le revanchisme, la victimisation obsessionnelle,&nbsp; l'essentialisation méprisante de l'adversaire ou du peuple dont on veut divorcer, ou encore l'idée que la fin justifie les moyens....</span></div><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Quant à la tragédie yougoslave, celle-ci nous enseigne qu'une fois que la promesse de réalisation d'un grand rêve national a été inoculée dans les esprits, il est quasi impossible de la refréner et de revenir en arrière. La crise entre l'Espagne et la Catalogne risque donc de durer et il faudra beaucoup d'intelligence, d'imagination et de sens du dialogue pour la désamorcer.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je n'ai pas d'opinion 100% tranchée sur l'indépendance catalane, et développer le pour et le contre de cette cause vaudrait un post à lui tout seul. Chacun aura compris que je ne me retrouve ni dans la fuite en avant de Puigdemont et de ses alliés, ni dans l'intransigeance autoritaire de Rajoy. Je suis, comme d'autres observateurs de cette crise, favorable à ce que cette question soit tranchée par un référendum, mais un référendum véritablement démocratique (pas un coup de force assorti de calculs cyniques et dangereux), c'est à dire avec un vrai débat contradictoire, et surtout un débat dépassionné, où chaque partie pourrait faire valoir ses arguments dans le dialogue, l'écoute et le respect mutuel, permettant ainsi à chaque citoyen de se déterminer en son âme en conscience.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Un an après les tragiques événements survenus en Catalogne, et même si nous avons échappé à un conflit armé, je ne pense pas que les conditions soient réunies pour que ce débat apaisé ait lieu...&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-cBImWUPPSgI/W7DXyAWEqZI/AAAAAAAAD7k/bac4KYEjEME68iQlup_G2pl3rmfsPLPMwCLcBGAs/s1600/barcelone%2Brepression.jpg" imageanchor="1" style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="563" data-original-width="980" height="183" src="https://2.bp.blogspot.com/-cBImWUPPSgI/W7DXyAWEqZI/AAAAAAAAD7k/bac4KYEjEME68iQlup_G2pl3rmfsPLPMwCLcBGAs/s320/barcelone%2Brepression.jpg" width="320" /></a></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b><u>N.B.</u>: </b><i>L'image qui ouvre le post est la couverture du journal slovène Mladina du 6 octobre 2017. Sur fond de drapeau catalan et d'images de la répression du 1er Octobre, l'hebdomadaire, favorable autrefois à l'indépendance slovène, titre : "Naissance d'un Etat. Ou la raison l'emporte, ou la Catalogne doit s'attendre à un écroulement sanglant comme dans les Balkans."</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b>Prolonger:</b><i>&nbsp;</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">"Slate" a fait un travail remarquable autour de la Catalogne, avec de nombreux articles proposant des analyses, points de vue et opinions très divers (aussi bien favorables que défavorables à l'indépendance), permettant de mieux appréhender la complexité de cette crise. Pour les lire, c'est par </span><a href="http://www.slate.fr/dossier/8719/catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">là</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(1) En réalité, dans la VO, le journaliste dit "dosadni Katalonci", "dosadni" signifiant "ennuyeux", au sens à la fois d'ennui dans le désoeuvrement, mais aussi au sens de "pénible, embêtant, emmerdant", d'où le choix de ce dernier terme dans ma traduction, lequel me semble mieux rendre la pensée de l'auteur, et le ton de son article.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(2) Sandrine Morel, "En el huracán catalán: Una mirada privilegiada al laberinto del procés" ("Dans l'ouragan catalan: un regard privilégié sur le labyrinthe du processus [d'indépendance]") Editions Planeta, non traduit à ce jour en français.</span></div><br /><strike></strike>
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La grave "crise" de l'automne 2017 entre Madrid et Barcelone a volontiers sonné sur place comme un retour du refoulé de la crise yougoslave d'alors, même si toutes les comparaisons et analogies avec celle-ci ne sont pas forcément pertinentes. On a largement commenté sur place ces événements, que ce soit chez les professionnels de l'information (la presse) ou chez les "amateurs" sur les réseaux sociaux. Chacun est allé de son analyse, projetant bien souvent un regard yougo-centré, pas forcément inexacte ou inintéressant, mais parfois néanmoins emprunt de fantasmes ou de raccourcis.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour le dire concrètement mais de façon schématique, les pro-indépendance ont inscrit le combat</span><span style="color: #fce5cd;"> </span><a href="https://laviedesidees.fr/Catalanisme-histoire-d-un-concept.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">catalaniste</span></a> <span style="color: #fff2cc;">dans une même dynamique que le combat indépendantiste de leur peuple lors de la dislocation yougoslave. Le "mouvement catalan", réputé "moderne", dynamique, modéré, et ancré dans les valeurs européennes, a eu bon dos pour certifier que les indépendances d'alors (ou à venir) dans la Yougosphère étaient légitimes et bien intentionnées. Une façon d'effacer les pots cassés et autres dommages collatéraux de ces indépendances, de la purification ethnique, administrative ou militaire, aux crimes de guerre. Du côté de ceux qui expriment des réserves ou sont ouvertement défavorables à l'indépendance de la Catalogne, on a justement rappelé avec force combien les envols pris par les uns et les autres en Yougoslavie ont généré de violence, certains exprimant leur inquiétude, affirmant que les Catalans ne savaient pas ce qui les attendait en termes de répression.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a name='more'></a><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour être là encore très schématique, on peut ranger dans les "pro-Catalans" la majorité des opinions et des presses croates et slovènes, où l'on rappelle volontiers que des manifestations de solidarité avec les républiques yougoslaves séparatistes se sont tenues en Catalogne au début des années 90. Chez les Bosniaques aussi, on se souvient du soutien de la Catalogne, notamment face au siège de Sarajevo. Ceci posé, le consensus face au désir d'indépendance de la province espagnole n'est pas intégral au sein de la communauté bosniaque, chez qui on observe davantage de réserve, d'inquiétude, voire de désapprobation. Rien d'étonnant dans ces positionnements, une nette majorité de Croates et de Slovènes, toute sensibilité politique confondue, assume et revendique la justesse du choix indépendantiste de leur pays. Parmi les Bosniaques, l'attachement à la Yougoslavie était plus fort, et le sentiment qu'on a payé très cher le prix de la séparation reste tenace. Il est donc compréhensible que l'on soit plus réservé.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-OEcehTaHRAg/W7C9SjVD_7I/AAAAAAAAD5w/mMfXcXsZmzEAwo9jxASJccDuwSYFevaVwCLcBGAs/s1600/sarajevo_skup_podrska_katalonija_RSA1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="788" data-original-width="1179" height="266" src="https://3.bp.blogspot.com/-OEcehTaHRAg/W7C9SjVD_7I/AAAAAAAAD5w/mMfXcXsZmzEAwo9jxASJccDuwSYFevaVwCLcBGAs/s400/sarajevo_skup_podrska_katalonija_RSA1.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Manifestation de soutien à l'indépendance de la Catalogne à Sarajevo.&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>(c) Radio Sarajevo.<br />Détail piquant, sur la fresque au second plan, il est écrit&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Barcelone, Sarajevo est avec toi" ...en espagnol ("Sarajevo esta contigo") et non en catalan.</i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quant aux Serbes, et je parle ici de l'ensemble des Serbes d'ex-Yougoslavie (donc aussi des Serbes de Bosnie-Herzégovine, du Monténégro, du Kosovo et de Croatie), ils se retrouvent avec les fesses entre deux chaises: d'un côté s'exprime la tentation de soutenir les aspirations catalanes à l'indépendance, pour mieux suggérer que la prise d'indépendance de la Republika Srpska serait un horizon souhaitable. De l'autre, il y a l'inqualifiable perte du Kosovo, et du coup, affirmer que le combat catalan serait juste et bon revient à donner des gages de légitimité à la cause albano-kosovare. Rappelons ici au passage que l'Espagne ne reconnaît toujours pas le Kosovo, précisément pour ne pas donner de grain à moudre aux Basques et aux Catalans... </span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce dilemme serbo-serbe inconciliable s'ajoute un sentiment yougoslave ou yougonostalgique qui s'est davantage maintenu chez les Serbes que chez les Croates ou les Slovènes.&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce sentiment "yougoslaviste" existe aussi, on n'est pas à une contradiction près, chez certains nationalistes, qui considèrent que les Serbes ont été trahis par les autres peuples yougoslaves, et que par ailleurs les Serbes avaient un rôle quasi messianique de "garants" du projet yougoslave.&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce sentiment d'être le peuple "moteur" s'accompagne de tendances à promouvoir un Etat fort et centralisé, héritées d'ailleurs en partie des liens qui ont existé entre la Serbie et la France au XIXe et XXe siècle, de nombreux cadres et officiers de l'Etat serbe s'étant formés et France, où ils ont puisé certains modèles politiques. Ceux qui continuent d'adhérer à cette vision auraient donc plutôt tendance à appuyer l'attitude de Madrid.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est malheureusement en grande partie la réaffirmation de ce rôle de peuple "moteur" au cours des années 80 qui a conduit les "autres peuples" à envisager de prendre le large.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'opposé, en Serbie même,&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">bon nombre de ceux qui s'opposèrent à la guerre ou à&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;considèrent qu'ils n'ont pas choisi cette dislocation de l'ancien pays, et restent aussi volontiers attachés à sa mémoire. Ces "progressistes" accusent davantage les nationalistes serbes (voire même leurs co-nationaux irrédentistes de Croatie et de Bosnie-Herzégovine) d'être responsables de l'effondrement du pays, que les Croates et les Slovènes. Ils peuvent en quelque sorte "entendre" qu'on ait pu vouloir se séparer de leur pays en plein délire, dominé par&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.<br /><br />Enfin, il y a les Serbes devenus des minorités nationales, comme en Croatie ou au Monténégro, ou des communautés enclavées, comme au Kosovo, sans parler de ceux qui ont du fuir des territoires où ils vivaient parfois depuis plusieurs siècles. Ces Serbes là évidemment ont vécu les sécessions successives comme un cauchemar à ne pas reproduire...sauf éventuellement, on l'a dit, dans le cas de la Republika Srpska, et d'une réunion, plus qu'hypothétique et porteuse de nouveaux conflits, de tous les Serbes dans un seul Etat. Mais à vrai dire, hormis les extrémiste, plus grand monde ne croit ni même n'adhère véritablement aujourd'hui au projet de "Grande Serbie", l'effort devant porter, pour la majorité des Serbes, sur ce qu'on peut encore sauver de "serbitude", au Kosovo ou ailleurs...</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce mouvement de chaises musicales autour de la partition catalane chez les Serbes est révélateur des tiraillements en vigueur chez cette communauté d'ex-Yougoslavie, qui, contrairement à ce que l'on imagine souvent en Occident, ou même sur place, est loin d'être homogène, et offre au contraire nombreux contrastes et contradictions.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A ce titre, les deux articles les plus significatifs que j'ai pu lire dans la presse de la Yougosphère sont des articles serbes, parus tous deux au cours de l'été 2017, donc avant le référendum unilatéral engagé par</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carles_Puigdemont" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Carles Puigdemont</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et ses alliés, et les incidents dont nous avons été témoins en Catalogne, au début de l'automne de la même année. Les deux médias où ont été publiés ces deux articles ont ceci de particulier qu'ils sont, à leur manière, la voix de deux Serbie que je qualifierai chacune de "périphérique". Une périphérie à la fois géographique et intellectuelle.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-t7vsD1-kouY/W7DMmQe7JiI/AAAAAAAAD58/xaqQ_erwM-cQ27C_JVQhubHAjXOMdNfawCLcBGAs/s1600/novosti3.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="750" data-original-width="521" height="320" src="https://1.bp.blogspot.com/-t7vsD1-kouY/W7DMmQe7JiI/AAAAAAAAD58/xaqQ_erwM-cQ27C_JVQhubHAjXOMdNfawCLcBGAs/s320/novosti3.jpg" width="222" /></a></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le premier média est</span> <a href="https://www.portalnovosti.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Novosti</span></a><span style="color: #fff2cc;">, l'organe du très officiel</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Serb_National_Council" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Conseil National des Serbes de Croatie</span><span style="color: #fff2cc;">.</span></a><span style="color: #fff2cc;"> C'est donc un journal serbe de Croatie, rattaché à l'organe représentatif de cette communauté, et reconnu officiellement par l'Etat croate. J'avais déjà évoqué le Conseil des Serbes et Novosti</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/05/lemancipation-par-le-serbe.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et rappelle brièvement les caractéristiques de ce journal: il défend une vision plutôt "modérée" sur la question des Serbes de Croatie, et se veut loyaliste à cet Etat. Il considère que la communauté serbe doit se prendre en main et participer pleinement à la vie politique, sociétale et culturelle de son pays, la Croatie. Même si ce positionnement n'empêche pas Novosti d'être, à juste titre, et en phase avec les inquiétudes de sa communauté, sévère quant aux dérives néo-oustachistes en vigueur en Croatie, il le fait sans irrédentisme ni volonté de déterrer la hache de guerre. Bref, on est loin des années 90 où les Serbes de Croatie, poussés par Belgrade, et provoqués par Zagreb, avaient, pour nombre d'entre eux, fait le choix de la violence. Un choix qui, associé aux exactions côté croate, a coûté cher à cette communauté, dont une bonne part a dû fuir lors de l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Temp%C3%AAte" target="_blank"><span style="color: #e06666;">opération Oluja</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Aujourd'hui, ceux qui sont restés font globalement profil bas, dans une Croatie qui les tolère tant qu'ils ne la ramènent pas. Ils sont juridiquement "protégés" par des lois sur les droits des minorités, ratifiées par la Croatie pour pouvoir intégrer l'Union Européenne. Leurs représentants privilégient l'action politique et le dialogue avec la majorité croate, et recourent au "soft-power" médiatique dont Novosti est le porte-voix.</span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Malgré ces liens avec le Conseil National des Serbes de Croatie qui auraient pu en faire un outil ouvertement propagandiste, Novosti est un média de qualité, plutôt de gauche, avec de bonnes plumes, de bons dossiers et des enquêtes de fond. Il figure selon moi parmi les meilleurs journaux de Croatie. C'est en tout cas une source qu'on affectionne dans ce blog.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'autre média ayant écrit sur la Catalogne en été 2017 est "</span><a href="http://www.autonomija.info/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Autonomija</span></a><span style="color: #fff2cc;">". C'est un magazine en ligne basé en</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vo%C3%AFvodine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Voïvodine</span></a><span style="color: #fff2cc;">, cette province du nord de la Serbie aux nombreuses spécificités. Majoritairement peuplée de Serbes, la Voïvodine n'a jamais fait partie de l'Empire Ottoman, à la différence du reste de la Serbie et de la Bosnie-Herzégovine. Elle a en revanche appartenu à l'Autriche-Hongrie. A ce titre, elle abrite encore aujourd'hui de nombreuses minorités dont la présence est un reliquat de l'ancien empire à deux têtes: Hongrois, deuxième communauté de la province en nombre, Roumains, Ruthènes (Ukrainiens), Tchèques, Slovaques, et même quelques descendants d'Allemands, constituent quelques pièces de la mosaïque régionale. Ces spécificités font qu'une proportion importante de Serbes de Voïvodine se sent différente des autres Serbes, en particulier de ceux de l'ancien Empire Ottoman. Pour dire les choses schématiquement, ces Serbes "à part" sont souvent davantage progressistes sur les questions de société, plus favorables à l'Occident, aux idées démocratiques et au libéralisme économique, que leurs "compatriotes" des autres "pays" serbes. Ils revendiquent leur appartenance à la Mitteleuropa, et non aux Balkans, et défendent l'idée d'une Voïvodine ouverte, moderne et multiethnique. On ne saurait bien-sûr généraliser cette mentalité à l'intégralité des Serbes de Voïvodine, loin de là, mais elle constitue toutefois une lame de fond assez importante. Suffisamment en tout cas pour que les différents pouvoirs aient voulu mater cette province.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'un des premiers coups portés à la Voïvodine a été la "</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Anti-bureaucratic_revolution" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Révolution anti-bureaucratique</span></a><span style="color: #fff2cc;">", qui, sous couvert de renverser la bureaucratie, soi-disant corrompue et incompétente, de la province, fut en fait un véritable putsch, orchestré par un&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;en pleine ascension, qui décapita le pouvoir, non nationaliste, en place à Novi Sad. L'autonomie de la province fut supprimée, et celle-ci se retrouva sous tutelle directe de Belgrade.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Elle résistera tant bien que mal pendant le conflit des années 90, avec un mouvement "anti-guerre" actif, ainsi que des cas de désobéissance civile et de désertions soutenus par de nombreux citoyens. Cependant, l'équilibre interethnique s'est trouvé fragilisé. Les Hongrois, notamment, ont subi des exactions de la part de nationalistes serbes, et bon nombre d'entre eux sont partis de l'autre côté de la frontière pour ne jamais revenir. Le régime a cherché précisément à bouleverser la démographie et la sociologie de la province: à cette époque, de nombreux réfugiés serbes de Bosnie-Herzégovine, de Croatie et du Kosovo ont été rapatriés en Voïvodine au gré des rebondissements du conflit et des purifications ethniques qu'il a généré. Issus de villages ou de régions pauvres, partis dans des conditions souvent difficiles, et ayant tout perdu, ces "pieds noirs serbes" se sont sentis mal à l'aise dans le creuset voïvodinien. La frustration et l'intégration en dent de scie d'une partie d'entre eux ont contribué à nourrir les partis nationalistes serbes. On aurait tort cependant de tout mettre sur le dos de ces "rapatriés", la dégénérescence de la société voïvodinienne concernant aussi ses habitants "de souche".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Ces mutations vers le bas de la société voïvodinienne ne firent en fait que suivre la déliquescence de la société serbe en générale, minée par l'isolement du pays, et livrée aux mafias prospérant sur l'embargo et les butins de guerre. Humiliation suprême pour les progressistes de la région, le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_radical_serbe" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Parti radical Serbe</span></a><span style="color: #fff2cc;"> finit même par gagner la municipalité de sa capitale, Novi Sad. Les Radicaux firent alors de la ville leur laboratoire, à l'instar des villes FN en France. Les milices néofascistes serbes semèrent la terreur à Novi Sad ou dans les villages cosmopolites de la province, où des nationalistes hongrois, proches du</span></span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jobbik" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Jobbik</span></a><span style="color: #fff2cc;">, venaient aussi faire occasionnellement le coup de poing. Le paysage sociologique a donc considérablement changé en 30 ans, et aujourd'hui, beaucoup d'analystes et de citoyens, y compris issus de la province elle-même, jugent que la Voïvodine ouverte et épanouie dans sa diversité n'est plus qu'un mythe...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En dépit ou peut-être à cause de cette situation, un régionalisme, voire, pour les plus déterminés, un désir d'indépendance, s'est développé chez certains habitants de la province, y compris et notamment parmi ses habitants serbes. Si l'indépendantisme est minoritaire (autour de 15% dans les sondages), l'autonomisme tourne autour des 50%. Conceptualisé au sein de l'ancien mouvement anti-guerre de la région et de l'intelligentsia progressiste de Novi Sad et de Subotica, les deux principales villes de la province, il séduit peu à peu d'autres couches de la société, et notamment une partie des citoyens issus des minorités nationales. Ces derniers sont rassurés par un projet politique qui ne cherche pas à les assimiler ou à les instrumentaliser (=politique récurrente de l'Etat serbe), mais au contraire, vise à mieux protéger leurs droits linguistiques et culturels.</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-gf4cYYlXoyI/W7DNTp2-vSI/AAAAAAAAD6M/l8rwx1T5kAArsTy83VGYWcGbTD7ZzU91ACLcBGAs/s1600/pravda%2Bza%2BVojvodinu%2BLSV.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="678" data-original-width="1024" height="263" src="https://3.bp.blogspot.com/-gf4cYYlXoyI/W7DNTp2-vSI/AAAAAAAAD6M/l8rwx1T5kAArsTy83VGYWcGbTD7ZzU91ACLcBGAs/s400/pravda%2Bza%2BVojvodinu%2BLSV.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Justice pour la Voïvodine"</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Manifestation de la </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_des_sociaux-d%C3%A9mocrates_de_Vo%C3%AFvodine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ligue des Sociaux Démocrates de Voïvodine (LSV)</span></a><span style="color: #fff2cc;">,&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>un parti réclamant la création d'une "république" de Voïvodine à l'autonomie très large, dans une Serbie fédéralisée.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce courant prône une Voïvodine multiethnique, moderne, dynamique, démocratique, libérale, européenne, mais fortement autonome par rapport à Belgrade, qui bien-sûr, ne veut rien entendre, et n'a jamais restitué à la province l'intégralité de ses prérogatives du temps de la Yougoslavie. Une surdité et un immobilisme belgradois, qui, bien-sûr, encouragent le sentiment autonomiste.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ca ne vous rappelle rien ? On y vient...</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Autonomija" est donc est un média de Novi Sad, qui, sans affirmer ouvertement ses positions autonomistes, revendique la place et le discours à part de la Voïvodine au sein de la Serbie. Le nom du média joue bien entendu sur cette ambiguïté de sens, entre une "autonomie de la pensée", revendiquée par la rédaction face au mainstream médiatique globalement "aux ordres" de Belgrade, et l'autonomie éventuelle de la province... C'est un journal lui aussi de qualité, et une source régulière de ce blog, où écrivent des journalistes et intellectuels serbophones et magyarophones, le tout dans une orientation centriste, libérale en économie et progressiste sur les questions de société.</span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-G-Qrr_xJPbw/W7DNbB7tKCI/AAAAAAAAD6c/8m9_KkOGc50vQw1SWCzzw-r3RcTwwVnwgCPcBGAYYCw/s1600/Autonomija.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="138" data-original-width="364" height="121" src="https://1.bp.blogspot.com/-G-Qrr_xJPbw/W7DNbB7tKCI/AAAAAAAAD6c/8m9_KkOGc50vQw1SWCzzw-r3RcTwwVnwgCPcBGAYYCw/s320/Autonomija.jpg" width="320" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Le portail de la Voïvodine citoyenne",&nbsp;</i></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>le slogan d'Autonomija.</i></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="http://www.autonomija.info/aleksandar-kocic-katalonija-sangrija-i-korupcija.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">L'article sur la Catalogne paru dans Autonomija</span></a> <span style="color: #fff2cc;">est écrit par Aleksandar&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić (prononcer Kotsitch)</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, le correspondant à Madrid du journal. L'article est sérieux quant à l'exposé des faits, mais le ton est presque badin, léger. Le journaliste titre d'ailleurs "Catalogne, sangria et corruption". On sent un papier pondu en terrasse en buvant de ce célèbre alcool fruité après la sieste, par une belle fin d'après-midi de l'été madrilène. L'article ne traite pas que de la Catalogne mais dresse un état des lieux global de la situation en Espagne. Le journaliste explique que le pays sort de la crise, même si la remontée économique n'est pas encore visible pour de nombreux Espagnols, d'autant que les salaires restent faibles et la précarité importante. Il pointe alors les nombreux scandales et affaires de corruption qui ont entre autres touché le Parti Populaire au pouvoir, et de fait, Mariano Rajoy et son gouvernement (</span><a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/01/espagne-mariano-rajoy-admet-sa-defaite-avant-le-vote-de-la-motion-de-censure-au-parlement_5308016_3214.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">lesquels ont depuis, comme on le sait, fini par démissionner, suite à une mention de censure, et ont cédé la place aux socialistes</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Ces affaires seraient, dit le journaliste, un facteur ayant contribué au développement du scepticisme de la population et à sa volonté de changement. "Reste à voir quoi faire avec ces emmerdeurs de Catalans", conclut-il. Le terme "emmerdeur" (1) est ici employé dans le bon sens du terme. Les "Catalans" sont pour&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;des empêcheurs de tourner en rond, au rôle salutaire, un poil à gratter vecteur de renouveau dans une Espagne immobiliste et vieillissante. Il faut d'ailleurs préciser que dans cet article, le terme "Katalonci" (prononcer Katalonn'tsi, "les Catalans" en serbo-croate), semble désigner les indépendantistes, et uniquement eux. Le terme revient avec cette signification en plusieurs occurrences, alors que le mot exact à employer, dans une rigueur journalistique un peu plus neutre, aurait dû être "les indépendantistes catalans".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sans prendre parti directement pour l'indépendance de la Catalogne, le ton de l'article la présente néanmoins avec une forme de bienveillance, comme un processus logique, cohérent et compréhensible, suggérant peut-être par là que l'indépendantisme surfe aussi sur une volonté de sortir d'une Espagne où la corruption est forte.</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-9Gjj_Orq-Qg/W7DNkWmT_RI/AAAAAAAAD6Y/c0frIzn8jwsBcm_3Wif7UfzRmPCnlzL6wCLcBGAs/s1600/LSV%2BKatalonija.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="503" data-original-width="434" height="400" src="https://3.bp.blogspot.com/-9Gjj_Orq-Qg/W7DNkWmT_RI/AAAAAAAAD6Y/c0frIzn8jwsBcm_3Wif7UfzRmPCnlzL6wCLcBGAs/s400/LSV%2BKatalonija.JPG" width="345" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des drapeaux catalans dans des villes de Voïvodine,&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">au moment du référendum du 1er octobre.&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Copie d'écran de la page facebook de la LSV.</span></i><br /><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce n'est pas dans l'article mais effectivement, les indépendantistes catalans, notamment ceux du</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_d%C3%A9mocrate_europ%C3%A9en_catalan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">PDeCat</span></a> <span style="color: #fff2cc;">de Carles Puigdemont, invoquent volontiers la bonne et saine gestion des finances et un parcours sans taches, dans une région, riche, moderne et dynamique, face à cette Espagne corrompue, et jugée inefficace, à l'instar d'autres nationalistes en Europe, comme la Flandre face à la Wallonie, ou la Ligue du Nord face au Mezzogiorno, ou encore les riches et rigoureux Slovènes en leur temps, face aux "peuples du Sud" jugés paresseux et magouilleurs (=les autres Yougoslaves)...</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-iMfQSgZK33w/W7DN6MIznkI/AAAAAAAAD6g/ouom1kvPNeMVr129mDfJJs_bA7RqNh9FgCLcBGAs/s1600/vojvodina.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="756" data-original-width="1200" height="251" src="https://2.bp.blogspot.com/-iMfQSgZK33w/W7DN6MIznkI/AAAAAAAAD6g/ouom1kvPNeMVr129mDfJJs_bA7RqNh9FgCLcBGAs/s400/vojvodina.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Voïvodine=Catalogne.</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Jeune Voïvodine" [=branche jeunesse de la LSV].</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Graffiti en Voïvodine.</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Sans surprise, ce sentiment de supériorité dans la gestion des affaires se retrouve aussi chez les autonomistes voïvodiniens. La région, grenier à blé de la Serbie, est plus riche que le reste du pays, même si cela ne saute pas aux yeux lorsqu'on traverse les faubourgs miteux de Subotica, après avoir franchi la frontière, ou dans certains bourgs ruraux désolés, où seule une charrette à boeufs trouble parfois la torpeur. Avec ses universités, sa société cosmopolite, ses artistes, ses intellectuels, son festival</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_EXIT" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Exit</span></a><span style="color: #fff2cc;">, son architecture délicieusement "Mitteleuropa", la Voïvodine se revendique volontiers comme une région moderne et inventive comme le fait la Catalogne dont personne n'ose contester la richesse économique ni la créativité culturelle.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme on l'a vu plus haut, les autonomistes voïvodiniens aiment volontiers rappeler qu'ils sont différents des autres serbes, et que le reste du pays n'est que gabegie. Par ailleurs, ils insistent sur la culture démocratique de la Voïvodine, qui serait selon eux plus développée que dans le reste de la société serbe.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Tous ces éléments ne figurent pas dans l'article mais on devine quand même entre les lignes des parallèles entre les ressorts du catalanisme actuel et le sentiment autonomiste voïvodinien. Face à une Espagne devenue symbole de marasme financier et de corruption, il est logique, semble-t-il nous dire, qu'une région qui gère bien l'argent ait envie de prendre le large. Sous-entendu, la Voïvodine pourrait elle-aussi avoir le droit de prendre ses distances d'avec la Serbie.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout à sa description décontractée d'une Espagne en quête de changement, le journaliste se veut optimiste, affirmant même que le pouvoir central espagnol "devrait [finalement] autoriser le référendum [sur l'indépendance de la Catalogne], tout en répétant que celui-ci n'a aucune valeur légale. Ensuite", poursuit le correspondant d'Autonomija à Madrid, "on verra bien". Nous sommes le 31 juillet 2017 lorsque ces mots sont publiés par le portail de Novi Sad. Entre temps, "on a bien vu", des débuts de l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Anubis" target="_blank"><span style="color: #e06666;">opération Anubis</span></a> <span style="color: #fff2cc;">le 20 septembre, jusqu'à la</span> <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/30/la-catalogne-sous-la-tutelle-de-madrid-retrouvez-nos-reponses-a-vos-questions_5207864_3214.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">mise sous tutelle de la Catalogne</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le 30 octobre, en passant par la</span> <a href="https://www.midilibre.fr/2017/10/01/referendum-en-catalogne-de-nombreux-heurts-entre-policiers-et-votants-video,1568216.php" target="_blank"><span style="color: #e06666;">répression sanglante du référendum le 1er octobre</span></a><span style="color: #fff2cc;">, comment le pouvoir central a réagi...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">On ne sait pas si&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;en a avalé de travers sa sangria! En revanche, on se dit que chez Novosti, on n'était pas complètement à côté de la plaque.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Dans</span> <a href="https://www.portalnovosti.com/katalonska-repriza-jugo-scenarija" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'article</span></a> <span style="color: #fff2cc;">publié par le journal des Serbes de Croatie, l'approche est en effet totalement différente. Le ton est beaucoup plus grave et inquiet qu'en Voïvodine. Point de badineries ni de sangria. L'auteur, Sre<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span>ko Pulig (prononcer Sretch'ko Pouligue), titre en mode rétro-prémonitoire "La reprise catalane du scénario yougoslave", et tout le monde comprend de suite de quoi il s'agit.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Nous avons une grande expérience [en ex-Yougoslavie] de comment les mouvements séparatistes cherchent à asseoir leur légitimité derrière un référendum, et comment ce référendum peut leur permettre d'arriver à leurs fins" écrit le journaliste en début d'article, une expérience qui, "un quart de siècle après le funeste éclatement, ne fait pas la moindre unanimité" sur les ressorts de cet éclatement ni sur les responsabilités des uns et des autres, continue le journaliste qui avertit: "L'Espagne est à mi-chemin d'apprendre de nous, la question est de savoir si elle veut vraiment parcourir la deuxième moitié du chemin". Le ton est donné.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Bien qu'il ne le dise pas explicitement, Pulig ne semble pas franchement favorable au projet indépendantiste catalan, ni même au référendum du 1er octobre 2017, non reconnu par Madrid, et que les loyalistes à l'Espagne annoncent vouloir boycotter. Il donne d'ailleurs assez précisément les pourcentages des pros et des anti-indépendance dans les sondages, pour mieux démontrer que l'option séparatiste, majoritaire au parlement catalan via la coalition gouvernementale "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensemble_pour_le_oui" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Junts pel Si</span></a><span style="color: #fff2cc;">" ("Ensembles pour le oui"), ne l'est pas au niveau de l'opinion. Reprenant visiblement la trame et le propos d'</span><a href="https://www.theguardian.com/world/2017/jul/22/catalonia-independence-referendum-isabel-coixet" target="_blank"><span style="color: #e06666;">un article du Guardian</span></a> <span style="color: #fff2cc;">sur le sujet, Pulig convoque des témoins catalans, comme ces artistes et intellectuels ayant publié une tribune défavorable à l'indépendance.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Il cite en particulier le témoignage de la réalisatrice de cinéma</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabel_Coixet" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Isabel Coixet</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Cette dernière s'oppose au projet indépendantiste et rappelle qu'on peut se sentir à la fois espagnol et catalan. Seulement voilà, explique la réalisatrice, citée tant par le Guardian que par Novosti, il règne aujourd'hui un tel terrorisme intellectuel en Catalogne, que les opposants à l'indépendance, volontiers traités de fascistes, n'osent plus s'exprimer en public, au travail ou même au sein de leur famille. La réalisatrice s'offusque entre autres du ton nauséabond qu'emploie le marketing en faveur de l'indépendance, en l'occurrence, d'une affiche où apparaît Franco appelant à voter non au référendum, suggérant que celui ou celle qui ferait ce choix serait un(e) fasciste (photo ci-dessous).&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-e7eay9Z5ntY/W7DQMEsUIrI/AAAAAAAAD6s/5cdNxYFG5lMmNerpV3qwIALXTCCpAwkBACLcBGAs/s1600/Franco%2BVotes%2BNo%2Ba%2Bla%2Brepublica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="643" height="225" src="https://4.bp.blogspot.com/-e7eay9Z5ntY/W7DQMEsUIrI/AAAAAAAAD6s/5cdNxYFG5lMmNerpV3qwIALXTCCpAwkBACLcBGAs/s400/Franco%2BVotes%2BNo%2Ba%2Bla%2Brepublica.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Par ailleurs, dénonce Coixet, la coalition indépendantiste n'aurait rien anticipé et ne donnerait aucun aperçu de ce à quoi pourrait ressembler une Catalogne séparée de l'Espagne. A côté de ce témoignage, emblématique du désarroi des Catalans défavorables à l'indépendance, l'article de Novosti fait également état de purges au sein du gouvernement de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9ralit%C3%A9_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Généralité</span></a><span style="color: #fff2cc;">, des ministres, réservés&nbsp;quant au référendum du 1er octobre, ou insuffisamment convaincus par les perspectives indépendantistes, ayant été mis à pied par Carles Puigdemont.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Cette parole donnée à des Catalans anti-indépendantistes, et ce tableau inquiétant de la situation, tels que développés dans l'article de Novosti sont parfaitement compréhensibles si l'on fait un retour un arrière. Le journal des Serbes de Croatie se souvient visiblement assez bien du climat de la Yougoslavie au seuil de sa dislocation: ceux qui s'opposaient aux indépendances slovènes et croates, n'étaient pas traités de fascistes, mais de "yougo-communistes", de "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchetniks" target="_blank"><span style="color: #e06666;">tchetniks</span></a><span style="color: #fff2cc;">", ou de "nationalistes grands-serbes", alors que certains, Serbes ou autres, étaient sincèrement attachés à l'Etat yougoslave, et n'éprouvaient aucune haine ni l'envie de se battre. Ce terrorisme intellectuel est d'ailleurs toujours en vigueur dans la Croatie d'aujourd'hui, où toute personne éprouvant de la nostalgie pour la Yougoslavie, ou ayant des états d'âme sur la guerre d'indépendance, est affublée des mêmes noms d'oiseaux. Novosti est d'ailleurs régulièrement sous le feu des très actives associations d'extrêmes droites d'anciens combattants ou des cercles catholiques intégristes, qui l'accusent d'être anti-croate et demandent son interdiction.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout comme toute autre option destinée à sauver la Yougoslavie (large autonomie, confédération...) était refusée et ne constituait même pas matière à discussion de la part des gouvernements sécessionnistes, Puigdemont refuse d'envisager d'éventuels "aménagements" permettant de maintenir la Catalogne en Espagne. D'après le témoignage de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kiro_Gligorov" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kiro Gligorov</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ancien président de la Macédoine, lorsque la CEE tenta un ultime rapprochement des parties, c'est Franjo Tudjman qui aurait opposé un refus catégorique, arguant qu'il avait la "mission historique" de conduire son peuple à l'indépendance, et que le reste "ne l'intéressait pas". Des propos entendus depuis, quoique sous une autre forme, dans la bouche de Puigdemont.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En Croatie, les Serbes locaux n'étaient certes d'entrée de jeu pas favorables à l'indépendance, et ont été nombreux à boycotter&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">le référendum, qu'ils jugeaient d'autant plus invalide que démographiquement, ils n'avaient aucune chance de pouvoir peser sur le résultat (d'où le propos critique de Pulig sur l'usage des référendums, cité plus haut). Cependant</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, outre les manipulations de&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, c'est l'intransigeance du gouvernement croate HDZ fraîchement élu, supprimant leurs droits et statuts particuliers, sur fond de provocations néo-oustachistes, qui achèvera de les braquer et de les fanatiser, avec les conséquences désastreuses que l'on a évoqué plus haut.</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les traumatismes sont donc profonds et on comprend que le principal média des Serbes de Croatie ressente de l'inquiétude et vive l'évolution récente de la "question catalane" comme un possible bis repetita du scénario yougoslave.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans Autonomija, tout en admettant brièvement que l'indépendantisme n'est pas majoritaire dans l'opinion catalane,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;semble pourtant ne pas partager les inquiétudes de son confrère de Croatie. Il n'évoque pas ce</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">s Catalans non-indépendantistes, ni les hispanophones de la province, ces derniers devenant pourtant de facto, si l'indépendance devait survenir, une minorité nationale autant que linguistique. Un paradoxe de la part d'un journaliste écrivant dans un média qui, par exemple, soutient les droits des Magyars de Voïvodine. Ce paradoxe n'est qu'apparent et s'explique facilement: dans le "discours voïvodinien" tel que défini plus haut, les Magyars sont jugés être du "bon côté". Il font partie du projet autonomiste, un projet qui revendique une société au cosmopolitisme assumé et épanoui, où les Magyars ont donc toute leur place. Dans ce discours, c'est Belgrade qui empêche la concrétisation de cette société plurielle et équilibrée, ce qui d'ailleurs n'est pas faux dans les faits. A l'opposé, les Catalans défavorables à l'indépendance doivent probablement être, pour&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, du "mauvais côté", des esprits chagrins rétifs aux mouvements du monde et à l'avènement d'un nouvel Etat moderne et progressiste.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">De son côté, le propos de Pulig mériterait aussi quelques nuances, ajustements et développements. Tout à sa thèse d'un possible <i>worst case scenario</i> à la Yougoslave, et à sa peinture dramatique de la situation en Catalogne, en écho à celle vécue par la communauté serbe de Croatie dans les années 90, le journaliste de Novosti procède lui-aussi à quelques omissions et raccourcis.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En l'occurrence, il ne précise pas les différences de contextes historiques, sociologiques et politiques, entre l'Espagne d'aujourd'hui et la Yougoslavie d'alors. Il ne propose pas non plus de comparaison entre les caractéristiques du nationalisme catalan et celles de son pendant croate.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme le démontre</span> <a href="http://www.slate.fr/story/107357/pourquoi-pige-rien-independantisme-catalan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">une analyse assez fouillée parue dans Slate</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le nationalisme catalan possède, historiquement et sociologiquement, une composante de gauche, voire d'extrême-gauche, que le franquisme a contribué à renforcer. Même si cette composante n'est pas la seule, et que le catalanisme touche aussi des sphères politiques plus à droite, lesquelles dominent aujourd'hui en terme d'exercice du pouvoir au sein de la Généralité, ce fond de gauche n'a pas disparu, comme en témoigne la présence, au sein du "Junts pel Si", de deux partis de gauche "appellation d'origine contrôlée" (</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Candidature_d%27unit%C3%A9_populaire" target="_blank"><span style="color: #e06666;">CUP</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_r%C3%A9publicaine_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ERC</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Cette omission du fait gauchiste est d'autant plus étonnante que, si l'on regarde ce que publie habituellement Sre</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">ko Pulig, il apparaît que ce journaliste est un observateur attentif de l'état de la gauche en ex-Yougoslavie. Il devrait donc à priori avoir eu vent de cet aspect du catalanisme, ce d'autant plus que des liens ont existé entre les Républicains Espagnols (dont on fait partie l'immense majorité des Catalans) et la Yougoslavie: </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yugoslav_volunteers_in_the_Spanish_Civil_War" target="_blank"><span style="color: #e06666;">des militants de gauche serbes, croates, bosniaques, hongrois, etc. issus de l'ancien Royaume de Yougoslavie, sont venus combattre en nombre aux côtés des Républicains contre les phalangistes</span></a><span style="color: #fff2cc;">.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-GxTNxicSV08/W7DTMUNOvPI/AAAAAAAAD7A/RzSxmW0mN-oHcNfX-CTJsowkf_hSNBISgCLcBGAs/s1600/yugoslavos%2Ben%2Bla%2Bguerra%2Bcivil.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="557" data-original-width="990" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-GxTNxicSV08/W7DTMUNOvPI/AAAAAAAAD7A/RzSxmW0mN-oHcNfX-CTJsowkf_hSNBISgCLcBGAs/s400/yugoslavos%2Ben%2Bla%2Bguerra%2Bcivil.jpg" width="400" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Membres yougoslaves d'une unité républicaine durant la guerre d'Espagne.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et aujourd'hui, une partie des gauches se reconstituant en ex-Yougoslavie, affiche des sympathies pour la cause catalane, à l'instar de nombreux militants de gauche ailleurs en Europe. Il aurait été précisément intéressant d'interroger cette composante de gauche du catalanisme, face à la polarisation/radicalisation en cours au moment où est écrit l'article, et de questionner éventuellement la bienveillance de certaines gauches, post-yougoslaves ou non, hier opposées à la dislocation de le fédération socialiste, aujourd'hui favorables à l'indépendance de la Catalogne, comme le relevait, non sans ironie, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Slavoj_%C5%BDi%C5%BEek" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Slavoj Zizek</span></a><span style="color: #fff2cc;"> dans</span> <a href="https://www.independent.co.uk/voices/catalan-independence-referendum-spain-liberal-left-european-union-russia-a7982471.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">The Independant</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais comme Pulig n'aborde pas du tout cet aspect, on est privé de réflexions pertinentes sur des questions qui mériteraient pourtant d'être posées.</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-tzxdAWbLhmQ/W7DUMJq3FZI/AAAAAAAAD7M/nTN43_YHquss8FRVHN3BdJKNRd1FjH8RACLcBGAs/s1600/catalunya.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="356" data-original-width="534" height="266" src="https://2.bp.blogspot.com/-tzxdAWbLhmQ/W7DUMJq3FZI/AAAAAAAAD7M/nTN43_YHquss8FRVHN3BdJKNRd1FjH8RACLcBGAs/s400/catalunya.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des militants de la CUP font campagne pour le référendum,&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">malgré l'interdiction.</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sur les affiches : "Votons pour être libres".</span></i><br /><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Au delà de la composante de gauche du mouvement catalan, Sre<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span>ko Pulig n'aborde pas non plus certains visages résolument démocratiques et innovants dans la construction du projet indépendantiste catalan: comme le démontre encore le décryptage proposé par Slate, de larges pans de la société civile catalane sont investis dans l'élaboration d'un pays qui se voudrait "meilleur" que l'existant actuel. Cette dynamique citoyenne et progressiste est omise par le journaliste de Novosti.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'opposé, et pour revenir brièvement en Voïvodine, on peut émettre l'hypothèse que ce visage là du "projet" indépendantiste catalan ne peut que séduire les autonomistes de la province du nord de la Serbie. Ce d'autant plus que l'autonomisme voïvodinien se théorise dans un processus assez proche de ce qu'on vient de décrire en Catalogne, via des débats, des plate-formes, des ONG... On peut aussi dresser des parallèles entre l'héritage anti-franquiste de l'indépendantisme catalan, et la filiation de l'autonomisme voîvodinien avec le mouvement "anti-guerre" des années 90. Kocić&nbsp;ne parle pas non plus de cet héritage et de cette dynamique citoyenne dans son article, mais on devine aisément que son traitement plutôt favorable du fait indépendantiste peut venir de cette similitude d'approches.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le "nationalisme" catalan se présente aussi comme un "nationalisme" inclusif et plutôt démocratique. L'indépendantisme plaide globalement pour une société ouverte, moderne, démocratique, et où peut aspirer à devenir Catalan toute personne, y compris étrangère (sous entendu, les immigrés), qui vit sur place et fait l'effort de "s'intégrer" à la société du nouvel Etat.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce titre, concernant les nombreux Hispanophones et habitants de la Catalogne originaires d'autres régions d'Espagne, point n'est question de les priver de leurs droits civiques, ni de les chasser. La feuille de route de l'indépendance prévoit même pour eux qu'ils puissent bénéficier d'une double nationalité, catalane et espagnole. Quant au castillan, il resterait à priori l'une des langues officielles du nouvel Etat, aux côtés du catalan.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pulig n'évoque pas non plus cet aspect inclusif de l'indépendantisme, aspect qui, à l'opposé, ne peut&nbsp; encore une fois que séduire les autonomistes "cosmopolites" de Voïvodine, dont le correspondant d'Autonomija à Madrid semble proche.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, on est - en principe -&nbsp; assez loin de l'idéologie du HDZ et de sa concrétisation à partir de 1991. Sur le papier, à aucun moment n'est formulée l'idée de créer un Etat autoritaire, ultraconservateur, mafieux, et ne dédaignant pas de recourir aux assassinats politiques et autres crimes de guerre (suivez mon regard).</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">La vaste coalition indépendantiste du "Junts pel Si" n'est pas le HDZ dominé par les "faucons", les irrédentistes d'Herzégovine et les nostalgiques d'Ante Pavelić, au détriment des modérés et des anciens Partisans, rapidement évincés de tout poste décisionnaire (j'avais abordé cette ultra-droitisation du HDZ </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/07/cops-are-not-all-bastards.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">)...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Last but not least, Pulig semble se concentrer sur les dérives et radicalisations qui sévissent du côté des indépendantistes mais évoque peu celles qui s'expriment du côté de l'Etat central et du parti au pouvoir à Madrid. Certes, il cite Isabel Coixet dénonçant l'aveuglement de Madrid, mais pour mieux pointer le fait que cet aveuglement arrange les calculs de Puigdemont... C'est du moins la thèse que soutient la cinéaste, à juste titre d'ailleurs selon moi (on y revient plus bas).</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cependant, une analyse la plus objective possible de la crise catalano-espagnole ne saurait faire l'économie d'une critique plus affinée de l'intransigeance aveugle de Mariano Rajoy et des&nbsp; mécanismes bureaucratiques des institutions centrales espagnoles, comme la Cour Constitutionnelle qui n'a eu de cesse de retoquer des lois et réformes votées par la Catalogne, braquant alors une société ayant le sentiment qu'il faut la permission de papa pour tout changement pourtant décidé dans les règles du jeu démocratiques. L'article de Slate pointe à ce titre les échecs de l'Etat espagnol post-franquiste dans la construction d'un fédéralisme abouti, où précisément, les entités décentralisées ne possèdent pas toutes les prérogatives que permet habituellement ce type de fédéralisme, ce qui génère des frustrations. A ce titre, les anciennes républiques yougoslaves possédaient des degrés d'autonomie plus fortes que les régions autonomes d'Espagne, en particulier dans le domaine des recettes fiscales. Ce sont ces droits qui les pousseront, lorsque crises politiques et économiques mineront la Yougoslavie, à demander plus, la main d'abord, puis le bras.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A côté des problématiques de l'Etat espagnol, inachevé et étriqué dans certains de ses fonctionnements, le rôle du gouvernement central est une clé essentielle de compréhension de la radicalisation de la partie catalane. On le sait, Rajoy ne voulait pas discuter avec les indépendantistes, et s'est contenté de marteler que le référendum du 1er octobre 2017 était illégal, que la loi s'appliquerait en cas de tenue de ce référendum, et que de toute façon, la Catalogne fait partie de l'Espagne, point barre. D'après</span> <a href="https://www.lemonde.fr/journaliste/sandrine-morel/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Sandrine Morel</span></a><span style="color: #fff2cc;">, correspondante du Monde à Madrid, qui a publié cette année en Espagne un ouvrage qui revient sur la crise catalane (2), il était même impossible, et ce de longue date, d'interroger les membres du gouvernement espagnol sur la question catalane: un non-problème, un phénomène qui n'existe pas. En Voïvodine, l'article d'Autonomija voit avec pertinence dans cet aveuglement de Madrid des parallèles avec celui de Belgrade face au Kosovo. Alors que l'indépendance de l'ancienne province s'annonçait comme de plus en plus inéluctable, les autorités serbes continuaient de claironner à tout vent que le Kosovo était serbe et qu'il en serait toujours ainsi, point barre. "On sait comment cela s'est terminé" rappelle&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;avec malice dans son article, suggérant qu'un schéma similaire pourrait s'appliquer un jour à la Catalogne.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ces mises au point faites, dès la lecture des deux articles, donc avant d'assister aux tristes événement de septembre et octobre 2017, je partageais quand même davantage l'inquiétude et les réserves de Novosti que l'optimisme badin d'Autonomija. J'avais effectivement la sensation que les deux parties étaient dans un dialogue de sourd de plus plus en plus profond, et que, face à l'intransigeance insensée de Madrid, le camp indépendantiste se durcissait dans le discours et les attitudes. J'avais aussi acquis le sentiment que Puigdemont, derrière son visage poupin de gendre idéal et ses allures de cadre supérieur décontracté, était en fait un sale type, prêt à tout pour arriver à ses fins, dans ce qui ressemblait de plus en plus à une fuite en avant, mâtinée là aussi d'aveuglement entêté, et d'une bonne dose d'improvisation.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les faits ont confirmé cette sensation. Avec beaucoup de cynisme selon moi, le leader indépendantiste et ses alliés ont tablé sur un déplacement du conflit de la sphère politique vers "la rue", risquant très clairement la sécurité et l'intégrité physique des habitants de la région, y compris de leurs supporters, dans des affrontements. Un choix machiavélique qui n'est pas sans rappeler certaines manoeuvres des responsables de l'éclatement de la Yougoslavie, tablant eux aussi sur la rue et la foule. On me répondra que les citoyens qui sont descendus dans la rue pour défendre la tenue et le résultat du vote, ou ceux qui se sont mobilisés pour manifester avec fougue leur attachement à l'Espagne, y sont tous allés spontanément et de leur plein gré. Certes. Mais je pose néanmoins la question de savoir à quel moment un comportement protestataire demeure spontané et choisi, et à quel moment il est le fruit un peu trop mûr d'un contexte politique passionnel où le dialogue au sommet est rompu et où le point de non retour est atteint...&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/-JtvwlOKMaA" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Affrontements entre l'Armée Fédérale Yougoslave et la population à Zagreb,&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>le 2 juillet 1991 (l'indépendance de la Croatie a été proclamée le 25 juin).&nbsp;</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Reportage de la télévision slovène.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce calcul de Puigdemont est d'autant plus scandaleux, que son coup de poker terminé avec&nbsp;le flop que l'on sait, l'homme s'est lamentablement débiné en allant se mettre les fesses au chaud chez ses amis flamands de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nieuw-Vlaamse_Alliantie" target="_blank"><span style="color: #e06666;">NVA</span></a><span style="color: #fff2cc;">, parti nationaliste</span><span style="color: #e06666;"> <a href="http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/la-n-va-d-extreme-droite-les-experts-sont-partages-5602e51835700fb92f211ecf" target="_blank"><span style="color: #e06666;">guère plus fréquentable</span></a></span> <span style="color: #fff2cc;">que l'infâme Vlaams Blok/Belang (dont on a parlé récemment </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/05/plongees-en-abysses.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">), alors que certains de ses partenaires du "Junts Pel Si" se retrouvaient en prison et y croupissent toujours.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Entre temps, le mythe de l'intégrité et du progressisme de la cause catalane s'est aussi davantage fissuré, confirmant là aussi certains ressentis de Pulig: outre les accusations de fascisme visant sans distinction les loyalistes à l'Etat espagnol, outre l'éviction de ministres modérés ou timorés quant à l'accélération du processus de séparation d'avec Madrid, les indépendantistes ne seraient pas aussi intègres et progressistes qu'ils le prétendent, dans le lobbying pour leur cause: toujours dans son ouvrage sur la crise catalane, la correspondante du Monde Sandrine Morel</span> <a href="https://www.elperiodico.com/es/politica/20180603/revelaciones-corresponsal-le-monde-proces-independentista-6854742" target="_blank"><span style="color: #e06666;">raconte encore avoir été victime de pressions de la part de certains de ses interlocuteurs indépendantistes</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">, qui lui reprochaient de donner une version tronquée de leur combat. "Si nous achetons de la pub dans ton journal, tu verras ce que tes chefs te diront d'écrire sur nous", lui auraient dit l'un d'eux, irrité par les questions de la journaliste. Alors que celle-ci était sous le choc de cette intimidation, l'homme aurait ajouté: "c'est comme ça que ça marche ici". Plus inquiétant, peu de temps avant cette remarque, le même homme aurait menacé: "si le référendum n'a pas lieu, nous aurons un vrai </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Euroma%C3%AFdan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Maïdan</span></a><span style="color: #fff2cc;"> [en Catalogne]", preuve que certains indépendantistes n'excluaient pas une dérive violente.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-rEVhKl5dT3M/W7DU18t3jtI/AAAAAAAAD7U/7zpUwroOycofKl0VQkiJ6hj0TAzwxGnrwCLcBGAs/s1600/Sandrine%2BMorel.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="240" data-original-width="426" height="225" src="https://3.bp.blogspot.com/-rEVhKl5dT3M/W7DU18t3jtI/AAAAAAAAD7U/7zpUwroOycofKl0VQkiJ6hj0TAzwxGnrwCLcBGAs/s400/Sandrine%2BMorel.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Sandrine Morel, lors d'une interview à la télévision catalane TV3,&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">où elle fait état des pressions et de certaines attitudes du camp indépendantiste&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">(à regarder</span><span style="color: #e06666;"> <a href="http://www.ccma.cat/tv3/alacarta/els-matins/sandrine-morel-corresponsal-de-le-monde-denuncia-pressions-per-informar-del-proces/video/5770141/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a></span><span style="color: #fff2cc;"> si vous comprenez l'espagnol).</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Morel présente aussi Puigdemont comme un politicien égocentrique, convaincu de parvenir à faire tomber Rajoy, et prêt à tout pour y arriver, dans un combat de coq sans pitié dans la basse-cour ibérique.</span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Derrière son visage moderniste, démocratique et inclusif, l'indépendantisme catalan n'est pas dépourvu de rancoeur et de revanchisme face au reste de l'Espagne et au castillan, langue qui cohabite toujours avec le catalan dans la région, tout comme la majorité des Croates éprouvait rancoeur et désir de revanche face à la Yougoslavie et à la supposée domination des Serbes, domination s'exprimant même selon eux par la langue (le SERBO-croate). Et le revanchisme, ça ne donne jamais rien de bon... S'il est normal que le catalan soit protégé, enseigné, cultivé et encouragé, on observe&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">des cas de refus de parler castillan à un interlocuteur hispanophone dans certaines situations de la vie courante, ainsi que&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">des débuts de </span><a href="https://www.courrierinternational.com/article/espagne-barcelone-ne-pas-parler-catalan-peut-couter-cher" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">chicaneries administratives</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> de la part des autorités, sans parler d'absurdités grotesques, comme le recrutement d'interprètes par le parlement catalan en novembre 2009, pour traduire les échanges avec une délégation venue du Nicaragua, alors que les députés catalans comprennent tous parfaitement l'espagnol. Là encore, les purifications linguistiques du serbo-croate, qui ne concernent pas que la variante croate, comme on le pense souvent, mais toutes les variantes de cette langue, nous montrent jusqu'à quel degré de bêtise peut aller ce revanchisme, à la différence près que le serbo-croate demeure bien une seule et même langue, alors que le catalan et l'espagnol, quoique proches, sont bien deux langues différentes, avec chacune leur prononciation, leur vocabulaire et leur grammaire propres.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Richesse de la région, le bilinguisme catalan/castillan marquerait le pas, d'après Isabel Coixet, et </span><a href="https://lepetitjournal.com/barcelone/education/les-langues-dans-le-systeme-scolaire-catalan-comment-ca-marche-215407" style="color: #fff2cc;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">il n'est plus possible de suivre des cours moitié en castillan, moitié en catalan hors des écoles privées</span></a><span style="color: #fff2cc;">. En d'autres termes, le castillan est de plus en plus enseigné comme une langue étrangère, et seuls les milieux aisés peuvent inscrire leurs enfants dans une école pratiquant à égalité les deux langues.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Rappelons aussi que les indépendantistes ont leurs radicaux, comme</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span><a href="http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/05/16/31002-20180516ARTFIG00125-qui-se-cache-derriere-le-sulfureux-quin-torra-nouveau-president-de-la-catalogne.php" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Quim Torra</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, devenu d'ailleurs le nouveau président de la Généralité suite aux élections de décembre 2017. Ce proche de Puigdemont est connu en Espagne pour avoir traité les Espagnols de "hyènes" et autres tweets racistes, présentant le reste du pays comme habité par une sous-race méprisable, voleuse et opportuniste, ce qui rappelle des propos entendus à l'époque à Ljubljana ou à Zagreb. Si ce genre de sorties demeure minoritaire parmi les indépendantistes, et que l'homme a depuis exprimé ses regrets et présenté ses excuses, il reste une incarnation du bloc des "durs". Hors de la sphère politique, le vandalisme de voitures immatriculées à Madrid était monnaie courante à Barcelone, lors des matchs Barça-Real, avant que le gouvernement espagnol ne se décide à anonymiser les plaques minéralogiques ...comme en Bosnie-Herzégovine, où il est impossible de savoir si une voiture est de Banja Luka, Tuzla ou Sarajevo.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin, le référendum du 1er octobre, quintessence de l'expression démocratique selon les indépendantistes, fut entaché d'</span><a href="https://www.huffingtonpost.fr/2017/10/04/referendum-en-catalogne-dans-70-communes-il-y-a-eu-plus-de-bulletins-oui-que-delecteurs-inscrits_a_23232837/" style="color: #e06666;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">irrégularités</span></a><span style="color: #fff2cc;">, dignes d'ailleurs de celles que l'on observe lors d'élections en ex-Yougoslavie, encore aujourd'hui.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-OpRqbUsNfgE/W7DaEKNIEwI/AAAAAAAAD8A/LBg4kgtT7VIiYcJZCU--xDH1o8cyJamwgCLcBGAs/s1600/R%25C3%25A9pression%2Bpolici%25C3%25A8re%2BBarcelone.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="638" data-original-width="975" height="261" src="https://4.bp.blogspot.com/-OpRqbUsNfgE/W7DaEKNIEwI/AAAAAAAAD8A/LBg4kgtT7VIiYcJZCU--xDH1o8cyJamwgCLcBGAs/s400/R%25C3%25A9pression%2Bpolici%25C3%25A8re%2BBarcelone.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Répression policière à Barcelone, le 1er octobre 2017</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme dans beaucoup de conflits, les torts sont partagés, ce qui ne signifie pas que les degrés de responsabilités soient identiques. Celui qui oppose Puigdemont à Rajoy, la Catalogne à l'Etat central, ne fait pas exception. Chacune des parties s'est ici employée, méthodiquement, à rendre tout dialogue impossible, avec le tragique point culminant du 1er octobre, où les matraques ont frappé, où le sang, indépendantiste comme loyaliste, a coulé, et où des affrontements, certes au final relativement isolés, ont éclaté entre pro et anti-indépendantistes, dont des "ultras" d'extrême-droite qui n'attendaient que ça, au détour d'une manif ou d'une terrasse de café, ou devant le siège de Catalunya Radio, la radio publique catalane, accusée d'être pro-indépendance, ce qui a valu à ses journalistes de devoir rester plusieurs heures à l'intérieur du bâtiment, menacés par des partisans échaudés du maintien dans l'Etat espagnol.&nbsp;</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-vGt-gPF6lp0/W7DZAPSxPoI/AAAAAAAAD70/nHgOr444pkwcHrNz6-lQywFWe0CewYIFQCLcBGAs/s1600/Imagen-agresion-vecino-parte-ultras_EDIIMA20171027_1157_4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="643" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-vGt-gPF6lp0/W7DZAPSxPoI/AAAAAAAAD70/nHgOr444pkwcHrNz6-lQywFWe0CewYIFQCLcBGAs/s400/Imagen-agresion-vecino-parte-ultras_EDIIMA20171027_1157_4.jpg" width="400" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Affrontements entre indépendantistes et loyalistes devant un café à Barcelone,&nbsp;</span></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">dans la nuit du 1er au 2 octobre 2017.</span></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ces tristes événements n'ont heureusement pas dégénéré. Il n'y a pas eu de snipers pro-Espagne tirant sur la foule sur l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avenue_Diagonale" target="_blank"><span style="color: #e06666;">avenue Diagonale</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ou sur la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Place de Catalogne</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ni de barricades érigées dans certaines communes catalanes, où les hispanophones, souvent venus des régions pauvres du royaume, et ne comprenant pas ce qu'on leur reproche au juste derrière la volonté séparatiste, sont nombreux voire majoritaires (tout comme de nombreux Serbes de Croatie, dont les ancêtres étaient venus il y a plusieurs siècles, ne comprenaient pas pourquoi, soudain, tout le monde les détestait). Il n'y a pas eu de <i>worst case scenario</i> à la yougoslave, mais ces violences, quelle que soit l'opinion politique de celles et ceux qui en ont été les victimes, sont déjà de trop. Le climat rance et tendu de polarisation de la société, tel que décrit par Novosti, risque de persister, et avec lui, les frustrations et les rancoeurs d'un camp comme de l'autre.&nbsp;</span></span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Loin de l'optimisme décontracté qui émane de l'article d'Autonomija, l'article de Novosti suggère selon moi trois choses fondamentales que je pose en guise de conclusion:</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Premièrement, un projet d'indépendance, aussi légitime soit-il, historiquement, socialement ou culturellement (et l'indépendantisme catalan est, sur un certain nombre d'aspects, légitime), ne peut pas tirer un trait sur des décennies voire des siècles d'existence au sein d'un autre Etat, avec tout ce que ce passif implique: par exemple, la présence de citoyens d'autres régions de cet Etat, parlant</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">éventuellement</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;une autre langue, et attachés à cet Etat, et voyant même dans le maintien de celui-ci une garantie de leurs droits. A côté des délires inexcusables de la</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Grande Serbie" (=Union de tous les Serbes dans un seul Etat, par la guerre si besoin), la situation décrite à l'instant était celle de certains Serbes de Croatie ou de Bosnie-Herzégovine, qui se sentaient protégés juridiquement et culturellement par l'Etat yougoslave, et tenaient donc à sa survie. C'était aussi le cas de beaucoup de "Yougoslaves", toutes "ethnies" confondues, vivant en Slovénie, citoyens à part entière de cette république dans l'ancien Etat, que l'indépendance</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2013/07/nos-ancetres-les-effaces.html" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">a privé du jour au lendemain de leurs droits civiques</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Deuxièmement, une prise d'indépendance n'est pas un processus léger, simple et sans conséquences, mais il a des implications profondes et durables. Pour ceux qui aspirent à la réalisation de ce processus, celui-ci est une promesse, une perspective optimiste, où les ajustements et mutations nécessaires, voire les quelques sacrifices éventuels, seront compensés par la concrétisation du projet et ses bienfaits escomptés à moyen et long terme. Mais pour les autres, défavorables à ce processus, celui-ci va signifier des changements lourds et irréversibles, un basculement dans un monde nouveau où il faudra consentir à de gros efforts d'adaptation, voire à devoir faire profil bas... Face à cette frange de population sceptique voire anxieuse, l'intelligence comme l'éthique politiques exigeraient, à défaut de parvenir à convaincre, de prendre en compte les inquiétudes, de rassurer, de dire que l'on s'efforcera de faire que ce changement soit le plus indolore possible. En aucun cas, ignorer, mépriser, ni insulter cette population, en insinuant qu'elle est franquiste (Catalogne) ou en la privant de ses droits (Croatie et Slovénie).</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Troisièmement, aussi inclusif, humaniste et démocratique soit-il, un projet indépendantiste tend néanmoins bien souvent, et à un moment donné, à se durcir et à faire remonter à la surface des caractéristiques moins progressistes, comme le revanchisme, la victimisation obsessionnelle,&nbsp; l'essentialisation méprisante de l'adversaire ou du peuple dont on veut divorcer, ou encore l'idée que la fin justifie les moyens....</span></div><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Quant à la tragédie yougoslave, celle-ci nous enseigne qu'une fois que la promesse de réalisation d'un grand rêve national a été inoculée dans les esprits, il est quasi impossible de la refréner et de revenir en arrière. La crise entre l'Espagne et la Catalogne risque donc de durer et il faudra beaucoup d'intelligence, d'imagination et de sens du dialogue pour la désamorcer.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je n'ai pas d'opinion 100% tranchée sur l'indépendance catalane, et développer le pour et le contre de cette cause vaudrait un post à lui tout seul. Chacun aura compris que je ne me retrouve ni dans la fuite en avant de Puigdemont et de ses alliés, ni dans l'intransigeance autoritaire de Rajoy. Je suis, comme d'autres observateurs de cette crise, favorable à ce que cette question soit tranchée par un référendum, mais un référendum véritablement démocratique (pas un coup de force assorti de calculs cyniques et dangereux), c'est à dire avec un vrai débat contradictoire, et surtout un débat dépassionné, où chaque partie pourrait faire valoir ses arguments dans le dialogue, l'écoute et le respect mutuel, permettant ainsi à chaque citoyen de se déterminer en son âme en conscience.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Un an après les tragiques événements survenus en Catalogne, et même si nous avons échappé à un conflit armé, je ne pense pas que les conditions soient réunies pour que ce débat apaisé ait lieu...&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-cBImWUPPSgI/W7DXyAWEqZI/AAAAAAAAD7k/bac4KYEjEME68iQlup_G2pl3rmfsPLPMwCLcBGAs/s1600/barcelone%2Brepression.jpg" imageanchor="1" style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="563" data-original-width="980" height="183" src="https://2.bp.blogspot.com/-cBImWUPPSgI/W7DXyAWEqZI/AAAAAAAAD7k/bac4KYEjEME68iQlup_G2pl3rmfsPLPMwCLcBGAs/s320/barcelone%2Brepression.jpg" width="320" /></a></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b><u>N.B.</u>: </b><i>L'image qui ouvre le post est la couverture du journal slovène Mladina du 6 octobre 2017. Sur fond de drapeau catalan et d'images de la répression du 1er Octobre, l'hebdomadaire, favorable autrefois à l'indépendance slovène, titre : "Naissance d'un Etat. Ou la raison l'emporte, ou la Catalogne doit s'attendre à un écroulement sanglant comme dans les Balkans."</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b>Prolonger:</b><i>&nbsp;</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">"Slate" a fait un travail remarquable autour de la Catalogne, avec de nombreux articles proposant des analyses, points de vue et opinions très divers (aussi bien favorables que défavorables à l'indépendance), permettant de mieux appréhender la complexité de cette crise. Pour les lire, c'est par </span><a href="http://www.slate.fr/dossier/8719/catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">là</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(1) En réalité, dans la VO, le journaliste dit "dosadni Katalonci", "dosadni" signifiant "ennuyeux", au sens à la fois d'ennui dans le désoeuvrement, mais aussi au sens de "pénible, embêtant, emmerdant", d'où le choix de ce dernier terme dans ma traduction, lequel me semble mieux rendre la pensée de l'auteur, et le ton de son article.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(2) Sandrine Morel, "En el huracán catalán: Una mirada privilegiada al laberinto del procés" ("Dans l'ouragan catalan: un regard privilégié sur le labyrinthe du processus [d'indépendance]") Editions Planeta, non traduit à ce jour en français.</span></div><br /><strike></strike>
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                    [atom_content] => <div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2k/VGA2f6ZCZKci_uUEpeeQuUACtYoUz971gCLcBGAs/s1600/kladovo_hladnjaca.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="448" data-original-width="672" height="266" src="https://4.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2k/VGA2f6ZCZKci_uUEpeeQuUACtYoUz971gCLcBGAs/s400/kladovo_hladnjaca.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">C'est la bonne nouvelle de l'édition qui démarre en ce moment, le Festival de Cannes propose cette année deux films en liens avec la Yougosphère qui me paraissent plus que dignes d'intérêt: "</span><a href="https://www.dschointventschr.ch/fr/indevelopment/documentaries/chris-the-swiss" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Chris the Swiss</span></a><span style="color: #fff2cc;">" de la Suissesse </span><a href="http://www.swissfilms.ch/fr/film_search/filmdetails/-/id_person/2146133273" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Anja Kofmel</span></a><span style="color: #fff2cc;"> et "</span><a href="http://nonalignedfilms.com/the-load/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">The load/Teret</span></a><span style="color: #fff2cc;">" du Serbe </span><a href="http://www.cinemadefacto.com/portfolio/ognjen-glavonic/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ognjen Glavonic</span></a><span style="color: #fff2cc;"> (prononcer Og'niène Glavonitch). Je n'ai pas encore vu ces deux films, puisqu'ils ne sont pas sortis en France à ce jour, mais il se trouve que je connais assez bien le contexte auquel "Chris the Swiss" fait référence. Quant à Ognjen </span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, outre le fait que j'ai bu des bières avec lui au</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2014/09/yougosonic-goes-intergalactique.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Festival Intergalactique de l'Image Alternative à Brest en 2014</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ce qui indéniablement crée des liens, je suis aussi fan de son travail cinématographique. J'avais adoré son "</span><a href="http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/42766_1" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zivan pravi pank festival</span></a><span style="color: #fff2cc;">", portrait d'un jeune marginal de Voïvodine se piquant d'organiser un festival punk dans son village, et je viens de voir "</span><a href="http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/47511_1" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Dubina Dva/Depth Two</span></a><span style="color: #fff2cc;">", dont "the Load" est le prolongement.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce post ne parlera pas des films présentés à Cannes en tant que tels, mais propose des développements et extrapolations contextuels qui me semblent utiles à partager, en attendant que "Chris the Swiss" et "the load" soient projetés sur nos écrans, je l'espère, très largement, c'est à dire pas seulement à Paris, Lyon, et éventuellement Marseille, mais aussi chez les bouseux de province, qui aiment eux-aussi voir des films qui instruisent ou font réfléchir. Cette dernière remarque s'adresse aux professionnels de la profession (distributeurs, diffuseurs...), au vu de la difficulté de voir des films d'ex-Yougoslavie hors grandes métropoles et festivals spécialisés. Même les derniers </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Danis_Tanovi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Tanovic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ont été très mal diffusés. Ce problème ne concerne bien-sûr pas les films d'Emir Kusturica, mais ça on le savait déjà... Fin de la parenthèse.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les deux films ont ceci de commun de plonger dans certaines abysses des guerres yougoslaves, dealant chacun avec des faits encore aujourd'hui tabous voire volontairement passés sous silence, le tout dans deux pays clés du conflit: la Croatie et la Serbie.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a name='more'></a><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div style="text-align: center;"></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Mêlant images documentaires et film d'animation, "Chris the Swiss" s'appuie sur deux thématiques. Premièrement, celle de la constitution de "brigades internationales" venues prêter main forte à la jeune Croatie indépendante, attaquée par l'Armée Fédérale Yougoslave passée sous orbite serbo-serbe. Comme le grand public l'ignore encore trop souvent, ces "brigades internationales" avaient peu à voir avec leurs</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Brigades_internationales" target="_blank"><span style="color: #e06666;">illustres aînées combattant en Espagne aux côtés des Républicains</span></a> <span style="color: #fff2cc;">opposés à Franco, en particulier sur le plan idéologique. Si quelques nobles âmes progressistes ont vu dans la violence de l'agression grand-serbiste, en grande partie à juste titre d'ailleurs, le visage nouveau et recomposé d'un totalitarisme ethnique de sinistre mémoire, et sont allés "sincèrement" soutenir la Croatie dans sa lutte pour s'affranchir de ce totalitarisme, l'immense majorité des mercenaires s'engageant sous la bannière de la Croatie était constituée de militants d'extrême-droite venus des quatre coins de l'Europe et du monde. Une bonne partie de ces mercenaires et autres aventuriers en quête d'adrénaline étaient déjà aguerris par leur participation à d'autres conflits du globe. D'autres ont été "discrètement" mobilisés par les partis politiques d'extrême-droite d'Europe Occidentale. L'ensemble de la nébuleuse fascistoïde et xénophobe voyait en effet dans le conflit yougoslave une opportunité pour la jeunesse nationaliste occidentale de "sortir du bois", c'est à dire de rompre avec la retraite volontaire, en attendant que sonne à nouveau l'heure de la reconquête, prêchée en 1951, après la défaite nazie, dans "</span><a href="https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Le-Recours-aux-forets/ensavoirplus/idcontent/16904" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Traité du rebelle ou le recours aux forêts" (Der Waldgang en V.O.)</span></a><span style="color: #fff2cc;">, par l'écrivain allemand</span> <a href="https://www.lexpress.fr/culture/livre/ernst-junger-un-anarchiste-conservateur-droit-dans-ses-bottes_1314719.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ernst Jünger</span></a><span style="color: #fff2cc;">, vieille coqueluche intellectuelle de cette nébuleuse.&nbsp;</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="-webkit-text-stroke-width: 0px; color: black; font-family: &quot;Times New Roman&quot;; font-size: medium; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-variant-ligatures: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: center; text-decoration-color: initial; text-decoration-style: initial; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;"></div><br /><div class="separator" style="-webkit-text-stroke-width: 0px; clear: both; color: black; font-family: &quot;Times New Roman&quot;; font-size: medium; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-variant-ligatures: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; margin: 0px; orphans: 2; text-align: center; text-decoration-color: initial; text-decoration-style: initial; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-wY6jiDXisVs/WvRt6OXI9KI/AAAAAAAAD20/-HsWtYcVcFYSfR8xQdVwJO5IsYNO1RWZQCLcBGAs/s1600/ultra%2Bdesnicari%2BHR.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="400" data-original-width="558" height="286" src="https://3.bp.blogspot.com/-wY6jiDXisVs/WvRt6OXI9KI/AAAAAAAAD20/-HsWtYcVcFYSfR8xQdVwJO5IsYNO1RWZQCLcBGAs/s400/ultra%2Bdesnicari%2BHR.jpg" width="400" /></a></div></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Soldats croates et "internationaux" brûlant le drapeau yougoslave.</span></i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Parmi ces organisations politiques voyant une terre de croisades dans la Croatie en lutte pour son indépendance, figurent en particulier deux partis emblématiques de l'extrême-droite ouest-européenne: le Front National et le </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vlaams_Blok" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Vlaams Blok</span></a>.<span style="color: #fff2cc;"> Concernant ce dernier, il n'est guère difficile de comprendre la parenté idéologique d'avec le nationalisme croate:</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />- Tous comme les nationalistes flamands estiment que la Belgique est une aberration historique, un Etat non fonctionnel, les Croates en mal d'indépendance avaient une vision assez similaire de la Yougoslavie.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">- Le "Bloc Flamand", rebaptisé depuis "Intérêt Flamand" ("</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vlaams_Belang" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Vlaams Belang</span></a><span style="color: #fff2cc;">"), considère depuis toujours la Flandre comme une terre opprimée par une Belgique à dominante francophone, bien que les francophones ne constituent qu'environ 40% de la population belge, tout comme la Croatie se considérait opprimée par une Yougoslavie jugée "à dominante serbe": démographiquement, c'était vrai, les Serbes étaient majoritaires en nombre; politiquement, c'est plus compliqué. Les subtils équilibres de pouvoirs définis par Tito cherchaient plutôt à pondérer le poids des communautés et des Républiques, et notamment à réduire celui du binôme serbo-croate, déjà perçu à l'époque comme un potentiel facteur de déstabilisation. Ce système frustrera au final autant les Serbes que les Croates, et&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;surfera habilement sur cette frustration.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Comme le nationalisme croate à l'époque de l'indépendance, invoquant les valeurs "nobles" de travail, d'ordre, et de rationalité centre-européenne, face au "désordre" yougo-serbo-balkanique, le nationalisme flamand cherche lui-aussi depuis toujours à se séparer de ces Wallons jugés paresseux, frivoles et cosmopolites, au nom d'une Flandre rigoureuse, travailleuse et pure. <br /><br />- Enfin, et ce n'est pas le moindre des points communs, les nationalistes flamands ne considèrent pas l'occupation nazie et la collaboration de certains Flamands comme le mal absolu, l'Allemagne nazie ayant toujours soutenu ses frères néerlandophones, eux aussi membres de la noble et vigoureuse race germanique, face à la chienlit latine du sud du pays. En Croatie, on le sait, une part notable du courant indépendantiste a très vite flirté avec une réhabilitation plus ou moins ouverte de l'Etat Indépendant de Croatie, Etat pro-nazi conduit par les Oustachis, de sinistre mémoire.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Soucieux toutefois de respectabilité, le "VB" se détachera de toute action militaire concrète, se contentant de "voyages" en Croatie. Le "sale boulot" sera confié au "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Voorpost" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Voorpost</span></a><span style="color: #fff2cc;">" ("Avant-poste"), une organisation d'extrême-droite présente en Flandre et aux Pays-Bas, connue entre autres pour</span> <a href="http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2008/04/02/scne-de-la-vie/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">pourrir la vie des francophones habitant les communes "flamandes" de la grande périphérie bruxelloise</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Ce sont ces militants, habitués à la baston, aux actions coup de poing et à la clandestinité, qui iront se battre en Croatie.&nbsp;</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-LrXJY2C-Eyk/WvRug5d4-zI/AAAAAAAAD28/KkB4soNGFw810nJlkHsR2UoEa8Kh_C51ACLcBGAs/s1600/VB%2BU%2BHR.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="355" data-original-width="271" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-LrXJY2C-Eyk/WvRug5d4-zI/AAAAAAAAD28/KkB4soNGFw810nJlkHsR2UoEa8Kh_C51ACLcBGAs/s400/VB%2BU%2BHR.png" width="305" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Le Vlaams Blok en goguette en Croatie.<br />On reconnaît à gauche</span>&nbsp;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Filip_Dewinter" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Filip Dewinter</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le patron du "VB".<br />Photo (c) Stern.</span></i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout cela est fort bien décrit et analysé par le magazine indépendant flamand "Apache", dans</span> <a href="https://www.apache.be/fr/2013/04/12/il-y-a-20-ans-cetait-des-flamands-dextreme-droite-qui-partaient-se-battre-en-yougoslavie/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">cet article</span></a><span style="color: #fff2cc;">, disponible en français, même si je n'adhère pas à la comparaison qu'il opère avec le cas plus récent des Belges partis combattre en Syrie, analogie qui selon moi met sur le même plan des faits qui ne participent pas des mêmes contextes temporels, sociologiques et politiques.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Concernant le FN et les milices d'extrême-droite françaises, le soutien à la Croatie peut à priori paraître surprenant, vu qu'aujourd'hui, le parti de la dynastie Le Pen roule plus qu'ouvertement pour le nationalisme serbe, avec d'ailleurs un succès certain auprès des Français d'origine serbe, comme l'humoriste Guillaume Meurice en fit l'expérience (voir</span><span style="color: #e06666;"> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=PdEAtFHc8r4" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a></span> <span style="color: #fff2cc;">à partir de 2'30) </span><a href="http://mediateur.radiofrance.fr/message/discrimination-de-guillaume-meurice-vers-serbes/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">à ses dépends</span></a><span style="color: #fff2cc;"> lors des dernières présidentielles. On aurait aussi pu supposer que le FN aurait soutenu la Serbie au nom des liens historiques et des alliances franco-serbes du début du XXe siècle. Enfin, en parti plutôt centraliste et unitariste, le FN aurait pu plaider pour une Yougoslavie unie sous la bannière serbe, d'autant qu'une partie de la culture politique et du droit serbe est clairement influencée par la culture politique et le droit français, les élites serbes d'autrefois s'étant formées en France. A l'époque, pourtant, ce n'était pas le cas. Cette vision que l'on pourrait qualifier de "pro-serbe" était davantage l'apanage de la "droite bourgeoise traditionnelle", celle qui lit Le Figaro, ce journal étant l'une des rares voix exprimant encore aujourd'hui des sympathies ou de la mansuétude envers les positions serbes durant le conflit et au delà. Ces sympathies s'exprimaient aussi dans certains cercles militaires, et au sommet de l'Etat, François Mitterrand en tête (qui rappelons-le, n'était de gauche que sur le papier), qui aurait proclamé que jamais de son vivant, la France ne ferait la guerre à la Serbie. Dans les faits, ce positionnement au sein des corps constitués aura laissé pourrir le conflit bosnien, avec les conséquences que l'on sait, et aurait, selon certaines sources, permis à&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Karadžić et à Mladić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;d'échapper à la justice internationale, la rumeur insinuant que des hauts gradés français en mission sur place les auraient couverts dans leur fuite.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Parenthèse rapide concernant l'extrême-gauche à cette époque: il semblerait que celle-ci ait été déjà minée par un même </span><a href="https://wikirouge.net/Campisme" target="_blank"><span style="color: #e06666;">campisme</span></a> <span style="color: #fff2cc;">que celui qui l'égare aujourd'hui, et dans de larges composantes, sur le chemin de Damas, face au "socialisme laïc" de Bachar Al Assad (rappelons que le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_Baas" target="_blank"><span style="color: #e06666;">parti Baas</span></a> <span style="color: #fff2cc;">dont est issu le pouvoir syrien est à la base un parti "de gauche"). D'après la chercheuse</span> <a href="http://csamary.free.fr/csamary/Activites_%26_Recherche.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Catherine Samary</span></a><span style="color: #fff2cc;">, proche d'Attac et du NPA, cet égarement sera particulièrement flagrant envers les Musulmans bosniaques, que cette gauche, finalement par ignorance des caractéristiques de l'Islam bosniaque d'avant la guerre, enfermera dans un fondamentalisme qui resta, quoiqu'on en dise aujourd'hui, relativement minoritaire durant la guerre&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(lire&nbsp;</span><a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article33860" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, ce point est abordé en fin de texte, sous "Réalité et Grilles d'interprétations")</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Notons toutefois que la mouvance anarchiste française, en lien avec sa consoeur italienne, tenta de soutenir les réseaux anarchistes de Yougoslavie, ces derniers ayant combattu les nationalismes locaux dès leur apparition, puis sont parvenus à maintenir des échanges durant le conflit. On vit aussi des initiatives d'ONG de gauche et d'associations d'objecteurs de conscience (le service militaire était encore obligatoire en France à cette époque) visant à soutenir les pacifistes et déserteurs serbes.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour revenir à l'extrême droite française d'alors, la connexion avec le nationalisme croate se fit via deux marqueurs caractéristiques: le marqueur religieux, à travers la branche catholique intégriste du Front National, clamant qu'il fallait venir en aide à ce peuple catholique en plein réveil religieux après des années d'oppression (ce qui était faux: la pratique religieuse était "découragée" par la propagande, mais n'était pas interdite). Ce réveil devait être d'autant plus encouragé qu'il prenait des formes très peu favorables à l'oecuménisme, à la modernité et à tous les avatars dégénérés de cette dernière, tels que le droit à l'avortement... Bref, le catholicisme croate semblait assez proche du catholicisme traditionaliste français. Malheureusement, et sans vouloir mettre tous les catholiques croates dans le même sac, l'actualité de ce pays nous démontre régulièrement depuis que cette vision n'était pas erronée.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'autre marqueur qui allait cristalliser la mobilisation de militants et de mercenaires d'extrême-droite était l'anticommunisme. Pour l'extrême-droite française,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;et la Serbie incarnaient le communisme, un communisme que la Croatie indépendante, acquise à l'économie de marché et aux valeurs traditionnelles, combattait. Autant la grille religieuse pouvait-elle être fondée, autant cette vision d'une Serbie incarnant le communisme est sujette à caution. Certes,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;était bien issu du PC serbe, mais il faut quand même rappeler que l'homme fort de Belgrade était, sur le plan économique, un&nbsp; libéral assumé, ayant de surcroît fait une partie de sa carrière dans le secteur bancaire, et ayant par ce biais vécu à Londres, Mecque du capitalisme triomphant.&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;fut même au départ accueilli favorablement en Occident, parce que son adhésion au libéralisme, son autorité et son inflexibilité, étaient jugées les plus aptes à faire passer les lourdes réformes économiques voulues par le FMI pour redresser l'économie yougoslave à l'agonie. Comme nous le rappelle la décidément précieuse Catherine Samary dans un autre</span> <a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article13577" target="_blank"><span style="color: #e06666;">texte</span></a>&nbsp;<span style="color: #fff2cc;">(premier point du texte), les privatisations en Serbie, où les cadres du PC allaient goulûment se servir, ne furent retardées qu'à cause de la guerre, et non par une volonté de maintenir un régime communiste. Par ailleurs le PC serbe a mis en pratique avec un tel enthousiasme les valeurs du nationalisme ethnique, au mépris de l'internationalisme fraternel du communisme, qu'il s'est indéniablement rapproché des principes de l'extrême-droite, n'en déplaise aux naïfs et aux révisionnistes qui voient encore aujourd'hui dans cette politique une volonté de sauver la Yougoslavie socialiste.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est d'ailleurs en prenant conscience, vers la fin des années 90, de certaines communautés de vue entre les préoccupations du FN français et les choix politiques de la Serbie, que Le Pen père insufflera un basculement de son parti vers ce pays. En l'occurrence, c'est notamment sur le Kosovo que se jouera cette bascule, toujours via le marqueur religieux. Des catholiques croates, on passera aux chrétiens serbes, trahis par l'Occident dans leur lutte contre les musulmans albanais (et bosniaques, auparavant), et là aussi, tant pis si tous les Albanais ne sont pas musulmans, et qu'on trouve parmi eux des catholiques et des orthodoxes. L'élément musulman est toutefois majoritaire, d'où ce raccourci facile, mais le nationalisme albanais s'appuie principalement sur la singularité linguistique et culturelle de ce peuple...&nbsp; Afin de ne pas trop nous disperser, je ne développerai pas davantage cette question du basculement du FN vers des positions plutôt pro-serbes. Cette histoire fera peut-être l'objet d'un décryptage plus complet un jour...</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Sur ces connivences entre l'extrême-droite française, politique ou para-militaire, et les nationalistes croates, on lira avec intérêt le très fouillé</span> <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">article de la revue Reflexe</span></a><span style="color: #fff2cc;">, qui, dès 93, analyse avec beaucoup de précision les différentes mouvances à l'oeuvre en coulisse et sur le terrain.&nbsp;</span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-PJhRm9hUHIE/WvRx7O2Vh8I/AAAAAAAAD3I/XBm8B_sElnQaDdEYna7rmPIrQCkWcDifwCLcBGAs/s1600/Christian-Wurtenberg.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="612" data-original-width="1000" height="195" src="https://1.bp.blogspot.com/-PJhRm9hUHIE/WvRx7O2Vh8I/AAAAAAAAD3I/XBm8B_sElnQaDdEYna7rmPIrQCkWcDifwCLcBGAs/s320/Christian-Wurtenberg.jpg" width="320" /></span></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Christian Würtenberg aka "Chris the Swiss"</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est dans cet article que j'ai pour la première fois entendu parler, on y arrive enfin, de celui qu'on surnomme "Chris the Swiss", et qui constitue la deuxième et principale thématique du film éponyme. A l'époque, il y a un an environ, j'avais lu cet article parce que je m'intéressais à ces connivences de l'extrême-droite française avec la Croatie puis la Serbie, et avais déjà vaguement un post en tête sur le sujet... Ma curiosité envers l'histoire de ce jeune suisse avait alors été piquée, et j'avais alors commencé à la creuser. C'est ainsi que j'ai eu vent qu'un film suisse se préparait sur cet individu méconnu au destin tragique... <br /><br />"Chris the Swiss" s'appelait en réalité Christian Würtenberg, et exerçait le métier de journaliste. Il est né et a grandi à Bâle, la grande ville alémanique du nord de la Suisse, frontalière de l'Allemagne et de la France. Qu'est ce qui peut pousser un jeune homme à quitter un pays bien portant, relativement tranquille et officiellement neutre, pour s'aventurer dans les conflits qui sévissent au quatre coins du globe ? C'est une des questions que pose Anja Kofmel, cousine de Christian Würtenberg. La réalisatrice était encore un enfant au moment de la mort de ce dernier. Elle a grandi et s'est construite dans l'aura tutélaire, faite de mythes, de mystères et d'interrogations, de ce cousin parti trop tôt et dans des conditions obscures.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Un mélange d'audace, de courage, d'idéal et de soif de justice que l'on dit propre à la jeunesse, animait le journaliste suisse, d'après le témoignage d'un confrères, Julio César Alonso, un Espagnol avec qui il se lie d'amitié lorsqu'ils couvrent la Tchétchénie et la Géorgie. Quand le conflit éclate en Croatie, Würtenberg se rend sur place.</span> </span><span style="color: #fff2cc;">C'est là qu'il décide de se concentrer sur un sujet précis, alors peu abordé par la presse, à savoir ces fameuses brigades internationales de volontaires, leur composition, leur agenda, leurs financements, leurs réseaux...D'après le quotidien croate Jutarnji List, qui, dans </span><a href="https://www.jutarnji.hr/kultura/film-i-tv/tko-je-ubio-chrisa-njegovo-mrtvo-tijelo-pronadeno-je-blizu-osijeka-prema-sluzbenoj-verziji-ubili-su-ga-cetnici-metkom-u-glavu/7270110/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">un article récent </span></a><span style="color: #fff2cc;">(en serbo-croate), revient sur le film et les polémiques qui l'entourent déjà (on y revient plus bas), Würtenberg est convaincu que</span> <span style="color: #fff2cc;">l'</span><a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1995/09/NORMAND/6667" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Opus Dei</span></a> <span style="color: #fff2cc;">finance et arme ces milices, une info qu'il tient d'un marchand d'arme croate vivant à Bâle. Würtenberg s'intéresse aussi au trafic de drogue, dont la Suisse constitue une plaque tournante d'autant plus attractive pour les mafias, que la politique "pragmatique"