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Le NSK s'est posé au départ en miroir des tensions et contradictions de la Yougoslavie post-Tito, ainsi que de la société slovène d'alors, dévoilant les ambiguïtés et fractures d'un régime finissant, dont certains des acteurs allaient troquer le "socialisme antifasciste" pour le "nationalisme autoritaire" afin de se maintenir au pouvoir. Le tout sur fond de "détachement cynique" d'une population qui, majoritairement, ne croyait plus à l'idéologie (si tant est qu'elle y ait cru un jour), mais "faisait semblant", avant de se laisser tenter à son tour par la promesse de réalisation du grand rêve national, sensé remplacer la ringarde "fraternité et unité".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><a name='more'></a></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le "NSK Rendez-vous" de Grenoble entend éclairer les différentes facettes de ce mouvement artistique, encore mal connu et parfois mal compris en France ...à la différence des pays germaniques, anglophones et slaves, où il fait l'objet de travaux universitaires, d'ouvrages, de conférences et d'expositions dans les musées d'art contemporains. Cette deuxième édition du "NSK Rendez-vous", dont vous découvrirez les détails de la prog </span><a href="https://www.nsk.ccc-grenoble.fr/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">sur le site</span></a><span style="color: #fff2cc;"> dédié, revient entre autres sur le travail du collectif artistique slovène</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/IRWIN" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Irwin</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ainsi que sur le récent</span> <a href="https://www.telerama.fr/musique/de-retour-de-coree-du-nord-le-groupe-laibach-ravi-de-sa-tournee,130656.php" target="_blank"><span style="color: #e06666;">concert de Laibach en Corée du Nord</span></a><span style="color: #fff2cc;">, un défi interculturel et géopolitique, autant qu'une aventure rocambolesque. On y abordera également un autre défi plus ancien que le groupe s'était lancé, à savoir son concert à Sarajevo, à la veille des accords de Dayton (on en avait parlé </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2012/06/rock-around-bunker.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Un événement considéré encore aujourd'hui comme l'un des plus importants de la vie culturelle durant le siège. C'est à Sarajevo qu'on été posées les bases de "</span><a href="https://passport.nsk.si/fr/qui_sommes_nous" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'Etat NSK</span></a><span style="color: #fff2cc;">", un Etat sans territoire, transcendant les cultures et fédérant une communauté d'individus libres-penseurs (pour faire très court), concrétisation des réflexions de Laibach sur la notion d'Etat, et possible pied-de-nez aux nouveaux Etats nés de la dislocation yougoslave.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Si en apparence, le travail du NSK, mouvement né en Yougoslavie au début des années 80, peut sembler daté, il est en réalité, pour paraphraser une expression éculée, "d'une grande actualité". Tout en gardant son langage propre et son identité, les artistes du mouvement ont su évoluer au fil du temps. Au delà du contexte yougoslave et post-yougoslave, le NSK interroge aussi les ambiguïtés et contradictions de l'Occident démocratique et libéral, engoncé dans le confort bourgeois de ses certitudes, celles d'être "du bon côté" de l'histoire, de l'économie et de la politique, et ne devant à ce titre souffrir aucune critique ni questionnement.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Par des détournements sulfureux d'affiches ou de symboles souvent totalitaires, le NSK éclaire les non-dits et mensonges cachés du pouvoir, qu'il soit de "là-bas" ou d'ici, qu'il s'agisse de politique ou de culture de masse. Il en révèle au final la part de farce et de grotesque.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">C'est donc un processus émancipateur qui est à l'oeuvre, mais où, comme chez le psy, c'est le NSK qui pose les questions, alors que c'est à nous de trouver les réponses.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">En ces temps où politique et communication sont plus que jamais étroitement mêlés, en ces temps d'affrontements entre ce qui serait le "vieux monde" et ce qui serait le "monde nouveau", en ces temps où les uns réclament "moins d'Etat" et </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/10/regards-serbes-dans-le-miroir-catalan.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">d'autres réclament "leur" Etat</span></a><span style="color: #fff2cc;">, en ces temps qui ont vu naître la bulle Macron et la baudruche Trump, etc ...le travail du NSK s'avère toujours utile et pertinent pour nous garder en alerte et nous inviter à penser par nous-même.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Le rendez-vous de Grenoble est une occasion rare de découvrir ce mouvement majeur de l'histoire de l'art yougoslave, et de l"histoire tout court, qui passionne aussi ceux qui s'intéressent à la philosophie et aux sciences politiques. Les organisateurs&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc;">promettent une atmosphère conviviale, favorisant la rencontre et la découverte (un brunch avec les artistes est prévu le 14.10)</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Chez Yougosonic, on soutient l'événement avec d'autant plus d'enthousiasme, que celui-ci,&nbsp; en accueillant des expressions contemporaines originales et incisives, se bat pour "donner une autre image de la région via son histoire, ses artistes et ses problématiques - qui sont celles de toute l'Europe aussi, même si certains ont tendance à l'oublier", comme me l'écrivait il y a quelque jours l'infatigable Aurélie Dos Santos Duchesne, l'une des chevilles ouvrières du festival. J'applaudis des deux mains. Voilà qui va nous changer de Kusturica et de ses fanfaronnades! Autre aspect prometteur à plus long terme, le "NSK Rendez-vous" pourrait s'ouvrir à d'autres artistes d'ex-Yougoslavie et des Balkans...A suivre !</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-PVfJyvHWtJw/W7ybhnYD9FI/AAAAAAAAD8k/wt9dhMp9rmYXEpLzoHFzIFowXkoR_jQSwCLcBGAs/s1600/nsk%2BMacron.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="960" data-original-width="600" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-PVfJyvHWtJw/W7ybhnYD9FI/AAAAAAAAD8k/wt9dhMp9rmYXEpLzoHFzIFowXkoR_jQSwCLcBGAs/s400/nsk%2BMacron.jpg" width="250" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">On invite donc notre estimé lectorat de Grenoble, de Lyon et pourquoi pas de plus loin encore, à répondre présent à ce rendez-vous auquel on souhaite un plein succès et une longue vie.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;">Après le Dauphiné Libéré, il est temps d'essayer le Dauphiné Laibachisé !</span></div></span>
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                            [encoded] => <div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-GarBo2eeQHM/W7yWzY_mDXI/AAAAAAAAD8Y/u_SWiyth_Gof-EunxgcEOO9JVX9frLGNgCLcBGAs/s1600/nsk%2Brdv.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="594" data-original-width="420" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-GarBo2eeQHM/W7yWzY_mDXI/AAAAAAAAD8Y/u_SWiyth_Gof-EunxgcEOO9JVX9frLGNgCLcBGAs/s400/nsk%2Brdv.png" width="282" /></a></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans les très prochains jours, à savoir du 11 au 14 octobre 2018, la capitale du Dauphiné sera, pour la deuxième année consécutive, l'épicentre du NSK en France.&nbsp;</span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le NSK, alias "Neue Slowenische Kunst" ("Nouvel Art Slovène", en allemand dans le texte), c'est ce mouvement artistique né au tout début des années 80 en Slovénie, autour du célèbre groupe Laibach, volontiers évoqué</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.com/search/label/NSK" target="_blank"><span style="color: #e06666;">dans ce blog</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ou sur</span> <a href="https://www.facebook.com/yougosonic" target="_blank"><span style="color: #e06666;">son pendant facebookien</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Le NSK s'est posé au départ en miroir des tensions et contradictions de la Yougoslavie post-Tito, ainsi que de la société slovène d'alors, dévoilant les ambiguïtés et fractures d'un régime finissant, dont certains des acteurs allaient troquer le "socialisme antifasciste" pour le "nationalisme autoritaire" afin de se maintenir au pouvoir. Le tout sur fond de "détachement cynique" d'une population qui, majoritairement, ne croyait plus à l'idéologie (si tant est qu'elle y ait cru un jour), mais "faisait semblant", avant de se laisser tenter à son tour par la promesse de réalisation du grand rêve national, sensé remplacer la ringarde "fraternité et unité".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><a name='more'></a></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le "NSK Rendez-vous" de Grenoble entend éclairer les différentes facettes de ce mouvement artistique, encore mal connu et parfois mal compris en France ...à la différence des pays germaniques, anglophones et slaves, où il fait l'objet de travaux universitaires, d'ouvrages, de conférences et d'expositions dans les musées d'art contemporains. Cette deuxième édition du "NSK Rendez-vous", dont vous découvrirez les détails de la prog </span><a href="https://www.nsk.ccc-grenoble.fr/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">sur le site</span></a><span style="color: #fff2cc;"> dédié, revient entre autres sur le travail du collectif artistique slovène</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/IRWIN" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Irwin</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ainsi que sur le récent</span> <a href="https://www.telerama.fr/musique/de-retour-de-coree-du-nord-le-groupe-laibach-ravi-de-sa-tournee,130656.php" target="_blank"><span style="color: #e06666;">concert de Laibach en Corée du Nord</span></a><span style="color: #fff2cc;">, un défi interculturel et géopolitique, autant qu'une aventure rocambolesque. On y abordera également un autre défi plus ancien que le groupe s'était lancé, à savoir son concert à Sarajevo, à la veille des accords de Dayton (on en avait parlé </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2012/06/rock-around-bunker.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Un événement considéré encore aujourd'hui comme l'un des plus importants de la vie culturelle durant le siège. C'est à Sarajevo qu'on été posées les bases de "</span><a href="https://passport.nsk.si/fr/qui_sommes_nous" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'Etat NSK</span></a><span style="color: #fff2cc;">", un Etat sans territoire, transcendant les cultures et fédérant une communauté d'individus libres-penseurs (pour faire très court), concrétisation des réflexions de Laibach sur la notion d'Etat, et possible pied-de-nez aux nouveaux Etats nés de la dislocation yougoslave.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Si en apparence, le travail du NSK, mouvement né en Yougoslavie au début des années 80, peut sembler daté, il est en réalité, pour paraphraser une expression éculée, "d'une grande actualité". Tout en gardant son langage propre et son identité, les artistes du mouvement ont su évoluer au fil du temps. Au delà du contexte yougoslave et post-yougoslave, le NSK interroge aussi les ambiguïtés et contradictions de l'Occident démocratique et libéral, engoncé dans le confort bourgeois de ses certitudes, celles d'être "du bon côté" de l'histoire, de l'économie et de la politique, et ne devant à ce titre souffrir aucune critique ni questionnement.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Par des détournements sulfureux d'affiches ou de symboles souvent totalitaires, le NSK éclaire les non-dits et mensonges cachés du pouvoir, qu'il soit de "là-bas" ou d'ici, qu'il s'agisse de politique ou de culture de masse. Il en révèle au final la part de farce et de grotesque.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">C'est donc un processus émancipateur qui est à l'oeuvre, mais où, comme chez le psy, c'est le NSK qui pose les questions, alors que c'est à nous de trouver les réponses.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">En ces temps où politique et communication sont plus que jamais étroitement mêlés, en ces temps d'affrontements entre ce qui serait le "vieux monde" et ce qui serait le "monde nouveau", en ces temps où les uns réclament "moins d'Etat" et </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/10/regards-serbes-dans-le-miroir-catalan.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">d'autres réclament "leur" Etat</span></a><span style="color: #fff2cc;">, en ces temps qui ont vu naître la bulle Macron et la baudruche Trump, etc ...le travail du NSK s'avère toujours utile et pertinent pour nous garder en alerte et nous inviter à penser par nous-même.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Le rendez-vous de Grenoble est une occasion rare de découvrir ce mouvement majeur de l'histoire de l'art yougoslave, et de l"histoire tout court, qui passionne aussi ceux qui s'intéressent à la philosophie et aux sciences politiques. Les organisateurs&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc;">promettent une atmosphère conviviale, favorisant la rencontre et la découverte (un brunch avec les artistes est prévu le 14.10)</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Chez Yougosonic, on soutient l'événement avec d'autant plus d'enthousiasme, que celui-ci,&nbsp; en accueillant des expressions contemporaines originales et incisives, se bat pour "donner une autre image de la région via son histoire, ses artistes et ses problématiques - qui sont celles de toute l'Europe aussi, même si certains ont tendance à l'oublier", comme me l'écrivait il y a quelque jours l'infatigable Aurélie Dos Santos Duchesne, l'une des chevilles ouvrières du festival. J'applaudis des deux mains. Voilà qui va nous changer de Kusturica et de ses fanfaronnades! Autre aspect prometteur à plus long terme, le "NSK Rendez-vous" pourrait s'ouvrir à d'autres artistes d'ex-Yougoslavie et des Balkans...A suivre !</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-PVfJyvHWtJw/W7ybhnYD9FI/AAAAAAAAD8k/wt9dhMp9rmYXEpLzoHFzIFowXkoR_jQSwCLcBGAs/s1600/nsk%2BMacron.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="960" data-original-width="600" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-PVfJyvHWtJw/W7ybhnYD9FI/AAAAAAAAD8k/wt9dhMp9rmYXEpLzoHFzIFowXkoR_jQSwCLcBGAs/s400/nsk%2BMacron.jpg" width="250" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">On invite donc notre estimé lectorat de Grenoble, de Lyon et pourquoi pas de plus loin encore, à répondre présent à ce rendez-vous auquel on souhaite un plein succès et une longue vie.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;">Après le Dauphiné Libéré, il est temps d'essayer le Dauphiné Laibachisé !</span></div></span>
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La grave "crise" de l'automne 2017 entre Madrid et Barcelone a volontiers sonné sur place comme un retour du refoulé de la crise yougoslave d'alors, même si toutes les comparaisons et analogies avec celle-ci ne sont pas forcément pertinentes. On a largement commenté sur place ces événements, que ce soit chez les professionnels de l'information (la presse) ou chez les "amateurs" sur les réseaux sociaux. Chacun est allé de son analyse, projetant bien souvent un regard yougo-centré, pas forcément inexacte ou inintéressant, mais parfois néanmoins emprunt de fantasmes ou de raccourcis.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour le dire concrètement mais de façon schématique, les pro-indépendance ont inscrit le combat</span><span style="color: #fce5cd;"> </span><a href="https://laviedesidees.fr/Catalanisme-histoire-d-un-concept.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">catalaniste</span></a> <span style="color: #fff2cc;">dans une même dynamique que le combat indépendantiste de leur peuple lors de la dislocation yougoslave. Le "mouvement catalan", réputé "moderne", dynamique, modéré, et ancré dans les valeurs européennes, a eu bon dos pour certifier que les indépendances d'alors (ou à venir) dans la Yougosphère étaient légitimes et bien intentionnées. Une façon d'effacer les pots cassés et autres dommages collatéraux de ces indépendances, de la purification ethnique, administrative ou militaire, aux crimes de guerre. Du côté de ceux qui expriment des réserves ou sont ouvertement défavorables à l'indépendance de la Catalogne, on a justement rappelé avec force combien les envols pris par les uns et les autres en Yougoslavie ont généré de violence, certains exprimant leur inquiétude, affirmant que les Catalans ne savaient pas ce qui les attendait en termes de répression.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a name='more'></a><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour être là encore très schématique, on peut ranger dans les "pro-Catalans" la majorité des opinions et des presses croates et slovènes, où l'on rappelle volontiers que des manifestations de solidarité avec les républiques yougoslaves séparatistes se sont tenues en Catalogne au début des années 90. Chez les Bosniaques aussi, on se souvient du soutien de la Catalogne, notamment face au siège de Sarajevo. Ceci posé, le consensus face au désir d'indépendance de la province espagnole n'est pas intégral au sein de la communauté bosniaque, chez qui on observe davantage de réserve, d'inquiétude, voire de désapprobation. Rien d'étonnant dans ces positionnements, une nette majorité de Croates et de Slovènes, toute sensibilité politique confondue, assume et revendique la justesse du choix indépendantiste de leur pays. Parmi les Bosniaques, l'attachement à la Yougoslavie était plus fort, et le sentiment qu'on a payé très cher le prix de la séparation reste tenace. Il est donc compréhensible que l'on soit plus réservé.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-OEcehTaHRAg/W7C9SjVD_7I/AAAAAAAAD5w/mMfXcXsZmzEAwo9jxASJccDuwSYFevaVwCLcBGAs/s1600/sarajevo_skup_podrska_katalonija_RSA1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="788" data-original-width="1179" height="266" src="https://3.bp.blogspot.com/-OEcehTaHRAg/W7C9SjVD_7I/AAAAAAAAD5w/mMfXcXsZmzEAwo9jxASJccDuwSYFevaVwCLcBGAs/s400/sarajevo_skup_podrska_katalonija_RSA1.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Manifestation de soutien à l'indépendance de la Catalogne à Sarajevo.&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>(c) Radio Sarajevo.<br />Détail piquant, sur la fresque au second plan, il est écrit&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Barcelone, Sarajevo est avec toi" ...en espagnol ("Sarajevo esta contigo") et non en catalan.</i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quant aux Serbes, et je parle ici de l'ensemble des Serbes d'ex-Yougoslavie (donc aussi des Serbes de Bosnie-Herzégovine, du Monténégro, du Kosovo et de Croatie), ils se retrouvent avec les fesses entre deux chaises: d'un côté s'exprime la tentation de soutenir les aspirations catalanes à l'indépendance, pour mieux suggérer que la prise d'indépendance de la Republika Srpska serait un horizon souhaitable. De l'autre, il y a l'inqualifiable perte du Kosovo, et du coup, affirmer que le combat catalan serait juste et bon revient à donner des gages de légitimité à la cause albano-kosovare. Rappelons ici au passage que l'Espagne ne reconnaît toujours pas le Kosovo, précisément pour ne pas donner de grain à moudre aux Basques et aux Catalans... </span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce dilemme serbo-serbe inconciliable s'ajoute un sentiment yougoslave ou yougonostalgique qui s'est davantage maintenu chez les Serbes que chez les Croates ou les Slovènes.&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce sentiment "yougoslaviste" existe aussi, on n'est pas à une contradiction près, chez certains nationalistes, qui considèrent que les Serbes ont été trahis par les autres peuples yougoslaves, et que par ailleurs les Serbes avaient un rôle quasi messianique de "garants" du projet yougoslave.&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce sentiment d'être le peuple "moteur" s'accompagne de tendances à promouvoir un Etat fort et centralisé, héritées d'ailleurs en partie des liens qui ont existé entre la Serbie et la France au XIXe et XXe siècle, de nombreux cadres et officiers de l'Etat serbe s'étant formés et France, où ils ont puisé certains modèles politiques. Ceux qui continuent d'adhérer à cette vision auraient donc plutôt tendance à appuyer l'attitude de Madrid.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est malheureusement en grande partie la réaffirmation de ce rôle de peuple "moteur" au cours des années 80 qui a conduit les "autres peuples" à envisager de prendre le large.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'opposé, en Serbie même,&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">bon nombre de ceux qui s'opposèrent à la guerre ou à&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;considèrent qu'ils n'ont pas choisi cette dislocation de l'ancien pays, et restent aussi volontiers attachés à sa mémoire. Ces "progressistes" accusent davantage les nationalistes serbes (voire même leurs co-nationaux irrédentistes de Croatie et de Bosnie-Herzégovine) d'être responsables de l'effondrement du pays, que les Croates et les Slovènes. Ils peuvent en quelque sorte "entendre" qu'on ait pu vouloir se séparer de leur pays en plein délire, dominé par&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.<br /><br />Enfin, il y a les Serbes devenus des minorités nationales, comme en Croatie ou au Monténégro, ou des communautés enclavées, comme au Kosovo, sans parler de ceux qui ont du fuir des territoires où ils vivaient parfois depuis plusieurs siècles. Ces Serbes là évidemment ont vécu les sécessions successives comme un cauchemar à ne pas reproduire...sauf éventuellement, on l'a dit, dans le cas de la Republika Srpska, et d'une réunion, plus qu'hypothétique et porteuse de nouveaux conflits, de tous les Serbes dans un seul Etat. Mais à vrai dire, hormis les extrémiste, plus grand monde ne croit ni même n'adhère véritablement aujourd'hui au projet de "Grande Serbie", l'effort devant porter, pour la majorité des Serbes, sur ce qu'on peut encore sauver de "serbitude", au Kosovo ou ailleurs...</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce mouvement de chaises musicales autour de la partition catalane chez les Serbes est révélateur des tiraillements en vigueur chez cette communauté d'ex-Yougoslavie, qui, contrairement à ce que l'on imagine souvent en Occident, ou même sur place, est loin d'être homogène, et offre au contraire nombreux contrastes et contradictions.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A ce titre, les deux articles les plus significatifs que j'ai pu lire dans la presse de la Yougosphère sont des articles serbes, parus tous deux au cours de l'été 2017, donc avant le référendum unilatéral engagé par</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carles_Puigdemont" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Carles Puigdemont</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et ses alliés, et les incidents dont nous avons été témoins en Catalogne, au début de l'automne de la même année. Les deux médias où ont été publiés ces deux articles ont ceci de particulier qu'ils sont, à leur manière, la voix de deux Serbie que je qualifierai chacune de "périphérique". Une périphérie à la fois géographique et intellectuelle.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-t7vsD1-kouY/W7DMmQe7JiI/AAAAAAAAD58/xaqQ_erwM-cQ27C_JVQhubHAjXOMdNfawCLcBGAs/s1600/novosti3.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="750" data-original-width="521" height="320" src="https://1.bp.blogspot.com/-t7vsD1-kouY/W7DMmQe7JiI/AAAAAAAAD58/xaqQ_erwM-cQ27C_JVQhubHAjXOMdNfawCLcBGAs/s320/novosti3.jpg" width="222" /></a></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le premier média est</span> <a href="https://www.portalnovosti.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Novosti</span></a><span style="color: #fff2cc;">, l'organe du très officiel</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Serb_National_Council" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Conseil National des Serbes de Croatie</span><span style="color: #fff2cc;">.</span></a><span style="color: #fff2cc;"> C'est donc un journal serbe de Croatie, rattaché à l'organe représentatif de cette communauté, et reconnu officiellement par l'Etat croate. J'avais déjà évoqué le Conseil des Serbes et Novosti</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/05/lemancipation-par-le-serbe.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et rappelle brièvement les caractéristiques de ce journal: il défend une vision plutôt "modérée" sur la question des Serbes de Croatie, et se veut loyaliste à cet Etat. Il considère que la communauté serbe doit se prendre en main et participer pleinement à la vie politique, sociétale et culturelle de son pays, la Croatie. Même si ce positionnement n'empêche pas Novosti d'être, à juste titre, et en phase avec les inquiétudes de sa communauté, sévère quant aux dérives néo-oustachistes en vigueur en Croatie, il le fait sans irrédentisme ni volonté de déterrer la hache de guerre. Bref, on est loin des années 90 où les Serbes de Croatie, poussés par Belgrade, et provoqués par Zagreb, avaient, pour nombre d'entre eux, fait le choix de la violence. Un choix qui, associé aux exactions côté croate, a coûté cher à cette communauté, dont une bonne part a dû fuir lors de l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Temp%C3%AAte" target="_blank"><span style="color: #e06666;">opération Oluja</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Aujourd'hui, ceux qui sont restés font globalement profil bas, dans une Croatie qui les tolère tant qu'ils ne la ramènent pas. Ils sont juridiquement "protégés" par des lois sur les droits des minorités, ratifiées par la Croatie pour pouvoir intégrer l'Union Européenne. Leurs représentants privilégient l'action politique et le dialogue avec la majorité croate, et recourent au "soft-power" médiatique dont Novosti est le porte-voix.</span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Malgré ces liens avec le Conseil National des Serbes de Croatie qui auraient pu en faire un outil ouvertement propagandiste, Novosti est un média de qualité, plutôt de gauche, avec de bonnes plumes, de bons dossiers et des enquêtes de fond. Il figure selon moi parmi les meilleurs journaux de Croatie. C'est en tout cas une source qu'on affectionne dans ce blog.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'autre média ayant écrit sur la Catalogne en été 2017 est "</span><a href="http://www.autonomija.info/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Autonomija</span></a><span style="color: #fff2cc;">". C'est un magazine en ligne basé en</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vo%C3%AFvodine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Voïvodine</span></a><span style="color: #fff2cc;">, cette province du nord de la Serbie aux nombreuses spécificités. Majoritairement peuplée de Serbes, la Voïvodine n'a jamais fait partie de l'Empire Ottoman, à la différence du reste de la Serbie et de la Bosnie-Herzégovine. Elle a en revanche appartenu à l'Autriche-Hongrie. A ce titre, elle abrite encore aujourd'hui de nombreuses minorités dont la présence est un reliquat de l'ancien empire à deux têtes: Hongrois, deuxième communauté de la province en nombre, Roumains, Ruthènes (Ukrainiens), Tchèques, Slovaques, et même quelques descendants d'Allemands, constituent quelques pièces de la mosaïque régionale. Ces spécificités font qu'une proportion importante de Serbes de Voïvodine se sent différente des autres Serbes, en particulier de ceux de l'ancien Empire Ottoman. Pour dire les choses schématiquement, ces Serbes "à part" sont souvent davantage progressistes sur les questions de société, plus favorables à l'Occident, aux idées démocratiques et au libéralisme économique, que leurs "compatriotes" des autres "pays" serbes. Ils revendiquent leur appartenance à la Mitteleuropa, et non aux Balkans, et défendent l'idée d'une Voïvodine ouverte, moderne et multiethnique. On ne saurait bien-sûr généraliser cette mentalité à l'intégralité des Serbes de Voïvodine, loin de là, mais elle constitue toutefois une lame de fond assez importante. Suffisamment en tout cas pour que les différents pouvoirs aient voulu mater cette province.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'un des premiers coups portés à la Voïvodine a été la "</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Anti-bureaucratic_revolution" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Révolution anti-bureaucratique</span></a><span style="color: #fff2cc;">", qui, sous couvert de renverser la bureaucratie, soi-disant corrompue et incompétente, de la province, fut en fait un véritable putsch, orchestré par un&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;en pleine ascension, qui décapita le pouvoir, non nationaliste, en place à Novi Sad. L'autonomie de la province fut supprimée, et celle-ci se retrouva sous tutelle directe de Belgrade.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Elle résistera tant bien que mal pendant le conflit des années 90, avec un mouvement "anti-guerre" actif, ainsi que des cas de désobéissance civile et de désertions soutenus par de nombreux citoyens. Cependant, l'équilibre interethnique s'est trouvé fragilisé. Les Hongrois, notamment, ont subi des exactions de la part de nationalistes serbes, et bon nombre d'entre eux sont partis de l'autre côté de la frontière pour ne jamais revenir. Le régime a cherché précisément à bouleverser la démographie et la sociologie de la province: à cette époque, de nombreux réfugiés serbes de Bosnie-Herzégovine, de Croatie et du Kosovo ont été rapatriés en Voïvodine au gré des rebondissements du conflit et des purifications ethniques qu'il a généré. Issus de villages ou de régions pauvres, partis dans des conditions souvent difficiles, et ayant tout perdu, ces "pieds noirs serbes" se sont sentis mal à l'aise dans le creuset voïvodinien. La frustration et l'intégration en dent de scie d'une partie d'entre eux ont contribué à nourrir les partis nationalistes serbes. On aurait tort cependant de tout mettre sur le dos de ces "rapatriés", la dégénérescence de la société voïvodinienne concernant aussi ses habitants "de souche".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Ces mutations vers le bas de la société voïvodinienne ne firent en fait que suivre la déliquescence de la société serbe en générale, minée par l'isolement du pays, et livrée aux mafias prospérant sur l'embargo et les butins de guerre. Humiliation suprême pour les progressistes de la région, le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_radical_serbe" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Parti radical Serbe</span></a><span style="color: #fff2cc;"> finit même par gagner la municipalité de sa capitale, Novi Sad. Les Radicaux firent alors de la ville leur laboratoire, à l'instar des villes FN en France. Les milices néofascistes serbes semèrent la terreur à Novi Sad ou dans les villages cosmopolites de la province, où des nationalistes hongrois, proches du</span></span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jobbik" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Jobbik</span></a><span style="color: #fff2cc;">, venaient aussi faire occasionnellement le coup de poing. Le paysage sociologique a donc considérablement changé en 30 ans, et aujourd'hui, beaucoup d'analystes et de citoyens, y compris issus de la province elle-même, jugent que la Voïvodine ouverte et épanouie dans sa diversité n'est plus qu'un mythe...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En dépit ou peut-être à cause de cette situation, un régionalisme, voire, pour les plus déterminés, un désir d'indépendance, s'est développé chez certains habitants de la province, y compris et notamment parmi ses habitants serbes. Si l'indépendantisme est minoritaire (autour de 15% dans les sondages), l'autonomisme tourne autour des 50%. Conceptualisé au sein de l'ancien mouvement anti-guerre de la région et de l'intelligentsia progressiste de Novi Sad et de Subotica, les deux principales villes de la province, il séduit peu à peu d'autres couches de la société, et notamment une partie des citoyens issus des minorités nationales. Ces derniers sont rassurés par un projet politique qui ne cherche pas à les assimiler ou à les instrumentaliser (=politique récurrente de l'Etat serbe), mais au contraire, vise à mieux protéger leurs droits linguistiques et culturels.</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-gf4cYYlXoyI/W7DNTp2-vSI/AAAAAAAAD6M/l8rwx1T5kAArsTy83VGYWcGbTD7ZzU91ACLcBGAs/s1600/pravda%2Bza%2BVojvodinu%2BLSV.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="678" data-original-width="1024" height="263" src="https://3.bp.blogspot.com/-gf4cYYlXoyI/W7DNTp2-vSI/AAAAAAAAD6M/l8rwx1T5kAArsTy83VGYWcGbTD7ZzU91ACLcBGAs/s400/pravda%2Bza%2BVojvodinu%2BLSV.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Justice pour la Voïvodine"</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Manifestation de la </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_des_sociaux-d%C3%A9mocrates_de_Vo%C3%AFvodine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ligue des Sociaux Démocrates de Voïvodine (LSV)</span></a><span style="color: #fff2cc;">,&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>un parti réclamant la création d'une "république" de Voïvodine à l'autonomie très large, dans une Serbie fédéralisée.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce courant prône une Voïvodine multiethnique, moderne, dynamique, démocratique, libérale, européenne, mais fortement autonome par rapport à Belgrade, qui bien-sûr, ne veut rien entendre, et n'a jamais restitué à la province l'intégralité de ses prérogatives du temps de la Yougoslavie. Une surdité et un immobilisme belgradois, qui, bien-sûr, encouragent le sentiment autonomiste.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ca ne vous rappelle rien ? On y vient...</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Autonomija" est donc est un média de Novi Sad, qui, sans affirmer ouvertement ses positions autonomistes, revendique la place et le discours à part de la Voïvodine au sein de la Serbie. Le nom du média joue bien entendu sur cette ambiguïté de sens, entre une "autonomie de la pensée", revendiquée par la rédaction face au mainstream médiatique globalement "aux ordres" de Belgrade, et l'autonomie éventuelle de la province... C'est un journal lui aussi de qualité, et une source régulière de ce blog, où écrivent des journalistes et intellectuels serbophones et magyarophones, le tout dans une orientation centriste, libérale en économie et progressiste sur les questions de société.</span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-G-Qrr_xJPbw/W7DNbB7tKCI/AAAAAAAAD6c/8m9_KkOGc50vQw1SWCzzw-r3RcTwwVnwgCPcBGAYYCw/s1600/Autonomija.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="138" data-original-width="364" height="121" src="https://1.bp.blogspot.com/-G-Qrr_xJPbw/W7DNbB7tKCI/AAAAAAAAD6c/8m9_KkOGc50vQw1SWCzzw-r3RcTwwVnwgCPcBGAYYCw/s320/Autonomija.jpg" width="320" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Le portail de la Voïvodine citoyenne",&nbsp;</i></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>le slogan d'Autonomija.</i></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="http://www.autonomija.info/aleksandar-kocic-katalonija-sangrija-i-korupcija.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">L'article sur la Catalogne paru dans Autonomija</span></a> <span style="color: #fff2cc;">est écrit par Aleksandar&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić (prononcer Kotsitch)</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, le correspondant à Madrid du journal. L'article est sérieux quant à l'exposé des faits, mais le ton est presque badin, léger. Le journaliste titre d'ailleurs "Catalogne, sangria et corruption". On sent un papier pondu en terrasse en buvant de ce célèbre alcool fruité après la sieste, par une belle fin d'après-midi de l'été madrilène. L'article ne traite pas que de la Catalogne mais dresse un état des lieux global de la situation en Espagne. Le journaliste explique que le pays sort de la crise, même si la remontée économique n'est pas encore visible pour de nombreux Espagnols, d'autant que les salaires restent faibles et la précarité importante. Il pointe alors les nombreux scandales et affaires de corruption qui ont entre autres touché le Parti Populaire au pouvoir, et de fait, Mariano Rajoy et son gouvernement (</span><a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/01/espagne-mariano-rajoy-admet-sa-defaite-avant-le-vote-de-la-motion-de-censure-au-parlement_5308016_3214.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">lesquels ont depuis, comme on le sait, fini par démissionner, suite à une mention de censure, et ont cédé la place aux socialistes</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Ces affaires seraient, dit le journaliste, un facteur ayant contribué au développement du scepticisme de la population et à sa volonté de changement. "Reste à voir quoi faire avec ces emmerdeurs de Catalans", conclut-il. Le terme "emmerdeur" (1) est ici employé dans le bon sens du terme. Les "Catalans" sont pour&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;des empêcheurs de tourner en rond, au rôle salutaire, un poil à gratter vecteur de renouveau dans une Espagne immobiliste et vieillissante. Il faut d'ailleurs préciser que dans cet article, le terme "Katalonci" (prononcer Katalonn'tsi, "les Catalans" en serbo-croate), semble désigner les indépendantistes, et uniquement eux. Le terme revient avec cette signification en plusieurs occurrences, alors que le mot exact à employer, dans une rigueur journalistique un peu plus neutre, aurait dû être "les indépendantistes catalans".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sans prendre parti directement pour l'indépendance de la Catalogne, le ton de l'article la présente néanmoins avec une forme de bienveillance, comme un processus logique, cohérent et compréhensible, suggérant peut-être par là que l'indépendantisme surfe aussi sur une volonté de sortir d'une Espagne où la corruption est forte.</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-9Gjj_Orq-Qg/W7DNkWmT_RI/AAAAAAAAD6Y/c0frIzn8jwsBcm_3Wif7UfzRmPCnlzL6wCLcBGAs/s1600/LSV%2BKatalonija.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="503" data-original-width="434" height="400" src="https://3.bp.blogspot.com/-9Gjj_Orq-Qg/W7DNkWmT_RI/AAAAAAAAD6Y/c0frIzn8jwsBcm_3Wif7UfzRmPCnlzL6wCLcBGAs/s400/LSV%2BKatalonija.JPG" width="345" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des drapeaux catalans dans des villes de Voïvodine,&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">au moment du référendum du 1er octobre.&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Copie d'écran de la page facebook de la LSV.</span></i><br /><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce n'est pas dans l'article mais effectivement, les indépendantistes catalans, notamment ceux du</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_d%C3%A9mocrate_europ%C3%A9en_catalan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">PDeCat</span></a> <span style="color: #fff2cc;">de Carles Puigdemont, invoquent volontiers la bonne et saine gestion des finances et un parcours sans taches, dans une région, riche, moderne et dynamique, face à cette Espagne corrompue, et jugée inefficace, à l'instar d'autres nationalistes en Europe, comme la Flandre face à la Wallonie, ou la Ligue du Nord face au Mezzogiorno, ou encore les riches et rigoureux Slovènes en leur temps, face aux "peuples du Sud" jugés paresseux et magouilleurs (=les autres Yougoslaves)...</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-iMfQSgZK33w/W7DN6MIznkI/AAAAAAAAD6g/ouom1kvPNeMVr129mDfJJs_bA7RqNh9FgCLcBGAs/s1600/vojvodina.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="756" data-original-width="1200" height="251" src="https://2.bp.blogspot.com/-iMfQSgZK33w/W7DN6MIznkI/AAAAAAAAD6g/ouom1kvPNeMVr129mDfJJs_bA7RqNh9FgCLcBGAs/s400/vojvodina.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Voïvodine=Catalogne.</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Jeune Voïvodine" [=branche jeunesse de la LSV].</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Graffiti en Voïvodine.</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Sans surprise, ce sentiment de supériorité dans la gestion des affaires se retrouve aussi chez les autonomistes voïvodiniens. La région, grenier à blé de la Serbie, est plus riche que le reste du pays, même si cela ne saute pas aux yeux lorsqu'on traverse les faubourgs miteux de Subotica, après avoir franchi la frontière, ou dans certains bourgs ruraux désolés, où seule une charrette à boeufs trouble parfois la torpeur. Avec ses universités, sa société cosmopolite, ses artistes, ses intellectuels, son festival</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_EXIT" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Exit</span></a><span style="color: #fff2cc;">, son architecture délicieusement "Mitteleuropa", la Voïvodine se revendique volontiers comme une région moderne et inventive comme le fait la Catalogne dont personne n'ose contester la richesse économique ni la créativité culturelle.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme on l'a vu plus haut, les autonomistes voïvodiniens aiment volontiers rappeler qu'ils sont différents des autres serbes, et que le reste du pays n'est que gabegie. Par ailleurs, ils insistent sur la culture démocratique de la Voïvodine, qui serait selon eux plus développée que dans le reste de la société serbe.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Tous ces éléments ne figurent pas dans l'article mais on devine quand même entre les lignes des parallèles entre les ressorts du catalanisme actuel et le sentiment autonomiste voïvodinien. Face à une Espagne devenue symbole de marasme financier et de corruption, il est logique, semble-t-il nous dire, qu'une région qui gère bien l'argent ait envie de prendre le large. Sous-entendu, la Voïvodine pourrait elle-aussi avoir le droit de prendre ses distances d'avec la Serbie.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout à sa description décontractée d'une Espagne en quête de changement, le journaliste se veut optimiste, affirmant même que le pouvoir central espagnol "devrait [finalement] autoriser le référendum [sur l'indépendance de la Catalogne], tout en répétant que celui-ci n'a aucune valeur légale. Ensuite", poursuit le correspondant d'Autonomija à Madrid, "on verra bien". Nous sommes le 31 juillet 2017 lorsque ces mots sont publiés par le portail de Novi Sad. Entre temps, "on a bien vu", des débuts de l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Anubis" target="_blank"><span style="color: #e06666;">opération Anubis</span></a> <span style="color: #fff2cc;">le 20 septembre, jusqu'à la</span> <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/30/la-catalogne-sous-la-tutelle-de-madrid-retrouvez-nos-reponses-a-vos-questions_5207864_3214.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">mise sous tutelle de la Catalogne</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le 30 octobre, en passant par la</span> <a href="https://www.midilibre.fr/2017/10/01/referendum-en-catalogne-de-nombreux-heurts-entre-policiers-et-votants-video,1568216.php" target="_blank"><span style="color: #e06666;">répression sanglante du référendum le 1er octobre</span></a><span style="color: #fff2cc;">, comment le pouvoir central a réagi...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">On ne sait pas si&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;en a avalé de travers sa sangria! En revanche, on se dit que chez Novosti, on n'était pas complètement à côté de la plaque.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Dans</span> <a href="https://www.portalnovosti.com/katalonska-repriza-jugo-scenarija" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'article</span></a> <span style="color: #fff2cc;">publié par le journal des Serbes de Croatie, l'approche est en effet totalement différente. Le ton est beaucoup plus grave et inquiet qu'en Voïvodine. Point de badineries ni de sangria. L'auteur, Sre<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span>ko Pulig (prononcer Sretch'ko Pouligue), titre en mode rétro-prémonitoire "La reprise catalane du scénario yougoslave", et tout le monde comprend de suite de quoi il s'agit.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Nous avons une grande expérience [en ex-Yougoslavie] de comment les mouvements séparatistes cherchent à asseoir leur légitimité derrière un référendum, et comment ce référendum peut leur permettre d'arriver à leurs fins" écrit le journaliste en début d'article, une expérience qui, "un quart de siècle après le funeste éclatement, ne fait pas la moindre unanimité" sur les ressorts de cet éclatement ni sur les responsabilités des uns et des autres, continue le journaliste qui avertit: "L'Espagne est à mi-chemin d'apprendre de nous, la question est de savoir si elle veut vraiment parcourir la deuxième moitié du chemin". Le ton est donné.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Bien qu'il ne le dise pas explicitement, Pulig ne semble pas franchement favorable au projet indépendantiste catalan, ni même au référendum du 1er octobre 2017, non reconnu par Madrid, et que les loyalistes à l'Espagne annoncent vouloir boycotter. Il donne d'ailleurs assez précisément les pourcentages des pros et des anti-indépendance dans les sondages, pour mieux démontrer que l'option séparatiste, majoritaire au parlement catalan via la coalition gouvernementale "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensemble_pour_le_oui" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Junts pel Si</span></a><span style="color: #fff2cc;">" ("Ensembles pour le oui"), ne l'est pas au niveau de l'opinion. Reprenant visiblement la trame et le propos d'</span><a href="https://www.theguardian.com/world/2017/jul/22/catalonia-independence-referendum-isabel-coixet" target="_blank"><span style="color: #e06666;">un article du Guardian</span></a> <span style="color: #fff2cc;">sur le sujet, Pulig convoque des témoins catalans, comme ces artistes et intellectuels ayant publié une tribune défavorable à l'indépendance.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Il cite en particulier le témoignage de la réalisatrice de cinéma</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabel_Coixet" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Isabel Coixet</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Cette dernière s'oppose au projet indépendantiste et rappelle qu'on peut se sentir à la fois espagnol et catalan. Seulement voilà, explique la réalisatrice, citée tant par le Guardian que par Novosti, il règne aujourd'hui un tel terrorisme intellectuel en Catalogne, que les opposants à l'indépendance, volontiers traités de fascistes, n'osent plus s'exprimer en public, au travail ou même au sein de leur famille. La réalisatrice s'offusque entre autres du ton nauséabond qu'emploie le marketing en faveur de l'indépendance, en l'occurrence, d'une affiche où apparaît Franco appelant à voter non au référendum, suggérant que celui ou celle qui ferait ce choix serait un(e) fasciste (photo ci-dessous).&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-e7eay9Z5ntY/W7DQMEsUIrI/AAAAAAAAD6s/5cdNxYFG5lMmNerpV3qwIALXTCCpAwkBACLcBGAs/s1600/Franco%2BVotes%2BNo%2Ba%2Bla%2Brepublica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="643" height="225" src="https://4.bp.blogspot.com/-e7eay9Z5ntY/W7DQMEsUIrI/AAAAAAAAD6s/5cdNxYFG5lMmNerpV3qwIALXTCCpAwkBACLcBGAs/s400/Franco%2BVotes%2BNo%2Ba%2Bla%2Brepublica.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Par ailleurs, dénonce Coixet, la coalition indépendantiste n'aurait rien anticipé et ne donnerait aucun aperçu de ce à quoi pourrait ressembler une Catalogne séparée de l'Espagne. A côté de ce témoignage, emblématique du désarroi des Catalans défavorables à l'indépendance, l'article de Novosti fait également état de purges au sein du gouvernement de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9ralit%C3%A9_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Généralité</span></a><span style="color: #fff2cc;">, des ministres, réservés&nbsp;quant au référendum du 1er octobre, ou insuffisamment convaincus par les perspectives indépendantistes, ayant été mis à pied par Carles Puigdemont.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Cette parole donnée à des Catalans anti-indépendantistes, et ce tableau inquiétant de la situation, tels que développés dans l'article de Novosti sont parfaitement compréhensibles si l'on fait un retour un arrière. Le journal des Serbes de Croatie se souvient visiblement assez bien du climat de la Yougoslavie au seuil de sa dislocation: ceux qui s'opposaient aux indépendances slovènes et croates, n'étaient pas traités de fascistes, mais de "yougo-communistes", de "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchetniks" target="_blank"><span style="color: #e06666;">tchetniks</span></a><span style="color: #fff2cc;">", ou de "nationalistes grands-serbes", alors que certains, Serbes ou autres, étaient sincèrement attachés à l'Etat yougoslave, et n'éprouvaient aucune haine ni l'envie de se battre. Ce terrorisme intellectuel est d'ailleurs toujours en vigueur dans la Croatie d'aujourd'hui, où toute personne éprouvant de la nostalgie pour la Yougoslavie, ou ayant des états d'âme sur la guerre d'indépendance, est affublée des mêmes noms d'oiseaux. Novosti est d'ailleurs régulièrement sous le feu des très actives associations d'extrêmes droites d'anciens combattants ou des cercles catholiques intégristes, qui l'accusent d'être anti-croate et demandent son interdiction.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout comme toute autre option destinée à sauver la Yougoslavie (large autonomie, confédération...) était refusée et ne constituait même pas matière à discussion de la part des gouvernements sécessionnistes, Puigdemont refuse d'envisager d'éventuels "aménagements" permettant de maintenir la Catalogne en Espagne. D'après le témoignage de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kiro_Gligorov" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kiro Gligorov</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ancien président de la Macédoine, lorsque la CEE tenta un ultime rapprochement des parties, c'est Franjo Tudjman qui aurait opposé un refus catégorique, arguant qu'il avait la "mission historique" de conduire son peuple à l'indépendance, et que le reste "ne l'intéressait pas". Des propos entendus depuis, quoique sous une autre forme, dans la bouche de Puigdemont.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En Croatie, les Serbes locaux n'étaient certes d'entrée de jeu pas favorables à l'indépendance, et ont été nombreux à boycotter&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">le référendum, qu'ils jugeaient d'autant plus invalide que démographiquement, ils n'avaient aucune chance de pouvoir peser sur le résultat (d'où le propos critique de Pulig sur l'usage des référendums, cité plus haut). Cependant</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, outre les manipulations de&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, c'est l'intransigeance du gouvernement croate HDZ fraîchement élu, supprimant leurs droits et statuts particuliers, sur fond de provocations néo-oustachistes, qui achèvera de les braquer et de les fanatiser, avec les conséquences désastreuses que l'on a évoqué plus haut.</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les traumatismes sont donc profonds et on comprend que le principal média des Serbes de Croatie ressente de l'inquiétude et vive l'évolution récente de la "question catalane" comme un possible bis repetita du scénario yougoslave.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans Autonomija, tout en admettant brièvement que l'indépendantisme n'est pas majoritaire dans l'opinion catalane,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;semble pourtant ne pas partager les inquiétudes de son confrère de Croatie. Il n'évoque pas ce</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">s Catalans non-indépendantistes, ni les hispanophones de la province, ces derniers devenant pourtant de facto, si l'indépendance devait survenir, une minorité nationale autant que linguistique. Un paradoxe de la part d'un journaliste écrivant dans un média qui, par exemple, soutient les droits des Magyars de Voïvodine. Ce paradoxe n'est qu'apparent et s'explique facilement: dans le "discours voïvodinien" tel que défini plus haut, les Magyars sont jugés être du "bon côté". Il font partie du projet autonomiste, un projet qui revendique une société au cosmopolitisme assumé et épanoui, où les Magyars ont donc toute leur place. Dans ce discours, c'est Belgrade qui empêche la concrétisation de cette société plurielle et équilibrée, ce qui d'ailleurs n'est pas faux dans les faits. A l'opposé, les Catalans défavorables à l'indépendance doivent probablement être, pour&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, du "mauvais côté", des esprits chagrins rétifs aux mouvements du monde et à l'avènement d'un nouvel Etat moderne et progressiste.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">De son côté, le propos de Pulig mériterait aussi quelques nuances, ajustements et développements. Tout à sa thèse d'un possible <i>worst case scenario</i> à la Yougoslave, et à sa peinture dramatique de la situation en Catalogne, en écho à celle vécue par la communauté serbe de Croatie dans les années 90, le journaliste de Novosti procède lui-aussi à quelques omissions et raccourcis.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En l'occurrence, il ne précise pas les différences de contextes historiques, sociologiques et politiques, entre l'Espagne d'aujourd'hui et la Yougoslavie d'alors. Il ne propose pas non plus de comparaison entre les caractéristiques du nationalisme catalan et celles de son pendant croate.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme le démontre</span> <a href="http://www.slate.fr/story/107357/pourquoi-pige-rien-independantisme-catalan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">une analyse assez fouillée parue dans Slate</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le nationalisme catalan possède, historiquement et sociologiquement, une composante de gauche, voire d'extrême-gauche, que le franquisme a contribué à renforcer. Même si cette composante n'est pas la seule, et que le catalanisme touche aussi des sphères politiques plus à droite, lesquelles dominent aujourd'hui en terme d'exercice du pouvoir au sein de la Généralité, ce fond de gauche n'a pas disparu, comme en témoigne la présence, au sein du "Junts pel Si", de deux partis de gauche "appellation d'origine contrôlée" (</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Candidature_d%27unit%C3%A9_populaire" target="_blank"><span style="color: #e06666;">CUP</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_r%C3%A9publicaine_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ERC</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Cette omission du fait gauchiste est d'autant plus étonnante que, si l'on regarde ce que publie habituellement Sre</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">ko Pulig, il apparaît que ce journaliste est un observateur attentif de l'état de la gauche en ex-Yougoslavie. Il devrait donc à priori avoir eu vent de cet aspect du catalanisme, ce d'autant plus que des liens ont existé entre les Républicains Espagnols (dont on fait partie l'immense majorité des Catalans) et la Yougoslavie: </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yugoslav_volunteers_in_the_Spanish_Civil_War" target="_blank"><span style="color: #e06666;">des militants de gauche serbes, croates, bosniaques, hongrois, etc. issus de l'ancien Royaume de Yougoslavie, sont venus combattre en nombre aux côtés des Républicains contre les phalangistes</span></a><span style="color: #fff2cc;">.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-GxTNxicSV08/W7DTMUNOvPI/AAAAAAAAD7A/RzSxmW0mN-oHcNfX-CTJsowkf_hSNBISgCLcBGAs/s1600/yugoslavos%2Ben%2Bla%2Bguerra%2Bcivil.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="557" data-original-width="990" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-GxTNxicSV08/W7DTMUNOvPI/AAAAAAAAD7A/RzSxmW0mN-oHcNfX-CTJsowkf_hSNBISgCLcBGAs/s400/yugoslavos%2Ben%2Bla%2Bguerra%2Bcivil.jpg" width="400" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Membres yougoslaves d'une unité républicaine durant la guerre d'Espagne.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et aujourd'hui, une partie des gauches se reconstituant en ex-Yougoslavie, affiche des sympathies pour la cause catalane, à l'instar de nombreux militants de gauche ailleurs en Europe. Il aurait été précisément intéressant d'interroger cette composante de gauche du catalanisme, face à la polarisation/radicalisation en cours au moment où est écrit l'article, et de questionner éventuellement la bienveillance de certaines gauches, post-yougoslaves ou non, hier opposées à la dislocation de le fédération socialiste, aujourd'hui favorables à l'indépendance de la Catalogne, comme le relevait, non sans ironie, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Slavoj_%C5%BDi%C5%BEek" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Slavoj Zizek</span></a><span style="color: #fff2cc;"> dans</span> <a href="https://www.independent.co.uk/voices/catalan-independence-referendum-spain-liberal-left-european-union-russia-a7982471.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">The Independant</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais comme Pulig n'aborde pas du tout cet aspect, on est privé de réflexions pertinentes sur des questions qui mériteraient pourtant d'être posées.</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-tzxdAWbLhmQ/W7DUMJq3FZI/AAAAAAAAD7M/nTN43_YHquss8FRVHN3BdJKNRd1FjH8RACLcBGAs/s1600/catalunya.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="356" data-original-width="534" height="266" src="https://2.bp.blogspot.com/-tzxdAWbLhmQ/W7DUMJq3FZI/AAAAAAAAD7M/nTN43_YHquss8FRVHN3BdJKNRd1FjH8RACLcBGAs/s400/catalunya.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des militants de la CUP font campagne pour le référendum,&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">malgré l'interdiction.</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sur les affiches : "Votons pour être libres".</span></i><br /><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Au delà de la composante de gauche du mouvement catalan, Sre<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span>ko Pulig n'aborde pas non plus certains visages résolument démocratiques et innovants dans la construction du projet indépendantiste catalan: comme le démontre encore le décryptage proposé par Slate, de larges pans de la société civile catalane sont investis dans l'élaboration d'un pays qui se voudrait "meilleur" que l'existant actuel. Cette dynamique citoyenne et progressiste est omise par le journaliste de Novosti.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'opposé, et pour revenir brièvement en Voïvodine, on peut émettre l'hypothèse que ce visage là du "projet" indépendantiste catalan ne peut que séduire les autonomistes de la province du nord de la Serbie. Ce d'autant plus que l'autonomisme voïvodinien se théorise dans un processus assez proche de ce qu'on vient de décrire en Catalogne, via des débats, des plate-formes, des ONG... On peut aussi dresser des parallèles entre l'héritage anti-franquiste de l'indépendantisme catalan, et la filiation de l'autonomisme voîvodinien avec le mouvement "anti-guerre" des années 90. Kocić&nbsp;ne parle pas non plus de cet héritage et de cette dynamique citoyenne dans son article, mais on devine aisément que son traitement plutôt favorable du fait indépendantiste peut venir de cette similitude d'approches.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le "nationalisme" catalan se présente aussi comme un "nationalisme" inclusif et plutôt démocratique. L'indépendantisme plaide globalement pour une société ouverte, moderne, démocratique, et où peut aspirer à devenir Catalan toute personne, y compris étrangère (sous entendu, les immigrés), qui vit sur place et fait l'effort de "s'intégrer" à la société du nouvel Etat.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce titre, concernant les nombreux Hispanophones et habitants de la Catalogne originaires d'autres régions d'Espagne, point n'est question de les priver de leurs droits civiques, ni de les chasser. La feuille de route de l'indépendance prévoit même pour eux qu'ils puissent bénéficier d'une double nationalité, catalane et espagnole. Quant au castillan, il resterait à priori l'une des langues officielles du nouvel Etat, aux côtés du catalan.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pulig n'évoque pas non plus cet aspect inclusif de l'indépendantisme, aspect qui, à l'opposé, ne peut&nbsp; encore une fois que séduire les autonomistes "cosmopolites" de Voïvodine, dont le correspondant d'Autonomija à Madrid semble proche.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, on est - en principe -&nbsp; assez loin de l'idéologie du HDZ et de sa concrétisation à partir de 1991. Sur le papier, à aucun moment n'est formulée l'idée de créer un Etat autoritaire, ultraconservateur, mafieux, et ne dédaignant pas de recourir aux assassinats politiques et autres crimes de guerre (suivez mon regard).</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">La vaste coalition indépendantiste du "Junts pel Si" n'est pas le HDZ dominé par les "faucons", les irrédentistes d'Herzégovine et les nostalgiques d'Ante Pavelić, au détriment des modérés et des anciens Partisans, rapidement évincés de tout poste décisionnaire (j'avais abordé cette ultra-droitisation du HDZ </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/07/cops-are-not-all-bastards.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">)...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Last but not least, Pulig semble se concentrer sur les dérives et radicalisations qui sévissent du côté des indépendantistes mais évoque peu celles qui s'expriment du côté de l'Etat central et du parti au pouvoir à Madrid. Certes, il cite Isabel Coixet dénonçant l'aveuglement de Madrid, mais pour mieux pointer le fait que cet aveuglement arrange les calculs de Puigdemont... C'est du moins la thèse que soutient la cinéaste, à juste titre d'ailleurs selon moi (on y revient plus bas).</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cependant, une analyse la plus objective possible de la crise catalano-espagnole ne saurait faire l'économie d'une critique plus affinée de l'intransigeance aveugle de Mariano Rajoy et des&nbsp; mécanismes bureaucratiques des institutions centrales espagnoles, comme la Cour Constitutionnelle qui n'a eu de cesse de retoquer des lois et réformes votées par la Catalogne, braquant alors une société ayant le sentiment qu'il faut la permission de papa pour tout changement pourtant décidé dans les règles du jeu démocratiques. L'article de Slate pointe à ce titre les échecs de l'Etat espagnol post-franquiste dans la construction d'un fédéralisme abouti, où précisément, les entités décentralisées ne possèdent pas toutes les prérogatives que permet habituellement ce type de fédéralisme, ce qui génère des frustrations. A ce titre, les anciennes républiques yougoslaves possédaient des degrés d'autonomie plus fortes que les régions autonomes d'Espagne, en particulier dans le domaine des recettes fiscales. Ce sont ces droits qui les pousseront, lorsque crises politiques et économiques mineront la Yougoslavie, à demander plus, la main d'abord, puis le bras.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A côté des problématiques de l'Etat espagnol, inachevé et étriqué dans certains de ses fonctionnements, le rôle du gouvernement central est une clé essentielle de compréhension de la radicalisation de la partie catalane. On le sait, Rajoy ne voulait pas discuter avec les indépendantistes, et s'est contenté de marteler que le référendum du 1er octobre 2017 était illégal, que la loi s'appliquerait en cas de tenue de ce référendum, et que de toute façon, la Catalogne fait partie de l'Espagne, point barre. D'après</span> <a href="https://www.lemonde.fr/journaliste/sandrine-morel/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Sandrine Morel</span></a><span style="color: #fff2cc;">, correspondante du Monde à Madrid, qui a publié cette année en Espagne un ouvrage qui revient sur la crise catalane (2), il était même impossible, et ce de longue date, d'interroger les membres du gouvernement espagnol sur la question catalane: un non-problème, un phénomène qui n'existe pas. En Voïvodine, l'article d'Autonomija voit avec pertinence dans cet aveuglement de Madrid des parallèles avec celui de Belgrade face au Kosovo. Alors que l'indépendance de l'ancienne province s'annonçait comme de plus en plus inéluctable, les autorités serbes continuaient de claironner à tout vent que le Kosovo était serbe et qu'il en serait toujours ainsi, point barre. "On sait comment cela s'est terminé" rappelle&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;avec malice dans son article, suggérant qu'un schéma similaire pourrait s'appliquer un jour à la Catalogne.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ces mises au point faites, dès la lecture des deux articles, donc avant d'assister aux tristes événement de septembre et octobre 2017, je partageais quand même davantage l'inquiétude et les réserves de Novosti que l'optimisme badin d'Autonomija. J'avais effectivement la sensation que les deux parties étaient dans un dialogue de sourd de plus plus en plus profond, et que, face à l'intransigeance insensée de Madrid, le camp indépendantiste se durcissait dans le discours et les attitudes. J'avais aussi acquis le sentiment que Puigdemont, derrière son visage poupin de gendre idéal et ses allures de cadre supérieur décontracté, était en fait un sale type, prêt à tout pour arriver à ses fins, dans ce qui ressemblait de plus en plus à une fuite en avant, mâtinée là aussi d'aveuglement entêté, et d'une bonne dose d'improvisation.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les faits ont confirmé cette sensation. Avec beaucoup de cynisme selon moi, le leader indépendantiste et ses alliés ont tablé sur un déplacement du conflit de la sphère politique vers "la rue", risquant très clairement la sécurité et l'intégrité physique des habitants de la région, y compris de leurs supporters, dans des affrontements. Un choix machiavélique qui n'est pas sans rappeler certaines manoeuvres des responsables de l'éclatement de la Yougoslavie, tablant eux aussi sur la rue et la foule. On me répondra que les citoyens qui sont descendus dans la rue pour défendre la tenue et le résultat du vote, ou ceux qui se sont mobilisés pour manifester avec fougue leur attachement à l'Espagne, y sont tous allés spontanément et de leur plein gré. Certes. Mais je pose néanmoins la question de savoir à quel moment un comportement protestataire demeure spontané et choisi, et à quel moment il est le fruit un peu trop mûr d'un contexte politique passionnel où le dialogue au sommet est rompu et où le point de non retour est atteint...&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/-JtvwlOKMaA" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Affrontements entre l'Armée Fédérale Yougoslave et la population à Zagreb,&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>le 2 juillet 1991 (l'indépendance de la Croatie a été proclamée le 25 juin).&nbsp;</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Reportage de la télévision slovène.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce calcul de Puigdemont est d'autant plus scandaleux, que son coup de poker terminé avec&nbsp;le flop que l'on sait, l'homme s'est lamentablement débiné en allant se mettre les fesses au chaud chez ses amis flamands de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nieuw-Vlaamse_Alliantie" target="_blank"><span style="color: #e06666;">NVA</span></a><span style="color: #fff2cc;">, parti nationaliste</span><span style="color: #e06666;"> <a href="http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/la-n-va-d-extreme-droite-les-experts-sont-partages-5602e51835700fb92f211ecf" target="_blank"><span style="color: #e06666;">guère plus fréquentable</span></a></span> <span style="color: #fff2cc;">que l'infâme Vlaams Blok/Belang (dont on a parlé récemment </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/05/plongees-en-abysses.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">), alors que certains de ses partenaires du "Junts Pel Si" se retrouvaient en prison et y croupissent toujours.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Entre temps, le mythe de l'intégrité et du progressisme de la cause catalane s'est aussi davantage fissuré, confirmant là aussi certains ressentis de Pulig: outre les accusations de fascisme visant sans distinction les loyalistes à l'Etat espagnol, outre l'éviction de ministres modérés ou timorés quant à l'accélération du processus de séparation d'avec Madrid, les indépendantistes ne seraient pas aussi intègres et progressistes qu'ils le prétendent, dans le lobbying pour leur cause: toujours dans son ouvrage sur la crise catalane, la correspondante du Monde Sandrine Morel</span> <a href="https://www.elperiodico.com/es/politica/20180603/revelaciones-corresponsal-le-monde-proces-independentista-6854742" target="_blank"><span style="color: #e06666;">raconte encore avoir été victime de pressions de la part de certains de ses interlocuteurs indépendantistes</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">, qui lui reprochaient de donner une version tronquée de leur combat. "Si nous achetons de la pub dans ton journal, tu verras ce que tes chefs te diront d'écrire sur nous", lui auraient dit l'un d'eux, irrité par les questions de la journaliste. Alors que celle-ci était sous le choc de cette intimidation, l'homme aurait ajouté: "c'est comme ça que ça marche ici". Plus inquiétant, peu de temps avant cette remarque, le même homme aurait menacé: "si le référendum n'a pas lieu, nous aurons un vrai </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Euroma%C3%AFdan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Maïdan</span></a><span style="color: #fff2cc;"> [en Catalogne]", preuve que certains indépendantistes n'excluaient pas une dérive violente.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-rEVhKl5dT3M/W7DU18t3jtI/AAAAAAAAD7U/7zpUwroOycofKl0VQkiJ6hj0TAzwxGnrwCLcBGAs/s1600/Sandrine%2BMorel.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="240" data-original-width="426" height="225" src="https://3.bp.blogspot.com/-rEVhKl5dT3M/W7DU18t3jtI/AAAAAAAAD7U/7zpUwroOycofKl0VQkiJ6hj0TAzwxGnrwCLcBGAs/s400/Sandrine%2BMorel.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Sandrine Morel, lors d'une interview à la télévision catalane TV3,&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">où elle fait état des pressions et de certaines attitudes du camp indépendantiste&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">(à regarder</span><span style="color: #e06666;"> <a href="http://www.ccma.cat/tv3/alacarta/els-matins/sandrine-morel-corresponsal-de-le-monde-denuncia-pressions-per-informar-del-proces/video/5770141/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a></span><span style="color: #fff2cc;"> si vous comprenez l'espagnol).</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Morel présente aussi Puigdemont comme un politicien égocentrique, convaincu de parvenir à faire tomber Rajoy, et prêt à tout pour y arriver, dans un combat de coq sans pitié dans la basse-cour ibérique.</span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Derrière son visage moderniste, démocratique et inclusif, l'indépendantisme catalan n'est pas dépourvu de rancoeur et de revanchisme face au reste de l'Espagne et au castillan, langue qui cohabite toujours avec le catalan dans la région, tout comme la majorité des Croates éprouvait rancoeur et désir de revanche face à la Yougoslavie et à la supposée domination des Serbes, domination s'exprimant même selon eux par la langue (le SERBO-croate). Et le revanchisme, ça ne donne jamais rien de bon... S'il est normal que le catalan soit protégé, enseigné, cultivé et encouragé, on observe&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">des cas de refus de parler castillan à un interlocuteur hispanophone dans certaines situations de la vie courante, ainsi que&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">des débuts de </span><a href="https://www.courrierinternational.com/article/espagne-barcelone-ne-pas-parler-catalan-peut-couter-cher" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">chicaneries administratives</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> de la part des autorités, sans parler d'absurdités grotesques, comme le recrutement d'interprètes par le parlement catalan en novembre 2009, pour traduire les échanges avec une délégation venue du Nicaragua, alors que les députés catalans comprennent tous parfaitement l'espagnol. Là encore, les purifications linguistiques du serbo-croate, qui ne concernent pas que la variante croate, comme on le pense souvent, mais toutes les variantes de cette langue, nous montrent jusqu'à quel degré de bêtise peut aller ce revanchisme, à la différence près que le serbo-croate demeure bien une seule et même langue, alors que le catalan et l'espagnol, quoique proches, sont bien deux langues différentes, avec chacune leur prononciation, leur vocabulaire et leur grammaire propres.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Richesse de la région, le bilinguisme catalan/castillan marquerait le pas, d'après Isabel Coixet, et </span><a href="https://lepetitjournal.com/barcelone/education/les-langues-dans-le-systeme-scolaire-catalan-comment-ca-marche-215407" style="color: #fff2cc;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">il n'est plus possible de suivre des cours moitié en castillan, moitié en catalan hors des écoles privées</span></a><span style="color: #fff2cc;">. En d'autres termes, le castillan est de plus en plus enseigné comme une langue étrangère, et seuls les milieux aisés peuvent inscrire leurs enfants dans une école pratiquant à égalité les deux langues.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Rappelons aussi que les indépendantistes ont leurs radicaux, comme</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span><a href="http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/05/16/31002-20180516ARTFIG00125-qui-se-cache-derriere-le-sulfureux-quin-torra-nouveau-president-de-la-catalogne.php" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Quim Torra</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, devenu d'ailleurs le nouveau président de la Généralité suite aux élections de décembre 2017. Ce proche de Puigdemont est connu en Espagne pour avoir traité les Espagnols de "hyènes" et autres tweets racistes, présentant le reste du pays comme habité par une sous-race méprisable, voleuse et opportuniste, ce qui rappelle des propos entendus à l'époque à Ljubljana ou à Zagreb. Si ce genre de sorties demeure minoritaire parmi les indépendantistes, et que l'homme a depuis exprimé ses regrets et présenté ses excuses, il reste une incarnation du bloc des "durs". Hors de la sphère politique, le vandalisme de voitures immatriculées à Madrid était monnaie courante à Barcelone, lors des matchs Barça-Real, avant que le gouvernement espagnol ne se décide à anonymiser les plaques minéralogiques ...comme en Bosnie-Herzégovine, où il est impossible de savoir si une voiture est de Banja Luka, Tuzla ou Sarajevo.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin, le référendum du 1er octobre, quintessence de l'expression démocratique selon les indépendantistes, fut entaché d'</span><a href="https://www.huffingtonpost.fr/2017/10/04/referendum-en-catalogne-dans-70-communes-il-y-a-eu-plus-de-bulletins-oui-que-delecteurs-inscrits_a_23232837/" style="color: #e06666;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">irrégularités</span></a><span style="color: #fff2cc;">, dignes d'ailleurs de celles que l'on observe lors d'élections en ex-Yougoslavie, encore aujourd'hui.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-OpRqbUsNfgE/W7DaEKNIEwI/AAAAAAAAD8A/LBg4kgtT7VIiYcJZCU--xDH1o8cyJamwgCLcBGAs/s1600/R%25C3%25A9pression%2Bpolici%25C3%25A8re%2BBarcelone.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="638" data-original-width="975" height="261" src="https://4.bp.blogspot.com/-OpRqbUsNfgE/W7DaEKNIEwI/AAAAAAAAD8A/LBg4kgtT7VIiYcJZCU--xDH1o8cyJamwgCLcBGAs/s400/R%25C3%25A9pression%2Bpolici%25C3%25A8re%2BBarcelone.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Répression policière à Barcelone, le 1er octobre 2017</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme dans beaucoup de conflits, les torts sont partagés, ce qui ne signifie pas que les degrés de responsabilités soient identiques. Celui qui oppose Puigdemont à Rajoy, la Catalogne à l'Etat central, ne fait pas exception. Chacune des parties s'est ici employée, méthodiquement, à rendre tout dialogue impossible, avec le tragique point culminant du 1er octobre, où les matraques ont frappé, où le sang, indépendantiste comme loyaliste, a coulé, et où des affrontements, certes au final relativement isolés, ont éclaté entre pro et anti-indépendantistes, dont des "ultras" d'extrême-droite qui n'attendaient que ça, au détour d'une manif ou d'une terrasse de café, ou devant le siège de Catalunya Radio, la radio publique catalane, accusée d'être pro-indépendance, ce qui a valu à ses journalistes de devoir rester plusieurs heures à l'intérieur du bâtiment, menacés par des partisans échaudés du maintien dans l'Etat espagnol.&nbsp;</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-vGt-gPF6lp0/W7DZAPSxPoI/AAAAAAAAD70/nHgOr444pkwcHrNz6-lQywFWe0CewYIFQCLcBGAs/s1600/Imagen-agresion-vecino-parte-ultras_EDIIMA20171027_1157_4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="643" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-vGt-gPF6lp0/W7DZAPSxPoI/AAAAAAAAD70/nHgOr444pkwcHrNz6-lQywFWe0CewYIFQCLcBGAs/s400/Imagen-agresion-vecino-parte-ultras_EDIIMA20171027_1157_4.jpg" width="400" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Affrontements entre indépendantistes et loyalistes devant un café à Barcelone,&nbsp;</span></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">dans la nuit du 1er au 2 octobre 2017.</span></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ces tristes événements n'ont heureusement pas dégénéré. Il n'y a pas eu de snipers pro-Espagne tirant sur la foule sur l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avenue_Diagonale" target="_blank"><span style="color: #e06666;">avenue Diagonale</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ou sur la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Place de Catalogne</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ni de barricades érigées dans certaines communes catalanes, où les hispanophones, souvent venus des régions pauvres du royaume, et ne comprenant pas ce qu'on leur reproche au juste derrière la volonté séparatiste, sont nombreux voire majoritaires (tout comme de nombreux Serbes de Croatie, dont les ancêtres étaient venus il y a plusieurs siècles, ne comprenaient pas pourquoi, soudain, tout le monde les détestait). Il n'y a pas eu de <i>worst case scenario</i> à la yougoslave, mais ces violences, quelle que soit l'opinion politique de celles et ceux qui en ont été les victimes, sont déjà de trop. Le climat rance et tendu de polarisation de la société, tel que décrit par Novosti, risque de persister, et avec lui, les frustrations et les rancoeurs d'un camp comme de l'autre.&nbsp;</span></span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Loin de l'optimisme décontracté qui émane de l'article d'Autonomija, l'article de Novosti suggère selon moi trois choses fondamentales que je pose en guise de conclusion:</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Premièrement, un projet d'indépendance, aussi légitime soit-il, historiquement, socialement ou culturellement (et l'indépendantisme catalan est, sur un certain nombre d'aspects, légitime), ne peut pas tirer un trait sur des décennies voire des siècles d'existence au sein d'un autre Etat, avec tout ce que ce passif implique: par exemple, la présence de citoyens d'autres régions de cet Etat, parlant</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">éventuellement</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;une autre langue, et attachés à cet Etat, et voyant même dans le maintien de celui-ci une garantie de leurs droits. A côté des délires inexcusables de la</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Grande Serbie" (=Union de tous les Serbes dans un seul Etat, par la guerre si besoin), la situation décrite à l'instant était celle de certains Serbes de Croatie ou de Bosnie-Herzégovine, qui se sentaient protégés juridiquement et culturellement par l'Etat yougoslave, et tenaient donc à sa survie. C'était aussi le cas de beaucoup de "Yougoslaves", toutes "ethnies" confondues, vivant en Slovénie, citoyens à part entière de cette république dans l'ancien Etat, que l'indépendance</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2013/07/nos-ancetres-les-effaces.html" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">a privé du jour au lendemain de leurs droits civiques</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Deuxièmement, une prise d'indépendance n'est pas un processus léger, simple et sans conséquences, mais il a des implications profondes et durables. Pour ceux qui aspirent à la réalisation de ce processus, celui-ci est une promesse, une perspective optimiste, où les ajustements et mutations nécessaires, voire les quelques sacrifices éventuels, seront compensés par la concrétisation du projet et ses bienfaits escomptés à moyen et long terme. Mais pour les autres, défavorables à ce processus, celui-ci va signifier des changements lourds et irréversibles, un basculement dans un monde nouveau où il faudra consentir à de gros efforts d'adaptation, voire à devoir faire profil bas... Face à cette frange de population sceptique voire anxieuse, l'intelligence comme l'éthique politiques exigeraient, à défaut de parvenir à convaincre, de prendre en compte les inquiétudes, de rassurer, de dire que l'on s'efforcera de faire que ce changement soit le plus indolore possible. En aucun cas, ignorer, mépriser, ni insulter cette population, en insinuant qu'elle est franquiste (Catalogne) ou en la privant de ses droits (Croatie et Slovénie).</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Troisièmement, aussi inclusif, humaniste et démocratique soit-il, un projet indépendantiste tend néanmoins bien souvent, et à un moment donné, à se durcir et à faire remonter à la surface des caractéristiques moins progressistes, comme le revanchisme, la victimisation obsessionnelle,&nbsp; l'essentialisation méprisante de l'adversaire ou du peuple dont on veut divorcer, ou encore l'idée que la fin justifie les moyens....</span></div><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Quant à la tragédie yougoslave, celle-ci nous enseigne qu'une fois que la promesse de réalisation d'un grand rêve national a été inoculée dans les esprits, il est quasi impossible de la refréner et de revenir en arrière. La crise entre l'Espagne et la Catalogne risque donc de durer et il faudra beaucoup d'intelligence, d'imagination et de sens du dialogue pour la désamorcer.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je n'ai pas d'opinion 100% tranchée sur l'indépendance catalane, et développer le pour et le contre de cette cause vaudrait un post à lui tout seul. Chacun aura compris que je ne me retrouve ni dans la fuite en avant de Puigdemont et de ses alliés, ni dans l'intransigeance autoritaire de Rajoy. Je suis, comme d'autres observateurs de cette crise, favorable à ce que cette question soit tranchée par un référendum, mais un référendum véritablement démocratique (pas un coup de force assorti de calculs cyniques et dangereux), c'est à dire avec un vrai débat contradictoire, et surtout un débat dépassionné, où chaque partie pourrait faire valoir ses arguments dans le dialogue, l'écoute et le respect mutuel, permettant ainsi à chaque citoyen de se déterminer en son âme en conscience.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Un an après les tragiques événements survenus en Catalogne, et même si nous avons échappé à un conflit armé, je ne pense pas que les conditions soient réunies pour que ce débat apaisé ait lieu...&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-cBImWUPPSgI/W7DXyAWEqZI/AAAAAAAAD7k/bac4KYEjEME68iQlup_G2pl3rmfsPLPMwCLcBGAs/s1600/barcelone%2Brepression.jpg" imageanchor="1" style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="563" data-original-width="980" height="183" src="https://2.bp.blogspot.com/-cBImWUPPSgI/W7DXyAWEqZI/AAAAAAAAD7k/bac4KYEjEME68iQlup_G2pl3rmfsPLPMwCLcBGAs/s320/barcelone%2Brepression.jpg" width="320" /></a></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b><u>N.B.</u>: </b><i>L'image qui ouvre le post est la couverture du journal slovène Mladina du 6 octobre 2017. Sur fond de drapeau catalan et d'images de la répression du 1er Octobre, l'hebdomadaire, favorable autrefois à l'indépendance slovène, titre : "Naissance d'un Etat. Ou la raison l'emporte, ou la Catalogne doit s'attendre à un écroulement sanglant comme dans les Balkans."</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b>Prolonger:</b><i>&nbsp;</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">"Slate" a fait un travail remarquable autour de la Catalogne, avec de nombreux articles proposant des analyses, points de vue et opinions très divers (aussi bien favorables que défavorables à l'indépendance), permettant de mieux appréhender la complexité de cette crise. Pour les lire, c'est par </span><a href="http://www.slate.fr/dossier/8719/catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">là</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(1) En réalité, dans la VO, le journaliste dit "dosadni Katalonci", "dosadni" signifiant "ennuyeux", au sens à la fois d'ennui dans le désoeuvrement, mais aussi au sens de "pénible, embêtant, emmerdant", d'où le choix de ce dernier terme dans ma traduction, lequel me semble mieux rendre la pensée de l'auteur, et le ton de son article.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(2) Sandrine Morel, "En el huracán catalán: Una mirada privilegiada al laberinto del procés" ("Dans l'ouragan catalan: un regard privilégié sur le labyrinthe du processus [d'indépendance]") Editions Planeta, non traduit à ce jour en français.</span></div><br /><strike></strike>
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La grave "crise" de l'automne 2017 entre Madrid et Barcelone a volontiers sonné sur place comme un retour du refoulé de la crise yougoslave d'alors, même si toutes les comparaisons et analogies avec celle-ci ne sont pas forcément pertinentes. On a largement commenté sur place ces événements, que ce soit chez les professionnels de l'information (la presse) ou chez les "amateurs" sur les réseaux sociaux. Chacun est allé de son analyse, projetant bien souvent un regard yougo-centré, pas forcément inexacte ou inintéressant, mais parfois néanmoins emprunt de fantasmes ou de raccourcis.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour le dire concrètement mais de façon schématique, les pro-indépendance ont inscrit le combat</span><span style="color: #fce5cd;"> </span><a href="https://laviedesidees.fr/Catalanisme-histoire-d-un-concept.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">catalaniste</span></a> <span style="color: #fff2cc;">dans une même dynamique que le combat indépendantiste de leur peuple lors de la dislocation yougoslave. Le "mouvement catalan", réputé "moderne", dynamique, modéré, et ancré dans les valeurs européennes, a eu bon dos pour certifier que les indépendances d'alors (ou à venir) dans la Yougosphère étaient légitimes et bien intentionnées. Une façon d'effacer les pots cassés et autres dommages collatéraux de ces indépendances, de la purification ethnique, administrative ou militaire, aux crimes de guerre. Du côté de ceux qui expriment des réserves ou sont ouvertement défavorables à l'indépendance de la Catalogne, on a justement rappelé avec force combien les envols pris par les uns et les autres en Yougoslavie ont généré de violence, certains exprimant leur inquiétude, affirmant que les Catalans ne savaient pas ce qui les attendait en termes de répression.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a name='more'></a><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour être là encore très schématique, on peut ranger dans les "pro-Catalans" la majorité des opinions et des presses croates et slovènes, où l'on rappelle volontiers que des manifestations de solidarité avec les républiques yougoslaves séparatistes se sont tenues en Catalogne au début des années 90. Chez les Bosniaques aussi, on se souvient du soutien de la Catalogne, notamment face au siège de Sarajevo. Ceci posé, le consensus face au désir d'indépendance de la province espagnole n'est pas intégral au sein de la communauté bosniaque, chez qui on observe davantage de réserve, d'inquiétude, voire de désapprobation. Rien d'étonnant dans ces positionnements, une nette majorité de Croates et de Slovènes, toute sensibilité politique confondue, assume et revendique la justesse du choix indépendantiste de leur pays. Parmi les Bosniaques, l'attachement à la Yougoslavie était plus fort, et le sentiment qu'on a payé très cher le prix de la séparation reste tenace. Il est donc compréhensible que l'on soit plus réservé.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-OEcehTaHRAg/W7C9SjVD_7I/AAAAAAAAD5w/mMfXcXsZmzEAwo9jxASJccDuwSYFevaVwCLcBGAs/s1600/sarajevo_skup_podrska_katalonija_RSA1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="788" data-original-width="1179" height="266" src="https://3.bp.blogspot.com/-OEcehTaHRAg/W7C9SjVD_7I/AAAAAAAAD5w/mMfXcXsZmzEAwo9jxASJccDuwSYFevaVwCLcBGAs/s400/sarajevo_skup_podrska_katalonija_RSA1.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Manifestation de soutien à l'indépendance de la Catalogne à Sarajevo.&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>(c) Radio Sarajevo.<br />Détail piquant, sur la fresque au second plan, il est écrit&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Barcelone, Sarajevo est avec toi" ...en espagnol ("Sarajevo esta contigo") et non en catalan.</i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quant aux Serbes, et je parle ici de l'ensemble des Serbes d'ex-Yougoslavie (donc aussi des Serbes de Bosnie-Herzégovine, du Monténégro, du Kosovo et de Croatie), ils se retrouvent avec les fesses entre deux chaises: d'un côté s'exprime la tentation de soutenir les aspirations catalanes à l'indépendance, pour mieux suggérer que la prise d'indépendance de la Republika Srpska serait un horizon souhaitable. De l'autre, il y a l'inqualifiable perte du Kosovo, et du coup, affirmer que le combat catalan serait juste et bon revient à donner des gages de légitimité à la cause albano-kosovare. Rappelons ici au passage que l'Espagne ne reconnaît toujours pas le Kosovo, précisément pour ne pas donner de grain à moudre aux Basques et aux Catalans... </span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce dilemme serbo-serbe inconciliable s'ajoute un sentiment yougoslave ou yougonostalgique qui s'est davantage maintenu chez les Serbes que chez les Croates ou les Slovènes.&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce sentiment "yougoslaviste" existe aussi, on n'est pas à une contradiction près, chez certains nationalistes, qui considèrent que les Serbes ont été trahis par les autres peuples yougoslaves, et que par ailleurs les Serbes avaient un rôle quasi messianique de "garants" du projet yougoslave.&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce sentiment d'être le peuple "moteur" s'accompagne de tendances à promouvoir un Etat fort et centralisé, héritées d'ailleurs en partie des liens qui ont existé entre la Serbie et la France au XIXe et XXe siècle, de nombreux cadres et officiers de l'Etat serbe s'étant formés et France, où ils ont puisé certains modèles politiques. Ceux qui continuent d'adhérer à cette vision auraient donc plutôt tendance à appuyer l'attitude de Madrid.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est malheureusement en grande partie la réaffirmation de ce rôle de peuple "moteur" au cours des années 80 qui a conduit les "autres peuples" à envisager de prendre le large.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'opposé, en Serbie même,&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">bon nombre de ceux qui s'opposèrent à la guerre ou à&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;considèrent qu'ils n'ont pas choisi cette dislocation de l'ancien pays, et restent aussi volontiers attachés à sa mémoire. Ces "progressistes" accusent davantage les nationalistes serbes (voire même leurs co-nationaux irrédentistes de Croatie et de Bosnie-Herzégovine) d'être responsables de l'effondrement du pays, que les Croates et les Slovènes. Ils peuvent en quelque sorte "entendre" qu'on ait pu vouloir se séparer de leur pays en plein délire, dominé par&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.<br /><br />Enfin, il y a les Serbes devenus des minorités nationales, comme en Croatie ou au Monténégro, ou des communautés enclavées, comme au Kosovo, sans parler de ceux qui ont du fuir des territoires où ils vivaient parfois depuis plusieurs siècles. Ces Serbes là évidemment ont vécu les sécessions successives comme un cauchemar à ne pas reproduire...sauf éventuellement, on l'a dit, dans le cas de la Republika Srpska, et d'une réunion, plus qu'hypothétique et porteuse de nouveaux conflits, de tous les Serbes dans un seul Etat. Mais à vrai dire, hormis les extrémiste, plus grand monde ne croit ni même n'adhère véritablement aujourd'hui au projet de "Grande Serbie", l'effort devant porter, pour la majorité des Serbes, sur ce qu'on peut encore sauver de "serbitude", au Kosovo ou ailleurs...</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce mouvement de chaises musicales autour de la partition catalane chez les Serbes est révélateur des tiraillements en vigueur chez cette communauté d'ex-Yougoslavie, qui, contrairement à ce que l'on imagine souvent en Occident, ou même sur place, est loin d'être homogène, et offre au contraire nombreux contrastes et contradictions.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A ce titre, les deux articles les plus significatifs que j'ai pu lire dans la presse de la Yougosphère sont des articles serbes, parus tous deux au cours de l'été 2017, donc avant le référendum unilatéral engagé par</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carles_Puigdemont" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Carles Puigdemont</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et ses alliés, et les incidents dont nous avons été témoins en Catalogne, au début de l'automne de la même année. Les deux médias où ont été publiés ces deux articles ont ceci de particulier qu'ils sont, à leur manière, la voix de deux Serbie que je qualifierai chacune de "périphérique". Une périphérie à la fois géographique et intellectuelle.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-t7vsD1-kouY/W7DMmQe7JiI/AAAAAAAAD58/xaqQ_erwM-cQ27C_JVQhubHAjXOMdNfawCLcBGAs/s1600/novosti3.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="750" data-original-width="521" height="320" src="https://1.bp.blogspot.com/-t7vsD1-kouY/W7DMmQe7JiI/AAAAAAAAD58/xaqQ_erwM-cQ27C_JVQhubHAjXOMdNfawCLcBGAs/s320/novosti3.jpg" width="222" /></a></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le premier média est</span> <a href="https://www.portalnovosti.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Novosti</span></a><span style="color: #fff2cc;">, l'organe du très officiel</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Serb_National_Council" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Conseil National des Serbes de Croatie</span><span style="color: #fff2cc;">.</span></a><span style="color: #fff2cc;"> C'est donc un journal serbe de Croatie, rattaché à l'organe représentatif de cette communauté, et reconnu officiellement par l'Etat croate. J'avais déjà évoqué le Conseil des Serbes et Novosti</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/05/lemancipation-par-le-serbe.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et rappelle brièvement les caractéristiques de ce journal: il défend une vision plutôt "modérée" sur la question des Serbes de Croatie, et se veut loyaliste à cet Etat. Il considère que la communauté serbe doit se prendre en main et participer pleinement à la vie politique, sociétale et culturelle de son pays, la Croatie. Même si ce positionnement n'empêche pas Novosti d'être, à juste titre, et en phase avec les inquiétudes de sa communauté, sévère quant aux dérives néo-oustachistes en vigueur en Croatie, il le fait sans irrédentisme ni volonté de déterrer la hache de guerre. Bref, on est loin des années 90 où les Serbes de Croatie, poussés par Belgrade, et provoqués par Zagreb, avaient, pour nombre d'entre eux, fait le choix de la violence. Un choix qui, associé aux exactions côté croate, a coûté cher à cette communauté, dont une bonne part a dû fuir lors de l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Temp%C3%AAte" target="_blank"><span style="color: #e06666;">opération Oluja</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Aujourd'hui, ceux qui sont restés font globalement profil bas, dans une Croatie qui les tolère tant qu'ils ne la ramènent pas. Ils sont juridiquement "protégés" par des lois sur les droits des minorités, ratifiées par la Croatie pour pouvoir intégrer l'Union Européenne. Leurs représentants privilégient l'action politique et le dialogue avec la majorité croate, et recourent au "soft-power" médiatique dont Novosti est le porte-voix.</span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Malgré ces liens avec le Conseil National des Serbes de Croatie qui auraient pu en faire un outil ouvertement propagandiste, Novosti est un média de qualité, plutôt de gauche, avec de bonnes plumes, de bons dossiers et des enquêtes de fond. Il figure selon moi parmi les meilleurs journaux de Croatie. C'est en tout cas une source qu'on affectionne dans ce blog.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'autre média ayant écrit sur la Catalogne en été 2017 est "</span><a href="http://www.autonomija.info/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Autonomija</span></a><span style="color: #fff2cc;">". C'est un magazine en ligne basé en</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vo%C3%AFvodine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Voïvodine</span></a><span style="color: #fff2cc;">, cette province du nord de la Serbie aux nombreuses spécificités. Majoritairement peuplée de Serbes, la Voïvodine n'a jamais fait partie de l'Empire Ottoman, à la différence du reste de la Serbie et de la Bosnie-Herzégovine. Elle a en revanche appartenu à l'Autriche-Hongrie. A ce titre, elle abrite encore aujourd'hui de nombreuses minorités dont la présence est un reliquat de l'ancien empire à deux têtes: Hongrois, deuxième communauté de la province en nombre, Roumains, Ruthènes (Ukrainiens), Tchèques, Slovaques, et même quelques descendants d'Allemands, constituent quelques pièces de la mosaïque régionale. Ces spécificités font qu'une proportion importante de Serbes de Voïvodine se sent différente des autres Serbes, en particulier de ceux de l'ancien Empire Ottoman. Pour dire les choses schématiquement, ces Serbes "à part" sont souvent davantage progressistes sur les questions de société, plus favorables à l'Occident, aux idées démocratiques et au libéralisme économique, que leurs "compatriotes" des autres "pays" serbes. Ils revendiquent leur appartenance à la Mitteleuropa, et non aux Balkans, et défendent l'idée d'une Voïvodine ouverte, moderne et multiethnique. On ne saurait bien-sûr généraliser cette mentalité à l'intégralité des Serbes de Voïvodine, loin de là, mais elle constitue toutefois une lame de fond assez importante. Suffisamment en tout cas pour que les différents pouvoirs aient voulu mater cette province.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'un des premiers coups portés à la Voïvodine a été la "</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Anti-bureaucratic_revolution" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Révolution anti-bureaucratique</span></a><span style="color: #fff2cc;">", qui, sous couvert de renverser la bureaucratie, soi-disant corrompue et incompétente, de la province, fut en fait un véritable putsch, orchestré par un&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;en pleine ascension, qui décapita le pouvoir, non nationaliste, en place à Novi Sad. L'autonomie de la province fut supprimée, et celle-ci se retrouva sous tutelle directe de Belgrade.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Elle résistera tant bien que mal pendant le conflit des années 90, avec un mouvement "anti-guerre" actif, ainsi que des cas de désobéissance civile et de désertions soutenus par de nombreux citoyens. Cependant, l'équilibre interethnique s'est trouvé fragilisé. Les Hongrois, notamment, ont subi des exactions de la part de nationalistes serbes, et bon nombre d'entre eux sont partis de l'autre côté de la frontière pour ne jamais revenir. Le régime a cherché précisément à bouleverser la démographie et la sociologie de la province: à cette époque, de nombreux réfugiés serbes de Bosnie-Herzégovine, de Croatie et du Kosovo ont été rapatriés en Voïvodine au gré des rebondissements du conflit et des purifications ethniques qu'il a généré. Issus de villages ou de régions pauvres, partis dans des conditions souvent difficiles, et ayant tout perdu, ces "pieds noirs serbes" se sont sentis mal à l'aise dans le creuset voïvodinien. La frustration et l'intégration en dent de scie d'une partie d'entre eux ont contribué à nourrir les partis nationalistes serbes. On aurait tort cependant de tout mettre sur le dos de ces "rapatriés", la dégénérescence de la société voïvodinienne concernant aussi ses habitants "de souche".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Ces mutations vers le bas de la société voïvodinienne ne firent en fait que suivre la déliquescence de la société serbe en générale, minée par l'isolement du pays, et livrée aux mafias prospérant sur l'embargo et les butins de guerre. Humiliation suprême pour les progressistes de la région, le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_radical_serbe" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Parti radical Serbe</span></a><span style="color: #fff2cc;"> finit même par gagner la municipalité de sa capitale, Novi Sad. Les Radicaux firent alors de la ville leur laboratoire, à l'instar des villes FN en France. Les milices néofascistes serbes semèrent la terreur à Novi Sad ou dans les villages cosmopolites de la province, où des nationalistes hongrois, proches du</span></span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jobbik" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Jobbik</span></a><span style="color: #fff2cc;">, venaient aussi faire occasionnellement le coup de poing. Le paysage sociologique a donc considérablement changé en 30 ans, et aujourd'hui, beaucoup d'analystes et de citoyens, y compris issus de la province elle-même, jugent que la Voïvodine ouverte et épanouie dans sa diversité n'est plus qu'un mythe...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En dépit ou peut-être à cause de cette situation, un régionalisme, voire, pour les plus déterminés, un désir d'indépendance, s'est développé chez certains habitants de la province, y compris et notamment parmi ses habitants serbes. Si l'indépendantisme est minoritaire (autour de 15% dans les sondages), l'autonomisme tourne autour des 50%. Conceptualisé au sein de l'ancien mouvement anti-guerre de la région et de l'intelligentsia progressiste de Novi Sad et de Subotica, les deux principales villes de la province, il séduit peu à peu d'autres couches de la société, et notamment une partie des citoyens issus des minorités nationales. Ces derniers sont rassurés par un projet politique qui ne cherche pas à les assimiler ou à les instrumentaliser (=politique récurrente de l'Etat serbe), mais au contraire, vise à mieux protéger leurs droits linguistiques et culturels.</span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-gf4cYYlXoyI/W7DNTp2-vSI/AAAAAAAAD6M/l8rwx1T5kAArsTy83VGYWcGbTD7ZzU91ACLcBGAs/s1600/pravda%2Bza%2BVojvodinu%2BLSV.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="678" data-original-width="1024" height="263" src="https://3.bp.blogspot.com/-gf4cYYlXoyI/W7DNTp2-vSI/AAAAAAAAD6M/l8rwx1T5kAArsTy83VGYWcGbTD7ZzU91ACLcBGAs/s400/pravda%2Bza%2BVojvodinu%2BLSV.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Justice pour la Voïvodine"</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Manifestation de la </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_des_sociaux-d%C3%A9mocrates_de_Vo%C3%AFvodine" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ligue des Sociaux Démocrates de Voïvodine (LSV)</span></a><span style="color: #fff2cc;">,&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>un parti réclamant la création d'une "république" de Voïvodine à l'autonomie très large, dans une Serbie fédéralisée.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ce courant prône une Voïvodine multiethnique, moderne, dynamique, démocratique, libérale, européenne, mais fortement autonome par rapport à Belgrade, qui bien-sûr, ne veut rien entendre, et n'a jamais restitué à la province l'intégralité de ses prérogatives du temps de la Yougoslavie. Une surdité et un immobilisme belgradois, qui, bien-sûr, encouragent le sentiment autonomiste.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ca ne vous rappelle rien ? On y vient...</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Autonomija" est donc est un média de Novi Sad, qui, sans affirmer ouvertement ses positions autonomistes, revendique la place et le discours à part de la Voïvodine au sein de la Serbie. Le nom du média joue bien entendu sur cette ambiguïté de sens, entre une "autonomie de la pensée", revendiquée par la rédaction face au mainstream médiatique globalement "aux ordres" de Belgrade, et l'autonomie éventuelle de la province... C'est un journal lui aussi de qualité, et une source régulière de ce blog, où écrivent des journalistes et intellectuels serbophones et magyarophones, le tout dans une orientation centriste, libérale en économie et progressiste sur les questions de société.</span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-G-Qrr_xJPbw/W7DNbB7tKCI/AAAAAAAAD6c/8m9_KkOGc50vQw1SWCzzw-r3RcTwwVnwgCPcBGAYYCw/s1600/Autonomija.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="138" data-original-width="364" height="121" src="https://1.bp.blogspot.com/-G-Qrr_xJPbw/W7DNbB7tKCI/AAAAAAAAD6c/8m9_KkOGc50vQw1SWCzzw-r3RcTwwVnwgCPcBGAYYCw/s320/Autonomija.jpg" width="320" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Le portail de la Voïvodine citoyenne",&nbsp;</i></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>le slogan d'Autonomija.</i></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="http://www.autonomija.info/aleksandar-kocic-katalonija-sangrija-i-korupcija.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">L'article sur la Catalogne paru dans Autonomija</span></a> <span style="color: #fff2cc;">est écrit par Aleksandar&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić (prononcer Kotsitch)</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, le correspondant à Madrid du journal. L'article est sérieux quant à l'exposé des faits, mais le ton est presque badin, léger. Le journaliste titre d'ailleurs "Catalogne, sangria et corruption". On sent un papier pondu en terrasse en buvant de ce célèbre alcool fruité après la sieste, par une belle fin d'après-midi de l'été madrilène. L'article ne traite pas que de la Catalogne mais dresse un état des lieux global de la situation en Espagne. Le journaliste explique que le pays sort de la crise, même si la remontée économique n'est pas encore visible pour de nombreux Espagnols, d'autant que les salaires restent faibles et la précarité importante. Il pointe alors les nombreux scandales et affaires de corruption qui ont entre autres touché le Parti Populaire au pouvoir, et de fait, Mariano Rajoy et son gouvernement (</span><a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/01/espagne-mariano-rajoy-admet-sa-defaite-avant-le-vote-de-la-motion-de-censure-au-parlement_5308016_3214.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">lesquels ont depuis, comme on le sait, fini par démissionner, suite à une mention de censure, et ont cédé la place aux socialistes</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Ces affaires seraient, dit le journaliste, un facteur ayant contribué au développement du scepticisme de la population et à sa volonté de changement. "Reste à voir quoi faire avec ces emmerdeurs de Catalans", conclut-il. Le terme "emmerdeur" (1) est ici employé dans le bon sens du terme. Les "Catalans" sont pour&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;des empêcheurs de tourner en rond, au rôle salutaire, un poil à gratter vecteur de renouveau dans une Espagne immobiliste et vieillissante. Il faut d'ailleurs préciser que dans cet article, le terme "Katalonci" (prononcer Katalonn'tsi, "les Catalans" en serbo-croate), semble désigner les indépendantistes, et uniquement eux. Le terme revient avec cette signification en plusieurs occurrences, alors que le mot exact à employer, dans une rigueur journalistique un peu plus neutre, aurait dû être "les indépendantistes catalans".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sans prendre parti directement pour l'indépendance de la Catalogne, le ton de l'article la présente néanmoins avec une forme de bienveillance, comme un processus logique, cohérent et compréhensible, suggérant peut-être par là que l'indépendantisme surfe aussi sur une volonté de sortir d'une Espagne où la corruption est forte.</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-9Gjj_Orq-Qg/W7DNkWmT_RI/AAAAAAAAD6Y/c0frIzn8jwsBcm_3Wif7UfzRmPCnlzL6wCLcBGAs/s1600/LSV%2BKatalonija.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="503" data-original-width="434" height="400" src="https://3.bp.blogspot.com/-9Gjj_Orq-Qg/W7DNkWmT_RI/AAAAAAAAD6Y/c0frIzn8jwsBcm_3Wif7UfzRmPCnlzL6wCLcBGAs/s400/LSV%2BKatalonija.JPG" width="345" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des drapeaux catalans dans des villes de Voïvodine,&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">au moment du référendum du 1er octobre.&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Copie d'écran de la page facebook de la LSV.</span></i><br /><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce n'est pas dans l'article mais effectivement, les indépendantistes catalans, notamment ceux du</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_d%C3%A9mocrate_europ%C3%A9en_catalan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">PDeCat</span></a> <span style="color: #fff2cc;">de Carles Puigdemont, invoquent volontiers la bonne et saine gestion des finances et un parcours sans taches, dans une région, riche, moderne et dynamique, face à cette Espagne corrompue, et jugée inefficace, à l'instar d'autres nationalistes en Europe, comme la Flandre face à la Wallonie, ou la Ligue du Nord face au Mezzogiorno, ou encore les riches et rigoureux Slovènes en leur temps, face aux "peuples du Sud" jugés paresseux et magouilleurs (=les autres Yougoslaves)...</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-iMfQSgZK33w/W7DN6MIznkI/AAAAAAAAD6g/ouom1kvPNeMVr129mDfJJs_bA7RqNh9FgCLcBGAs/s1600/vojvodina.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="756" data-original-width="1200" height="251" src="https://2.bp.blogspot.com/-iMfQSgZK33w/W7DN6MIznkI/AAAAAAAAD6g/ouom1kvPNeMVr129mDfJJs_bA7RqNh9FgCLcBGAs/s400/vojvodina.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>"Voïvodine=Catalogne.</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Jeune Voïvodine" [=branche jeunesse de la LSV].</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Graffiti en Voïvodine.</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Sans surprise, ce sentiment de supériorité dans la gestion des affaires se retrouve aussi chez les autonomistes voïvodiniens. La région, grenier à blé de la Serbie, est plus riche que le reste du pays, même si cela ne saute pas aux yeux lorsqu'on traverse les faubourgs miteux de Subotica, après avoir franchi la frontière, ou dans certains bourgs ruraux désolés, où seule une charrette à boeufs trouble parfois la torpeur. Avec ses universités, sa société cosmopolite, ses artistes, ses intellectuels, son festival</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_EXIT" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Exit</span></a><span style="color: #fff2cc;">, son architecture délicieusement "Mitteleuropa", la Voïvodine se revendique volontiers comme une région moderne et inventive comme le fait la Catalogne dont personne n'ose contester la richesse économique ni la créativité culturelle.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme on l'a vu plus haut, les autonomistes voïvodiniens aiment volontiers rappeler qu'ils sont différents des autres serbes, et que le reste du pays n'est que gabegie. Par ailleurs, ils insistent sur la culture démocratique de la Voïvodine, qui serait selon eux plus développée que dans le reste de la société serbe.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Tous ces éléments ne figurent pas dans l'article mais on devine quand même entre les lignes des parallèles entre les ressorts du catalanisme actuel et le sentiment autonomiste voïvodinien. Face à une Espagne devenue symbole de marasme financier et de corruption, il est logique, semble-t-il nous dire, qu'une région qui gère bien l'argent ait envie de prendre le large. Sous-entendu, la Voïvodine pourrait elle-aussi avoir le droit de prendre ses distances d'avec la Serbie.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout à sa description décontractée d'une Espagne en quête de changement, le journaliste se veut optimiste, affirmant même que le pouvoir central espagnol "devrait [finalement] autoriser le référendum [sur l'indépendance de la Catalogne], tout en répétant que celui-ci n'a aucune valeur légale. Ensuite", poursuit le correspondant d'Autonomija à Madrid, "on verra bien". Nous sommes le 31 juillet 2017 lorsque ces mots sont publiés par le portail de Novi Sad. Entre temps, "on a bien vu", des débuts de l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Anubis" target="_blank"><span style="color: #e06666;">opération Anubis</span></a> <span style="color: #fff2cc;">le 20 septembre, jusqu'à la</span> <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/30/la-catalogne-sous-la-tutelle-de-madrid-retrouvez-nos-reponses-a-vos-questions_5207864_3214.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">mise sous tutelle de la Catalogne</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le 30 octobre, en passant par la</span> <a href="https://www.midilibre.fr/2017/10/01/referendum-en-catalogne-de-nombreux-heurts-entre-policiers-et-votants-video,1568216.php" target="_blank"><span style="color: #e06666;">répression sanglante du référendum le 1er octobre</span></a><span style="color: #fff2cc;">, comment le pouvoir central a réagi...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">On ne sait pas si&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;en a avalé de travers sa sangria! En revanche, on se dit que chez Novosti, on n'était pas complètement à côté de la plaque.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Dans</span> <a href="https://www.portalnovosti.com/katalonska-repriza-jugo-scenarija" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'article</span></a> <span style="color: #fff2cc;">publié par le journal des Serbes de Croatie, l'approche est en effet totalement différente. Le ton est beaucoup plus grave et inquiet qu'en Voïvodine. Point de badineries ni de sangria. L'auteur, Sre<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span>ko Pulig (prononcer Sretch'ko Pouligue), titre en mode rétro-prémonitoire "La reprise catalane du scénario yougoslave", et tout le monde comprend de suite de quoi il s'agit.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Nous avons une grande expérience [en ex-Yougoslavie] de comment les mouvements séparatistes cherchent à asseoir leur légitimité derrière un référendum, et comment ce référendum peut leur permettre d'arriver à leurs fins" écrit le journaliste en début d'article, une expérience qui, "un quart de siècle après le funeste éclatement, ne fait pas la moindre unanimité" sur les ressorts de cet éclatement ni sur les responsabilités des uns et des autres, continue le journaliste qui avertit: "L'Espagne est à mi-chemin d'apprendre de nous, la question est de savoir si elle veut vraiment parcourir la deuxième moitié du chemin". Le ton est donné.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Bien qu'il ne le dise pas explicitement, Pulig ne semble pas franchement favorable au projet indépendantiste catalan, ni même au référendum du 1er octobre 2017, non reconnu par Madrid, et que les loyalistes à l'Espagne annoncent vouloir boycotter. Il donne d'ailleurs assez précisément les pourcentages des pros et des anti-indépendance dans les sondages, pour mieux démontrer que l'option séparatiste, majoritaire au parlement catalan via la coalition gouvernementale "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensemble_pour_le_oui" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Junts pel Si</span></a><span style="color: #fff2cc;">" ("Ensembles pour le oui"), ne l'est pas au niveau de l'opinion. Reprenant visiblement la trame et le propos d'</span><a href="https://www.theguardian.com/world/2017/jul/22/catalonia-independence-referendum-isabel-coixet" target="_blank"><span style="color: #e06666;">un article du Guardian</span></a> <span style="color: #fff2cc;">sur le sujet, Pulig convoque des témoins catalans, comme ces artistes et intellectuels ayant publié une tribune défavorable à l'indépendance.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Il cite en particulier le témoignage de la réalisatrice de cinéma</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabel_Coixet" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Isabel Coixet</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Cette dernière s'oppose au projet indépendantiste et rappelle qu'on peut se sentir à la fois espagnol et catalan. Seulement voilà, explique la réalisatrice, citée tant par le Guardian que par Novosti, il règne aujourd'hui un tel terrorisme intellectuel en Catalogne, que les opposants à l'indépendance, volontiers traités de fascistes, n'osent plus s'exprimer en public, au travail ou même au sein de leur famille. La réalisatrice s'offusque entre autres du ton nauséabond qu'emploie le marketing en faveur de l'indépendance, en l'occurrence, d'une affiche où apparaît Franco appelant à voter non au référendum, suggérant que celui ou celle qui ferait ce choix serait un(e) fasciste (photo ci-dessous).&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-e7eay9Z5ntY/W7DQMEsUIrI/AAAAAAAAD6s/5cdNxYFG5lMmNerpV3qwIALXTCCpAwkBACLcBGAs/s1600/Franco%2BVotes%2BNo%2Ba%2Bla%2Brepublica.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="643" height="225" src="https://4.bp.blogspot.com/-e7eay9Z5ntY/W7DQMEsUIrI/AAAAAAAAD6s/5cdNxYFG5lMmNerpV3qwIALXTCCpAwkBACLcBGAs/s400/Franco%2BVotes%2BNo%2Ba%2Bla%2Brepublica.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Par ailleurs, dénonce Coixet, la coalition indépendantiste n'aurait rien anticipé et ne donnerait aucun aperçu de ce à quoi pourrait ressembler une Catalogne séparée de l'Espagne. A côté de ce témoignage, emblématique du désarroi des Catalans défavorables à l'indépendance, l'article de Novosti fait également état de purges au sein du gouvernement de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9ralit%C3%A9_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Généralité</span></a><span style="color: #fff2cc;">, des ministres, réservés&nbsp;quant au référendum du 1er octobre, ou insuffisamment convaincus par les perspectives indépendantistes, ayant été mis à pied par Carles Puigdemont.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Cette parole donnée à des Catalans anti-indépendantistes, et ce tableau inquiétant de la situation, tels que développés dans l'article de Novosti sont parfaitement compréhensibles si l'on fait un retour un arrière. Le journal des Serbes de Croatie se souvient visiblement assez bien du climat de la Yougoslavie au seuil de sa dislocation: ceux qui s'opposaient aux indépendances slovènes et croates, n'étaient pas traités de fascistes, mais de "yougo-communistes", de "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tchetniks" target="_blank"><span style="color: #e06666;">tchetniks</span></a><span style="color: #fff2cc;">", ou de "nationalistes grands-serbes", alors que certains, Serbes ou autres, étaient sincèrement attachés à l'Etat yougoslave, et n'éprouvaient aucune haine ni l'envie de se battre. Ce terrorisme intellectuel est d'ailleurs toujours en vigueur dans la Croatie d'aujourd'hui, où toute personne éprouvant de la nostalgie pour la Yougoslavie, ou ayant des états d'âme sur la guerre d'indépendance, est affublée des mêmes noms d'oiseaux. Novosti est d'ailleurs régulièrement sous le feu des très actives associations d'extrêmes droites d'anciens combattants ou des cercles catholiques intégristes, qui l'accusent d'être anti-croate et demandent son interdiction.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout comme toute autre option destinée à sauver la Yougoslavie (large autonomie, confédération...) était refusée et ne constituait même pas matière à discussion de la part des gouvernements sécessionnistes, Puigdemont refuse d'envisager d'éventuels "aménagements" permettant de maintenir la Catalogne en Espagne. D'après le témoignage de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kiro_Gligorov" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kiro Gligorov</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ancien président de la Macédoine, lorsque la CEE tenta un ultime rapprochement des parties, c'est Franjo Tudjman qui aurait opposé un refus catégorique, arguant qu'il avait la "mission historique" de conduire son peuple à l'indépendance, et que le reste "ne l'intéressait pas". Des propos entendus depuis, quoique sous une autre forme, dans la bouche de Puigdemont.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En Croatie, les Serbes locaux n'étaient certes d'entrée de jeu pas favorables à l'indépendance, et ont été nombreux à boycotter&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">le référendum, qu'ils jugeaient d'autant plus invalide que démographiquement, ils n'avaient aucune chance de pouvoir peser sur le résultat (d'où le propos critique de Pulig sur l'usage des référendums, cité plus haut). Cependant</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, outre les manipulations de&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, c'est l'intransigeance du gouvernement croate HDZ fraîchement élu, supprimant leurs droits et statuts particuliers, sur fond de provocations néo-oustachistes, qui achèvera de les braquer et de les fanatiser, avec les conséquences désastreuses que l'on a évoqué plus haut.</span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les traumatismes sont donc profonds et on comprend que le principal média des Serbes de Croatie ressente de l'inquiétude et vive l'évolution récente de la "question catalane" comme un possible bis repetita du scénario yougoslave.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans Autonomija, tout en admettant brièvement que l'indépendantisme n'est pas majoritaire dans l'opinion catalane,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;semble pourtant ne pas partager les inquiétudes de son confrère de Croatie. Il n'évoque pas ce</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">s Catalans non-indépendantistes, ni les hispanophones de la province, ces derniers devenant pourtant de facto, si l'indépendance devait survenir, une minorité nationale autant que linguistique. Un paradoxe de la part d'un journaliste écrivant dans un média qui, par exemple, soutient les droits des Magyars de Voïvodine. Ce paradoxe n'est qu'apparent et s'explique facilement: dans le "discours voïvodinien" tel que défini plus haut, les Magyars sont jugés être du "bon côté". Il font partie du projet autonomiste, un projet qui revendique une société au cosmopolitisme assumé et épanoui, où les Magyars ont donc toute leur place. Dans ce discours, c'est Belgrade qui empêche la concrétisation de cette société plurielle et équilibrée, ce qui d'ailleurs n'est pas faux dans les faits. A l'opposé, les Catalans défavorables à l'indépendance doivent probablement être, pour&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, du "mauvais côté", des esprits chagrins rétifs aux mouvements du monde et à l'avènement d'un nouvel Etat moderne et progressiste.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">De son côté, le propos de Pulig mériterait aussi quelques nuances, ajustements et développements. Tout à sa thèse d'un possible <i>worst case scenario</i> à la Yougoslave, et à sa peinture dramatique de la situation en Catalogne, en écho à celle vécue par la communauté serbe de Croatie dans les années 90, le journaliste de Novosti procède lui-aussi à quelques omissions et raccourcis.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">En l'occurrence, il ne précise pas les différences de contextes historiques, sociologiques et politiques, entre l'Espagne d'aujourd'hui et la Yougoslavie d'alors. Il ne propose pas non plus de comparaison entre les caractéristiques du nationalisme catalan et celles de son pendant croate.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme le démontre</span> <a href="http://www.slate.fr/story/107357/pourquoi-pige-rien-independantisme-catalan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">une analyse assez fouillée parue dans Slate</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le nationalisme catalan possède, historiquement et sociologiquement, une composante de gauche, voire d'extrême-gauche, que le franquisme a contribué à renforcer. Même si cette composante n'est pas la seule, et que le catalanisme touche aussi des sphères politiques plus à droite, lesquelles dominent aujourd'hui en terme d'exercice du pouvoir au sein de la Généralité, ce fond de gauche n'a pas disparu, comme en témoigne la présence, au sein du "Junts pel Si", de deux partis de gauche "appellation d'origine contrôlée" (</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Candidature_d%27unit%C3%A9_populaire" target="_blank"><span style="color: #e06666;">CUP</span></a> <span style="color: #fff2cc;">et</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_r%C3%A9publicaine_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ERC</span></a><span style="color: #fff2cc;">). Cette omission du fait gauchiste est d'autant plus étonnante que, si l'on regarde ce que publie habituellement Sre</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">ko Pulig, il apparaît que ce journaliste est un observateur attentif de l'état de la gauche en ex-Yougoslavie. Il devrait donc à priori avoir eu vent de cet aspect du catalanisme, ce d'autant plus que des liens ont existé entre les Républicains Espagnols (dont on fait partie l'immense majorité des Catalans) et la Yougoslavie: </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yugoslav_volunteers_in_the_Spanish_Civil_War" target="_blank"><span style="color: #e06666;">des militants de gauche serbes, croates, bosniaques, hongrois, etc. issus de l'ancien Royaume de Yougoslavie, sont venus combattre en nombre aux côtés des Républicains contre les phalangistes</span></a><span style="color: #fff2cc;">.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-GxTNxicSV08/W7DTMUNOvPI/AAAAAAAAD7A/RzSxmW0mN-oHcNfX-CTJsowkf_hSNBISgCLcBGAs/s1600/yugoslavos%2Ben%2Bla%2Bguerra%2Bcivil.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="557" data-original-width="990" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-GxTNxicSV08/W7DTMUNOvPI/AAAAAAAAD7A/RzSxmW0mN-oHcNfX-CTJsowkf_hSNBISgCLcBGAs/s400/yugoslavos%2Ben%2Bla%2Bguerra%2Bcivil.jpg" width="400" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Membres yougoslaves d'une unité républicaine durant la guerre d'Espagne.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Et aujourd'hui, une partie des gauches se reconstituant en ex-Yougoslavie, affiche des sympathies pour la cause catalane, à l'instar de nombreux militants de gauche ailleurs en Europe. Il aurait été précisément intéressant d'interroger cette composante de gauche du catalanisme, face à la polarisation/radicalisation en cours au moment où est écrit l'article, et de questionner éventuellement la bienveillance de certaines gauches, post-yougoslaves ou non, hier opposées à la dislocation de le fédération socialiste, aujourd'hui favorables à l'indépendance de la Catalogne, comme le relevait, non sans ironie, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Slavoj_%C5%BDi%C5%BEek" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Slavoj Zizek</span></a><span style="color: #fff2cc;"> dans</span> <a href="https://www.independent.co.uk/voices/catalan-independence-referendum-spain-liberal-left-european-union-russia-a7982471.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">The Independant</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Mais comme Pulig n'aborde pas du tout cet aspect, on est privé de réflexions pertinentes sur des questions qui mériteraient pourtant d'être posées.</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-tzxdAWbLhmQ/W7DUMJq3FZI/AAAAAAAAD7M/nTN43_YHquss8FRVHN3BdJKNRd1FjH8RACLcBGAs/s1600/catalunya.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="356" data-original-width="534" height="266" src="https://2.bp.blogspot.com/-tzxdAWbLhmQ/W7DUMJq3FZI/AAAAAAAAD7M/nTN43_YHquss8FRVHN3BdJKNRd1FjH8RACLcBGAs/s400/catalunya.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Des militants de la CUP font campagne pour le référendum,&nbsp;</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">malgré l'interdiction.</span></i><br /><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sur les affiches : "Votons pour être libres".</span></i><br /><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Au delà de la composante de gauche du mouvement catalan, Sre<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span>ko Pulig n'aborde pas non plus certains visages résolument démocratiques et innovants dans la construction du projet indépendantiste catalan: comme le démontre encore le décryptage proposé par Slate, de larges pans de la société civile catalane sont investis dans l'élaboration d'un pays qui se voudrait "meilleur" que l'existant actuel. Cette dynamique citoyenne et progressiste est omise par le journaliste de Novosti.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A l'opposé, et pour revenir brièvement en Voïvodine, on peut émettre l'hypothèse que ce visage là du "projet" indépendantiste catalan ne peut que séduire les autonomistes de la province du nord de la Serbie. Ce d'autant plus que l'autonomisme voïvodinien se théorise dans un processus assez proche de ce qu'on vient de décrire en Catalogne, via des débats, des plate-formes, des ONG... On peut aussi dresser des parallèles entre l'héritage anti-franquiste de l'indépendantisme catalan, et la filiation de l'autonomisme voîvodinien avec le mouvement "anti-guerre" des années 90. Kocić&nbsp;ne parle pas non plus de cet héritage et de cette dynamique citoyenne dans son article, mais on devine aisément que son traitement plutôt favorable du fait indépendantiste peut venir de cette similitude d'approches.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le "nationalisme" catalan se présente aussi comme un "nationalisme" inclusif et plutôt démocratique. L'indépendantisme plaide globalement pour une société ouverte, moderne, démocratique, et où peut aspirer à devenir Catalan toute personne, y compris étrangère (sous entendu, les immigrés), qui vit sur place et fait l'effort de "s'intégrer" à la société du nouvel Etat.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">A ce titre, concernant les nombreux Hispanophones et habitants de la Catalogne originaires d'autres régions d'Espagne, point n'est question de les priver de leurs droits civiques, ni de les chasser. La feuille de route de l'indépendance prévoit même pour eux qu'ils puissent bénéficier d'une double nationalité, catalane et espagnole. Quant au castillan, il resterait à priori l'une des langues officielles du nouvel Etat, aux côtés du catalan.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pulig n'évoque pas non plus cet aspect inclusif de l'indépendantisme, aspect qui, à l'opposé, ne peut&nbsp; encore une fois que séduire les autonomistes "cosmopolites" de Voïvodine, dont le correspondant d'Autonomija à Madrid semble proche.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, on est - en principe -&nbsp; assez loin de l'idéologie du HDZ et de sa concrétisation à partir de 1991. Sur le papier, à aucun moment n'est formulée l'idée de créer un Etat autoritaire, ultraconservateur, mafieux, et ne dédaignant pas de recourir aux assassinats politiques et autres crimes de guerre (suivez mon regard).</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">La vaste coalition indépendantiste du "Junts pel Si" n'est pas le HDZ dominé par les "faucons", les irrédentistes d'Herzégovine et les nostalgiques d'Ante Pavelić, au détriment des modérés et des anciens Partisans, rapidement évincés de tout poste décisionnaire (j'avais abordé cette ultra-droitisation du HDZ </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2016/07/cops-are-not-all-bastards.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">)...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Last but not least, Pulig semble se concentrer sur les dérives et radicalisations qui sévissent du côté des indépendantistes mais évoque peu celles qui s'expriment du côté de l'Etat central et du parti au pouvoir à Madrid. Certes, il cite Isabel Coixet dénonçant l'aveuglement de Madrid, mais pour mieux pointer le fait que cet aveuglement arrange les calculs de Puigdemont... C'est du moins la thèse que soutient la cinéaste, à juste titre d'ailleurs selon moi (on y revient plus bas).</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cependant, une analyse la plus objective possible de la crise catalano-espagnole ne saurait faire l'économie d'une critique plus affinée de l'intransigeance aveugle de Mariano Rajoy et des&nbsp; mécanismes bureaucratiques des institutions centrales espagnoles, comme la Cour Constitutionnelle qui n'a eu de cesse de retoquer des lois et réformes votées par la Catalogne, braquant alors une société ayant le sentiment qu'il faut la permission de papa pour tout changement pourtant décidé dans les règles du jeu démocratiques. L'article de Slate pointe à ce titre les échecs de l'Etat espagnol post-franquiste dans la construction d'un fédéralisme abouti, où précisément, les entités décentralisées ne possèdent pas toutes les prérogatives que permet habituellement ce type de fédéralisme, ce qui génère des frustrations. A ce titre, les anciennes républiques yougoslaves possédaient des degrés d'autonomie plus fortes que les régions autonomes d'Espagne, en particulier dans le domaine des recettes fiscales. Ce sont ces droits qui les pousseront, lorsque crises politiques et économiques mineront la Yougoslavie, à demander plus, la main d'abord, puis le bras.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">A côté des problématiques de l'Etat espagnol, inachevé et étriqué dans certains de ses fonctionnements, le rôle du gouvernement central est une clé essentielle de compréhension de la radicalisation de la partie catalane. On le sait, Rajoy ne voulait pas discuter avec les indépendantistes, et s'est contenté de marteler que le référendum du 1er octobre 2017 était illégal, que la loi s'appliquerait en cas de tenue de ce référendum, et que de toute façon, la Catalogne fait partie de l'Espagne, point barre. D'après</span> <a href="https://www.lemonde.fr/journaliste/sandrine-morel/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Sandrine Morel</span></a><span style="color: #fff2cc;">, correspondante du Monde à Madrid, qui a publié cette année en Espagne un ouvrage qui revient sur la crise catalane (2), il était même impossible, et ce de longue date, d'interroger les membres du gouvernement espagnol sur la question catalane: un non-problème, un phénomène qui n'existe pas. En Voïvodine, l'article d'Autonomija voit avec pertinence dans cet aveuglement de Madrid des parallèles avec celui de Belgrade face au Kosovo. Alors que l'indépendance de l'ancienne province s'annonçait comme de plus en plus inéluctable, les autorités serbes continuaient de claironner à tout vent que le Kosovo était serbe et qu'il en serait toujours ainsi, point barre. "On sait comment cela s'est terminé" rappelle&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Kocić</span>&nbsp;avec malice dans son article, suggérant qu'un schéma similaire pourrait s'appliquer un jour à la Catalogne.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ces mises au point faites, dès la lecture des deux articles, donc avant d'assister aux tristes événement de septembre et octobre 2017, je partageais quand même davantage l'inquiétude et les réserves de Novosti que l'optimisme badin d'Autonomija. J'avais effectivement la sensation que les deux parties étaient dans un dialogue de sourd de plus plus en plus profond, et que, face à l'intransigeance insensée de Madrid, le camp indépendantiste se durcissait dans le discours et les attitudes. J'avais aussi acquis le sentiment que Puigdemont, derrière son visage poupin de gendre idéal et ses allures de cadre supérieur décontracté, était en fait un sale type, prêt à tout pour arriver à ses fins, dans ce qui ressemblait de plus en plus à une fuite en avant, mâtinée là aussi d'aveuglement entêté, et d'une bonne dose d'improvisation.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les faits ont confirmé cette sensation. Avec beaucoup de cynisme selon moi, le leader indépendantiste et ses alliés ont tablé sur un déplacement du conflit de la sphère politique vers "la rue", risquant très clairement la sécurité et l'intégrité physique des habitants de la région, y compris de leurs supporters, dans des affrontements. Un choix machiavélique qui n'est pas sans rappeler certaines manoeuvres des responsables de l'éclatement de la Yougoslavie, tablant eux aussi sur la rue et la foule. On me répondra que les citoyens qui sont descendus dans la rue pour défendre la tenue et le résultat du vote, ou ceux qui se sont mobilisés pour manifester avec fougue leur attachement à l'Espagne, y sont tous allés spontanément et de leur plein gré. Certes. Mais je pose néanmoins la question de savoir à quel moment un comportement protestataire demeure spontané et choisi, et à quel moment il est le fruit un peu trop mûr d'un contexte politique passionnel où le dialogue au sommet est rompu et où le point de non retour est atteint...&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/-JtvwlOKMaA" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Affrontements entre l'Armée Fédérale Yougoslave et la population à Zagreb,&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>le 2 juillet 1991 (l'indépendance de la Croatie a été proclamée le 25 juin).&nbsp;</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Reportage de la télévision slovène.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce calcul de Puigdemont est d'autant plus scandaleux, que son coup de poker terminé avec&nbsp;le flop que l'on sait, l'homme s'est lamentablement débiné en allant se mettre les fesses au chaud chez ses amis flamands de la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nieuw-Vlaamse_Alliantie" target="_blank"><span style="color: #e06666;">NVA</span></a><span style="color: #fff2cc;">, parti nationaliste</span><span style="color: #e06666;"> <a href="http://www.lalibre.be/actu/politique-belge/la-n-va-d-extreme-droite-les-experts-sont-partages-5602e51835700fb92f211ecf" target="_blank"><span style="color: #e06666;">guère plus fréquentable</span></a></span> <span style="color: #fff2cc;">que l'infâme Vlaams Blok/Belang (dont on a parlé récemment </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2018/05/plongees-en-abysses.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">), alors que certains de ses partenaires du "Junts Pel Si" se retrouvaient en prison et y croupissent toujours.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Entre temps, le mythe de l'intégrité et du progressisme de la cause catalane s'est aussi davantage fissuré, confirmant là aussi certains ressentis de Pulig: outre les accusations de fascisme visant sans distinction les loyalistes à l'Etat espagnol, outre l'éviction de ministres modérés ou timorés quant à l'accélération du processus de séparation d'avec Madrid, les indépendantistes ne seraient pas aussi intègres et progressistes qu'ils le prétendent, dans le lobbying pour leur cause: toujours dans son ouvrage sur la crise catalane, la correspondante du Monde Sandrine Morel</span> <a href="https://www.elperiodico.com/es/politica/20180603/revelaciones-corresponsal-le-monde-proces-independentista-6854742" target="_blank"><span style="color: #e06666;">raconte encore avoir été victime de pressions de la part de certains de ses interlocuteurs indépendantistes</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">, qui lui reprochaient de donner une version tronquée de leur combat. "Si nous achetons de la pub dans ton journal, tu verras ce que tes chefs te diront d'écrire sur nous", lui auraient dit l'un d'eux, irrité par les questions de la journaliste. Alors que celle-ci était sous le choc de cette intimidation, l'homme aurait ajouté: "c'est comme ça que ça marche ici". Plus inquiétant, peu de temps avant cette remarque, le même homme aurait menacé: "si le référendum n'a pas lieu, nous aurons un vrai </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Euroma%C3%AFdan" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Maïdan</span></a><span style="color: #fff2cc;"> [en Catalogne]", preuve que certains indépendantistes n'excluaient pas une dérive violente.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-rEVhKl5dT3M/W7DU18t3jtI/AAAAAAAAD7U/7zpUwroOycofKl0VQkiJ6hj0TAzwxGnrwCLcBGAs/s1600/Sandrine%2BMorel.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="240" data-original-width="426" height="225" src="https://3.bp.blogspot.com/-rEVhKl5dT3M/W7DU18t3jtI/AAAAAAAAD7U/7zpUwroOycofKl0VQkiJ6hj0TAzwxGnrwCLcBGAs/s400/Sandrine%2BMorel.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Sandrine Morel, lors d'une interview à la télévision catalane TV3,&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">où elle fait état des pressions et de certaines attitudes du camp indépendantiste&nbsp;</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">(à regarder</span><span style="color: #e06666;"> <a href="http://www.ccma.cat/tv3/alacarta/els-matins/sandrine-morel-corresponsal-de-le-monde-denuncia-pressions-per-informar-del-proces/video/5770141/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a></span><span style="color: #fff2cc;"> si vous comprenez l'espagnol).</span></i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Morel présente aussi Puigdemont comme un politicien égocentrique, convaincu de parvenir à faire tomber Rajoy, et prêt à tout pour y arriver, dans un combat de coq sans pitié dans la basse-cour ibérique.</span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Derrière son visage moderniste, démocratique et inclusif, l'indépendantisme catalan n'est pas dépourvu de rancoeur et de revanchisme face au reste de l'Espagne et au castillan, langue qui cohabite toujours avec le catalan dans la région, tout comme la majorité des Croates éprouvait rancoeur et désir de revanche face à la Yougoslavie et à la supposée domination des Serbes, domination s'exprimant même selon eux par la langue (le SERBO-croate). Et le revanchisme, ça ne donne jamais rien de bon... S'il est normal que le catalan soit protégé, enseigné, cultivé et encouragé, on observe&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">des cas de refus de parler castillan à un interlocuteur hispanophone dans certaines situations de la vie courante, ainsi que&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">des débuts de </span><a href="https://www.courrierinternational.com/article/espagne-barcelone-ne-pas-parler-catalan-peut-couter-cher" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">chicaneries administratives</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> de la part des autorités, sans parler d'absurdités grotesques, comme le recrutement d'interprètes par le parlement catalan en novembre 2009, pour traduire les échanges avec une délégation venue du Nicaragua, alors que les députés catalans comprennent tous parfaitement l'espagnol. Là encore, les purifications linguistiques du serbo-croate, qui ne concernent pas que la variante croate, comme on le pense souvent, mais toutes les variantes de cette langue, nous montrent jusqu'à quel degré de bêtise peut aller ce revanchisme, à la différence près que le serbo-croate demeure bien une seule et même langue, alors que le catalan et l'espagnol, quoique proches, sont bien deux langues différentes, avec chacune leur prononciation, leur vocabulaire et leur grammaire propres.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Richesse de la région, le bilinguisme catalan/castillan marquerait le pas, d'après Isabel Coixet, et </span><a href="https://lepetitjournal.com/barcelone/education/les-langues-dans-le-systeme-scolaire-catalan-comment-ca-marche-215407" style="color: #fff2cc;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">il n'est plus possible de suivre des cours moitié en castillan, moitié en catalan hors des écoles privées</span></a><span style="color: #fff2cc;">. En d'autres termes, le castillan est de plus en plus enseigné comme une langue étrangère, et seuls les milieux aisés peuvent inscrire leurs enfants dans une école pratiquant à égalité les deux langues.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Rappelons aussi que les indépendantistes ont leurs radicaux, comme</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span><a href="http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/05/16/31002-20180516ARTFIG00125-qui-se-cache-derriere-le-sulfureux-quin-torra-nouveau-president-de-la-catalogne.php" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Quim Torra</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, devenu d'ailleurs le nouveau président de la Généralité suite aux élections de décembre 2017. Ce proche de Puigdemont est connu en Espagne pour avoir traité les Espagnols de "hyènes" et autres tweets racistes, présentant le reste du pays comme habité par une sous-race méprisable, voleuse et opportuniste, ce qui rappelle des propos entendus à l'époque à Ljubljana ou à Zagreb. Si ce genre de sorties demeure minoritaire parmi les indépendantistes, et que l'homme a depuis exprimé ses regrets et présenté ses excuses, il reste une incarnation du bloc des "durs". Hors de la sphère politique, le vandalisme de voitures immatriculées à Madrid était monnaie courante à Barcelone, lors des matchs Barça-Real, avant que le gouvernement espagnol ne se décide à anonymiser les plaques minéralogiques ...comme en Bosnie-Herzégovine, où il est impossible de savoir si une voiture est de Banja Luka, Tuzla ou Sarajevo.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Enfin, le référendum du 1er octobre, quintessence de l'expression démocratique selon les indépendantistes, fut entaché d'</span><a href="https://www.huffingtonpost.fr/2017/10/04/referendum-en-catalogne-dans-70-communes-il-y-a-eu-plus-de-bulletins-oui-que-delecteurs-inscrits_a_23232837/" style="color: #e06666;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">irrégularités</span></a><span style="color: #fff2cc;">, dignes d'ailleurs de celles que l'on observe lors d'élections en ex-Yougoslavie, encore aujourd'hui.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-OpRqbUsNfgE/W7DaEKNIEwI/AAAAAAAAD8A/LBg4kgtT7VIiYcJZCU--xDH1o8cyJamwgCLcBGAs/s1600/R%25C3%25A9pression%2Bpolici%25C3%25A8re%2BBarcelone.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="638" data-original-width="975" height="261" src="https://4.bp.blogspot.com/-OpRqbUsNfgE/W7DaEKNIEwI/AAAAAAAAD8A/LBg4kgtT7VIiYcJZCU--xDH1o8cyJamwgCLcBGAs/s400/R%25C3%25A9pression%2Bpolici%25C3%25A8re%2BBarcelone.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Répression policière à Barcelone, le 1er octobre 2017</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme dans beaucoup de conflits, les torts sont partagés, ce qui ne signifie pas que les degrés de responsabilités soient identiques. Celui qui oppose Puigdemont à Rajoy, la Catalogne à l'Etat central, ne fait pas exception. Chacune des parties s'est ici employée, méthodiquement, à rendre tout dialogue impossible, avec le tragique point culminant du 1er octobre, où les matraques ont frappé, où le sang, indépendantiste comme loyaliste, a coulé, et où des affrontements, certes au final relativement isolés, ont éclaté entre pro et anti-indépendantistes, dont des "ultras" d'extrême-droite qui n'attendaient que ça, au détour d'une manif ou d'une terrasse de café, ou devant le siège de Catalunya Radio, la radio publique catalane, accusée d'être pro-indépendance, ce qui a valu à ses journalistes de devoir rester plusieurs heures à l'intérieur du bâtiment, menacés par des partisans échaudés du maintien dans l'Etat espagnol.&nbsp;</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-vGt-gPF6lp0/W7DZAPSxPoI/AAAAAAAAD70/nHgOr444pkwcHrNz6-lQywFWe0CewYIFQCLcBGAs/s1600/Imagen-agresion-vecino-parte-ultras_EDIIMA20171027_1157_4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="362" data-original-width="643" height="225" src="https://1.bp.blogspot.com/-vGt-gPF6lp0/W7DZAPSxPoI/AAAAAAAAD70/nHgOr444pkwcHrNz6-lQywFWe0CewYIFQCLcBGAs/s400/Imagen-agresion-vecino-parte-ultras_EDIIMA20171027_1157_4.jpg" width="400" /></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Affrontements entre indépendantistes et loyalistes devant un café à Barcelone,&nbsp;</span></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">dans la nuit du 1er au 2 octobre 2017.</span></i></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ces tristes événements n'ont heureusement pas dégénéré. Il n'y a pas eu de snipers pro-Espagne tirant sur la foule sur l'</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avenue_Diagonale" target="_blank"><span style="color: #e06666;">avenue Diagonale</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ou sur la</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_de_Catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Place de Catalogne</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ni de barricades érigées dans certaines communes catalanes, où les hispanophones, souvent venus des régions pauvres du royaume, et ne comprenant pas ce qu'on leur reproche au juste derrière la volonté séparatiste, sont nombreux voire majoritaires (tout comme de nombreux Serbes de Croatie, dont les ancêtres étaient venus il y a plusieurs siècles, ne comprenaient pas pourquoi, soudain, tout le monde les détestait). Il n'y a pas eu de <i>worst case scenario</i> à la yougoslave, mais ces violences, quelle que soit l'opinion politique de celles et ceux qui en ont été les victimes, sont déjà de trop. Le climat rance et tendu de polarisation de la société, tel que décrit par Novosti, risque de persister, et avec lui, les frustrations et les rancoeurs d'un camp comme de l'autre.&nbsp;</span></span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Loin de l'optimisme décontracté qui émane de l'article d'Autonomija, l'article de Novosti suggère selon moi trois choses fondamentales que je pose en guise de conclusion:</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Premièrement, un projet d'indépendance, aussi légitime soit-il, historiquement, socialement ou culturellement (et l'indépendantisme catalan est, sur un certain nombre d'aspects, légitime), ne peut pas tirer un trait sur des décennies voire des siècles d'existence au sein d'un autre Etat, avec tout ce que ce passif implique: par exemple, la présence de citoyens d'autres régions de cet Etat, parlant</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">éventuellement</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;une autre langue, et attachés à cet Etat, et voyant même dans le maintien de celui-ci une garantie de leurs droits. A côté des délires inexcusables de la</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Grande Serbie" (=Union de tous les Serbes dans un seul Etat, par la guerre si besoin), la situation décrite à l'instant était celle de certains Serbes de Croatie ou de Bosnie-Herzégovine, qui se sentaient protégés juridiquement et culturellement par l'Etat yougoslave, et tenaient donc à sa survie. C'était aussi le cas de beaucoup de "Yougoslaves", toutes "ethnies" confondues, vivant en Slovénie, citoyens à part entière de cette république dans l'ancien Etat, que l'indépendance</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> </span><a href="http://yougosonic.blogspot.com/2013/07/nos-ancetres-les-effaces.html" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">a privé du jour au lendemain de leurs droits civiques</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Deuxièmement, une prise d'indépendance n'est pas un processus léger, simple et sans conséquences, mais il a des implications profondes et durables. Pour ceux qui aspirent à la réalisation de ce processus, celui-ci est une promesse, une perspective optimiste, où les ajustements et mutations nécessaires, voire les quelques sacrifices éventuels, seront compensés par la concrétisation du projet et ses bienfaits escomptés à moyen et long terme. Mais pour les autres, défavorables à ce processus, celui-ci va signifier des changements lourds et irréversibles, un basculement dans un monde nouveau où il faudra consentir à de gros efforts d'adaptation, voire à devoir faire profil bas... Face à cette frange de population sceptique voire anxieuse, l'intelligence comme l'éthique politiques exigeraient, à défaut de parvenir à convaincre, de prendre en compte les inquiétudes, de rassurer, de dire que l'on s'efforcera de faire que ce changement soit le plus indolore possible. En aucun cas, ignorer, mépriser, ni insulter cette population, en insinuant qu'elle est franquiste (Catalogne) ou en la privant de ses droits (Croatie et Slovénie).</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Troisièmement, aussi inclusif, humaniste et démocratique soit-il, un projet indépendantiste tend néanmoins bien souvent, et à un moment donné, à se durcir et à faire remonter à la surface des caractéristiques moins progressistes, comme le revanchisme, la victimisation obsessionnelle,&nbsp; l'essentialisation méprisante de l'adversaire ou du peuple dont on veut divorcer, ou encore l'idée que la fin justifie les moyens....</span></div><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Quant à la tragédie yougoslave, celle-ci nous enseigne qu'une fois que la promesse de réalisation d'un grand rêve national a été inoculée dans les esprits, il est quasi impossible de la refréner et de revenir en arrière. La crise entre l'Espagne et la Catalogne risque donc de durer et il faudra beaucoup d'intelligence, d'imagination et de sens du dialogue pour la désamorcer.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Je n'ai pas d'opinion 100% tranchée sur l'indépendance catalane, et développer le pour et le contre de cette cause vaudrait un post à lui tout seul. Chacun aura compris que je ne me retrouve ni dans la fuite en avant de Puigdemont et de ses alliés, ni dans l'intransigeance autoritaire de Rajoy. Je suis, comme d'autres observateurs de cette crise, favorable à ce que cette question soit tranchée par un référendum, mais un référendum véritablement démocratique (pas un coup de force assorti de calculs cyniques et dangereux), c'est à dire avec un vrai débat contradictoire, et surtout un débat dépassionné, où chaque partie pourrait faire valoir ses arguments dans le dialogue, l'écoute et le respect mutuel, permettant ainsi à chaque citoyen de se déterminer en son âme en conscience.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Un an après les tragiques événements survenus en Catalogne, et même si nous avons échappé à un conflit armé, je ne pense pas que les conditions soient réunies pour que ce débat apaisé ait lieu...&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-cBImWUPPSgI/W7DXyAWEqZI/AAAAAAAAD7k/bac4KYEjEME68iQlup_G2pl3rmfsPLPMwCLcBGAs/s1600/barcelone%2Brepression.jpg" imageanchor="1" style="font-family: &quot;Times New Roman&quot;; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="563" data-original-width="980" height="183" src="https://2.bp.blogspot.com/-cBImWUPPSgI/W7DXyAWEqZI/AAAAAAAAD7k/bac4KYEjEME68iQlup_G2pl3rmfsPLPMwCLcBGAs/s320/barcelone%2Brepression.jpg" width="320" /></a></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b><u>N.B.</u>: </b><i>L'image qui ouvre le post est la couverture du journal slovène Mladina du 6 octobre 2017. Sur fond de drapeau catalan et d'images de la répression du 1er Octobre, l'hebdomadaire, favorable autrefois à l'indépendance slovène, titre : "Naissance d'un Etat. Ou la raison l'emporte, ou la Catalogne doit s'attendre à un écroulement sanglant comme dans les Balkans."</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b>Prolonger:</b><i>&nbsp;</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">"Slate" a fait un travail remarquable autour de la Catalogne, avec de nombreux articles proposant des analyses, points de vue et opinions très divers (aussi bien favorables que défavorables à l'indépendance), permettant de mieux appréhender la complexité de cette crise. Pour les lire, c'est par </span><a href="http://www.slate.fr/dossier/8719/catalogne" target="_blank"><span style="color: #e06666;">là</span></a><span style="color: #fff2cc;">.</span></i></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(1) En réalité, dans la VO, le journaliste dit "dosadni Katalonci", "dosadni" signifiant "ennuyeux", au sens à la fois d'ennui dans le désoeuvrement, mais aussi au sens de "pénible, embêtant, emmerdant", d'où le choix de ce dernier terme dans ma traduction, lequel me semble mieux rendre la pensée de l'auteur, et le ton de son article.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(2) Sandrine Morel, "En el huracán catalán: Una mirada privilegiada al laberinto del procés" ("Dans l'ouragan catalan: un regard privilégié sur le labyrinthe du processus [d'indépendance]") Editions Planeta, non traduit à ce jour en français.</span></div><br /><strike></strike>
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                    [atom_content] => <div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2k/VGA2f6ZCZKci_uUEpeeQuUACtYoUz971gCLcBGAs/s1600/kladovo_hladnjaca.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="448" data-original-width="672" height="266" src="https://4.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2k/VGA2f6ZCZKci_uUEpeeQuUACtYoUz971gCLcBGAs/s400/kladovo_hladnjaca.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">C'est la bonne nouvelle de l'édition qui démarre en ce moment, le Festival de Cannes propose cette année deux films en liens avec la Yougosphère qui me paraissent plus que dignes d'intérêt: "</span><a href="https://www.dschointventschr.ch/fr/indevelopment/documentaries/chris-the-swiss" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Chris the Swiss</span></a><span style="color: #fff2cc;">" de la Suissesse </span><a href="http://www.swissfilms.ch/fr/film_search/filmdetails/-/id_person/2146133273" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Anja Kofmel</span></a><span style="color: #fff2cc;"> et "</span><a href="http://nonalignedfilms.com/the-load/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">The load/Teret</span></a><span style="color: #fff2cc;">" du Serbe </span><a href="http://www.cinemadefacto.com/portfolio/ognjen-glavonic/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ognjen Glavonic</span></a><span style="color: #fff2cc;"> (prononcer Og'niène Glavonitch). Je n'ai pas encore vu ces deux films, puisqu'ils ne sont pas sortis en France à ce jour, mais il se trouve que je connais assez bien le contexte auquel "Chris the Swiss" fait référence. Quant à Ognjen </span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, outre le fait que j'ai bu des bières avec lui au</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2014/09/yougosonic-goes-intergalactique.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Festival Intergalactique de l'Image Alternative à Brest en 2014</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ce qui indéniablement crée des liens, je suis aussi fan de son travail cinématographique. J'avais adoré son "</span><a href="http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/42766_1" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zivan pravi pank festival</span></a><span style="color: #fff2cc;">", portrait d'un jeune marginal de Voïvodine se piquant d'organiser un festival punk dans son village, et je viens de voir "</span><a href="http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/47511_1" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Dubina Dva/Depth Two</span></a><span style="color: #fff2cc;">", dont "the Load" est le prolongement.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce post ne parlera pas des films présentés à Cannes en tant que tels, mais propose des développements et extrapolations contextuels qui me semblent utiles à partager, en attendant que "Chris the Swiss" et "the load" soient projetés sur nos écrans, je l'espère, très largement, c'est à dire pas seulement à Paris, Lyon, et éventuellement Marseille, mais aussi chez les bouseux de province, qui aiment eux-aussi voir des films qui instruisent ou font réfléchir. Cette dernière remarque s'adresse aux professionnels de la profession (distributeurs, diffuseurs...), au vu de la difficulté de voir des films d'ex-Yougoslavie hors grandes métropoles et festivals spécialisés. Même les derniers </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Danis_Tanovi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Tanovic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ont été très mal diffusés. Ce problème ne concerne bien-sûr pas les films d'Emir Kusturica, mais ça on le savait déjà... Fin de la parenthèse.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les deux films ont ceci de commun de plonger dans certaines abysses des guerres yougoslaves, dealant chacun avec des faits encore aujourd'hui tabous voire volontairement passés sous silence, le tout dans deux pays clés du conflit: la Croatie et la Serbie.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a name='more'></a><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div style="text-align: center;"></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Mêlant images documentaires et film d'animation, "Chris the Swiss" s'appuie sur deux thématiques. Premièrement, celle de la constitution de "brigades internationales" venues prêter main forte à la jeune Croatie indépendante, attaquée par l'Armée Fédérale Yougoslave passée sous orbite serbo-serbe. Comme le grand public l'ignore encore trop souvent, ces "brigades internationales" avaient peu à voir avec leurs</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Brigades_internationales" target="_blank"><span style="color: #e06666;">illustres aînées combattant en Espagne aux côtés des Républicains</span></a> <span style="color: #fff2cc;">opposés à Franco, en particulier sur le plan idéologique. Si quelques nobles âmes progressistes ont vu dans la violence de l'agression grand-serbiste, en grande partie à juste titre d'ailleurs, le visage nouveau et recomposé d'un totalitarisme ethnique de sinistre mémoire, et sont allés "sincèrement" soutenir la Croatie dans sa lutte pour s'affranchir de ce totalitarisme, l'immense majorité des mercenaires s'engageant sous la bannière de la Croatie était constituée de militants d'extrême-droite venus des quatre coins de l'Europe et du monde. Une bonne partie de ces mercenaires et autres aventuriers en quête d'adrénaline étaient déjà aguerris par leur participation à d'autres conflits du globe. D'autres ont été "discrètement" mobilisés par les partis politiques d'extrême-droite d'Europe Occidentale. L'ensemble de la nébuleuse fascistoïde et xénophobe voyait en effet dans le conflit yougoslave une opportunité pour la jeunesse nationaliste occidentale de "sortir du bois", c'est à dire de rompre avec la retraite volontaire, en attendant que sonne à nouveau l'heure de la reconquête, prêchée en 1951, après la défaite nazie, dans "</span><a href="https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Le-Recours-aux-forets/ensavoirplus/idcontent/16904" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Traité du rebelle ou le recours aux forêts" (Der Waldgang en V.O.)</span></a><span style="color: #fff2cc;">, par l'écrivain allemand</span> <a href="https://www.lexpress.fr/culture/livre/ernst-junger-un-anarchiste-conservateur-droit-dans-ses-bottes_1314719.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ernst Jünger</span></a><span style="color: #fff2cc;">, vieille coqueluche intellectuelle de cette nébuleuse.&nbsp;</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="-webkit-text-stroke-width: 0px; color: black; font-family: &quot;Times New Roman&quot;; font-size: medium; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-variant-ligatures: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: center; text-decoration-color: initial; text-decoration-style: initial; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;"></div><br /><div class="separator" style="-webkit-text-stroke-width: 0px; clear: both; color: black; font-family: &quot;Times New Roman&quot;; font-size: medium; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-variant-ligatures: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; margin: 0px; orphans: 2; text-align: center; text-decoration-color: initial; text-decoration-style: initial; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-wY6jiDXisVs/WvRt6OXI9KI/AAAAAAAAD20/-HsWtYcVcFYSfR8xQdVwJO5IsYNO1RWZQCLcBGAs/s1600/ultra%2Bdesnicari%2BHR.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="400" data-original-width="558" height="286" src="https://3.bp.blogspot.com/-wY6jiDXisVs/WvRt6OXI9KI/AAAAAAAAD20/-HsWtYcVcFYSfR8xQdVwJO5IsYNO1RWZQCLcBGAs/s400/ultra%2Bdesnicari%2BHR.jpg" width="400" /></a></div></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Soldats croates et "internationaux" brûlant le drapeau yougoslave.</span></i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Parmi ces organisations politiques voyant une terre de croisades dans la Croatie en lutte pour son indépendance, figurent en particulier deux partis emblématiques de l'extrême-droite ouest-européenne: le Front National et le </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vlaams_Blok" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Vlaams Blok</span></a>.<span style="color: #fff2cc;"> Concernant ce dernier, il n'est guère difficile de comprendre la parenté idéologique d'avec le nationalisme croate:</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />- Tous comme les nationalistes flamands estiment que la Belgique est une aberration historique, un Etat non fonctionnel, les Croates en mal d'indépendance avaient une vision assez similaire de la Yougoslavie.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">- Le "Bloc Flamand", rebaptisé depuis "Intérêt Flamand" ("</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vlaams_Belang" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Vlaams Belang</span></a><span style="color: #fff2cc;">"), considère depuis toujours la Flandre comme une terre opprimée par une Belgique à dominante francophone, bien que les francophones ne constituent qu'environ 40% de la population belge, tout comme la Croatie se considérait opprimée par une Yougoslavie jugée "à dominante serbe": démographiquement, c'était vrai, les Serbes étaient majoritaires en nombre; politiquement, c'est plus compliqué. Les subtils équilibres de pouvoirs définis par Tito cherchaient plutôt à pondérer le poids des communautés et des Républiques, et notamment à réduire celui du binôme serbo-croate, déjà perçu à l'époque comme un potentiel facteur de déstabilisation. Ce système frustrera au final autant les Serbes que les Croates, et&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;surfera habilement sur cette frustration.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Comme le nationalisme croate à l'époque de l'indépendance, invoquant les valeurs "nobles" de travail, d'ordre, et de rationalité centre-européenne, face au "désordre" yougo-serbo-balkanique, le nationalisme flamand cherche lui-aussi depuis toujours à se séparer de ces Wallons jugés paresseux, frivoles et cosmopolites, au nom d'une Flandre rigoureuse, travailleuse et pure. <br /><br />- Enfin, et ce n'est pas le moindre des points communs, les nationalistes flamands ne considèrent pas l'occupation nazie et la collaboration de certains Flamands comme le mal absolu, l'Allemagne nazie ayant toujours soutenu ses frères néerlandophones, eux aussi membres de la noble et vigoureuse race germanique, face à la chienlit latine du sud du pays. En Croatie, on le sait, une part notable du courant indépendantiste a très vite flirté avec une réhabilitation plus ou moins ouverte de l'Etat Indépendant de Croatie, Etat pro-nazi conduit par les Oustachis, de sinistre mémoire.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Soucieux toutefois de respectabilité, le "VB" se détachera de toute action militaire concrète, se contentant de "voyages" en Croatie. Le "sale boulot" sera confié au "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Voorpost" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Voorpost</span></a><span style="color: #fff2cc;">" ("Avant-poste"), une organisation d'extrême-droite présente en Flandre et aux Pays-Bas, connue entre autres pour</span> <a href="http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2008/04/02/scne-de-la-vie/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">pourrir la vie des francophones habitant les communes "flamandes" de la grande périphérie bruxelloise</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Ce sont ces militants, habitués à la baston, aux actions coup de poing et à la clandestinité, qui iront se battre en Croatie.&nbsp;</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-LrXJY2C-Eyk/WvRug5d4-zI/AAAAAAAAD28/KkB4soNGFw810nJlkHsR2UoEa8Kh_C51ACLcBGAs/s1600/VB%2BU%2BHR.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="355" data-original-width="271" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-LrXJY2C-Eyk/WvRug5d4-zI/AAAAAAAAD28/KkB4soNGFw810nJlkHsR2UoEa8Kh_C51ACLcBGAs/s400/VB%2BU%2BHR.png" width="305" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Le Vlaams Blok en goguette en Croatie.<br />On reconnaît à gauche</span>&nbsp;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Filip_Dewinter" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Filip Dewinter</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le patron du "VB".<br />Photo (c) Stern.</span></i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout cela est fort bien décrit et analysé par le magazine indépendant flamand "Apache", dans</span> <a href="https://www.apache.be/fr/2013/04/12/il-y-a-20-ans-cetait-des-flamands-dextreme-droite-qui-partaient-se-battre-en-yougoslavie/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">cet article</span></a><span style="color: #fff2cc;">, disponible en français, même si je n'adhère pas à la comparaison qu'il opère avec le cas plus récent des Belges partis combattre en Syrie, analogie qui selon moi met sur le même plan des faits qui ne participent pas des mêmes contextes temporels, sociologiques et politiques.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Concernant le FN et les milices d'extrême-droite françaises, le soutien à la Croatie peut à priori paraître surprenant, vu qu'aujourd'hui, le parti de la dynastie Le Pen roule plus qu'ouvertement pour le nationalisme serbe, avec d'ailleurs un succès certain auprès des Français d'origine serbe, comme l'humoriste Guillaume Meurice en fit l'expérience (voir</span><span style="color: #e06666;"> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=PdEAtFHc8r4" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a></span> <span style="color: #fff2cc;">à partir de 2'30) </span><a href="http://mediateur.radiofrance.fr/message/discrimination-de-guillaume-meurice-vers-serbes/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">à ses dépends</span></a><span style="color: #fff2cc;"> lors des dernières présidentielles. On aurait aussi pu supposer que le FN aurait soutenu la Serbie au nom des liens historiques et des alliances franco-serbes du début du XXe siècle. Enfin, en parti plutôt centraliste et unitariste, le FN aurait pu plaider pour une Yougoslavie unie sous la bannière serbe, d'autant qu'une partie de la culture politique et du droit serbe est clairement influencée par la culture politique et le droit français, les élites serbes d'autrefois s'étant formées en France. A l'époque, pourtant, ce n'était pas le cas. Cette vision que l'on pourrait qualifier de "pro-serbe" était davantage l'apanage de la "droite bourgeoise traditionnelle", celle qui lit Le Figaro, ce journal étant l'une des rares voix exprimant encore aujourd'hui des sympathies ou de la mansuétude envers les positions serbes durant le conflit et au delà. Ces sympathies s'exprimaient aussi dans certains cercles militaires, et au sommet de l'Etat, François Mitterrand en tête (qui rappelons-le, n'était de gauche que sur le papier), qui aurait proclamé que jamais de son vivant, la France ne ferait la guerre à la Serbie. Dans les faits, ce positionnement au sein des corps constitués aura laissé pourrir le conflit bosnien, avec les conséquences que l'on sait, et aurait, selon certaines sources, permis à&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Karadžić et à Mladić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;d'échapper à la justice internationale, la rumeur insinuant que des hauts gradés français en mission sur place les auraient couverts dans leur fuite.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Parenthèse rapide concernant l'extrême-gauche à cette époque: il semblerait que celle-ci ait été déjà minée par un même </span><a href="https://wikirouge.net/Campisme" target="_blank"><span style="color: #e06666;">campisme</span></a> <span style="color: #fff2cc;">que celui qui l'égare aujourd'hui, et dans de larges composantes, sur le chemin de Damas, face au "socialisme laïc" de Bachar Al Assad (rappelons que le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_Baas" target="_blank"><span style="color: #e06666;">parti Baas</span></a> <span style="color: #fff2cc;">dont est issu le pouvoir syrien est à la base un parti "de gauche"). D'après la chercheuse</span> <a href="http://csamary.free.fr/csamary/Activites_%26_Recherche.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Catherine Samary</span></a><span style="color: #fff2cc;">, proche d'Attac et du NPA, cet égarement sera particulièrement flagrant envers les Musulmans bosniaques, que cette gauche, finalement par ignorance des caractéristiques de l'Islam bosniaque d'avant la guerre, enfermera dans un fondamentalisme qui resta, quoiqu'on en dise aujourd'hui, relativement minoritaire durant la guerre&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(lire&nbsp;</span><a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article33860" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, ce point est abordé en fin de texte, sous "Réalité et Grilles d'interprétations")</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Notons toutefois que la mouvance anarchiste française, en lien avec sa consoeur italienne, tenta de soutenir les réseaux anarchistes de Yougoslavie, ces derniers ayant combattu les nationalismes locaux dès leur apparition, puis sont parvenus à maintenir des échanges durant le conflit. On vit aussi des initiatives d'ONG de gauche et d'associations d'objecteurs de conscience (le service militaire était encore obligatoire en France à cette époque) visant à soutenir les pacifistes et déserteurs serbes.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour revenir à l'extrême droite française d'alors, la connexion avec le nationalisme croate se fit via deux marqueurs caractéristiques: le marqueur religieux, à travers la branche catholique intégriste du Front National, clamant qu'il fallait venir en aide à ce peuple catholique en plein réveil religieux après des années d'oppression (ce qui était faux: la pratique religieuse était "découragée" par la propagande, mais n'était pas interdite). Ce réveil devait être d'autant plus encouragé qu'il prenait des formes très peu favorables à l'oecuménisme, à la modernité et à tous les avatars dégénérés de cette dernière, tels que le droit à l'avortement... Bref, le catholicisme croate semblait assez proche du catholicisme traditionaliste français. Malheureusement, et sans vouloir mettre tous les catholiques croates dans le même sac, l'actualité de ce pays nous démontre régulièrement depuis que cette vision n'était pas erronée.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'autre marqueur qui allait cristalliser la mobilisation de militants et de mercenaires d'extrême-droite était l'anticommunisme. Pour l'extrême-droite française,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;et la Serbie incarnaient le communisme, un communisme que la Croatie indépendante, acquise à l'économie de marché et aux valeurs traditionnelles, combattait. Autant la grille religieuse pouvait-elle être fondée, autant cette vision d'une Serbie incarnant le communisme est sujette à caution. Certes,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;était bien issu du PC serbe, mais il faut quand même rappeler que l'homme fort de Belgrade était, sur le plan économique, un&nbsp; libéral assumé, ayant de surcroît fait une partie de sa carrière dans le secteur bancaire, et ayant par ce biais vécu à Londres, Mecque du capitalisme triomphant.&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;fut même au départ accueilli favorablement en Occident, parce que son adhésion au libéralisme, son autorité et son inflexibilité, étaient jugées les plus aptes à faire passer les lourdes réformes économiques voulues par le FMI pour redresser l'économie yougoslave à l'agonie. Comme nous le rappelle la décidément précieuse Catherine Samary dans un autre</span> <a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article13577" target="_blank"><span style="color: #e06666;">texte</span></a>&nbsp;<span style="color: #fff2cc;">(premier point du texte), les privatisations en Serbie, où les cadres du PC allaient goulûment se servir, ne furent retardées qu'à cause de la guerre, et non par une volonté de maintenir un régime communiste. Par ailleurs le PC serbe a mis en pratique avec un tel enthousiasme les valeurs du nationalisme ethnique, au mépris de l'internationalisme fraternel du communisme, qu'il s'est indéniablement rapproché des principes de l'extrême-droite, n'en déplaise aux naïfs et aux révisionnistes qui voient encore aujourd'hui dans cette politique une volonté de sauver la Yougoslavie socialiste.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est d'ailleurs en prenant conscience, vers la fin des années 90, de certaines communautés de vue entre les préoccupations du FN français et les choix politiques de la Serbie, que Le Pen père insufflera un basculement de son parti vers ce pays. En l'occurrence, c'est notamment sur le Kosovo que se jouera cette bascule, toujours via le marqueur religieux. Des catholiques croates, on passera aux chrétiens serbes, trahis par l'Occident dans leur lutte contre les musulmans albanais (et bosniaques, auparavant), et là aussi, tant pis si tous les Albanais ne sont pas musulmans, et qu'on trouve parmi eux des catholiques et des orthodoxes. L'élément musulman est toutefois majoritaire, d'où ce raccourci facile, mais le nationalisme albanais s'appuie principalement sur la singularité linguistique et culturelle de ce peuple...&nbsp; Afin de ne pas trop nous disperser, je ne développerai pas davantage cette question du basculement du FN vers des positions plutôt pro-serbes. Cette histoire fera peut-être l'objet d'un décryptage plus complet un jour...</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Sur ces connivences entre l'extrême-droite française, politique ou para-militaire, et les nationalistes croates, on lira avec intérêt le très fouillé</span> <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">article de la revue Reflexe</span></a><span style="color: #fff2cc;">, qui, dès 93, analyse avec beaucoup de précision les différentes mouvances à l'oeuvre en coulisse et sur le terrain.&nbsp;</span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-PJhRm9hUHIE/WvRx7O2Vh8I/AAAAAAAAD3I/XBm8B_sElnQaDdEYna7rmPIrQCkWcDifwCLcBGAs/s1600/Christian-Wurtenberg.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="612" data-original-width="1000" height="195" src="https://1.bp.blogspot.com/-PJhRm9hUHIE/WvRx7O2Vh8I/AAAAAAAAD3I/XBm8B_sElnQaDdEYna7rmPIrQCkWcDifwCLcBGAs/s320/Christian-Wurtenberg.jpg" width="320" /></span></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Christian Würtenberg aka "Chris the Swiss"</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est dans cet article que j'ai pour la première fois entendu parler, on y arrive enfin, de celui qu'on surnomme "Chris the Swiss", et qui constitue la deuxième et principale thématique du film éponyme. A l'époque, il y a un an environ, j'avais lu cet article parce que je m'intéressais à ces connivences de l'extrême-droite française avec la Croatie puis la Serbie, et avais déjà vaguement un post en tête sur le sujet... Ma curiosité envers l'histoire de ce jeune suisse avait alors été piquée, et j'avais alors commencé à la creuser. C'est ainsi que j'ai eu vent qu'un film suisse se préparait sur cet individu méconnu au destin tragique... <br /><br />"Chris the Swiss" s'appelait en réalité Christian Würtenberg, et exerçait le métier de journaliste. Il est né et a grandi à Bâle, la grande ville alémanique du nord de la Suisse, frontalière de l'Allemagne et de la France. Qu'est ce qui peut pousser un jeune homme à quitter un pays bien portant, relativement tranquille et officiellement neutre, pour s'aventurer dans les conflits qui sévissent au quatre coins du globe ? C'est une des questions que pose Anja Kofmel, cousine de Christian Würtenberg. La réalisatrice était encore un enfant au moment de la mort de ce dernier. Elle a grandi et s'est construite dans l'aura tutélaire, faite de mythes, de mystères et d'interrogations, de ce cousin parti trop tôt et dans des conditions obscures.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Un mélange d'audace, de courage, d'idéal et de soif de justice que l'on dit propre à la jeunesse, animait le journaliste suisse, d'après le témoignage d'un confrères, Julio César Alonso, un Espagnol avec qui il se lie d'amitié lorsqu'ils couvrent la Tchétchénie et la Géorgie. Quand le conflit éclate en Croatie, Würtenberg se rend sur place.</span> </span><span style="color: #fff2cc;">C'est là qu'il décide de se concentrer sur un sujet précis, alors peu abordé par la presse, à savoir ces fameuses brigades internationales de volontaires, leur composition, leur agenda, leurs financements, leurs réseaux...D'après le quotidien croate Jutarnji List, qui, dans </span><a href="https://www.jutarnji.hr/kultura/film-i-tv/tko-je-ubio-chrisa-njegovo-mrtvo-tijelo-pronadeno-je-blizu-osijeka-prema-sluzbenoj-verziji-ubili-su-ga-cetnici-metkom-u-glavu/7270110/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">un article récent </span></a><span style="color: #fff2cc;">(en serbo-croate), revient sur le film et les polémiques qui l'entourent déjà (on y revient plus bas), Würtenberg est convaincu que</span> <span style="color: #fff2cc;">l'</span><a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1995/09/NORMAND/6667" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Opus Dei</span></a> <span style="color: #fff2cc;">finance et arme ces milices, une info qu'il tient d'un marchand d'arme croate vivant à Bâle. Würtenberg s'intéresse aussi au trafic de drogue, dont la Suisse constitue une plaque tournante d'autant plus attractive pour les mafias, que la politique "pragmatique" de certains cantons (cf. </span><a href="https://www.tdg.ch/suisse/Il-y-a-25-ans-la-scene-de-la-drogue-etait-evacuee/story/26750331" target="_blank"><span style="color: #e06666;">les parcs à drogués zürichois</span></a><span style="color: #fff2cc;">) favorise la circulation de dope. Or la Yougoslavie en guerre se trouve sur la route de la drogue.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour mieux approcher son sujet, quoi de mieux que d'intégrer l'une de ces brigades elle-même! C'est donc en mode "infiltré", là ou d'autres furent "embedded", que Würtenberg réalise son enquête. Bien évidemment, le jeune homme avait mis les mains dans un cambouis qui n'allait pas tarder à lui exploser au visage, à ouvrir une boîte de Pandore que personne au sein de ces brigades ne souhaitait voir fuiter de quelque façon. C'est là qu'intervient un personnage clé, un Bolivien nommé Eduardo Rozsa Flores ("Rozsa" se prononce "Roja"), curieuse figure dont les origines comme le parcours témoignent, et ce n'est pas le moindre des éléments à verser au dossier de ces mercenaires, des va-et-vient idéologiques qui pouvaient animer ces militants.&nbsp;</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-q4Q8ExdWNd0/WvR0oqO6M0I/AAAAAAAAD3U/yL9o5EA1QncMi8W5GQ8xVWvyhvvW8datACLcBGAs/s1600/Brigade%2Binternationale%2BRozsa%2BFlores.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="366" data-original-width="560" height="261" src="https://2.bp.blogspot.com/-q4Q8ExdWNd0/WvR0oqO6M0I/AAAAAAAAD3U/yL9o5EA1QncMi8W5GQ8xVWvyhvvW8datACLcBGAs/s400/Brigade%2Binternationale%2BRozsa%2BFlores.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>La brigade internationale qu'a intégré Christian Würtenberg.<br />Debout au premier plan, au centre, le fondateur et chef de la brigade</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Eduardo Rozsa Flores.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">De père juif hongrois et de mère catholique espagnole, Rozsa Flores </span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">passe sa jeunesse en Amérique Latine. Il vient en Europe lorsque sa famille doit quitter le Chili de Pinochet pour "raisons politiques". Après une étape en Suède, c'est en Hongrie que les Rozsa Flores s'installent dans les années 80. Le jeune Eduardo y intègre l</span><span style="color: #fff2cc;">es jeunesses communistes. Bon élément, il est envoyé à l'Ecole du KGB de Minsk, avant de rejoindre les services secrets hongrois. Alors que les régimes communistes s'écroulent en Europe de l'Est, Rozsa Flores est "pe</span></span><span style="color: #fff2cc;">u à peu attiré par le séparatisme ethnique et l’extrême droite; fidèle de l’Opus Dei, il se convertira ensuite à l’islam. Il soutient, enfin, la cause palestinienne autant que les groupes séparatistes et racistes de</span> <span style="color: #e06666;"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Santa_Cruz_de_la_Sierra" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Santa Cruz</span></a>,</span><span style="color: #fff2cc;"> opposés au gouvernement d’Evo Morales, comme l’organisation d’extrême droite </span><a href="https://es.wikipedia.org/wiki/Naci%C3%B3n_Camba" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Nacion Camba</span></a><span style="color: #fff2cc;">" précise le journal de gauche suisse</span> <a href="https://lecourrier.ch/charte-redactionnelle/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Le Courrier</span></a><span style="color: #fff2cc;">, dont l'article, désormais introuvable en ligne, est heureusement disponible, quoique dans une version partiellement amputée, chez</span> <a href="https://www.investigaction.net/fr/Comment-le-bourreau-d-un/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Investigaction</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Cet article écrit en 2009 est une mine d'information sur ce sinistre personnage, autant que sur "Chris the Swiss". C'est cet article qui publie le témoignage de Julio César Alonso, cité ci-dessus.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Reflexe fait également allusion à Rozsa Flores dans ses recherches, et pour cause, les deux articles pointent clairement la culpabilité de ce dernier dans la mort de Christian Würtenberg. "Eduardo Rozsa Flores débarque en Croatie en 1991 comme journaliste pour le quotidien catalan</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vanguardia" target="_blank"><span style="color: #e06666;">La Vanguardia</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Mais rapidement, exalté par les champs de bataille, il décide de s’engager «corps et armes» pour défendre cette terre en quête d’indépendance. En octobre, appuyé par le président Franjo Tudjman, le milicien hongro-bolivien fonde la Brigade internationale des volontaires, qui regroupera des anciens de la Légion étrangère et des aventuriers de la droite radicale, venus de toute l’Europe participer à cette guerre aussi brutale qu’anarchique." poursuit l'article du Courrier, ajoutant : "C’est dans cette Brigade internationale que s’incorpore en novembre 1991 un jeune Bâlois de 27 ans, Christian Würtenberg, collaborateur de l’ATS, l’Agence télégraphique suisse" (équivalent helvète de l'AFP).&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-nj3qt0JhKZs/WvR31LDUfbI/AAAAAAAAD3g/yi0G78IrMuAg8vOnv19yMGKThgikEGpbgCLcBGAs/s1600/Chris_the_Swiss.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="412" data-original-width="960" height="171" src="https://2.bp.blogspot.com/-nj3qt0JhKZs/WvR31LDUfbI/AAAAAAAAD3g/yi0G78IrMuAg8vOnv19yMGKThgikEGpbgCLcBGAs/s400/Chris_the_Swiss.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'après Jutarnji List, Christian Würtenberg n'aurait pas pu démontrer le rôle actif de l'Opus Dei dans l'armement et le financement des milices, et se serait même rapidement désintéressé de cette guerre qu'il "ne comprenait pas". Ce n'est pas l'avis du Courrier qui pense au contraire que le jeune journaliste avait mis la main sur des infos de première importance. "Jutarnji" dresse un portrait en demi-teinte du jeune suisse, c'est à dire pas complètement flatteur, évoquant un enfant instable et difficile, objet de nombreux soucis pour sa mère qui l'éleva seule. Curieuse proximité avec son futur chef Rozsa Flores, Christian Würtenberg part en Namibie, après un énième échec scolaire, où il participe à la lutte pour l'indépendance au sein des</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/South_West_Africa_Territorial_Force" target="_blank"><span style="color: #e06666;">SWATF</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Il est cependant rapidement évincé de ces troupes, poursuit le quotidien croate, qui mentionne ensuite des séjours en Laponie, en Thaïlande, où il rencontre et épouse sa femme, avant de revenir en Suisse. Toujours un brin méprisant, l'article écrit que Würtenberg "cherche alors à se présenter comme un journaliste". On est loin de la célébration&nbsp;du courage et de l'audace qui figure dans la presse de gauche. On voudrait dénigrer quelqu'un qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Journal généraliste de centre-droit, Jutarnji List semble être au diapason de la "prudence" d'une partie de la société croate face à cette affaire qui entache l'image de la guerre d'indépendance. Je confronte ici cette différence de ton et d'angle, entre un journal de gauche suisse, et un quotidien croate généraliste visiblement sous influence de la vérité officielle de son pays, à des fins "pédagogiques", pour rappeler comment le positionnement politique influence la présentation des faits.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Difficile bien-sûr de savoir qui des deux parties a véritablement raison, notamment sur le coeur de l'affaire, c'est à dire sur les découvertes qu'aurait pu faire Würtenberg... La vérité est morte malheureusement en même temps que le journaliste: ayant très vite des soupçons quant à sa recrue suisse,&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Rozsa Flores l'</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">aurait éliminée ou faite éliminer, selon les sources, non sans l'avoir préalablement torturée. Héros national en Croatie, R</span><span style="color: #fff2cc;">ozsa Flores ne sera jamais inquiété ailleurs pour son rôle présumé dans cet assassinat, ni dans celui, quelque jours plus tard, du journaliste britannique Paul Jenks venu enquêter sur la mort de Christian Würtenberg. On n'aimait décidément pas les journalistes trop curieux, dans le bourbier de la Slavonie livré aux milices. Trop mauvais pour l'image de la juste cause de la juste guerre d'indépendance croate. Presque à la même époque, </span><a href="http://expo-photo.blog.lemonde.fr/2012/04/06/guerre-de-bosnie-ron-havi-raconte-son-image-emblematique/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Arkan jouera côté serbe la carte d'une fausse "transparence" en acceptant la présence du photographe américain Ron Haviv parmi ses troupes</span></a><span style="color: #fff2cc;">. On aurait tort cependant de voir dans cette attitude un respect quelconque de la liberté de la presse: outre qu'il était probablement habité par un profond narcissisme, Arkan avait simplement compris avant la lettre le pouvoir des images virales, et en l'occurrence le pouvoir de terreur qu'allaient générer ces images, une fois publiées. Une terreur qui allait plus tard vider certains territoires de Bosnie-Herzégovine, à la simple annonce de l'arrivée imminente des troupes d'Arkan. Nous y reviendrons dans un prochain post...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La version officielle prétendra que Würtenberg est mort tué par les Serbes, qui, pour une fois, ont bon dos. Son ordinateur portable ne sera jamais retrouvé, et le journal qu'il alimentait quotidiennement sera rendu à sa famille avec plusieurs pages déchirées. Alors que Rozsa Flores finira lui-aussi par le sang, en 2009, sous les balles de la police bolivienne qui le soupçonnait de préparer un putsch, l'affaire de "Chris the Swiss" retombera dans les nombreuses oubliettes de cette sale guerre sans quartiers ni pitié. Le destin tragique du jeune Bâlois n'est pas qu'un dommage plus ou moins collatéral de cette guerre, c'est aussi un non-dit judiciaire et journalistique en Suisse: l'article précité du Courrier rappelle que les autorités helvétiques refuseront d'instruire enquête et procès demandés par la famille Würtenberg, sous prétexte que l'engagement militaire d'un ressortissant suisse sous une bannière étrangère est un cas de haute trahison. De leur côté, les employeurs du jeune journaliste se désolidariseront de lui, dénonçant les risques excessifs qu'il aurait pris pour mener son enquête.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">C'est une supposition personnelle, évidemment un brin complotiste, mais on peut aussi se demander si, au pays du secret bancaire, de</span> <a href="http://www.bilan.ch/economie/qui-edward-snowden-t-il-epie-geneve-nid-despions" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'espionnage grouillant</span></a> <span style="color: #fff2cc;">derrière l'active diplomatie en pays neutre, des parcs à drogués de Zurich, et d'une immigration yougoslave importante, dont certains éléments faisaient partie des mafias locales, quelqu'un avait vraiment intérêt à ce que l'on creuse les pistes ébauchées par le jeune journaliste, pistes où se croisent l'argent de la drogue et autres jeux de pouvoir occultes... Aucune helvétophobie primaire et caricaturale de ma part, je sais que ce pays vaut mieux que tous les clichés qui lui sont attribués, mais l'hypocrisie et la mauvaise foi manifestes autour du décès de Christian Würtenberg peuvent poser question.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-K8utubSp9gY/WvR4L-OusII/AAAAAAAAD3o/DIVrA1iMM_k4OztgQRmW7DYIII-ycrwIwCLcBGAs/s1600/chris-the-swiss2-150.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1227" data-original-width="920" height="320" src="https://2.bp.blogspot.com/-K8utubSp9gY/WvR4L-OusII/AAAAAAAAD3o/DIVrA1iMM_k4OztgQRmW7DYIII-ycrwIwCLcBGAs/s320/chris-the-swiss2-150.jpg" width="239" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">J'ignore si le film abordera cet aspect, mais il aura en tout cas le mérite de remettre de la lumière sur la curieuse et tragique histoire de ce jeune journaliste courageux et audacieux. Le</span> <a href="https://vimeo.com/266489247" target="_blank"><span style="color: #e06666;">trailer</span></a> <span style="color: #fff2cc;">est prometteur et annonce, côté animations, une esthétique qui, curieux hasard, n'est pas sans rappeler celle d'imagiers de l'espace yougoslave, tels</span> <a href="http://www.aleksandarzograf.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zograf</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="http://www.editionsmosquito.com/auteur.php?id=27" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zezelj</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ou</span> <a href="http://www.stripburger.org/language/en/2024/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Lavric</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Il est vrai que le film est une coproduction helvéto-croate et que ce sont des studios d'animation croates qui ont réalisé une partie des travaux. Ceci explique peut-être cela.</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour conclure sur ce film et sur tout ce qui précède, formulons encore quelques remarques de bon sens mais nécessaires à rappeler, et terminons sur un bref exposé de sa réception en Croatie.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">De ces collusions avérées entre droite radicale européenne et (para)militaires croates, on ne saurait évidemment conclure que tous les Croates, combattants ou civils, étaient partisans de l'extrême-droite. De la même façon, ces mêmes collusions n'enlèvent rien au sentiment légitime de nombreux Croates que l'indépendance était le prix à payer pour sortir d'une Yougoslavie où&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;et les appétits nationalistes serbes constituaient une menace réelle. A côté des illuminés et des va-t-en guerre, nombreux citoyens croates espéraient sortir sans trop de casse. Affirmer le contraire ou tirer des généralisations abusives de ces faits, comme on le fait du côté des nationalistes serbes et de certains "amis de la Serbie", n'est qu'un raccourci aussi inexact que malhonnête.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ces liens entre droite extrême et nationalisme croate sont enfin un boulet dont, d'une certaine façon, les Croates sont aussi victimes. Ces milices</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2016/07/cops-are-not-all-bastards.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">n'ont pas fait de cadeau aux Croates "modérés" ou ayant des états d'âme</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et encore aujourd'hui, cette page d'histoire entache la mémoire "juste" de la guerre d'indépendance (celle de ceux qui ont combattu de façon sincère et dans le respect des règles de guerre), et empoisonne la société croate contemporaine.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sans surprises d'ailleurs, "Chris the Swiss" fait déjà polémique en Croatie. Des vétérans croates protestent entre autres contre le film, qui "donnerait une mauvaise image de la guerre d'indépendance". Dans son article, précédemment évoqué, Jutarnji List revient largement sur la polémique autour du film: Anja Kofmel a, explique le journal, bénéficié d'une subvention de l'Etat Croate, via une institution soutenant le tournage et la production de films en Croatie. Le journal relève, et semble faire sienne, l'une des thèses en vigueur en Croatie, que le scénario, soumis au départ à cette institution, aurait été sensiblement changé dans la mouture finale du film, donnant une image fausse et négative de la guerre d'indépendance. Face à ces insinuations, on saluera le courage politique et l'honnêteté intellectuelle de la société croate Nukleus Film, coproductrice du film aux côtés des zurichois de Dschoint Venture. Droit dans ses bottes, Nukleus Film, cité par Jutarnji List, a déclaré : "nous sommes fiers et heureux que la Semaine de la Critique ait reconnu l'importance du sujet ainsi que la valeur des investigations qui constituent l'histoire que nous expose la réalisatrice Anja Kofmel, une histoire qui, pour certains peut-être, sera une pilule au goût amer". La société refuse de céder aux pressions, arguant que les faits relatés sont importants, et qu'elle souhaite qu'ils soient portés à la connaissance de tous. Cette réponse du producteur croate est, si besoin en était, une belle invitation à aller voir le film.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">* * * * *&nbsp;</span></div><br /></div><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-6i77DUBgUTw/WvR6rgJZbNI/AAAAAAAAD30/MZMJx5538iwpYVYOjguB_basJnvXou4vgCLcBGAs/s1600/The%2BLoad%2BPoster%2BCannes.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="960" data-original-width="666" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-6i77DUBgUTw/WvR6rgJZbNI/AAAAAAAAD30/MZMJx5538iwpYVYOjguB_basJnvXou4vgCLcBGAs/s400/The%2BLoad%2BPoster%2BCannes.jpg" width="277" /></a></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quittons maintenant la Slavonie minée par la guerre et ses ombres, pour aller dans le "camp d'en face", où niveau mains tâchées de sang et cadavres dans les placards (ou plutôt dans les frigos, dans le cas qui va nous occuper), le tableau est plus que sombre, même si, là aussi, on se gardera bien sûr de toute généralisation et essentialisation.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"The Load" ne deale pas avec la guerre serbo-croate que l'on vient d'évoquer, mais avec cet autre "front", qui d'ailleurs n'a longtemps pas voulu dire son nom véritable, celui du conflit serbo-albanais autour du Kosovo. On le sait, les Albanais ont longtemps opté pour une résistance non-violente et la mise en place d'institutions parallèles, en réponse à la répression serbe, d'où le fait que ce "front" eut d'abord une forme larvée, rampante, presque en sourdine. C'est face à la lassitude d'une nouvelle génération d'Albanais, déçus de l'absence de résultats de la résistance non-violente, et galvanisés par le soutien de plus en plus objectif des opinions publiques et des pouvoirs occidentaux, que s'est constituée l'Armée de Libération du Kosovo, et que la résistance à Belgrade a pris la forme de la guérilla, malheureusement assortie de lourdes tendances revanchistes envers les civils serbes.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Arrivent les bombardements de l'OTAN qui porteront le coup fatal à la Serbie, mais où le pouvoir, encouragé par le chaos général, et probablement adepte d'une fuite en avant dont la personnalité suicidaire de&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;était coutumière, décida de régler son sort à la population albanaise: personnes âgées, femmes, enfants, et autres civils furent massacrés sans autre forme de procès sous un mode opératoire déjà pratiqué en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Les civils étaient rassemblés dans des bâtiments pouvant "recevoir du public" (maisons de la culture, écoles, restaurants, etc.), avant d'être abattus à la kalashnikov ou à coup de grenades. Ces opérations étaient réalisées par l'armée, la police, diverses milices et mafieux, avec la participation occasionnelle de Serbes locaux, souvent d'ailleurs parfaitement intégrés à cette société multiethnique, et sachant donc, dans chaque village ou quartier, où se trouvaient les foyers de l'ethnie à abattre. C'est en tout cas ce qui ressort des témoignages de survivants de ces sordides faits d'armes, évidemment en rupture totale avec le droit international, puisque massacrant ouvertement des civils innocents. D'où la nécessité pour Belgrade de supprimer toute trace visible de ces actes qui vaudraient à la Serbie de nouvelles inculpations à La Haye. C'est pour masquer ces traces que le régime a mis en place une opération secrète, baptisée "Dubina Dva" ("Profondeur Deux"), consistant à organiser le transport par camion des cadavres de civils albanais, du Kosovo vers la Serbie. En plein bombardements de l'OTAN, ce "travail" fut confié à des routiers civils, chargés de se procurer des camions frigorifiques: des camions militaires auraient en effet attiré l'attention des satellites occidentaux...&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Une fois en Serbie, les "chargements" ont&nbsp; été disséminés dans différentes régions: une partie de ces cadavres seront par exemple détruits dans les fonderies de la ville minière de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bor_(Serbie)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Bor</span></a><span style="color: #fff2cc;">, d'autres seront enfouis au coeur même de la base militaire de</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Batajnica" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Batajnica</span></a> <span style="color: #fff2cc;">(prononcer Bataïnitsa), dans la grande banlieue nord-ouest de Belgrade. Dès le mois d'avril 1999, l'un de ces camions, immatriculé à</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Prizren" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Prizren</span></a> <span style="color: #fff2cc;">a</span><span style="color: #fff2cc;">u Kosovo, est trouvé par hasard dans le Danube non loin des </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Portes_de_Fer_(Danube)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Portes de Fer</span></a><span style="color: #fff2cc;">, au nord-est de la Serbie.&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les plongeurs chargés d'en identifier le contenu, avant que l'on sorte le camion de l'eau, sont saisis d'effroi.&nbsp;&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2o/uF-EbER9WRUrsWYHKW7bWp1R2tIfxKVWwCEwYBhgL/s1600/kladovo_hladnjaca.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="448" data-original-width="672" height="213" src="https://3.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2o/uF-EbER9WRUrsWYHKW7bWp1R2tIfxKVWwCEwYBhgL/s320/kladovo_hladnjaca.jpg" width="320" /></span></a></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Très vite, la rumeur officielle insinuera qu'il s'agit de réfugiés kurdes qui se seraient noyés ou auraient été tués par leurs passeurs. Un habitant des environs suggérant qu'il pourrait s'agir d'Albanais du Kosovo recevra des menaces, et sera finalement retrouvé mort. L'affaire s'ébruite donc peu. C'est après la chute de&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;que les langues commencent à se délier. Dès 2001, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Zoran_%C4%90in%C4%91i%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zoran Djindjic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">évoque cette affaire du camion jeté dans le Danube durant les bombardements de l'OTAN, et une enquête démarre à son initiative. Malgré cette enquête et le jugement de divers protagonistes de cette affaire à La Haye, l'ensemble des faits ne connaît pas les lumières de la place publique en Serbie: hormis la presse indépendante, dont l'audience est restreinte, les médias serbes n'en parlent pas, et aucune reconnaissance officielle, assortie d'excuses, n'est prononcée solennellement. Il est vrai que</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kosovo#Le_statut_ind%C3%A9termin%C3%A9_du_Kosovo_ind%C3%A9pendantiste_%C3%A0_la_suite_de_l%E2%80%99intervention_de_l%E2%80%99ONU_et_la_fin_de_la_Yougoslavie" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'indépendance "de fait" du territoire kosovare "libéré" par l'OTAN, suivie de l'indépendance "véritable" en 2008</span></a><span style="color: #fff2cc;">, empoisonne les relations entre Belgrade et Prishtina, et n'incite ni à l'apaisement, ni à la confession publique des</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/War_crimes_in_the_Kosovo_War" target="_blank"><span style="color: #e06666;">crimes commis</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et ce d'ailleurs de part et d'autres.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est en tombant par hasard, en 2009, sur deux articles évoquant des charniers de civils albanais trouvés à Batajnica, que le jeune Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;reçoit un déclic en forme d'immense point d'interrogation. Etudiant en cinéma et musicien dans un groupe métal à cette époque, évoluant dans le milieu culturel et underground de</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pan%C4%8Devo" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Pancevo</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ville importante de la grande périphérie belgradoise, le jeune homme ne trouve aucune réponse à ses questions auprès de ses proches, amis ou famille. Personne ne sait rien sur cette tragédie...ou ne veut rien savoir. L'interrogation se transforme en curiosité, et deviendra peu à peu le corpus d'un film: "Dubina Dva", sorti en 2016, soit après "</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ž</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">ivan pravi pank festival", autre documentaire de&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, sorti en 2013. C'est en effet au prix d'une longue enquête de plusieurs années que&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;parviendra à reconstituer les pièces de ce puzzle morbide et nauséabond. Il va sans dire que ses recherches n'ont suscité ni réceptivité cordiale, ni coopération assidue des autorités et plus globalement de tous ceux qui ont trempé les mains dans le cambouis sanguinolent de ces transports de marchandise d'un genre particulier, déjà pratiqué sous une autre forme et de manière plus massive dans les années 40, entre divers points du continent européen et quelques lointaines clairières polonaises ou allemandes .&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Les financements seront évidemment difficiles à trouver. C'est le </span><a href="http://www.hlc-rdc.org/?lang=de" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Fonds pour le Droit Humanitaire</span></a><span style="color: #fff2cc;"> de Belgrade qui s'engage comme producteur pour "Dubina Dva". L'ONG, qui travaille elle-même sur la question des massacres d'Albanais au Kosovo, fournit au cinéaste de nombreux documents, informations, et lui facilite l'accès à des témoins.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le jeune homme n'est pas au bout de ses surprises, confesse-t-il dans une très intéressante interview accordée récemment au journal culturel serbe en ligne "XXZ" (à lire </span><a href="https://www.xxzmagazin.com/neotkopane-masovne-grobnice-su-svuda-oko-nas" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;"> si vous parlez la langue). A l'horreur des témoignages s'ajoute celle de toute une "économie" de la tragédie: ceux qui perpétraient les massacres étaient souvent davantage intéressés par l'acquisition des biens de leurs victimes que par la lutte nationale du valeureux peuple serbe contre son ennemi héréditaire. Les routiers qui ont exécuté cette mission "de très haute importance nationale" se sont vus promettre, outre le salaire, d'autres avantages, comme l'obtention d'un appartement (la crise du logement est un vrai problème en Serbie, et l'était déjà à cette époque). Le plus terrible peut-être sera l'exploitation financière de cette tragédie par des avocats et détectives véreux: jusqu'à ce que l'affaire des massacres et des transports d'Albanais devienne publique, en 2001, de nombreuses familles de victimes ont pensé que leurs proches disparus étaient encore en vie, quelque part, et ont engagé des recherches. C'est là que sont intervenus ces avocats et détectives peu scrupuleux, proposant leurs services à ces familles prêtes à tout pour retrouver un père, une soeur, un cousin...De nombreuses familles ont ainsi vendu tous leurs biens pour payer ces sinistres marchands de mensonges, prétendant avoir retrouvé tel parent dans une prison serbe, mais qu'il faut envoyer telle somme d'argent, afin qu'ils puissent "défendre" ce parent et "améliorer ses conditions de détention". Les familles tomberont de haut lorsqu'elles apprendront, dès 2001, que ce parent est en réalité mort, et que sa dépouille, exhumée d'un charnier leur reviendra l'année suivante... Une partie de ces faux avocats et détectives ont heureusement été arrêtés et jugés.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour "Dubina Dva", Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;s’appuiera sur les archives audio du tribunal </span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">de la Haye qui fournissent nombreux témoignages oraux, de survivantes des massacres comme des routiers. Parmi ces derniers, l'un se confiera directement au réalisateur, à condition que sa voix soit floutée.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quant aux images, c'est là toute la force de "Dubina Dva". Face à l'absence de traces visibles, face aux non-dits, face au black-out et aux omissions volontaires, le réalisateur a choisi de filmer les différents lieux de l'horreur dans leur état actuel. On passe ainsi de la nature luxuriante des abords sauvages du Danube, non loin de la frontière roumaine, aux bâtiments à l'abandon d'une pizzeria au Kosovo, où l'un de ces massacres a été perpétré. On évolue dans les terrains vagues de la base de Batajnica, aux zones industrielles décrépies de la campagne serbe. Le tout entrecoupé de scènes nocturnes de routes, de phares qui se croisent ou de lampadaires qui défilent de manière hypnotique.&nbsp;</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-Q8dvcHQkFjo/WvR7O9P-9wI/AAAAAAAAD38/41z4Qg2xFtQ4bgg7CzqDkWUL2AY2GipYwCLcBGAs/s1600/Dubina%2BDva%2B%25281%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="865" data-original-width="1600" height="215" src="https://2.bp.blogspot.com/-Q8dvcHQkFjo/WvR7O9P-9wI/AAAAAAAAD38/41z4Qg2xFtQ4bgg7CzqDkWUL2AY2GipYwCLcBGAs/s400/Dubina%2BDva%2B%25281%2529.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-xNGdZ1PxqBM/WvR7fekP9KI/AAAAAAAAD4E/j7l7JHHGVF09d8lVymid7HdK4LjXfB8cgCLcBGAs/s1600/Dubina%2BDva%2B%25282%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="168" data-original-width="300" height="223" src="https://4.bp.blogspot.com/-xNGdZ1PxqBM/WvR7fekP9KI/AAAAAAAAD4E/j7l7JHHGVF09d8lVymid7HdK4LjXfB8cgCLcBGAs/s400/Dubina%2BDva%2B%25282%2529.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-oAz48iyI8zE/WvR7qGTtX2I/AAAAAAAAD4I/Osngl_c8Zl4ESsVuAu2brHnYsdCovhKogCLcBGAs/s1600/depth-two-image-1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="326" data-original-width="652" height="200" src="https://4.bp.blogspot.com/-oAz48iyI8zE/WvR7qGTtX2I/AAAAAAAAD4I/Osngl_c8Zl4ESsVuAu2brHnYsdCovhKogCLcBGAs/s400/depth-two-image-1.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Plans de Dubina Dva</span></i></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Il n'y a pas de commentaire didactique ou explicatif, comme dans un reportage télé, pour accompagner ces images, mais les voix, obsédantes, des témoins de l'horreur, qu'il s'agisse des survivants des massacres, ou de routiers ayant accepté de témoigner, et parfois de partager leurs états d'âme et leurs traumas: l'un d'eux évoque ainsi ses nuits de cauchemars, malgré les anxiolytiques.&nbsp;&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cet alliage entre images à priori neutres, vides, souvent en plan fixe ou en lents travellings, et ces paroles qui racontent l'insoutenable, renforce la violence des faits relatés, mais aussi celle des non-dits officiels, et des tabous de la société serbe. "Dubina Dva" est à ce titre une vraie claque, où le processus narratif emprunte une voie résolument expérimentale (on est proche d'un certain cinéma "de recherche" ou d'avant-garde, introduisant volontairement une rupture entre le texte et l'image), pour mieux illustrer l'évidence de l'horreur et des silences coupables qui l'entourent. C'est au spectateur d'imaginer, de se figurer la réalisation de ces massacres et l'organisation méthodique de ce transport de cadavres, en écoutant ces voix, alors qu'il contemple des murs délabrés ou des champs abandonnés et battus par le vent. En se construisant sa propre "vision", au sens propre, des événements, il devient à son tour un témoin direct, actif et concerné de cette page d'histoire. Gageons que montrer des cadavres ou des scènes de violence n'aurait pas eu le même effet: elles n'auraient suscité qu'horreur et indignation momentanées, là où le procédé utilisé permet le recul et la réflexion, mais aussi la confrontation "mentale" de chaque spectateur avec ces événements. On en ressort exsangue, mal à l'aise, sonné.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div style="text-align: center;"><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/2mwGry22Hec" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le propos de "Dubina Dva", comme de sa suite "The Load", ne concerne d'ailleurs pas que la Serbie et sa part d'ombre encore non assumée à ce jour, mais a une portée plus universelle.&nbsp; "J'ai pensé au récent regain de populisme, de nationalisme, de mouvements d'extrême-droite et de fascisme en Europe et aux Etats-Unis, et à l'utilisation des "fake-news" comme une arme" explique&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;dans</span> <a href="https://www.hollywoodreporter.com/news/cannes-hidden-gem-balkan-war-drama-carries-a-heavy-load-1109324" target="_blank"><span style="color: #e06666;">un excellent avant-papier</span></a> <span style="color: #fff2cc;">sur "The Load" publié par</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Hollywood_Reporter" target="_blank"><span style="color: #e06666;">The Hollywood Reporter</span></a><span style="color: #fff2cc;">, un article qui pose très bien les enjeux et l'importance de ce nouveau film. "C'est avec ce type de propagande que ma génération a grandi et qu'elle a vécu. Ce n'est donc rien de nouveau. Le problème reste de la reconnaître et de la combattre".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est à partir de "Dubina Dva" que&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;a décidé de réaliser "The Load", "Teret" en serbo-croate, qui peut signifier dans cette langue à la fois la charge que l'on transporte, et le poids, celui que l'on porte sur ses épaules. "The Load" décline les faits explorés dans "Dubina Dva", cette fois ci sous le prisme de la fiction. C'est d'ailleurs le premier long métrage de fiction de&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">. Le film raconte l'histoire de Vlada, un routier serbe qui, en plein bombardements de l'OTAN, se voit confier la mission de conduire un camion du Kosovo jusqu'à Belgrade. Pendant la majeure partie du film, on ne saura pas ce que Vlada transporte, alors que le routier croisera sur sa route un jeune punk faisant du stop pour fuir en Allemagne et échapper à cette guerre, et que l'on verra aussi le fils du chauffeur, qui lui, s'enferme à la maison. Ces deux jeunes personnages symbolisent pour&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, nous explique encore The Hollywood Reporter, les deux visages antagonistes de la Serbie d'hier et d'aujourd'hui, celle qui "fuit" dans le déni des guerres et des crimes commis, et celle, qui, étouffant dans un tel climat, "fuit" au sens propre, à l'étranger.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-wOXVPEGC-sg/WvR77VypK7I/AAAAAAAAD4U/nQF_Tqh2uKA2rShnQXdtWjuhcjjaI05FwCLcBGAs/s1600/The%2BLoad%2Bimage.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="599" data-original-width="900" height="265" src="https://1.bp.blogspot.com/-wOXVPEGC-sg/WvR77VypK7I/AAAAAAAAD4U/nQF_Tqh2uKA2rShnQXdtWjuhcjjaI05FwCLcBGAs/s400/The%2BLoad%2Bimage.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Une scène de "The Load"</span></i></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'aspect générationnel est important dans ce film comme dans les précédents films d'Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">. Le cinéaste avait 6 ans quand la Yougoslavie a explosé et 14 ans lorsque l'OTAN a bombardé son pays. Il est donc davantage de la génération "post"-yougoslave qu' "ex"-yougoslave, et ses films constituent une source d'information précieuse sur les préoccupations et questionnements d'une partie de cette génération qui a à peine connu la dislocation de l'ancien pays, mais en subit encore les conséquences. La génération de&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, et celle qui a 20 ans aujourd'hui, vivent et ressentent un peu les mêmes inconforts et troubles que la jeunesse d'Allemagne de l'Ouest au début des années 60. Un vieil article de Courrier International, malheureusement introuvable sur le net, rapporte que, influencés par l'idéal hippie naissant, et arpentant l'Europe sur la route de la Turquie ou de Katmandou, ces jeunes Allemands eurent le choc de leur vie, lorsque, au hasard d'une rencontre avec un autre routard, celui-ci, juif américain ou israelien, leur expliqua par exemple pourquoi sa famille a "oublié" volontairement la langue allemande qu'elle parlait pourtant couramment autrefois... De retour en Allemagne, cette génération, perturbée par ce qu'elle a entendu, autant que par le conservatisme volontairement bonhomme et silencieux de la société d'alors, s'insurgera et questionnera les pères. Ce sera le début des grandes remises en question de la société allemande.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Rappelons qu'une fois que les principaux gros bonnets du nazisme furent jugés à Nuremberg, les vainqueurs américains, obsédés par le nouvel ennemi soviétique, et mus par le "business as usual" pouvant fructifier aisément dans ce grand pays industriel à reconstruire, ont très vite</span> <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2014/10/28/01003-20141028ARTFIG00324-quand-la-cia-recrutait-des-nazis-comme-espions.php" target="_blank"><span style="color: #e06666;">passé l'éponge sur les mains sales de certains notables et cadres pouvant leur servir dans le Nouvel Ordre Mondial</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et la mise en place d'une économie de marché "libre et non faussée". De la même façon, la communauté internationale traite globalement aujourd'hui avec indulgence les pouvoirs serbes qui ont succédé à&nbsp;Milošević</span></span><span style="color: #fff2cc;">, celui, actuel, d'Aleksandar&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;détenant sans doute la palme de la bienveillance, au nom de la stabilité régionale, du développement économique, et du dialogue entre Belgrade et Prishtina, même s'il s'agit d'un dialogue de sourd, et que ce pouvoir est aussi peu démocratique qu'il est issu</span> <a href="http://lahorde.samizdat.net/2014/04/27/serbie-une-deputee-dextreme-droite-presidente-de-lassemblee-nationale/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">des cercles, certes aujourd'hui "dédiabolisés" et vaguement "réformés", qui furent autrefois encore plus nationalistes et bellicistes</span></a> <span style="color: #fff2cc;">que "Sloba" et sa clique.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le contexte serbe et post-yougoslave est cependant différent de celui de l'Allemagne Fédérale ou de l'Europe Occidentale des années 60, où la contestation était aussi liée aux appétits hédonistes des "trente glorieuses" et de la société de consommation. Les jeunes Serbes dealent, eux, avec un monde où les idéologies anciennes sont moribondes ou jugées inopérantes; où la croissance économique, loin d'apporter le bonheur, favorise leur exploitation dans des jobs précaires et sous-payés; où les illusions et les espoirs propres aux années 60-70 ne sont plus qu'un lointain souvenir, aussi ringard qu'irritant au vu de ce qui a suivi ces années et leurs utopies, en Yougoslavie comme ailleurs.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pourtant, et en dépit de ces différences d'époque et de contexte, cette génération post-yougoslave de Serbie doit se construire au milieu des mêmes non-dits que ceux de la société allemande d'après guerre. Beaucoup de jeunes Serbes éprouvent une sorte de gêne, un malaise diffus, une peur sourde, lorsqu'ils voyagent à l'étranger et à fortiori dans les nouveaux pays nés des guerres yougoslaves. La paix étant revenue, les échanges ont repris: on va dans le pays voisin pour un festival, et les plages croates réunissent à nouveau toute l'ancienne Yougoslavie. Si en principe, ces temps de rencontre se passent globalement bien, un détail ou un malentendu, même insignifiants, peuvent relancer les tensions. Dans ce contexte, les jeunes Serbes ont souvent du mal à formuler ce qu'ils ressentent, à nouer des relations sans se prendre dans les fils emmêlés d'une mémoire incomplète et biaisée, qui leur colle à la peau bien qu'ils ne soient pas responsables de ce passé. Ils se perdent d'autant plus dans cette toile d'araignée qu'en face, leurs interlocuteurs croates ou bosniaques sont eux-aussi parfois gênés aux entournures d'un même passé aux nombreuses zones d'ombre, qui les habitent sans qu'ils le maîtrisent.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est dans ce contexte général, où la vérité n'est pas assumée au sommet, et impose ainsi le poids de la culpabilité et de la responsabilité à tous sans distinction, que quelqu'un comme Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;a décidé, lui-aussi, de questionner les pères. "Je pense que nous avons hérité d'histoires dont nos parents n'ont pas voulu nous parler, ou dont ils n'ont pas su comment nous parler" poursuit-il dans The Hollywood Reporter. "Peut-être que nous devons trouver la manière d'articuler ces histoires, d'apprendre comment utiliser la rébellion et la colère contre quelque chose qui nous est hors d'atteinte. Je crois que dire les choses, simplement raconter ces histoires, est la première étape". "Le silence sur toutes ces histoires est typique d'une société où le fascisme, la xénophobie et le chauvinisme sont servis et servent au niveau institutionnel" dit encore le cinéaste dans l'interview à XXZ, où il précise : "Pour moi, Dubina Dva n'est pas seulement un film sur le Kosovo et les crimes des années 90, c'est aussi un film sur Belgrade aujourd'hui, sur le système, le régime et la société dans lesquels je vis et je crée".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ces propos résument à merveille l'importance du travail d'Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;dans la société serbe contemporaine, mais aussi l'importance qu'un tel film soit aussi projeté sur les écrans occidentaux, pour qu'enfin, cette jeunesse serbe puisse commencer à se libérer du poids de ce passé, dont elle n'est pas coupable, mais qui hypothèque son existence et ses projets.&nbsp;&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cette hypothèque ne disparaîtra pas du jour au lendemain... Sans surprises, j'apprends, alors que je boucle ce post, que "The load" fait déjà scandale en Serbie. A priori, c'est un syndicat de policiers qui serait monté au créneau pour défendre l'honneur de la profession, apparemment souillé par le film. Afin de publier ce post à temps par rapport aux projections à Cannes, je n'ai pas creusé le sujet mais on se doute que, comme en Croatie par rapport à "Chris the Swiss", la lumière faite sur les tragiques événements survenus&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">à la fin des années 90&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">au Kosovo sera une "pilule amère pour certains" en Serbie....</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-73IE5Dhf2Wc/WvR8mCitpjI/AAAAAAAAD4c/PlSb7Krv6XEaCAZNdhxbbo62L2w2JGjxgCLcBGAs/s1600/tombes%2Balbanaises.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="168" data-original-width="300" height="224" src="https://2.bp.blogspot.com/-73IE5Dhf2Wc/WvR8mCitpjI/AAAAAAAAD4c/PlSb7Krv6XEaCAZNdhxbbo62L2w2JGjxgCLcBGAs/s400/tombes%2Balbanaises.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Des tombes de civils albanais.<br />Image tirée de Dubina Dva.</i></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La présence du film d'Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;à Cannes est aussi un heureux retour de manivelle, après les nombreuses années où le festival ne semblait n'avoir, en provenance de Serbie, qu'Emir Kusturica à nous montrer, certes avec de temps en temps un</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Goran_Markovi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Goran Markovic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ou un</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Goran_Paskaljevi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Goran Paskaljevic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">pour équilibrer avec un peu de cinéma de la dissidence serbe d'alors.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme ce blog l'a suffisamment dénoncé (lire</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2012/02/pour-en-finir-avec-emir-kusturica.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">, pour celles et ceux qui y auraient échappé), cette présence répétée me semblait poser problème, tant sur le plan du monopole artistique qu'exerçait le cinéma de Kusturica, que par rapport aux ambiguïtés idéologiques et socioculturelles que comportaient ses films. Avec "The Load", je me réjouis que ce soit de nouveaux discours qui nous soient proposés à Cannes, tant dans la vision des faits que dans l'approche esthétique: outre que&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;et Kusturica ont indéniablement des lectures différentes, si ce n'est opposées, des guerres yougoslaves en général, et des crimes commis par la Serbie dans ces guerres en particulier, leurs langages artistiques respectifs sont eux-aussi aux antipodes. Alors que Kusturica cultive l'exubérance, la folie, et la vitesse qui sont devenues sa marque de fabrique,&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;est un cinéaste de l'épure, de la concision, de la lenteur et de la distance. Alors que le premier a fait son succès en dépeignant un monde finalement idéalisé, romantisé, une sorte de bonheur rural préservé des perversions de notre temps, afin de mieux asseoir sa thèse d'une Serbie, folklorique mais éternelle, résistant à l'impérialisme occidental, le second décrit la réalité concrète des campagnes serbes délaissées, où règnent l'ennui et le dénuement matériel comme existentiel ("</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ž</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ivan Pravi Pank festival"), et où bruissent les silences assourdissants des tabous sanglants de l'histoire récente ("Dubina Dva"). Je l'ai aussi écrit à l'époque dans le même post: je reste persuadé qu'à travers cette folie rustique et débridée qui habitait ses films, Kusturica cherchait à excuser ou minimiser les responsabilités serbes dans les guerres yougoslaves. Les Balkaniques y étaient présentés comme des "bons sauvages", à la folie joyeuse autant que dangereuse, mais plus forte qu'eux, marquée par une fatalité qui en quelque sorte les dédouanait de leurs responsabilités.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Après ces années dominées par un étouffant cinéma de l'excès idéologiquement orienté, il était temps qu'un jeune cinéaste serbe nous donne à voir le vide, le silence, la torpeur et l'absence, pour que l'on puisse enfin regarder les choses en face, mais aussi et surtout que l'on puisse recommencer à respirer.</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">* * * *&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-Oj_YCK45S1o/WvR9nI_hobI/AAAAAAAAD4w/77IGnr7fX4oOG8IMW4l--oTEUVi3RzbSgCLcBGAs/s1600/csm_anja_kofmel_a808dfacd9.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="269" data-original-width="232" height="200" src="https://2.bp.blogspot.com/-Oj_YCK45S1o/WvR9nI_hobI/AAAAAAAAD4w/77IGnr7fX4oOG8IMW4l--oTEUVi3RzbSgCLcBGAs/s200/csm_anja_kofmel_a808dfacd9.jpg" width="171" /></span></a></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Anja Kofmel (ci-contre) et Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć (ci-dessous), nés respectivement en 1982 et 1985, ont presque le même âge. Leurs motivations de départ sont différentes: la Suissesse essaye de mieux connaître ce cousin fantôme, dont l'histoire et les mystères l'ont hantée depuis toute petite, et plonge finalement dans les violents méandres de la guerre en Yougoslavie, alors que son confrère serbe investigue les lourds tabous de sa communauté qui remontent à la surface, pour s'affranchir d'un passé castrateur, et redonner un avenir à sa génération.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;"><br /></span></span><a href="https://3.bp.blogspot.com/-Z0QIoyUEDd0/WvR9nT22-7I/AAAAAAAAD40/ChB0YiUkzl0ZmxVCWtWWK9zMz4sdIx6ywCLcBGAs/s1600/Glavonic-09-S.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="165" data-original-width="220" src="https://3.bp.blogspot.com/-Z0QIoyUEDd0/WvR9nT22-7I/AAAAAAAAD40/ChB0YiUkzl0ZmxVCWtWWK9zMz4sdIx6ywCLcBGAs/s1600/Glavonic-09-S.jpg" /></span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Derrière ces différences, les deux cinéastes éclairent, chacun à sa manière, les points de rencontre, comme de rupture, entre l'histoire personnelle, le vécu intime, et la "grande histoire". Ils questionnent la transmission, l'héritage et le passage de relais d'une génération à l'autre, d'une époque à l'autre et d'une histoire à l'autre. On pressent indéniablement deux films bouleversants et passionnants, et on a hâte de les voir!</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b>Rappel Cannes:</b></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">- "Chris The Swiss" est présenté dans le cadre de la</span> <a href="http://www.semainedelacritique.com/fr/edition/2018/film/chris-the-swiss" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Semaine de la Critique</span></a>&nbsp;<span style="color: #fff2cc;">(à partir du 13 mai)</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">- "The Load" est projeté de la cadre de la</span> <a href="https://www.quinzaine-realisateurs.com/film/teret/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Quinzaine des Réalisateurs</span></a>&nbsp;<span style="color: #fff2cc;">(à partir du 12 mai)</span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><br /></div></div>
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                            [encoded] => <div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2k/VGA2f6ZCZKci_uUEpeeQuUACtYoUz971gCLcBGAs/s1600/kladovo_hladnjaca.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="448" data-original-width="672" height="266" src="https://4.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2k/VGA2f6ZCZKci_uUEpeeQuUACtYoUz971gCLcBGAs/s400/kladovo_hladnjaca.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">C'est la bonne nouvelle de l'édition qui démarre en ce moment, le Festival de Cannes propose cette année deux films en liens avec la Yougosphère qui me paraissent plus que dignes d'intérêt: "</span><a href="https://www.dschointventschr.ch/fr/indevelopment/documentaries/chris-the-swiss" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Chris the Swiss</span></a><span style="color: #fff2cc;">" de la Suissesse </span><a href="http://www.swissfilms.ch/fr/film_search/filmdetails/-/id_person/2146133273" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Anja Kofmel</span></a><span style="color: #fff2cc;"> et "</span><a href="http://nonalignedfilms.com/the-load/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">The load/Teret</span></a><span style="color: #fff2cc;">" du Serbe </span><a href="http://www.cinemadefacto.com/portfolio/ognjen-glavonic/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ognjen Glavonic</span></a><span style="color: #fff2cc;"> (prononcer Og'niène Glavonitch). Je n'ai pas encore vu ces deux films, puisqu'ils ne sont pas sortis en France à ce jour, mais il se trouve que je connais assez bien le contexte auquel "Chris the Swiss" fait référence. Quant à Ognjen </span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, outre le fait que j'ai bu des bières avec lui au</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2014/09/yougosonic-goes-intergalactique.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Festival Intergalactique de l'Image Alternative à Brest en 2014</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ce qui indéniablement crée des liens, je suis aussi fan de son travail cinématographique. J'avais adoré son "</span><a href="http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/42766_1" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zivan pravi pank festival</span></a><span style="color: #fff2cc;">", portrait d'un jeune marginal de Voïvodine se piquant d'organiser un festival punk dans son village, et je viens de voir "</span><a href="http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/47511_1" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Dubina Dva/Depth Two</span></a><span style="color: #fff2cc;">", dont "the Load" est le prolongement.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ce post ne parlera pas des films présentés à Cannes en tant que tels, mais propose des développements et extrapolations contextuels qui me semblent utiles à partager, en attendant que "Chris the Swiss" et "the load" soient projetés sur nos écrans, je l'espère, très largement, c'est à dire pas seulement à Paris, Lyon, et éventuellement Marseille, mais aussi chez les bouseux de province, qui aiment eux-aussi voir des films qui instruisent ou font réfléchir. Cette dernière remarque s'adresse aux professionnels de la profession (distributeurs, diffuseurs...), au vu de la difficulté de voir des films d'ex-Yougoslavie hors grandes métropoles et festivals spécialisés. Même les derniers </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Danis_Tanovi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Tanovic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ont été très mal diffusés. Ce problème ne concerne bien-sûr pas les films d'Emir Kusturica, mais ça on le savait déjà... Fin de la parenthèse.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les deux films ont ceci de commun de plonger dans certaines abysses des guerres yougoslaves, dealant chacun avec des faits encore aujourd'hui tabous voire volontairement passés sous silence, le tout dans deux pays clés du conflit: la Croatie et la Serbie.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a name='more'></a><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><br /></div><div style="text-align: center;"></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Mêlant images documentaires et film d'animation, "Chris the Swiss" s'appuie sur deux thématiques. Premièrement, celle de la constitution de "brigades internationales" venues prêter main forte à la jeune Croatie indépendante, attaquée par l'Armée Fédérale Yougoslave passée sous orbite serbo-serbe. Comme le grand public l'ignore encore trop souvent, ces "brigades internationales" avaient peu à voir avec leurs</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Brigades_internationales" target="_blank"><span style="color: #e06666;">illustres aînées combattant en Espagne aux côtés des Républicains</span></a> <span style="color: #fff2cc;">opposés à Franco, en particulier sur le plan idéologique. Si quelques nobles âmes progressistes ont vu dans la violence de l'agression grand-serbiste, en grande partie à juste titre d'ailleurs, le visage nouveau et recomposé d'un totalitarisme ethnique de sinistre mémoire, et sont allés "sincèrement" soutenir la Croatie dans sa lutte pour s'affranchir de ce totalitarisme, l'immense majorité des mercenaires s'engageant sous la bannière de la Croatie était constituée de militants d'extrême-droite venus des quatre coins de l'Europe et du monde. Une bonne partie de ces mercenaires et autres aventuriers en quête d'adrénaline étaient déjà aguerris par leur participation à d'autres conflits du globe. D'autres ont été "discrètement" mobilisés par les partis politiques d'extrême-droite d'Europe Occidentale. L'ensemble de la nébuleuse fascistoïde et xénophobe voyait en effet dans le conflit yougoslave une opportunité pour la jeunesse nationaliste occidentale de "sortir du bois", c'est à dire de rompre avec la retraite volontaire, en attendant que sonne à nouveau l'heure de la reconquête, prêchée en 1951, après la défaite nazie, dans "</span><a href="https://www.theatre-contemporain.net/spectacles/Le-Recours-aux-forets/ensavoirplus/idcontent/16904" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Traité du rebelle ou le recours aux forêts" (Der Waldgang en V.O.)</span></a><span style="color: #fff2cc;">, par l'écrivain allemand</span> <a href="https://www.lexpress.fr/culture/livre/ernst-junger-un-anarchiste-conservateur-droit-dans-ses-bottes_1314719.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ernst Jünger</span></a><span style="color: #fff2cc;">, vieille coqueluche intellectuelle de cette nébuleuse.&nbsp;</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="-webkit-text-stroke-width: 0px; color: black; font-family: &quot;Times New Roman&quot;; font-size: medium; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-variant-ligatures: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; orphans: 2; text-align: center; text-decoration-color: initial; text-decoration-style: initial; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;"></div><br /><div class="separator" style="-webkit-text-stroke-width: 0px; clear: both; color: black; font-family: &quot;Times New Roman&quot;; font-size: medium; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-variant-ligatures: normal; font-weight: 400; letter-spacing: normal; margin: 0px; orphans: 2; text-align: center; text-decoration-color: initial; text-decoration-style: initial; text-indent: 0px; text-transform: none; white-space: normal; widows: 2; word-spacing: 0px;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-wY6jiDXisVs/WvRt6OXI9KI/AAAAAAAAD20/-HsWtYcVcFYSfR8xQdVwJO5IsYNO1RWZQCLcBGAs/s1600/ultra%2Bdesnicari%2BHR.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="400" data-original-width="558" height="286" src="https://3.bp.blogspot.com/-wY6jiDXisVs/WvRt6OXI9KI/AAAAAAAAD20/-HsWtYcVcFYSfR8xQdVwJO5IsYNO1RWZQCLcBGAs/s400/ultra%2Bdesnicari%2BHR.jpg" width="400" /></a></div></div><div style="text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Soldats croates et "internationaux" brûlant le drapeau yougoslave.</span></i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Parmi ces organisations politiques voyant une terre de croisades dans la Croatie en lutte pour son indépendance, figurent en particulier deux partis emblématiques de l'extrême-droite ouest-européenne: le Front National et le </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Vlaams_Blok" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Vlaams Blok</span></a>.<span style="color: #fff2cc;"> Concernant ce dernier, il n'est guère difficile de comprendre la parenté idéologique d'avec le nationalisme croate:</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br />- Tous comme les nationalistes flamands estiment que la Belgique est une aberration historique, un Etat non fonctionnel, les Croates en mal d'indépendance avaient une vision assez similaire de la Yougoslavie.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">- Le "Bloc Flamand", rebaptisé depuis "Intérêt Flamand" ("</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vlaams_Belang" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Vlaams Belang</span></a><span style="color: #fff2cc;">"), considère depuis toujours la Flandre comme une terre opprimée par une Belgique à dominante francophone, bien que les francophones ne constituent qu'environ 40% de la population belge, tout comme la Croatie se considérait opprimée par une Yougoslavie jugée "à dominante serbe": démographiquement, c'était vrai, les Serbes étaient majoritaires en nombre; politiquement, c'est plus compliqué. Les subtils équilibres de pouvoirs définis par Tito cherchaient plutôt à pondérer le poids des communautés et des Républiques, et notamment à réduire celui du binôme serbo-croate, déjà perçu à l'époque comme un potentiel facteur de déstabilisation. Ce système frustrera au final autant les Serbes que les Croates, et&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;surfera habilement sur cette frustration.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">- Comme le nationalisme croate à l'époque de l'indépendance, invoquant les valeurs "nobles" de travail, d'ordre, et de rationalité centre-européenne, face au "désordre" yougo-serbo-balkanique, le nationalisme flamand cherche lui-aussi depuis toujours à se séparer de ces Wallons jugés paresseux, frivoles et cosmopolites, au nom d'une Flandre rigoureuse, travailleuse et pure. <br /><br />- Enfin, et ce n'est pas le moindre des points communs, les nationalistes flamands ne considèrent pas l'occupation nazie et la collaboration de certains Flamands comme le mal absolu, l'Allemagne nazie ayant toujours soutenu ses frères néerlandophones, eux aussi membres de la noble et vigoureuse race germanique, face à la chienlit latine du sud du pays. En Croatie, on le sait, une part notable du courant indépendantiste a très vite flirté avec une réhabilitation plus ou moins ouverte de l'Etat Indépendant de Croatie, Etat pro-nazi conduit par les Oustachis, de sinistre mémoire.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Soucieux toutefois de respectabilité, le "VB" se détachera de toute action militaire concrète, se contentant de "voyages" en Croatie. Le "sale boulot" sera confié au "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Voorpost" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Voorpost</span></a><span style="color: #fff2cc;">" ("Avant-poste"), une organisation d'extrême-droite présente en Flandre et aux Pays-Bas, connue entre autres pour</span> <a href="http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2008/04/02/scne-de-la-vie/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">pourrir la vie des francophones habitant les communes "flamandes" de la grande périphérie bruxelloise</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Ce sont ces militants, habitués à la baston, aux actions coup de poing et à la clandestinité, qui iront se battre en Croatie.&nbsp;</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-LrXJY2C-Eyk/WvRug5d4-zI/AAAAAAAAD28/KkB4soNGFw810nJlkHsR2UoEa8Kh_C51ACLcBGAs/s1600/VB%2BU%2BHR.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="355" data-original-width="271" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-LrXJY2C-Eyk/WvRug5d4-zI/AAAAAAAAD28/KkB4soNGFw810nJlkHsR2UoEa8Kh_C51ACLcBGAs/s400/VB%2BU%2BHR.png" width="305" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Le Vlaams Blok en goguette en Croatie.<br />On reconnaît à gauche</span>&nbsp;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Filip_Dewinter" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Filip Dewinter</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le patron du "VB".<br />Photo (c) Stern.</span></i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Tout cela est fort bien décrit et analysé par le magazine indépendant flamand "Apache", dans</span> <a href="https://www.apache.be/fr/2013/04/12/il-y-a-20-ans-cetait-des-flamands-dextreme-droite-qui-partaient-se-battre-en-yougoslavie/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">cet article</span></a><span style="color: #fff2cc;">, disponible en français, même si je n'adhère pas à la comparaison qu'il opère avec le cas plus récent des Belges partis combattre en Syrie, analogie qui selon moi met sur le même plan des faits qui ne participent pas des mêmes contextes temporels, sociologiques et politiques.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Concernant le FN et les milices d'extrême-droite françaises, le soutien à la Croatie peut à priori paraître surprenant, vu qu'aujourd'hui, le parti de la dynastie Le Pen roule plus qu'ouvertement pour le nationalisme serbe, avec d'ailleurs un succès certain auprès des Français d'origine serbe, comme l'humoriste Guillaume Meurice en fit l'expérience (voir</span><span style="color: #e06666;"> <a href="https://www.youtube.com/watch?v=PdEAtFHc8r4" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a></span> <span style="color: #fff2cc;">à partir de 2'30) </span><a href="http://mediateur.radiofrance.fr/message/discrimination-de-guillaume-meurice-vers-serbes/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">à ses dépends</span></a><span style="color: #fff2cc;"> lors des dernières présidentielles. On aurait aussi pu supposer que le FN aurait soutenu la Serbie au nom des liens historiques et des alliances franco-serbes du début du XXe siècle. Enfin, en parti plutôt centraliste et unitariste, le FN aurait pu plaider pour une Yougoslavie unie sous la bannière serbe, d'autant qu'une partie de la culture politique et du droit serbe est clairement influencée par la culture politique et le droit français, les élites serbes d'autrefois s'étant formées en France. A l'époque, pourtant, ce n'était pas le cas. Cette vision que l'on pourrait qualifier de "pro-serbe" était davantage l'apanage de la "droite bourgeoise traditionnelle", celle qui lit Le Figaro, ce journal étant l'une des rares voix exprimant encore aujourd'hui des sympathies ou de la mansuétude envers les positions serbes durant le conflit et au delà. Ces sympathies s'exprimaient aussi dans certains cercles militaires, et au sommet de l'Etat, François Mitterrand en tête (qui rappelons-le, n'était de gauche que sur le papier), qui aurait proclamé que jamais de son vivant, la France ne ferait la guerre à la Serbie. Dans les faits, ce positionnement au sein des corps constitués aura laissé pourrir le conflit bosnien, avec les conséquences que l'on sait, et aurait, selon certaines sources, permis à&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Karadžić et à Mladić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;d'échapper à la justice internationale, la rumeur insinuant que des hauts gradés français en mission sur place les auraient couverts dans leur fuite.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Parenthèse rapide concernant l'extrême-gauche à cette époque: il semblerait que celle-ci ait été déjà minée par un même </span><a href="https://wikirouge.net/Campisme" target="_blank"><span style="color: #e06666;">campisme</span></a> <span style="color: #fff2cc;">que celui qui l'égare aujourd'hui, et dans de larges composantes, sur le chemin de Damas, face au "socialisme laïc" de Bachar Al Assad (rappelons que le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_Baas" target="_blank"><span style="color: #e06666;">parti Baas</span></a> <span style="color: #fff2cc;">dont est issu le pouvoir syrien est à la base un parti "de gauche"). D'après la chercheuse</span> <a href="http://csamary.free.fr/csamary/Activites_%26_Recherche.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Catherine Samary</span></a><span style="color: #fff2cc;">, proche d'Attac et du NPA, cet égarement sera particulièrement flagrant envers les Musulmans bosniaques, que cette gauche, finalement par ignorance des caractéristiques de l'Islam bosniaque d'avant la guerre, enfermera dans un fondamentalisme qui resta, quoiqu'on en dise aujourd'hui, relativement minoritaire durant la guerre&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(lire&nbsp;</span><a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article33860" style="font-family: georgia, &quot;times new roman&quot;, serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, ce point est abordé en fin de texte, sous "Réalité et Grilles d'interprétations")</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Notons toutefois que la mouvance anarchiste française, en lien avec sa consoeur italienne, tenta de soutenir les réseaux anarchistes de Yougoslavie, ces derniers ayant combattu les nationalismes locaux dès leur apparition, puis sont parvenus à maintenir des échanges durant le conflit. On vit aussi des initiatives d'ONG de gauche et d'associations d'objecteurs de conscience (le service militaire était encore obligatoire en France à cette époque) visant à soutenir les pacifistes et déserteurs serbes.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour revenir à l'extrême droite française d'alors, la connexion avec le nationalisme croate se fit via deux marqueurs caractéristiques: le marqueur religieux, à travers la branche catholique intégriste du Front National, clamant qu'il fallait venir en aide à ce peuple catholique en plein réveil religieux après des années d'oppression (ce qui était faux: la pratique religieuse était "découragée" par la propagande, mais n'était pas interdite). Ce réveil devait être d'autant plus encouragé qu'il prenait des formes très peu favorables à l'oecuménisme, à la modernité et à tous les avatars dégénérés de cette dernière, tels que le droit à l'avortement... Bref, le catholicisme croate semblait assez proche du catholicisme traditionaliste français. Malheureusement, et sans vouloir mettre tous les catholiques croates dans le même sac, l'actualité de ce pays nous démontre régulièrement depuis que cette vision n'était pas erronée.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">L'autre marqueur qui allait cristalliser la mobilisation de militants et de mercenaires d'extrême-droite était l'anticommunisme. Pour l'extrême-droite française,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;et la Serbie incarnaient le communisme, un communisme que la Croatie indépendante, acquise à l'économie de marché et aux valeurs traditionnelles, combattait. Autant la grille religieuse pouvait-elle être fondée, autant cette vision d'une Serbie incarnant le communisme est sujette à caution. Certes,&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;était bien issu du PC serbe, mais il faut quand même rappeler que l'homme fort de Belgrade était, sur le plan économique, un&nbsp; libéral assumé, ayant de surcroît fait une partie de sa carrière dans le secteur bancaire, et ayant par ce biais vécu à Londres, Mecque du capitalisme triomphant.&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;fut même au départ accueilli favorablement en Occident, parce que son adhésion au libéralisme, son autorité et son inflexibilité, étaient jugées les plus aptes à faire passer les lourdes réformes économiques voulues par le FMI pour redresser l'économie yougoslave à l'agonie. Comme nous le rappelle la décidément précieuse Catherine Samary dans un autre</span> <a href="http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article13577" target="_blank"><span style="color: #e06666;">texte</span></a>&nbsp;<span style="color: #fff2cc;">(premier point du texte), les privatisations en Serbie, où les cadres du PC allaient goulûment se servir, ne furent retardées qu'à cause de la guerre, et non par une volonté de maintenir un régime communiste. Par ailleurs le PC serbe a mis en pratique avec un tel enthousiasme les valeurs du nationalisme ethnique, au mépris de l'internationalisme fraternel du communisme, qu'il s'est indéniablement rapproché des principes de l'extrême-droite, n'en déplaise aux naïfs et aux révisionnistes qui voient encore aujourd'hui dans cette politique une volonté de sauver la Yougoslavie socialiste.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est d'ailleurs en prenant conscience, vers la fin des années 90, de certaines communautés de vue entre les préoccupations du FN français et les choix politiques de la Serbie, que Le Pen père insufflera un basculement de son parti vers ce pays. En l'occurrence, c'est notamment sur le Kosovo que se jouera cette bascule, toujours via le marqueur religieux. Des catholiques croates, on passera aux chrétiens serbes, trahis par l'Occident dans leur lutte contre les musulmans albanais (et bosniaques, auparavant), et là aussi, tant pis si tous les Albanais ne sont pas musulmans, et qu'on trouve parmi eux des catholiques et des orthodoxes. L'élément musulman est toutefois majoritaire, d'où ce raccourci facile, mais le nationalisme albanais s'appuie principalement sur la singularité linguistique et culturelle de ce peuple...&nbsp; Afin de ne pas trop nous disperser, je ne développerai pas davantage cette question du basculement du FN vers des positions plutôt pro-serbes. Cette histoire fera peut-être l'objet d'un décryptage plus complet un jour...</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Sur ces connivences entre l'extrême-droite française, politique ou para-militaire, et les nationalistes croates, on lira avec intérêt le très fouillé</span> <a href="http://reflexes.samizdat.net/les-phalanges-du-desordre-noir/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">article de la revue Reflexe</span></a><span style="color: #fff2cc;">, qui, dès 93, analyse avec beaucoup de précision les différentes mouvances à l'oeuvre en coulisse et sur le terrain.&nbsp;</span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-PJhRm9hUHIE/WvRx7O2Vh8I/AAAAAAAAD3I/XBm8B_sElnQaDdEYna7rmPIrQCkWcDifwCLcBGAs/s1600/Christian-Wurtenberg.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="612" data-original-width="1000" height="195" src="https://1.bp.blogspot.com/-PJhRm9hUHIE/WvRx7O2Vh8I/AAAAAAAAD3I/XBm8B_sElnQaDdEYna7rmPIrQCkWcDifwCLcBGAs/s320/Christian-Wurtenberg.jpg" width="320" /></span></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Christian Würtenberg aka "Chris the Swiss"</i></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est dans cet article que j'ai pour la première fois entendu parler, on y arrive enfin, de celui qu'on surnomme "Chris the Swiss", et qui constitue la deuxième et principale thématique du film éponyme. A l'époque, il y a un an environ, j'avais lu cet article parce que je m'intéressais à ces connivences de l'extrême-droite française avec la Croatie puis la Serbie, et avais déjà vaguement un post en tête sur le sujet... Ma curiosité envers l'histoire de ce jeune suisse avait alors été piquée, et j'avais alors commencé à la creuser. C'est ainsi que j'ai eu vent qu'un film suisse se préparait sur cet individu méconnu au destin tragique... <br /><br />"Chris the Swiss" s'appelait en réalité Christian Würtenberg, et exerçait le métier de journaliste. Il est né et a grandi à Bâle, la grande ville alémanique du nord de la Suisse, frontalière de l'Allemagne et de la France. Qu'est ce qui peut pousser un jeune homme à quitter un pays bien portant, relativement tranquille et officiellement neutre, pour s'aventurer dans les conflits qui sévissent au quatre coins du globe ? C'est une des questions que pose Anja Kofmel, cousine de Christian Würtenberg. La réalisatrice était encore un enfant au moment de la mort de ce dernier. Elle a grandi et s'est construite dans l'aura tutélaire, faite de mythes, de mystères et d'interrogations, de ce cousin parti trop tôt et dans des conditions obscures.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Un mélange d'audace, de courage, d'idéal et de soif de justice que l'on dit propre à la jeunesse, animait le journaliste suisse, d'après le témoignage d'un confrères, Julio César Alonso, un Espagnol avec qui il se lie d'amitié lorsqu'ils couvrent la Tchétchénie et la Géorgie. Quand le conflit éclate en Croatie, Würtenberg se rend sur place.</span> </span><span style="color: #fff2cc;">C'est là qu'il décide de se concentrer sur un sujet précis, alors peu abordé par la presse, à savoir ces fameuses brigades internationales de volontaires, leur composition, leur agenda, leurs financements, leurs réseaux...D'après le quotidien croate Jutarnji List, qui, dans </span><a href="https://www.jutarnji.hr/kultura/film-i-tv/tko-je-ubio-chrisa-njegovo-mrtvo-tijelo-pronadeno-je-blizu-osijeka-prema-sluzbenoj-verziji-ubili-su-ga-cetnici-metkom-u-glavu/7270110/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">un article récent </span></a><span style="color: #fff2cc;">(en serbo-croate), revient sur le film et les polémiques qui l'entourent déjà (on y revient plus bas), Würtenberg est convaincu que</span> <span style="color: #fff2cc;">l'</span><a href="https://www.monde-diplomatique.fr/1995/09/NORMAND/6667" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Opus Dei</span></a> <span style="color: #fff2cc;">finance et arme ces milices, une info qu'il tient d'un marchand d'arme croate vivant à Bâle. Würtenberg s'intéresse aussi au trafic de drogue, dont la Suisse constitue une plaque tournante d'autant plus attractive pour les mafias, que la politique "pragmatique" de certains cantons (cf. </span><a href="https://www.tdg.ch/suisse/Il-y-a-25-ans-la-scene-de-la-drogue-etait-evacuee/story/26750331" target="_blank"><span style="color: #e06666;">les parcs à drogués zürichois</span></a><span style="color: #fff2cc;">) favorise la circulation de dope. Or la Yougoslavie en guerre se trouve sur la route de la drogue.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour mieux approcher son sujet, quoi de mieux que d'intégrer l'une de ces brigades elle-même! C'est donc en mode "infiltré", là ou d'autres furent "embedded", que Würtenberg réalise son enquête. Bien évidemment, le jeune homme avait mis les mains dans un cambouis qui n'allait pas tarder à lui exploser au visage, à ouvrir une boîte de Pandore que personne au sein de ces brigades ne souhaitait voir fuiter de quelque façon. C'est là qu'intervient un personnage clé, un Bolivien nommé Eduardo Rozsa Flores ("Rozsa" se prononce "Roja"), curieuse figure dont les origines comme le parcours témoignent, et ce n'est pas le moindre des éléments à verser au dossier de ces mercenaires, des va-et-vient idéologiques qui pouvaient animer ces militants.&nbsp;</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-q4Q8ExdWNd0/WvR0oqO6M0I/AAAAAAAAD3U/yL9o5EA1QncMi8W5GQ8xVWvyhvvW8datACLcBGAs/s1600/Brigade%2Binternationale%2BRozsa%2BFlores.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="366" data-original-width="560" height="261" src="https://2.bp.blogspot.com/-q4Q8ExdWNd0/WvR0oqO6M0I/AAAAAAAAD3U/yL9o5EA1QncMi8W5GQ8xVWvyhvvW8datACLcBGAs/s400/Brigade%2Binternationale%2BRozsa%2BFlores.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>La brigade internationale qu'a intégré Christian Würtenberg.<br />Debout au premier plan, au centre, le fondateur et chef de la brigade</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Eduardo Rozsa Flores.</i></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">De père juif hongrois et de mère catholique espagnole, Rozsa Flores </span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">passe sa jeunesse en Amérique Latine. Il vient en Europe lorsque sa famille doit quitter le Chili de Pinochet pour "raisons politiques". Après une étape en Suède, c'est en Hongrie que les Rozsa Flores s'installent dans les années 80. Le jeune Eduardo y intègre l</span><span style="color: #fff2cc;">es jeunesses communistes. Bon élément, il est envoyé à l'Ecole du KGB de Minsk, avant de rejoindre les services secrets hongrois. Alors que les régimes communistes s'écroulent en Europe de l'Est, Rozsa Flores est "pe</span></span><span style="color: #fff2cc;">u à peu attiré par le séparatisme ethnique et l’extrême droite; fidèle de l’Opus Dei, il se convertira ensuite à l’islam. Il soutient, enfin, la cause palestinienne autant que les groupes séparatistes et racistes de</span> <span style="color: #e06666;"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Santa_Cruz_de_la_Sierra" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Santa Cruz</span></a>,</span><span style="color: #fff2cc;"> opposés au gouvernement d’Evo Morales, comme l’organisation d’extrême droite </span><a href="https://es.wikipedia.org/wiki/Naci%C3%B3n_Camba" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Nacion Camba</span></a><span style="color: #fff2cc;">" précise le journal de gauche suisse</span> <a href="https://lecourrier.ch/charte-redactionnelle/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Le Courrier</span></a><span style="color: #fff2cc;">, dont l'article, désormais introuvable en ligne, est heureusement disponible, quoique dans une version partiellement amputée, chez</span> <a href="https://www.investigaction.net/fr/Comment-le-bourreau-d-un/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Investigaction</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Cet article écrit en 2009 est une mine d'information sur ce sinistre personnage, autant que sur "Chris the Swiss". C'est cet article qui publie le témoignage de Julio César Alonso, cité ci-dessus.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Reflexe fait également allusion à Rozsa Flores dans ses recherches, et pour cause, les deux articles pointent clairement la culpabilité de ce dernier dans la mort de Christian Würtenberg. "Eduardo Rozsa Flores débarque en Croatie en 1991 comme journaliste pour le quotidien catalan</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vanguardia" target="_blank"><span style="color: #e06666;">La Vanguardia</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Mais rapidement, exalté par les champs de bataille, il décide de s’engager «corps et armes» pour défendre cette terre en quête d’indépendance. En octobre, appuyé par le président Franjo Tudjman, le milicien hongro-bolivien fonde la Brigade internationale des volontaires, qui regroupera des anciens de la Légion étrangère et des aventuriers de la droite radicale, venus de toute l’Europe participer à cette guerre aussi brutale qu’anarchique." poursuit l'article du Courrier, ajoutant : "C’est dans cette Brigade internationale que s’incorpore en novembre 1991 un jeune Bâlois de 27 ans, Christian Würtenberg, collaborateur de l’ATS, l’Agence télégraphique suisse" (équivalent helvète de l'AFP).&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-nj3qt0JhKZs/WvR31LDUfbI/AAAAAAAAD3g/yi0G78IrMuAg8vOnv19yMGKThgikEGpbgCLcBGAs/s1600/Chris_the_Swiss.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="412" data-original-width="960" height="171" src="https://2.bp.blogspot.com/-nj3qt0JhKZs/WvR31LDUfbI/AAAAAAAAD3g/yi0G78IrMuAg8vOnv19yMGKThgikEGpbgCLcBGAs/s400/Chris_the_Swiss.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">D'après Jutarnji List, Christian Würtenberg n'aurait pas pu démontrer le rôle actif de l'Opus Dei dans l'armement et le financement des milices, et se serait même rapidement désintéressé de cette guerre qu'il "ne comprenait pas". Ce n'est pas l'avis du Courrier qui pense au contraire que le jeune journaliste avait mis la main sur des infos de première importance. "Jutarnji" dresse un portrait en demi-teinte du jeune suisse, c'est à dire pas complètement flatteur, évoquant un enfant instable et difficile, objet de nombreux soucis pour sa mère qui l'éleva seule. Curieuse proximité avec son futur chef Rozsa Flores, Christian Würtenberg part en Namibie, après un énième échec scolaire, où il participe à la lutte pour l'indépendance au sein des</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/South_West_Africa_Territorial_Force" target="_blank"><span style="color: #e06666;">SWATF</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Il est cependant rapidement évincé de ces troupes, poursuit le quotidien croate, qui mentionne ensuite des séjours en Laponie, en Thaïlande, où il rencontre et épouse sa femme, avant de revenir en Suisse. Toujours un brin méprisant, l'article écrit que Würtenberg "cherche alors à se présenter comme un journaliste". On est loin de la célébration&nbsp;du courage et de l'audace qui figure dans la presse de gauche. On voudrait dénigrer quelqu'un qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Journal généraliste de centre-droit, Jutarnji List semble être au diapason de la "prudence" d'une partie de la société croate face à cette affaire qui entache l'image de la guerre d'indépendance. Je confronte ici cette différence de ton et d'angle, entre un journal de gauche suisse, et un quotidien croate généraliste visiblement sous influence de la vérité officielle de son pays, à des fins "pédagogiques", pour rappeler comment le positionnement politique influence la présentation des faits.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Difficile bien-sûr de savoir qui des deux parties a véritablement raison, notamment sur le coeur de l'affaire, c'est à dire sur les découvertes qu'aurait pu faire Würtenberg... La vérité est morte malheureusement en même temps que le journaliste: ayant très vite des soupçons quant à sa recrue suisse,&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Rozsa Flores l'</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">aurait éliminée ou faite éliminer, selon les sources, non sans l'avoir préalablement torturée. Héros national en Croatie, R</span><span style="color: #fff2cc;">ozsa Flores ne sera jamais inquiété ailleurs pour son rôle présumé dans cet assassinat, ni dans celui, quelque jours plus tard, du journaliste britannique Paul Jenks venu enquêter sur la mort de Christian Würtenberg. On n'aimait décidément pas les journalistes trop curieux, dans le bourbier de la Slavonie livré aux milices. Trop mauvais pour l'image de la juste cause de la juste guerre d'indépendance croate. Presque à la même époque, </span><a href="http://expo-photo.blog.lemonde.fr/2012/04/06/guerre-de-bosnie-ron-havi-raconte-son-image-emblematique/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Arkan jouera côté serbe la carte d'une fausse "transparence" en acceptant la présence du photographe américain Ron Haviv parmi ses troupes</span></a><span style="color: #fff2cc;">. On aurait tort cependant de voir dans cette attitude un respect quelconque de la liberté de la presse: outre qu'il était probablement habité par un profond narcissisme, Arkan avait simplement compris avant la lettre le pouvoir des images virales, et en l'occurrence le pouvoir de terreur qu'allaient générer ces images, une fois publiées. Une terreur qui allait plus tard vider certains territoires de Bosnie-Herzégovine, à la simple annonce de l'arrivée imminente des troupes d'Arkan. Nous y reviendrons dans un prochain post...</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La version officielle prétendra que Würtenberg est mort tué par les Serbes, qui, pour une fois, ont bon dos. Son ordinateur portable ne sera jamais retrouvé, et le journal qu'il alimentait quotidiennement sera rendu à sa famille avec plusieurs pages déchirées. Alors que Rozsa Flores finira lui-aussi par le sang, en 2009, sous les balles de la police bolivienne qui le soupçonnait de préparer un putsch, l'affaire de "Chris the Swiss" retombera dans les nombreuses oubliettes de cette sale guerre sans quartiers ni pitié. Le destin tragique du jeune Bâlois n'est pas qu'un dommage plus ou moins collatéral de cette guerre, c'est aussi un non-dit judiciaire et journalistique en Suisse: l'article précité du Courrier rappelle que les autorités helvétiques refuseront d'instruire enquête et procès demandés par la famille Würtenberg, sous prétexte que l'engagement militaire d'un ressortissant suisse sous une bannière étrangère est un cas de haute trahison. De leur côté, les employeurs du jeune journaliste se désolidariseront de lui, dénonçant les risques excessifs qu'il aurait pris pour mener son enquête.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">C'est une supposition personnelle, évidemment un brin complotiste, mais on peut aussi se demander si, au pays du secret bancaire, de</span> <a href="http://www.bilan.ch/economie/qui-edward-snowden-t-il-epie-geneve-nid-despions" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'espionnage grouillant</span></a> <span style="color: #fff2cc;">derrière l'active diplomatie en pays neutre, des parcs à drogués de Zurich, et d'une immigration yougoslave importante, dont certains éléments faisaient partie des mafias locales, quelqu'un avait vraiment intérêt à ce que l'on creuse les pistes ébauchées par le jeune journaliste, pistes où se croisent l'argent de la drogue et autres jeux de pouvoir occultes... Aucune helvétophobie primaire et caricaturale de ma part, je sais que ce pays vaut mieux que tous les clichés qui lui sont attribués, mais l'hypocrisie et la mauvaise foi manifestes autour du décès de Christian Würtenberg peuvent poser question.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-K8utubSp9gY/WvR4L-OusII/AAAAAAAAD3o/DIVrA1iMM_k4OztgQRmW7DYIII-ycrwIwCLcBGAs/s1600/chris-the-swiss2-150.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1227" data-original-width="920" height="320" src="https://2.bp.blogspot.com/-K8utubSp9gY/WvR4L-OusII/AAAAAAAAD3o/DIVrA1iMM_k4OztgQRmW7DYIII-ycrwIwCLcBGAs/s320/chris-the-swiss2-150.jpg" width="239" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">J'ignore si le film abordera cet aspect, mais il aura en tout cas le mérite de remettre de la lumière sur la curieuse et tragique histoire de ce jeune journaliste courageux et audacieux. Le</span> <a href="https://vimeo.com/266489247" target="_blank"><span style="color: #e06666;">trailer</span></a> <span style="color: #fff2cc;">est prometteur et annonce, côté animations, une esthétique qui, curieux hasard, n'est pas sans rappeler celle d'imagiers de l'espace yougoslave, tels</span> <a href="http://www.aleksandarzograf.com/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zograf</span></a><span style="color: #fff2cc;">,</span> <a href="http://www.editionsmosquito.com/auteur.php?id=27" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zezelj</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ou</span> <a href="http://www.stripburger.org/language/en/2024/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Lavric</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Il est vrai que le film est une coproduction helvéto-croate et que ce sont des studios d'animation croates qui ont réalisé une partie des travaux. Ceci explique peut-être cela.</span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour conclure sur ce film et sur tout ce qui précède, formulons encore quelques remarques de bon sens mais nécessaires à rappeler, et terminons sur un bref exposé de sa réception en Croatie.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">De ces collusions avérées entre droite radicale européenne et (para)militaires croates, on ne saurait évidemment conclure que tous les Croates, combattants ou civils, étaient partisans de l'extrême-droite. De la même façon, ces mêmes collusions n'enlèvent rien au sentiment légitime de nombreux Croates que l'indépendance était le prix à payer pour sortir d'une Yougoslavie où&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;et les appétits nationalistes serbes constituaient une menace réelle. A côté des illuminés et des va-t-en guerre, nombreux citoyens croates espéraient sortir sans trop de casse. Affirmer le contraire ou tirer des généralisations abusives de ces faits, comme on le fait du côté des nationalistes serbes et de certains "amis de la Serbie", n'est qu'un raccourci aussi inexact que malhonnête.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Ces liens entre droite extrême et nationalisme croate sont enfin un boulet dont, d'une certaine façon, les Croates sont aussi victimes. Ces milices</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2016/07/cops-are-not-all-bastards.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">n'ont pas fait de cadeau aux Croates "modérés" ou ayant des états d'âme</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et encore aujourd'hui, cette page d'histoire entache la mémoire "juste" de la guerre d'indépendance (celle de ceux qui ont combattu de façon sincère et dans le respect des règles de guerre), et empoisonne la société croate contemporaine.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Sans surprises d'ailleurs, "Chris the Swiss" fait déjà polémique en Croatie. Des vétérans croates protestent entre autres contre le film, qui "donnerait une mauvaise image de la guerre d'indépendance". Dans son article, précédemment évoqué, Jutarnji List revient largement sur la polémique autour du film: Anja Kofmel a, explique le journal, bénéficié d'une subvention de l'Etat Croate, via une institution soutenant le tournage et la production de films en Croatie. Le journal relève, et semble faire sienne, l'une des thèses en vigueur en Croatie, que le scénario, soumis au départ à cette institution, aurait été sensiblement changé dans la mouture finale du film, donnant une image fausse et négative de la guerre d'indépendance. Face à ces insinuations, on saluera le courage politique et l'honnêteté intellectuelle de la société croate Nukleus Film, coproductrice du film aux côtés des zurichois de Dschoint Venture. Droit dans ses bottes, Nukleus Film, cité par Jutarnji List, a déclaré : "nous sommes fiers et heureux que la Semaine de la Critique ait reconnu l'importance du sujet ainsi que la valeur des investigations qui constituent l'histoire que nous expose la réalisatrice Anja Kofmel, une histoire qui, pour certains peut-être, sera une pilule au goût amer". La société refuse de céder aux pressions, arguant que les faits relatés sont importants, et qu'elle souhaite qu'ils soient portés à la connaissance de tous. Cette réponse du producteur croate est, si besoin en était, une belle invitation à aller voir le film.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">* * * * *&nbsp;</span></div><br /></div><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-6i77DUBgUTw/WvR6rgJZbNI/AAAAAAAAD30/MZMJx5538iwpYVYOjguB_basJnvXou4vgCLcBGAs/s1600/The%2BLoad%2BPoster%2BCannes.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="960" data-original-width="666" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-6i77DUBgUTw/WvR6rgJZbNI/AAAAAAAAD30/MZMJx5538iwpYVYOjguB_basJnvXou4vgCLcBGAs/s400/The%2BLoad%2BPoster%2BCannes.jpg" width="277" /></a></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quittons maintenant la Slavonie minée par la guerre et ses ombres, pour aller dans le "camp d'en face", où niveau mains tâchées de sang et cadavres dans les placards (ou plutôt dans les frigos, dans le cas qui va nous occuper), le tableau est plus que sombre, même si, là aussi, on se gardera bien sûr de toute généralisation et essentialisation.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"The Load" ne deale pas avec la guerre serbo-croate que l'on vient d'évoquer, mais avec cet autre "front", qui d'ailleurs n'a longtemps pas voulu dire son nom véritable, celui du conflit serbo-albanais autour du Kosovo. On le sait, les Albanais ont longtemps opté pour une résistance non-violente et la mise en place d'institutions parallèles, en réponse à la répression serbe, d'où le fait que ce "front" eut d'abord une forme larvée, rampante, presque en sourdine. C'est face à la lassitude d'une nouvelle génération d'Albanais, déçus de l'absence de résultats de la résistance non-violente, et galvanisés par le soutien de plus en plus objectif des opinions publiques et des pouvoirs occidentaux, que s'est constituée l'Armée de Libération du Kosovo, et que la résistance à Belgrade a pris la forme de la guérilla, malheureusement assortie de lourdes tendances revanchistes envers les civils serbes.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Arrivent les bombardements de l'OTAN qui porteront le coup fatal à la Serbie, mais où le pouvoir, encouragé par le chaos général, et probablement adepte d'une fuite en avant dont la personnalité suicidaire de&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;était coutumière, décida de régler son sort à la population albanaise: personnes âgées, femmes, enfants, et autres civils furent massacrés sans autre forme de procès sous un mode opératoire déjà pratiqué en Croatie et en Bosnie-Herzégovine. Les civils étaient rassemblés dans des bâtiments pouvant "recevoir du public" (maisons de la culture, écoles, restaurants, etc.), avant d'être abattus à la kalashnikov ou à coup de grenades. Ces opérations étaient réalisées par l'armée, la police, diverses milices et mafieux, avec la participation occasionnelle de Serbes locaux, souvent d'ailleurs parfaitement intégrés à cette société multiethnique, et sachant donc, dans chaque village ou quartier, où se trouvaient les foyers de l'ethnie à abattre. C'est en tout cas ce qui ressort des témoignages de survivants de ces sordides faits d'armes, évidemment en rupture totale avec le droit international, puisque massacrant ouvertement des civils innocents. D'où la nécessité pour Belgrade de supprimer toute trace visible de ces actes qui vaudraient à la Serbie de nouvelles inculpations à La Haye. C'est pour masquer ces traces que le régime a mis en place une opération secrète, baptisée "Dubina Dva" ("Profondeur Deux"), consistant à organiser le transport par camion des cadavres de civils albanais, du Kosovo vers la Serbie. En plein bombardements de l'OTAN, ce "travail" fut confié à des routiers civils, chargés de se procurer des camions frigorifiques: des camions militaires auraient en effet attiré l'attention des satellites occidentaux...&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Une fois en Serbie, les "chargements" ont&nbsp; été disséminés dans différentes régions: une partie de ces cadavres seront par exemple détruits dans les fonderies de la ville minière de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bor_(Serbie)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Bor</span></a><span style="color: #fff2cc;">, d'autres seront enfouis au coeur même de la base militaire de</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Batajnica" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Batajnica</span></a> <span style="color: #fff2cc;">(prononcer Bataïnitsa), dans la grande banlieue nord-ouest de Belgrade. Dès le mois d'avril 1999, l'un de ces camions, immatriculé à</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Prizren" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Prizren</span></a> <span style="color: #fff2cc;">a</span><span style="color: #fff2cc;">u Kosovo, est trouvé par hasard dans le Danube non loin des </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Portes_de_Fer_(Danube)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Portes de Fer</span></a><span style="color: #fff2cc;">, au nord-est de la Serbie.&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Les plongeurs chargés d'en identifier le contenu, avant que l'on sorte le camion de l'eau, sont saisis d'effroi.&nbsp;&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2o/uF-EbER9WRUrsWYHKW7bWp1R2tIfxKVWwCEwYBhgL/s1600/kladovo_hladnjaca.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="448" data-original-width="672" height="213" src="https://3.bp.blogspot.com/-b4s8IcL_PCw/WvQwR9POmoI/AAAAAAAAD2o/uF-EbER9WRUrsWYHKW7bWp1R2tIfxKVWwCEwYBhgL/s320/kladovo_hladnjaca.jpg" width="320" /></span></a></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Très vite, la rumeur officielle insinuera qu'il s'agit de réfugiés kurdes qui se seraient noyés ou auraient été tués par leurs passeurs. Un habitant des environs suggérant qu'il pourrait s'agir d'Albanais du Kosovo recevra des menaces, et sera finalement retrouvé mort. L'affaire s'ébruite donc peu. C'est après la chute de&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Milošević</span>&nbsp;que les langues commencent à se délier. Dès 2001, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Zoran_%C4%90in%C4%91i%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zoran Djindjic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">évoque cette affaire du camion jeté dans le Danube durant les bombardements de l'OTAN, et une enquête démarre à son initiative. Malgré cette enquête et le jugement de divers protagonistes de cette affaire à La Haye, l'ensemble des faits ne connaît pas les lumières de la place publique en Serbie: hormis la presse indépendante, dont l'audience est restreinte, les médias serbes n'en parlent pas, et aucune reconnaissance officielle, assortie d'excuses, n'est prononcée solennellement. Il est vrai que</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kosovo#Le_statut_ind%C3%A9termin%C3%A9_du_Kosovo_ind%C3%A9pendantiste_%C3%A0_la_suite_de_l%E2%80%99intervention_de_l%E2%80%99ONU_et_la_fin_de_la_Yougoslavie" target="_blank"><span style="color: #e06666;">l'indépendance "de fait" du territoire kosovare "libéré" par l'OTAN, suivie de l'indépendance "véritable" en 2008</span></a><span style="color: #fff2cc;">, empoisonne les relations entre Belgrade et Prishtina, et n'incite ni à l'apaisement, ni à la confession publique des</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/War_crimes_in_the_Kosovo_War" target="_blank"><span style="color: #e06666;">crimes commis</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et ce d'ailleurs de part et d'autres.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est en tombant par hasard, en 2009, sur deux articles évoquant des charniers de civils albanais trouvés à Batajnica, que le jeune Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;reçoit un déclic en forme d'immense point d'interrogation. Etudiant en cinéma et musicien dans un groupe métal à cette époque, évoluant dans le milieu culturel et underground de</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pan%C4%8Devo" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Pancevo</span></a><span style="color: #fff2cc;">, ville importante de la grande périphérie belgradoise, le jeune homme ne trouve aucune réponse à ses questions auprès de ses proches, amis ou famille. Personne ne sait rien sur cette tragédie...ou ne veut rien savoir. L'interrogation se transforme en curiosité, et deviendra peu à peu le corpus d'un film: "Dubina Dva", sorti en 2016, soit après "</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ž</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">ivan pravi pank festival", autre documentaire de&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, sorti en 2013. C'est en effet au prix d'une longue enquête de plusieurs années que&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;parviendra à reconstituer les pièces de ce puzzle morbide et nauséabond. Il va sans dire que ses recherches n'ont suscité ni réceptivité cordiale, ni coopération assidue des autorités et plus globalement de tous ceux qui ont trempé les mains dans le cambouis sanguinolent de ces transports de marchandise d'un genre particulier, déjà pratiqué sous une autre forme et de manière plus massive dans les années 40, entre divers points du continent européen et quelques lointaines clairières polonaises ou allemandes .&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Les financements seront évidemment difficiles à trouver. C'est le </span><a href="http://www.hlc-rdc.org/?lang=de" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Fonds pour le Droit Humanitaire</span></a><span style="color: #fff2cc;"> de Belgrade qui s'engage comme producteur pour "Dubina Dva". L'ONG, qui travaille elle-même sur la question des massacres d'Albanais au Kosovo, fournit au cinéaste de nombreux documents, informations, et lui facilite l'accès à des témoins.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le jeune homme n'est pas au bout de ses surprises, confesse-t-il dans une très intéressante interview accordée récemment au journal culturel serbe en ligne "XXZ" (à lire </span><a href="https://www.xxzmagazin.com/neotkopane-masovne-grobnice-su-svuda-oko-nas" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;"> si vous parlez la langue). A l'horreur des témoignages s'ajoute celle de toute une "économie" de la tragédie: ceux qui perpétraient les massacres étaient souvent davantage intéressés par l'acquisition des biens de leurs victimes que par la lutte nationale du valeureux peuple serbe contre son ennemi héréditaire. Les routiers qui ont exécuté cette mission "de très haute importance nationale" se sont vus promettre, outre le salaire, d'autres avantages, comme l'obtention d'un appartement (la crise du logement est un vrai problème en Serbie, et l'était déjà à cette époque). Le plus terrible peut-être sera l'exploitation financière de cette tragédie par des avocats et détectives véreux: jusqu'à ce que l'affaire des massacres et des transports d'Albanais devienne publique, en 2001, de nombreuses familles de victimes ont pensé que leurs proches disparus étaient encore en vie, quelque part, et ont engagé des recherches. C'est là que sont intervenus ces avocats et détectives peu scrupuleux, proposant leurs services à ces familles prêtes à tout pour retrouver un père, une soeur, un cousin...De nombreuses familles ont ainsi vendu tous leurs biens pour payer ces sinistres marchands de mensonges, prétendant avoir retrouvé tel parent dans une prison serbe, mais qu'il faut envoyer telle somme d'argent, afin qu'ils puissent "défendre" ce parent et "améliorer ses conditions de détention". Les familles tomberont de haut lorsqu'elles apprendront, dès 2001, que ce parent est en réalité mort, et que sa dépouille, exhumée d'un charnier leur reviendra l'année suivante... Une partie de ces faux avocats et détectives ont heureusement été arrêtés et jugés.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pour "Dubina Dva", Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;s’appuiera sur les archives audio du tribunal </span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">de la Haye qui fournissent nombreux témoignages oraux, de survivantes des massacres comme des routiers. Parmi ces derniers, l'un se confiera directement au réalisateur, à condition que sa voix soit floutée.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Quant aux images, c'est là toute la force de "Dubina Dva". Face à l'absence de traces visibles, face aux non-dits, face au black-out et aux omissions volontaires, le réalisateur a choisi de filmer les différents lieux de l'horreur dans leur état actuel. On passe ainsi de la nature luxuriante des abords sauvages du Danube, non loin de la frontière roumaine, aux bâtiments à l'abandon d'une pizzeria au Kosovo, où l'un de ces massacres a été perpétré. On évolue dans les terrains vagues de la base de Batajnica, aux zones industrielles décrépies de la campagne serbe. Le tout entrecoupé de scènes nocturnes de routes, de phares qui se croisent ou de lampadaires qui défilent de manière hypnotique.&nbsp;</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-Q8dvcHQkFjo/WvR7O9P-9wI/AAAAAAAAD38/41z4Qg2xFtQ4bgg7CzqDkWUL2AY2GipYwCLcBGAs/s1600/Dubina%2BDva%2B%25281%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="865" data-original-width="1600" height="215" src="https://2.bp.blogspot.com/-Q8dvcHQkFjo/WvR7O9P-9wI/AAAAAAAAD38/41z4Qg2xFtQ4bgg7CzqDkWUL2AY2GipYwCLcBGAs/s400/Dubina%2BDva%2B%25281%2529.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-xNGdZ1PxqBM/WvR7fekP9KI/AAAAAAAAD4E/j7l7JHHGVF09d8lVymid7HdK4LjXfB8cgCLcBGAs/s1600/Dubina%2BDva%2B%25282%2529.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="168" data-original-width="300" height="223" src="https://4.bp.blogspot.com/-xNGdZ1PxqBM/WvR7fekP9KI/AAAAAAAAD4E/j7l7JHHGVF09d8lVymid7HdK4LjXfB8cgCLcBGAs/s400/Dubina%2BDva%2B%25282%2529.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><br /></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-oAz48iyI8zE/WvR7qGTtX2I/AAAAAAAAD4I/Osngl_c8Zl4ESsVuAu2brHnYsdCovhKogCLcBGAs/s1600/depth-two-image-1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="326" data-original-width="652" height="200" src="https://4.bp.blogspot.com/-oAz48iyI8zE/WvR7qGTtX2I/AAAAAAAAD4I/Osngl_c8Zl4ESsVuAu2brHnYsdCovhKogCLcBGAs/s400/depth-two-image-1.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Plans de Dubina Dva</span></i></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Il n'y a pas de commentaire didactique ou explicatif, comme dans un reportage télé, pour accompagner ces images, mais les voix, obsédantes, des témoins de l'horreur, qu'il s'agisse des survivants des massacres, ou de routiers ayant accepté de témoigner, et parfois de partager leurs états d'âme et leurs traumas: l'un d'eux évoque ainsi ses nuits de cauchemars, malgré les anxiolytiques.&nbsp;&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cet alliage entre images à priori neutres, vides, souvent en plan fixe ou en lents travellings, et ces paroles qui racontent l'insoutenable, renforce la violence des faits relatés, mais aussi celle des non-dits officiels, et des tabous de la société serbe. "Dubina Dva" est à ce titre une vraie claque, où le processus narratif emprunte une voie résolument expérimentale (on est proche d'un certain cinéma "de recherche" ou d'avant-garde, introduisant volontairement une rupture entre le texte et l'image), pour mieux illustrer l'évidence de l'horreur et des silences coupables qui l'entourent. C'est au spectateur d'imaginer, de se figurer la réalisation de ces massacres et l'organisation méthodique de ce transport de cadavres, en écoutant ces voix, alors qu'il contemple des murs délabrés ou des champs abandonnés et battus par le vent. En se construisant sa propre "vision", au sens propre, des événements, il devient à son tour un témoin direct, actif et concerné de cette page d'histoire. Gageons que montrer des cadavres ou des scènes de violence n'aurait pas eu le même effet: elles n'auraient suscité qu'horreur et indignation momentanées, là où le procédé utilisé permet le recul et la réflexion, mais aussi la confrontation "mentale" de chaque spectateur avec ces événements. On en ressort exsangue, mal à l'aise, sonné.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div style="text-align: center;"><iframe allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/2mwGry22Hec" width="560"></iframe><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le propos de "Dubina Dva", comme de sa suite "The Load", ne concerne d'ailleurs pas que la Serbie et sa part d'ombre encore non assumée à ce jour, mais a une portée plus universelle.&nbsp; "J'ai pensé au récent regain de populisme, de nationalisme, de mouvements d'extrême-droite et de fascisme en Europe et aux Etats-Unis, et à l'utilisation des "fake-news" comme une arme" explique&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;dans</span> <a href="https://www.hollywoodreporter.com/news/cannes-hidden-gem-balkan-war-drama-carries-a-heavy-load-1109324" target="_blank"><span style="color: #e06666;">un excellent avant-papier</span></a> <span style="color: #fff2cc;">sur "The Load" publié par</span> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Hollywood_Reporter" target="_blank"><span style="color: #e06666;">The Hollywood Reporter</span></a><span style="color: #fff2cc;">, un article qui pose très bien les enjeux et l'importance de ce nouveau film. "C'est avec ce type de propagande que ma génération a grandi et qu'elle a vécu. Ce n'est donc rien de nouveau. Le problème reste de la reconnaître et de la combattre".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est à partir de "Dubina Dva" que&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;a décidé de réaliser "The Load", "Teret" en serbo-croate, qui peut signifier dans cette langue à la fois la charge que l'on transporte, et le poids, celui que l'on porte sur ses épaules. "The Load" décline les faits explorés dans "Dubina Dva", cette fois ci sous le prisme de la fiction. C'est d'ailleurs le premier long métrage de fiction de&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">. Le film raconte l'histoire de Vlada, un routier serbe qui, en plein bombardements de l'OTAN, se voit confier la mission de conduire un camion du Kosovo jusqu'à Belgrade. Pendant la majeure partie du film, on ne saura pas ce que Vlada transporte, alors que le routier croisera sur sa route un jeune punk faisant du stop pour fuir en Allemagne et échapper à cette guerre, et que l'on verra aussi le fils du chauffeur, qui lui, s'enferme à la maison. Ces deux jeunes personnages symbolisent pour&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, nous explique encore The Hollywood Reporter, les deux visages antagonistes de la Serbie d'hier et d'aujourd'hui, celle qui "fuit" dans le déni des guerres et des crimes commis, et celle, qui, étouffant dans un tel climat, "fuit" au sens propre, à l'étranger.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-wOXVPEGC-sg/WvR77VypK7I/AAAAAAAAD4U/nQF_Tqh2uKA2rShnQXdtWjuhcjjaI05FwCLcBGAs/s1600/The%2BLoad%2Bimage.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="599" data-original-width="900" height="265" src="https://1.bp.blogspot.com/-wOXVPEGC-sg/WvR77VypK7I/AAAAAAAAD4U/nQF_Tqh2uKA2rShnQXdtWjuhcjjaI05FwCLcBGAs/s400/The%2BLoad%2Bimage.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Une scène de "The Load"</span></i></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">L'aspect générationnel est important dans ce film comme dans les précédents films d'Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">. Le cinéaste avait 6 ans quand la Yougoslavie a explosé et 14 ans lorsque l'OTAN a bombardé son pays. Il est donc davantage de la génération "post"-yougoslave qu' "ex"-yougoslave, et ses films constituent une source d'information précieuse sur les préoccupations et questionnements d'une partie de cette génération qui a à peine connu la dislocation de l'ancien pays, mais en subit encore les conséquences. La génération de&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, et celle qui a 20 ans aujourd'hui, vivent et ressentent un peu les mêmes inconforts et troubles que la jeunesse d'Allemagne de l'Ouest au début des années 60. Un vieil article de Courrier International, malheureusement introuvable sur le net, rapporte que, influencés par l'idéal hippie naissant, et arpentant l'Europe sur la route de la Turquie ou de Katmandou, ces jeunes Allemands eurent le choc de leur vie, lorsque, au hasard d'une rencontre avec un autre routard, celui-ci, juif américain ou israelien, leur expliqua par exemple pourquoi sa famille a "oublié" volontairement la langue allemande qu'elle parlait pourtant couramment autrefois... De retour en Allemagne, cette génération, perturbée par ce qu'elle a entendu, autant que par le conservatisme volontairement bonhomme et silencieux de la société d'alors, s'insurgera et questionnera les pères. Ce sera le début des grandes remises en question de la société allemande.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Rappelons qu'une fois que les principaux gros bonnets du nazisme furent jugés à Nuremberg, les vainqueurs américains, obsédés par le nouvel ennemi soviétique, et mus par le "business as usual" pouvant fructifier aisément dans ce grand pays industriel à reconstruire, ont très vite</span> <a href="http://www.lefigaro.fr/international/2014/10/28/01003-20141028ARTFIG00324-quand-la-cia-recrutait-des-nazis-comme-espions.php" target="_blank"><span style="color: #e06666;">passé l'éponge sur les mains sales de certains notables et cadres pouvant leur servir dans le Nouvel Ordre Mondial</span></a><span style="color: #fff2cc;">, et la mise en place d'une économie de marché "libre et non faussée". De la même façon, la communauté internationale traite globalement aujourd'hui avec indulgence les pouvoirs serbes qui ont succédé à&nbsp;Milošević</span></span><span style="color: #fff2cc;">, celui, actuel, d'Aleksandar&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Vučić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;détenant sans doute la palme de la bienveillance, au nom de la stabilité régionale, du développement économique, et du dialogue entre Belgrade et Prishtina, même s'il s'agit d'un dialogue de sourd, et que ce pouvoir est aussi peu démocratique qu'il est issu</span> <a href="http://lahorde.samizdat.net/2014/04/27/serbie-une-deputee-dextreme-droite-presidente-de-lassemblee-nationale/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">des cercles, certes aujourd'hui "dédiabolisés" et vaguement "réformés", qui furent autrefois encore plus nationalistes et bellicistes</span></a> <span style="color: #fff2cc;">que "Sloba" et sa clique.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le contexte serbe et post-yougoslave est cependant différent de celui de l'Allemagne Fédérale ou de l'Europe Occidentale des années 60, où la contestation était aussi liée aux appétits hédonistes des "trente glorieuses" et de la société de consommation. Les jeunes Serbes dealent, eux, avec un monde où les idéologies anciennes sont moribondes ou jugées inopérantes; où la croissance économique, loin d'apporter le bonheur, favorise leur exploitation dans des jobs précaires et sous-payés; où les illusions et les espoirs propres aux années 60-70 ne sont plus qu'un lointain souvenir, aussi ringard qu'irritant au vu de ce qui a suivi ces années et leurs utopies, en Yougoslavie comme ailleurs.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pourtant, et en dépit de ces différences d'époque et de contexte, cette génération post-yougoslave de Serbie doit se construire au milieu des mêmes non-dits que ceux de la société allemande d'après guerre. Beaucoup de jeunes Serbes éprouvent une sorte de gêne, un malaise diffus, une peur sourde, lorsqu'ils voyagent à l'étranger et à fortiori dans les nouveaux pays nés des guerres yougoslaves. La paix étant revenue, les échanges ont repris: on va dans le pays voisin pour un festival, et les plages croates réunissent à nouveau toute l'ancienne Yougoslavie. Si en principe, ces temps de rencontre se passent globalement bien, un détail ou un malentendu, même insignifiants, peuvent relancer les tensions. Dans ce contexte, les jeunes Serbes ont souvent du mal à formuler ce qu'ils ressentent, à nouer des relations sans se prendre dans les fils emmêlés d'une mémoire incomplète et biaisée, qui leur colle à la peau bien qu'ils ne soient pas responsables de ce passé. Ils se perdent d'autant plus dans cette toile d'araignée qu'en face, leurs interlocuteurs croates ou bosniaques sont eux-aussi parfois gênés aux entournures d'un même passé aux nombreuses zones d'ombre, qui les habitent sans qu'ils le maîtrisent.&nbsp;</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est dans ce contexte général, où la vérité n'est pas assumée au sommet, et impose ainsi le poids de la culpabilité et de la responsabilité à tous sans distinction, que quelqu'un comme Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;a décidé, lui-aussi, de questionner les pères. "Je pense que nous avons hérité d'histoires dont nos parents n'ont pas voulu nous parler, ou dont ils n'ont pas su comment nous parler" poursuit-il dans The Hollywood Reporter. "Peut-être que nous devons trouver la manière d'articuler ces histoires, d'apprendre comment utiliser la rébellion et la colère contre quelque chose qui nous est hors d'atteinte. Je crois que dire les choses, simplement raconter ces histoires, est la première étape". "Le silence sur toutes ces histoires est typique d'une société où le fascisme, la xénophobie et le chauvinisme sont servis et servent au niveau institutionnel" dit encore le cinéaste dans l'interview à XXZ, où il précise : "Pour moi, Dubina Dva n'est pas seulement un film sur le Kosovo et les crimes des années 90, c'est aussi un film sur Belgrade aujourd'hui, sur le système, le régime et la société dans lesquels je vis et je crée".</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ces propos résument à merveille l'importance du travail d'Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;dans la société serbe contemporaine, mais aussi l'importance qu'un tel film soit aussi projeté sur les écrans occidentaux, pour qu'enfin, cette jeunesse serbe puisse commencer à se libérer du poids de ce passé, dont elle n'est pas coupable, mais qui hypothèque son existence et ses projets.&nbsp;&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Cette hypothèque ne disparaîtra pas du jour au lendemain... Sans surprises, j'apprends, alors que je boucle ce post, que "The load" fait déjà scandale en Serbie. A priori, c'est un syndicat de policiers qui serait monté au créneau pour défendre l'honneur de la profession, apparemment souillé par le film. Afin de publier ce post à temps par rapport aux projections à Cannes, je n'ai pas creusé le sujet mais on se doute que, comme en Croatie par rapport à "Chris the Swiss", la lumière faite sur les tragiques événements survenus&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">à la fin des années 90&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">au Kosovo sera une "pilule amère pour certains" en Serbie....</span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-73IE5Dhf2Wc/WvR8mCitpjI/AAAAAAAAD4c/PlSb7Krv6XEaCAZNdhxbbo62L2w2JGjxgCLcBGAs/s1600/tombes%2Balbanaises.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="168" data-original-width="300" height="224" src="https://2.bp.blogspot.com/-73IE5Dhf2Wc/WvR8mCitpjI/AAAAAAAAD4c/PlSb7Krv6XEaCAZNdhxbbo62L2w2JGjxgCLcBGAs/s400/tombes%2Balbanaises.jpg" width="400" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Des tombes de civils albanais.<br />Image tirée de Dubina Dva.</i></span></div><div style="text-align: center;"><br /></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">La présence du film d'Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;à Cannes est aussi un heureux retour de manivelle, après les nombreuses années où le festival ne semblait n'avoir, en provenance de Serbie, qu'Emir Kusturica à nous montrer, certes avec de temps en temps un</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Goran_Markovi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Goran Markovic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">ou un</span> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Goran_Paskaljevi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Goran Paskaljevic</span></a> <span style="color: #fff2cc;">pour équilibrer avec un peu de cinéma de la dissidence serbe d'alors.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Comme ce blog l'a suffisamment dénoncé (lire</span> <a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2012/02/pour-en-finir-avec-emir-kusturica.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">, pour celles et ceux qui y auraient échappé), cette présence répétée me semblait poser problème, tant sur le plan du monopole artistique qu'exerçait le cinéma de Kusturica, que par rapport aux ambiguïtés idéologiques et socioculturelles que comportaient ses films. Avec "The Load", je me réjouis que ce soit de nouveaux discours qui nous soient proposés à Cannes, tant dans la vision des faits que dans l'approche esthétique: outre que&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;et Kusturica ont indéniablement des lectures différentes, si ce n'est opposées, des guerres yougoslaves en général, et des crimes commis par la Serbie dans ces guerres en particulier, leurs langages artistiques respectifs sont eux-aussi aux antipodes. Alors que Kusturica cultive l'exubérance, la folie, et la vitesse qui sont devenues sa marque de fabrique,&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;est un cinéaste de l'épure, de la concision, de la lenteur et de la distance. Alors que le premier a fait son succès en dépeignant un monde finalement idéalisé, romantisé, une sorte de bonheur rural préservé des perversions de notre temps, afin de mieux asseoir sa thèse d'une Serbie, folklorique mais éternelle, résistant à l'impérialisme occidental, le second décrit la réalité concrète des campagnes serbes délaissées, où règnent l'ennui et le dénuement matériel comme existentiel ("</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ž</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ivan Pravi Pank festival"), et où bruissent les silences assourdissants des tabous sanglants de l'histoire récente ("Dubina Dva"). Je l'ai aussi écrit à l'époque dans le même post: je reste persuadé qu'à travers cette folie rustique et débridée qui habitait ses films, Kusturica cherchait à excuser ou minimiser les responsabilités serbes dans les guerres yougoslaves. Les Balkaniques y étaient présentés comme des "bons sauvages", à la folie joyeuse autant que dangereuse, mais plus forte qu'eux, marquée par une fatalité qui en quelque sorte les dédouanait de leurs responsabilités.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Après ces années dominées par un étouffant cinéma de l'excès idéologiquement orienté, il était temps qu'un jeune cinéaste serbe nous donne à voir le vide, le silence, la torpeur et l'absence, pour que l'on puisse enfin regarder les choses en face, mais aussi et surtout que l'on puisse recommencer à respirer.</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></span><br /><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">* * * *&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-Oj_YCK45S1o/WvR9nI_hobI/AAAAAAAAD4w/77IGnr7fX4oOG8IMW4l--oTEUVi3RzbSgCLcBGAs/s1600/csm_anja_kofmel_a808dfacd9.jpg" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="269" data-original-width="232" height="200" src="https://2.bp.blogspot.com/-Oj_YCK45S1o/WvR9nI_hobI/AAAAAAAAD4w/77IGnr7fX4oOG8IMW4l--oTEUVi3RzbSgCLcBGAs/s200/csm_anja_kofmel_a808dfacd9.jpg" width="171" /></span></a></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Anja Kofmel (ci-contre) et Ognjen&nbsp;</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Glavoni</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">ć (ci-dessous), nés respectivement en 1982 et 1985, ont presque le même âge. Leurs motivations de départ sont différentes: la Suissesse essaye de mieux connaître ce cousin fantôme, dont l'histoire et les mystères l'ont hantée depuis toute petite, et plonge finalement dans les violents méandres de la guerre en Yougoslavie, alors que son confrère serbe investigue les lourds tabous de sa communauté qui remontent à la surface, pour s'affranchir d'un passé castrateur, et redonner un avenir à sa génération.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;"><br /></span></span><a href="https://3.bp.blogspot.com/-Z0QIoyUEDd0/WvR9nT22-7I/AAAAAAAAD40/ChB0YiUkzl0ZmxVCWtWWK9zMz4sdIx6ywCLcBGAs/s1600/Glavonic-09-S.jpg" imageanchor="1" style="clear: right; float: right; margin-bottom: 1em; margin-left: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="165" data-original-width="220" src="https://3.bp.blogspot.com/-Z0QIoyUEDd0/WvR9nT22-7I/AAAAAAAAD40/ChB0YiUkzl0ZmxVCWtWWK9zMz4sdIx6ywCLcBGAs/s1600/Glavonic-09-S.jpg" /></span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: start;">Derrière ces différences, les deux cinéastes éclairent, chacun à sa manière, les points de rencontre, comme de rupture, entre l'histoire personnelle, le vécu intime, et la "grande histoire". Ils questionnent la transmission, l'héritage et le passage de relais d'une génération à l'autre, d'une époque à l'autre et d'une histoire à l'autre. On pressent indéniablement deux films bouleversants et passionnants, et on a hâte de les voir!</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b>Rappel Cannes:</b></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">- "Chris The Swiss" est présenté dans le cadre de la</span> <a href="http://www.semainedelacritique.com/fr/edition/2018/film/chris-the-swiss" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Semaine de la Critique</span></a>&nbsp;<span style="color: #fff2cc;">(à partir du 13 mai)</span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">- "The Load" est projeté de la cadre de la</span> <a href="https://www.quinzaine-realisateurs.com/film/teret/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Quinzaine des Réalisateurs</span></a>&nbsp;<span style="color: #fff2cc;">(à partir du 12 mai)</span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><br /></div></div>
                        )

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Une impression qui m'a saisi dès ma première visite dans cette ville.&nbsp;</i></span></span><i style="color: #fff2cc; font-family: georgia, 'times new roman', serif;">Zagreb n'est ni Manchester, ni New York et encore moins Londres, et pourtant, a</i><i style="color: #fff2cc; font-family: georgia, 'times new roman', serif;">ux seuils des façades jugendstil vieillissantes, à l'ombre des usines aujourd'hui désaffectées, où autrefois grouillait le peuple élu du socialisme, ou encore au pied des tours brutalistes fatiguées des quartiers dortoirs, on se les imagine aisément, les rockers locaux, posant crânement, comme leur modèles britanniques ou américains, dans ce décor où se mêlent, sans toujours une grande cohésion, les époques et les styles, la marque de l'histoire et celle du quotidien. Dans ces confins où se frottent l'Est réputé arriéré et l'Occident supposé moderne, le rocker local assume depuis toujours l'apparente schizophrénie que constitue sa passion musicale d'importation, qu'il affiche comme un trophée existentiel, et son destin de mauvaise graine ayant poussé du mauvais côté de l'Europe. Cette schizophrénie finit par faire fusion et façonne un esprit rock spécifique, où le tempérament frondeur local se marie à merveille avec le "vivre vite" que véhicule cette musique. Certes, Zagreb ne fut pas le seul pôle rock dans l'ancienne Yougoslavie, mais cette subculture s'y est néanmoins épanouie avec succès, et a su y garder une certaine forme d'authenticité et d'intégrité. Plusieurs facteurs ont contribué à cette situation. Un lieu, en particulier, a joué, modestement mais sûrement, un rôle indéniable de "prescripteur" et de catalyseur.&nbsp;</i><br /><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Ce lieu c'est le club </span><a href="https://www.timeout.com/croatia/nightlife/jabuka" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Jabuka</span></a></i><span style="color: #fff2cc;"><i> ("La Pomme", prononcer "Yabouka"). Il vient de fêter ses 50 ans d'existence, et un lien personnel nous lie, lui et moi: un peu de ce blog a été inspiré par mes nuits passées à la Jabuka, au mitan des années 90. Tout cela vaut bien un post, et Yougosonic revient sur l'histoire de la Jabuka, qui rejoint, celle, plus globale, de la Croatie. </i><br /><br />C'est en février 1968 que des membres de la "Ligue de la Jeunesse pour la Paix" investissent cet ancien bowling du paisible quartier de Jabukovac ("la pommeraie", prononcer "yaboukovatz"), sur les hauteurs de Zagreb. Un bowling où, pour la petite, ou plutôt la grande histoire, jouèrent successivement Ante Paveli</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;puis le Maréchal Tito, ainsi que les généraux du "Mouvement de Libération Nationale". C'est donc plus ou moins un ancien mess militaire qui devient, dans cette période de bouillonnement sociétal qu'est la fin des années 60, le lieu de promotion de la paix et de la non violence, sous la houlette d'une organisation de jeunesse para-socialiste.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><a name='more'></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-gyWUmO5-X84/WqVAeQToDpI/AAAAAAAADys/ykCl0ZZ9iW49UjNabHtxrKSciONkFkkKQCLcBGAs/s1600/1518891711PLAKATI_BUCAN.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="1151" data-original-width="1600" height="287" src="https://4.bp.blogspot.com/-gyWUmO5-X84/WqVAeQToDpI/AAAAAAAADys/ykCl0ZZ9iW49UjNabHtxrKSciONkFkkKQCLcBGAs/s400/1518891711PLAKATI_BUCAN.jpg" width="400" /></span></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Les premières affiches du club, signées du designer</i></span></span><br /><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;"></span><a href="http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2013/01/03/le-croate-boris-bucan-s-affiche-a-paris_1812382_4497319.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Boris Bucan</span></a></i></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-8E7cI3REtyo/WqZaeyKaSKI/AAAAAAAAD2A/KThgdaLjo_MnzVzQruJGadUGpRZIGsEGACLcBGAs/s1600/Logo%2BJabuka.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="277" data-original-width="283" src="https://3.bp.blogspot.com/-8E7cI3REtyo/WqZaeyKaSKI/AAAAAAAAD2A/KThgdaLjo_MnzVzQruJGadUGpRZIGsEGACLcBGAs/s1600/Logo%2BJabuka.jpg" /></a></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Le logo actuel : "GK" est l'abrégé de "Glazbeni Klub", club musical.&nbsp;</i></span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Une promotion qui prend, dès le départ, la forme d'une programmation culturelle tournée vers le théâtre, le cinéma d'art et d'essai, et surtout la musique. C'est cette dernière discipline qui l'emporte au final, et dès les années 70, la Jabuka devient un lieu incontournable de concerts, où la scène rock locale, mais aussi internationale, se produit. On vient aussi s'y encanailler en after de concert, tels les Rolling Stones qui viendront y boire un coup après leur set à Zagreb, en 1979, et termineront la soirée dans une bringue se tenant dans une maison proche du club.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-Cuxz3TqH6GI/WqVPSEh0IMI/AAAAAAAAD1w/BEIwGm5ArpwS_ViOdu-hX36VrxPkOYh-ACLcBGAs/s1600/jabuka6_16022018_privatno.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="454" data-original-width="625" height="232" src="https://4.bp.blogspot.com/-Cuxz3TqH6GI/WqVPSEh0IMI/AAAAAAAAD1w/BEIwGm5ArpwS_ViOdu-hX36VrxPkOYh-ACLcBGAs/s320/jabuka6_16022018_privatno.jpg" width="320" /></span></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Barbecue sur la terrasse du club, dans les années 70.</i></span></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Celui-ci s'impose aussi très vite comme étant musicalement "dans le coup", diffusant dans ses soirées DJ's les dernières tendances du rock, souvent de manière pionnière. Le "flair" des DJ's maison n'est pas le fruit du hasard, il est alimenté par des "correspondants" du club à Londres, New York, Berlin, des yougos de l'étranger envoyant les dernières rentrées de leurs disquaires favoris à l'équipe de la Jabuka. En parallèle, celle-ci ne dédaigne pas de s'offrir une petite excursion à Trieste, la Mecque des produits occidentaux, pour y compléter sa phonothèque. L'anecdote veut que cette phonothèque soit devenue tellement conséquente qu'elle servira à alimenter celle de </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Radio_101_(Croatia)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Radio 101</span></a><span style="color: #fff2cc;">, la station FM alternative, au lancement de celle-ci en 1984.</span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-NMKy3F-3NBM/WqVA_h1gtlI/AAAAAAAADy4/LENFfZuqIl4B5FIVUBJ7HE82Hlfn-nogACLcBGAs/s1600/Alen%2Bkosanovic.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1484" data-original-width="1038" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-NMKy3F-3NBM/WqVA_h1gtlI/AAAAAAAADy4/LENFfZuqIl4B5FIVUBJ7HE82Hlfn-nogACLcBGAs/s400/Alen%2Bkosanovic.jpg" width="278" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Câblages et meubles rudimentaires, tourne-disque de chaîne hi-fi, et bien-sûr l'incontournable cendrier à proximité du matériel... Alen Kosanović, l'un des DJ's phares du club dans les années 80, en pleine action.</span></i></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans les années 80, le club franchit un nouveau cap en s'imposant comme l'épicentre des musiques undergrounds nées dans le sillage du punk. Il est l'un des premiers clubs du pays à passer des groupes comme Joy Division et autres Cabaret Voltaire, et contribue à ce titre à l'émergence des "darkeri", cette tribu musicale toute de noire vêtue, adepte de musique sombre et de spleen existentialiste (en français, les "gothiques" et autres "corbeaux"). Zagreb deviendra ainsi le coeur névralgique de cette scène en Yougoslavie, au point d'ailleurs d'inquiéter les autorités locales qui ne goûtent ni son excentricité, peu en phase avec le nivellement égalitariste socialiste, ni ses penchants nihilistes, récusant la promesse progressiste de l'idéologie officielle. Elles tenteront alors de la dynamiter de l'intérieur en colportant, suite au suicide d'une adolescente, la rumeur que le mouvement est une secte, "la Rose Noire" ("</span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Crna Ruža</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">", pron. Tseurna Rouja), adepte d'orgies dans les cimetières, de pratiques satanistes et de suicides rituels. Cette campagne de manipulation est aussi l'occasion d'essayer de faire tomber </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/%C5%BDeljko_Malnar" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zeljko Malnar</span></a><span style="color: #fff2cc;">, une figure de la bohème zagréboise d'alors. L'homme, un aventurier baba-cool ayant roulé sa bosse de par le monde dans les 70's, dirige une communauté artistique néo-hippie à Zagreb. Il a donc peu à voir avec le milieu "darker", mais son indépendance d'esprit dérange, et il est accusé d'être le gourou de la secte.&nbsp;</span></span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">La "Rose Noire" n'a en fait jamais existé (l'adolescente s'est suicidée en raison de problèmes personnels), et Malnar sera finalement innocenté, mais le mythe de la secte a perduré jusqu'à nous jours, et ressort parfois encore au détour d'un article de la presse à sensation, surfant sur le goût de l'étrange qui habite volontiers l'inconscient collectif local, et jouant à faire peur avec quelques vieux mystères, soi disant non résolus, du temps de l'ancien Etat. Dans le milieu rock, la "rose noire" fait désormais partie de la légende urbaine zagréboise. On aime aussi à la ressortir ça et là, pour rappeler, non sans nostalgie, le parfum de soufre que portait en elle la subculture musicale du moment, dans le climat doucement "fin de règne" de cette époque où le vernis du régime commençait à craqueler, et où l'attitude de ce dernier face aux jeunes, épris d'alternatives musicales, n'était qu'un signe de nervosité parmi d'autres.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Même si la presse de l'époque pointe du doigt les "darkeri" et leurs soirées, intitulées "dark dance", se tenant à la Jabuka, le club ne sera au final pas véritablement inquiété par les autorités, qui se contenteront d'insuffler rumeurs et fantasmes, plutôt que d'attaquer frontalement cette jeunesse et son repère.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Paradoxalement d'ailleurs, par un naturel retour de boomerang, il est plus que probable que les délires propagés par la presse et les autorités aient finalement contribué à gonfler le mouvement darker local comme la notoriété de la Jabuka, leur conférant ce goût du fruit défendu largement surfait par rapport à la réalité.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">En effet, quoiqu'on en dise aujourd'hui, cette communauté musicale reste à cette époque relativement anecdotique en termes d'importance, constituant une "niche" de quelques centaines de personne, davantage qu'un mouvement de fond. Les soirées "dark dance" ne s'étalent que sur deux ans, et à raison d'une fois par semaine.  Quand à la Jabuka elle-même, elle est et demeure un brin excentrée dans la géographie nocturne de la ville, et ne possède ni le poids ni l'audience des autres mastodontes de la nuit rock zagréboise, tel le cultissime </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kulu%C5%A1i%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kulusic</span></a><span style="color: #fff2cc;">, qui, avec 800 places, et sa situation en plein centre-ville, brasse plus de monde à cette époque.</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-cjzJnLGBpDc/WqVDI0LY0bI/AAAAAAAADzM/iOmxdRUFVrkOD1RZ5e0di2BzHPi54kheQCLcBGAs/s1600/Ulaz%2Bu%2BJabuku.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="540" data-original-width="720" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-cjzJnLGBpDc/WqVDI0LY0bI/AAAAAAAADzM/iOmxdRUFVrkOD1RZ5e0di2BzHPi54kheQCLcBGAs/s320/Ulaz%2Bu%2BJabuku.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>L'entrée de la Jabuka.</i></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le lieu se développe donc un peu à l'écart, presque dans la discrétion. Mais ce qui paraît être un handicap s'avère être en fait un atout: pour rejoindre le club, il faut, soit arpenter une colline boisée, avec un bon dénivelé par endroits, soit ne pas rater le dernier bus qui part en fin de soirée de "Britanac" ("pron. Britanatz, "le britannique", le surnom affectueux par lequel les Zagrébois désignent "la place de Grande Bretagne"), dans la ville basse, pour s'aventurer dans les méandres des collines dominant la ville, dont celle de Jabukovac. Ces conditions opèrent une sélection naturelle qui éloigne de fait les relous, les parasites de soirée, les petites frappes et autres&nbsp;</span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šmekeri </span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(prononcer&nbsp;"chmèkèri"=les "petits bourges", les "minets". Mot d'origine allemande. On dit parfois aussi "</span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šminkeri", pron. Chming'kèri</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">). Venir à la Jabuka est un vrai choix. Celui ou celle qui s'y rend l'a vraiment et mûrement décidé.</span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est pour cette raison que se cristallise dans les années 80 ce qu'on pourrait appeler la "génération Jabuka", les&nbsp;</span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Jabučari"</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;en argot zagrébois (pron. Yaboutchari"= Les "Yaboukiens"): un public d'adolescents et de jeunes adultes d'horizons divers, que fédère la quête d'autres sons et d'autres ambiances sans se prendre la tête et sans se ruiner. Les bières sont bon marché, et les "videurs" sont davantage là pour protéger les usagers que pour les empêcher d'entrer, contrairement à d'autres lieux de la capitale.</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Les différentes tribus musicales cohabitent là-bas en bonne intelligence, d'autant que tout le monde finit par se connaître. Les incidents de type bagarres ou embrouilles sont rares, au point d'ailleurs que l'un des slogans du club, présent sur de nombreux flyers est "pas de panique, nous gardons vos enfants" (photo ci-dessous).</span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-fpewgAGl18M/WqVEIi6kIPI/AAAAAAAADzY/9ZKkI-r3YZgVLiacg8rLsTkcYEWMGFubACLcBGAs/s1600/drzimo%2Bvasu%2Bdjecu.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="451" data-original-width="625" height="230" src="https://3.bp.blogspot.com/-fpewgAGl18M/WqVEIi6kIPI/AAAAAAAADzY/9ZKkI-r3YZgVLiacg8rLsTkcYEWMGFubACLcBGAs/s320/drzimo%2Bvasu%2Bdjecu.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Personne à vrai dire ne souhaite compromettre cet endroit précieux, considéré comme un îlot de liberté. De cette "génération Jabuka" émergeront diverses personnalités connues aujourd'hui du paysage médiatique et culturel, comme </span><a href="http://www.montazstroj.hr/en/borut-separovic/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Borut Separovic</span></a></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, directeur de la compagnie de danse/théâtre </span><a href="http://www.montazstroj.hr/en/index.php" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Montazstroj</span></a><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, ou, plus surprenant,  Tomica Petrović, le manager de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Severina_Vu%C4%8Dkovi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Severina</span></a><span style="color: #fff2cc;">, qui affirme encore aujourd'hui son amour, intact (contracté à 15 ans), pour le club de Jabukovac. Ou encore, pour l'anecdote et pour rester dans la variété, le danseur et chorégraphe,&nbsp;</span></span></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Emil Matešić, que l'on voit en boxeur dans le clip de "</span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=i1xudU08wQ8" target="_blank"><span style="color: #e06666;">je t'aime mélancolie</span></a><span style="color: #fff2cc;">" de Mylène Farmer (</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Matešić a quitté Zagreb pour Paris dès la fin des années 80, pour y étudier la danse).&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Véritable incubateur, le club est aussi un tremplin pour </span></span><a href="https://www.discogs.com/artist/2188240-Zdenko-Franji%C4%87" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zdenko Franjic</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, futur patron du cultissime label "</span><a href="https://www.facebook.com/Slu%C5%A1aj-Najglasnije-Listen-Loudest-103211269773002/" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Listen Loudest</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">", qui y fait entre autres ses premières armes en tant que DJ.</span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-XwLY2FgVjcI/WqVFbRdlapI/AAAAAAAADzk/pYs3nry_rKADQSsTSa0qg6KbdVPObNTwgCLcBGAs/s1600/Jabuka_Salle.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="458" data-original-width="625" height="234" src="https://2.bp.blogspot.com/-XwLY2FgVjcI/WqVFbRdlapI/AAAAAAAADzk/pYs3nry_rKADQSsTSa0qg6KbdVPObNTwgCLcBGAs/s320/Jabuka_Salle.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>La piste de danse.</i></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Toujours dans ces "golden 80's", le Jabuka devient le point de chute de tous les groupes alternatifs de la fédération, ainsi que des artistes étrangers, pour qui le club zagrébois devient un passage obligé en Yougoslavie. Le Jabuka est associé avec le centre culturel étudiant SKUC, de Ljubljana, ce qui lui permet de proposer une date supplémentaire aux artistes en tournée en Europe Centrale, faisant souvent escale en Slovénie, territoire par lequel la plupart des subcultures, du mouvement hippie au punk, entrèrent en Yougoslavie. Vers la fin de la décennie, sa bonne réputation resserre les liens de cette génération, alors que l'ambiance change doucement en Croatie, comme ailleurs dans le pays. La "ruralisation" de la société, prélude à sa "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_d%C3%A9mocratique_croate" target="_blank"><span style="color: #e06666;">HDZ</span></a><span style="color: #fff2cc;">isation", est en marche: le club, fidèle à son identité musicale rassemble celles et ceux qui restent attachés à la culture urbaine, et à une certaine intégrité rock'n'roll, alors qu'ailleurs s'installe peu à peu la musique des ploucs et le public qui va avec.</span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Arrivent les années 90. La "dark dance" se fait danse macabre. C'est le bruit des bottes qui donne le tempo. Zagreb, devenue capitale du nouvel Etat croate, est épargnée par les affrontements qui sévissent dans d'autre parties du pays, hormis quelques attaques aériennes sans conséquences majeures. La ville s'enfonce néanmoins dans une nuit de larmes et de tensions. L'Etat de guerre, auquel s'ajoute l'autoritarisme congénital de Franjo Tudjman laisse évidemment peu de place à une jeunesse, qui, non seulement voit partir, dans tous les sens du terme, ses pères et ses frères, mais est priée de ne pas faire de vagues. Un semblant de vie nocturne subsiste, mais son versant "rock" subit volontiers intimidations, fermetures arbitraires et razzias de la police. C'est que le rock demeure suspect, suspect d'insoumission, voire de penchants yougoslavistes, même si en réalité, en cette période de guerre puis d'occupation de régions croates par l'armée serbo-yougoslave, le rock croate, même le plus "alternatif", affiche majoritairement son patriotisme, et pas grand monde n'a envie d'écouter "le rock de l'ennemi", fusse-t-il de la décennie précédente et anti-nationaliste. Ceux qui se risquent à passer du </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Disciplin_A_Kitschme" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Disciplina Kicme</span></a><span style="color: #fff2cc;">, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Idoli" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Idoli</span></a><span style="color: #fff2cc;"> ou </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ekatarina_Velika" target="_blank"><span style="color: #e06666;">EKV</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le font en cachette, entre quatre murs, à la maison et au milieu d'une audience choisie. Ces groupes, dont le seul tort est d'être serbes, disparaissent globalement des dancefloors croates, pas forcément toujours parce que les DJ's sont nationalistes, mais par une sorte de "principe de précaution"...</span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Malgré le climat lourd de cette période, la Jabuka parvient à rester ouverte. Une volonté de ses responsables de l'époque, désireux d'offrir un espace d'évasion voire de défoulement à ceux qui ont la chance d'échapper à la mobilisation (les mineurs, les étudiants, les "inaptes", ...et quelques planqués de "bonne famille"). Le lieu tourne alors de 20h à 1h du matin, dans une discrétion redoublée. Malgré le conflit qui sévit à quelques dizaines de kilomètres de Zagreb, il accueille aussi des groupes étrangers, un besoin vital dans cette Croatie en partie coupée du monde. Les DJ's passent d'ailleurs peu de rock croate, et privilégient la fine fleur du grunge, de la fusion et autres néo-métal anglo-saxons en pleine émergence à cette époque. Parmi les groupes de passage, les mythiques </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/UK_Subs" target="_blank"><span style="color: #e06666;">UK Subs</span></a><span style="color: #fff2cc;"> enregistrent en 1993 à la Jabuka un album live, édité par Radio 101, au titre explicite : "Don't you know there's a war on" (extraits disponibles sur </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=q452WnIUJMw" target="_blank"><span style="color: #e06666;">youtube</span></a><span style="color: #fff2cc;">).</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-NkEmNwlfO14/WqVFlT6aPVI/AAAAAAAADzo/1PiMetNrrrIzKze2d5NAIVoP6wRO8tnzwCLcBGAs/s1600/UK%2BSubs%2BJabuka.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="480" data-original-width="480" height="320" src="https://4.bp.blogspot.com/-NkEmNwlfO14/WqVFlT6aPVI/AAAAAAAADzo/1PiMetNrrrIzKze2d5NAIVoP6wRO8tnzwCLcBGAs/s320/UK%2BSubs%2BJabuka.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>L'affiche du concert des UK Subs à la Jabuka.</i></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pendant ce temps là, le paisible quartier de Jabukovac, avec ses villas, sa tranquillité, et son environnement sylvestre, séduit les diplomates des pays qui ont reconnu la Croatie, et qui y établissent leurs ambassades. Celles-ci voisinent avec le club, permettant d'ailleurs à la police qui garde les bâtiments des représentations étrangères, de discrètement surveiller la clientèle. J'en ferai la désagréable expérience moi-même en hiver 95 (j'y reviens plus bas).&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Car après avoir bourlingué jusqu'à plus soif depuis 1990 dans cette "autre Europe" à découvrir, de Prague à Budapest, en passant par l'ex-RDA, mon attirance irrépressible pour ce qui n'est déjà plus la Yougoslavie, m'amène, à l'été 1994, à venir traîner mes guêtres de routard du côté de Ljubljana et Zagreb. J'atterris sans surprise, sur les conseils avisés d'une zagréboise alpaguée près de "Britanac", à la Jabuka qui deviendra vite mon point de chute nocturne régulier durant mon séjour dans la capitale croate. Un part notable du public y est alors très jeune. Certains n'ont même pas 15 ans. Une jeunesse très défoncée soit dit en passant, je veux dire, pas juste imbibée d'</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/O%C5%BEujsko" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ozujsko</span></a><span style="color: #fff2cc;"> ou embrumée d'herbe qui rend nigaud, mais semblant tourner aux diverses saloperies qui doivent circuler dans le même package que les armes fourbies en sous-main à l'armée croate. Poudres à canon et poudre blanche. Sans doute un moyen de garder cette jeunesse sous calmants et de la dissuader de demander des comptes, car déjà à cette époque, le grand rêve national s'avère ne pas tenir toutes ses promesses.</span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Il va sans dire que ces jeunes ivres de rock à guitare énervé, bien que frustrés par la situation générale et par l'ambiance d'Etat policier, sont, pour une majorité d'entre eux, assez nationalistes. Plus par conformisme ou par colère (certains sont des réfugiés de Vukovar ou même de Bosnie-Herzégovine), que par raisonnement mûri. Ce nationalisme est aussi parfois teinté d'un goût de la subversion qui vient frayer avec les penchants undergrounds de cette jeunesse: dans cette construction mentale, la Croatie est une terre rebelle qui a eu le courage de s'affranchir de siècles d'oppression... C'est sur ce ressort que s'appuiera plus tard, pour perdurer et prospérer, le rock nationaliste croate façon Thompson.&nbsp;</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Toujours est il que le discours moraliste ou modéré occidental sur le mode "mais il y a sûrement des gens bien parmi les Serbes, non ?" n'a aucune chance de passer face à ce public. Je comprends alors très vite qu'il faut abandonner le préchi-précha, et laisser les gens venir à soi, doucement. Au fil de la conversation, l'interlocuteur finit par faire la part des choses, justement parce qu'on ne lui aura pas asséné du prêt-à-penser progressiste complètement hors-sol dans le contexte.</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><iframe allowfullscreen="" class="YOUTUBE-iframe-video" data-thumbnail-src="https://i.ytimg.com/vi/Uv5wF-E9D8Y/0.jpg" frameborder="0" height="266" src="https://www.youtube.com/embed/Uv5wF-E9D8Y?feature=player_embedded" width="320"></iframe></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Je ne suis de loin pas un fan des Cranberries, mais leur morceau "Zombie", sur le conflit nord-irlandais, passe en boucle à la Jabuka, lors de mes séjours à Zagreb, remplissant chaque fois la piste de danse.&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i>On peut aisément se dire que les jeunes fréquentant le club à cette époque trouvaient dans cette chanson un miroir de leurs propres ressentis et vécus.</i></span></div></div></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Je rencontre aussi d'autres gens, souvent plus âgés et plus éduqués (des étudiants), qui gardent la tête froide et se montrent circonspects face au mainstream nationaliste ou au mensonge officiel d'une Croatie libre, forte et fière. Les échanges sont d'autant plus intéressants que je suis l'un des seuls étrangers que ces jeunes rencontrent, qui ne soit ni un humanitaire, ni un agent de l'ONU, ni un mercenaire de l'armée croate. La plupart de mes interlocuteurs sont ravis de pouvoir discuter à bâtons rompus, et d'avoir en retour un regard extérieur, ouvert et n'essayant pas de juger (j'ai très vite laissé mes grands principes d'occidental repu dans ma chambre d'hôtel). Je suis aussi frappé par leur impressionnante maturité, et une certaine envie de vivre, intensément, malgré tout. Nous devisons ainsi jusqu'à pas d'heure, et refaisons le monde à notre manière, au comptoir du bar, ou sur l'immense terrasse d'été qui jouxte le club, le tout étant ponctué d'allers-retours sur la piste de danse.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-vSihmWciIT4/WqVFuK57POI/AAAAAAAADzs/HK4d4Ph_Skos9F5lYOPUZHVO7PCu55VRwCLcBGAs/s1600/terrasse%2BJabuka.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="467" data-original-width="700" height="266" src="https://2.bp.blogspot.com/-vSihmWciIT4/WqVFuK57POI/AAAAAAAADzs/HK4d4Ph_Skos9F5lYOPUZHVO7PCu55VRwCLcBGAs/s400/terrasse%2BJabuka.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><i style="color: #fff2cc;">La terrasse de la Jabuka&nbsp;</i></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;">Photo (c) Boris&nbsp;</i></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Štromar</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En dépit des quelques amitiés d'un soir ou de quelques jours, que je développe sur fond de décibels soniques, l'ambiance est quand même très particulière dans le club. Au milieu des gamins et des étudiants en sursis de mobilisation, il y a aussi des grands gaillards en uniformes de camouflage au comptoir du bar, sirotant leur bière, le visage fermé et le regard ombrageux. Je comprends très vite que ce sont des bidasses en perm', venant pour quelques heures s'enivrer de rock dur, avant de repartir tenir les positions croates dans les zones encore soumises à turbulences. Leur présence ne dérange personne, et je suis d'ailleurs bien le seul à m'émouvoir de celle-ci.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour que la tableau soit complet, il faut aussi préciser que l'ambiance est aussi particulière en ville. A cette époque, m'expliquent très sérieusement deux jeunes punkettes, rencontrées place du&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ban Jelačić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, la jeunesse de Zagreb est divisée en deux clans antagonistes: il y a les "pankeri" ("les punks", terme générique désignant toute la jeunesse un peu rock'n'roll) et les</span></span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> šmekeri</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">. "Bah", me dis-je, "c'est un&nbsp;peu comme ça partout!" Sauf qu'à Zagreb, c'est une vraie guerre qui oppose les enfants du jeune Etat croate. Comprenez, on ne se contente pas de se mépriser souverainement, on se bat, et on se tue si besoin à coup de couteau. Lors de mon séjour, un de ces "</span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šmekeri</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">" est d'ailleurs poignardé par un "panker", et ce dernier est présenté comme un véritable héros par mes deux punkettes dont les yeux brillent d'enthousiasme lorsqu'elles me narrent cette histoire. Ce conflit est tellement sérieux qu'il y a des bars, des rues, des immeubles, des quartiers à éviter...</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Le sociologue qui sommeille en moi se dit alors que l'ambiance générale dans le pays n'y est pas pour rien dans cette rivalité à couteaux tirés. Avec un Etat dont les aspirations à l'indépendance, au demeurant pas 100% illégitimes, ont rapidement viré en rejet de tout ce qui n'est pas croatiquement correct (Serbes, pacifistes, opposants politiques, journalistes indépendants...), ce rejet finit par flotter dans l'air au sein même de la société en phase d'être globalement purifiée de ses éléments allogènes. La violence politique du pouvoir, l'Etat de guerre, les traumatismes et les frustrations des "rapatriés" intérieurs, les non-dits pas très propres du combat national, viennent compléter le cocktail qui fait que, bien qu'unie et patriote en façade, la jeunesse croate est minée de l'intérieur. Rien d'étonnant: à la même époque, c'est au sein même du mouvement "alternatif" de Novi Sad, en Serbie, que les affrontements violents faisaient rage, avec des bagarres opposant des jeunes de différents quartiers antagonistes, ou de différentes tribus musicales. C'est ce que rapporte le film "</span><a href="http://www.imdb.com/title/tt7332012/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kontakt</span></a><span style="color: #fff2cc;">", un documentaire récent sur l'underground de Novi sad. L'un des témoins de cette époque précise l'influence du contexte général, l'absence de perspectives, la sensation d'étouffement, la violence rampante et obsédante dans la Serbie d'alors, et le besoin de dépasser ce climat en relâchant sa propre violence, quitte à l'exprimer sur ses propres frères d'armes subculturelles.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le conspi qui sommeille en moi, se dit, lui, que dans les deux cas, les pouvoirs se sont probablement satisfaits de cette "guerre des boutons" en mode "Orange mécanique" qui sévissait au sein de la jeunesse. Comme les calmants précédemment évoqués, une jeunesse que s'entretue ne posera pas les questions qui fâchent sur le coût très élevé de la réalisation du projet national.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Pour refermer mon retour d'expérience autour de la Jabuka, évoquons mes brefs et bénins ennuis avec la maréchaussée locale. Nous sommes en janvier 95: après mon séjour en été 94, je suis retourné à Zagreb pour une dizaine de jours autour du Nouvel An. Par un soir glacé, enhardi par l'alcool, sans toutefois être ivre, après quelques verres sifflés en ville basse, je remonte à pied la colline qui mène au club. Il n'est pas si tard mais il n'y a pas âme qui vive. Arrivé devant la Jabuka, je me fais interpeller par un condé croate, de faction devant l'une des ambassades établie dans le quartier. J'ai déjà quelques rudiments de croate, et comprend grosso-modo ce que me dit le représentant de la force publique, mais l'instinct du moment et un soupçon d' "inat" (relire </span><a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2017/08/iconoclasmes-3-enfumer-nuit-gravement.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;"> pour le sens de ce mot) me poussent à répondre invariablement en anglais et à prétendre ne rien comprendre à ce qu'il me dit, Monsieur l'agent ne parlant ni anglais, ni allemand, bien qu'il me semble néanmoins piger tout ce que je lui dit (peut-être prétend il lui aussi la même chose que moi de façon inversée). Passeport, motif du séjour, durée, lieu de résidence, nom de mon père, profession de mon père, qu'est ce que je fous à Jabukovac à 23h?, l'interrogatoire est interminable, et d'autant plus que, chacun prétendant ne pas comprendre, tout demande à être répété ou reformulé 3 fois. J'ai aussi droit à mon prénom et mon nom, annonné de façon méconnaissable en phonétique croate par mon condé à un collègue via un talkie-walkie grésillant. La réponse lointaine et métallique de celui-ci, entre deux bips électroniques et trois bruits blancs, me vaut enfin, au bout d'une demi-heure, d'être libéré de cette conversation déplaisante. Je ne figure visiblement pas dans la banque de donnée répertoriant les ennemis du valeureux peuple croate. Je sonne alors à la porte de la Jabuka d'où filtre en sourdine la musique. Le portier m'ouvre pour me dire que c'est fermé, bien qu'il me semble qu'il y ait encore pas mal de monde et d'ambiance à l'intérieur. La porte se referme et je regarde le flic dans sa guérite avec haine. Je comprends alors que le dernier bus à prendre à Britanac semble faire partie d'une sorte d'encadrement invisible du public: qui arrive après, par ses propres moyens, non seulement est suspect et se voit contrôlé, mais ne bénéficie pas ensuite d'un droit d'entrée au club.&nbsp;</span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Je suis toutefois conscient de ma chance d'être étranger. Mon passeport français m'ayant sans doute évité un contrôle plus musclé. Certains jeunes Croates que je rencontre à la Jabuka relatent des arrestations aussi arbitraires qu'humiliantes.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le régime n'hésite d'ailleurs pas à frapper, au sens strict du terme, sa propre jeunesse. La veille de la Toussaint, en octobre 1995, Samobor, charmante et paisible bourgade baroque des environs de Zagreb, est le théâtre d'une action policière que n'aurait pas renié un Pinochet: un festival punk y est violemment réprimé par la police.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-lND3qs1xg2Y/WqVGpmMNdrI/AAAAAAAAD0A/3Evfgs8ldscB_kWZW3eWEaWhPAZI7MF1wCLcBGAs/s1600/Flyer%2BSamobor.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="352" data-original-width="509" height="276" src="https://1.bp.blogspot.com/-lND3qs1xg2Y/WqVGpmMNdrI/AAAAAAAAD0A/3Evfgs8ldscB_kWZW3eWEaWhPAZI7MF1wCLcBGAs/s400/Flyer%2BSamobor.jpg" width="400" /></a></span></span></span><br /><i style="color: #fff2cc;">Très joliment dans l'air du temps, voir vaguement prémonitoire,&nbsp;</i></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>le flyer du festival de Samobor.</i></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Passages à tabac, têtes frappées contre les murs, coups de matraques, coups de pieds, coups de feu, la flicaille n'y va pas avec le dos de la cuillère, à la stupéfaction des habitants de la commune, abasourdis par la disproportion de la répression policière envers des jeunes parmi lesquels figurent même des mineurs, indistinctement violentés, tout comme les filles. La rumeur dit que certains agents mobilisés à Samobor sont fraîchement de retour du front et ont besoin de passer leurs nerfs sur ces insupportables "narkomani" (toxicomanes). Certains jeunes ne doivent leur salut que par le fait d'avoir été cachés par des habitants, d'autres par la fuite à travers les champs de maïs qui entourent la petite ville. Par miracle, il n'y aura pas de morts.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-KTdclHIv6Ak/WqVGy0kKZaI/AAAAAAAAD0E/u83SUfvJB_MazV6uqy9XrQhVbJSt7KKvQCLcBGAs/s1600/Noc%2BSamobor%2BArena.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="449" data-original-width="704" height="255" src="https://3.bp.blogspot.com/-KTdclHIv6Ak/WqVGy0kKZaI/AAAAAAAAD0E/u83SUfvJB_MazV6uqy9XrQhVbJSt7KKvQCLcBGAs/s400/Noc%2BSamobor%2BArena.jpg" width="400" /></span></a></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>"La nuit qui a horrifié Samobor" (En haut)</i></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>"Sur la façade, on trouve encore des traces de sang de la tête d'une jeune fille que la police a frappée contre le mur" (en bas).<br />L'article sensationnaliste du journal Arena, une semaine après les faits.</i></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le scandale de ce "bal tragique" à Samobor n'aurait en principe pas dû connaître les lumières de la place publique. S'il est finalement révélé, c'est parce que parmi ces soi-disant "marginaux" et "dégénérés" figurent des enfants de notables, et pas des moindres: Domagoj&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Šeks</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, le propre fils du président du&nbsp;parlement croate Vladimir&nbsp;</span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Šeks (Šeks s</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">e prononce "Chèks"), était avec ses copains à&nbsp;Samobor, le soir de cette chasse aux sorcières. C'est lui qui témoigne dans la presse quelques jours plus tard. Un cas intéressant que celui du fils et du père&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Šeks</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, qui illustre le fossé entre les générations à cette époque: si le père est&nbsp;un nationaliste convaincu, </span><a href="https://trialinternational.org/latest-post/vladimir-seks/" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">n'ayant pas dédaigné de recourir aux basses besognes et aux crimes de guerre</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> en Slavonie, avec son sinistre comparse </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Branimir_Glava%C5%A1#War_crimes_charges" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Branimir Glavas</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> (relire </span><a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2016/07/cops-are-not-all-bastards.html" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">), son punk de fils, lycéen modèle puis étudiant en philosophie, est un partisan du pacifisme et de l'altermondialisme.</span></span></span></span><br /><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span> <br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-gXkp41Rj77M/WqVIazDOT8I/AAAAAAAAD0c/LFH8e3eWlxoZZcqUaJ1CxqB2QLbCpBHeQCLcBGAs/s1600/Vladimir%2BSeks%2BOsijek%2B1991.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="550" data-original-width="671" height="262" src="https://1.bp.blogspot.com/-gXkp41Rj77M/WqVIazDOT8I/AAAAAAAAD0c/LFH8e3eWlxoZZcqUaJ1CxqB2QLbCpBHeQCLcBGAs/s320/Vladimir%2BSeks%2BOsijek%2B1991.jpg" width="320" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Vladimir&nbsp;</i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;"><i>Šeks</i></span><i>&nbsp;en 1991, lorsqu'il met en place le pouvoir spécial (para)militaire&nbsp;</i></span><span style="color: #fff2cc;"><i>à Osijek.&nbsp;</i></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i><br /></i></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-gnwz8BBxMmg/WqVIgZs8JsI/AAAAAAAAD0g/1d_lDUiS1hIWS2RyzqeuBHGFdTT4Xf2XgCLcBGAs/s1600/Domagoj%2BSeks.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="400" data-original-width="300" height="320" src="https://4.bp.blogspot.com/-gnwz8BBxMmg/WqVIgZs8JsI/AAAAAAAAD0g/1d_lDUiS1hIWS2RyzqeuBHGFdTT4Xf2XgCLcBGAs/s320/Domagoj%2BSeks.jpg" width="240" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><i style="color: #fff2cc;">Domagoj&nbsp;</i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;"><i>Šeks</i></span><i style="color: #fff2cc;">, dans ses années "Goa-trance".&nbsp;</i></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Cruelle ironie de ce fossé générationnel, Domagoj&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Šeks</span>&nbsp;ira au bout de son rêve néo-hippie et en mourra: musicien de dub et de trance, il s'installe à Goa dans les années 2000 avec sa compagne. C'est là qu'il décède dans des conditions jamais élucidées (assassinat, accident, overdose...?). Son père restera de son côté l'incarnation pathétique de celui qui a réussi à sauver sa chemise, en louvoyant au milieu des non-dits et des tabous de la sale guerre croate.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Pour revenir à Samobor, personne ne répondra véritablement des faits horribles qui y sont survenus. Refrain connu en d'autres pays à 2h d'avion de Zagreb, on accusera les "narkomani" d'avoir ouvert les hostilités en attaquant la police. Ce clash sanglant entre contre-culture et violence d'Etat sera plus tard considéré par beaucoup de ses victimes comme une sorte de rite initiatique fondateur sur le chemin de la subversion. Il témoigne en tout cas de la considération du jeune Etat croate envers ses enfants, et probablement aussi de la nervosité du régime de Tudjman, qui, bientôt, n'aura plus la guerre comme prétexte pour garder la société sous cloche. "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Temp%C3%AAte_(Yougoslavie)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Oluja</span></a><span style="color: #fff2cc;">" a déjà "libéré" les derniers territoires "occupés", et Dayton n'est pas loin. Avant de lâcher fatalement du lest, il faut encore procéder à d'ultimes démonstrations de force pour éradiquer ce qui peut l'être, afin de pouvoir rester au pouvoir et rendre le moins de comptes possibles.&nbsp;</span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-SPjBu4ce2gw/WqVJIapGHeI/AAAAAAAAD0s/YcnVBvDviVAFiyZ-Z40Dozf34aGZaV5ggCLcBGAs/s1600/radio101wikipedai.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="411" data-original-width="625" height="262" src="https://1.bp.blogspot.com/-SPjBu4ce2gw/WqVJIapGHeI/AAAAAAAAD0s/YcnVBvDviVAFiyZ-Z40Dozf34aGZaV5ggCLcBGAs/s400/radio101wikipedai.jpg" width="400" /></span></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Mais la jeunesse sait rendre les coups, et c'est lorsque le pouvoir tente de museler Radio 101, la seule radio alternative et impertinente de la capitale, en 1996, que des milliers de zagrébois descendront dans les rues pour défendre "Stojedinica" (pron. Stoyédinitsa""La cent une", le surnom de la radio). Ce sera la première manifestation d'opposition au pouvoir tyrannique de Tudjman (photo ci-dessus), une bouffée d'air frais dans une Croatie, qui, maintenant que la paix est là, aspire à un vrai Etat de droit et aux libertés civiques. Appuyée par une large mobilisation dépassant les clivages politiques, sociaux et générationnels, et soutenue par l'ambassadeur des Etats-Unis et même par certains membres du HDZ sentant qu'il est temps de virer leur cuti, ne serait-ce que pour rester au pouvoir, Stojedinica sera sauvée. Tudjman, fragilisé, et sentant les premiers frimas d'un vent du nord venu de La Haye, ne sera dispensé de répondre de ses probables crimes et complicités de crime, que grâce au cancer l'emportant en 1999, mais c'est une autre histoire...</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Revenons sur la colline de Jabukovac, que nous avons un peu délaissée, même si, chacun l'aura compris à ce stade de la lecture, ce post aux nombreux détours et prolongements, est autant, sinon davantage, que le portrait d'un club, celui, plus global, des époques troublées qu'il a traversées contre vents et marées.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">De ces années sombres et lourdes, la Jabuka ressort plutôt grandie, auréolée du prestige d'avoir tenu bon, d'être restée ouverte, d'avoir su gardé son statut précieux d'îlot de liberté et de bon goût musical. Un autre fait d'armes lui vaut crédit et estime: le club a relancé peu à peu une vie rock à Zagreb et en Croatie. Le rock croate revient d'abord doucement aux platines, puis, via l'organisation par la Jabuka du festival "Fiju Briju" (pron. "Fiyou Briyou") à la Dom Sportova ("La Maison des Sports", l'une des plus grandes jauges de la capitale à l'époque), où se produit la fine fleur des groupes croates, et parfois slovènes.</span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-XRwe0G9eXYQ/WqVJf2sJvsI/AAAAAAAAD0w/u4LyDUoC3XA8yHBucjE0q5ceDuTQ6FF5wCLcBGAs/s1600/Fiju%2BBriju.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="873" data-original-width="625" height="400" src="https://3.bp.blogspot.com/-XRwe0G9eXYQ/WqVJf2sJvsI/AAAAAAAAD0w/u4LyDUoC3XA8yHBucjE0q5ceDuTQ6FF5wCLcBGAs/s400/Fiju%2BBriju.jpg" width="286" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><i style="color: #fff2cc;">Affiche de l'édition 96 du festival.</i></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>"Fiju Briju" est une expression typique du slang zagrébois, calquée sur l'onomatopée "fiju" indiquant quelque chose de fou, et le verbe "brijati", "(se) raser", mais signifiant en argot local différentes choses comme "être défoncé", "envoyer le bois sur scène", "dépoter"....<br />Un équivalent français de "Fiju-Briju" pourrait être "teuf de ouf!".<br />L'expression fut d'abord utilisée comme nom d'une soirée hebdomadaire à la Jabuka, où l'on passait du rock alternatif croate, avant de donner son nom au festival produit par le club.<br />Encore aujourd'hui, avoir participé, en tant que public ou que musicien, à cet événement est une marque de "rock'n'roll-credibility".</i></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le succès de l'événement est tel qu'il se décline ensuite aussi à Split et à Sarajevo. La Jabuka esquisse ainsi aussi un début de renaissance des réseaux rock dans ce qui ne s'appelle pas encore la Yougosphère, mais dont les prémices se dessinent doucement à travers cette première décentralisation de "Fiju Briju". Enfin, le club s'investit dans l'édition de CDs, avec son propre label, Jabukaton, un nom qui n'est pas sans rappeler celui de l'ancienne maison de disque yougoslave, </span><a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2014/12/sur-les-ruines-du-jugoton.html" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Jugoton</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Ce dynamisme stimule d'autres initiatives et contribue à "structurer" toute une nébuleuse où se retrouvent musiciens, disquaires, tatoueurs, ou encore graphistes comme les excellents "</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Božesačuvaj</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">!" (prononcer "Bojésatchouvaï", "Dieu me garde/Dieu m'en préserve!", expression plus courante en serbo-croate qu'en français), auteurs de nombreux flyers, affiches, pochettes de CD, mais aussi de désopilantes cartes postales ironisant sur le "merveilleux paradis que constitue la Croatie libre".</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-p3gsM35pUZs/WqZzKBLzzwI/AAAAAAAAD2Q/kI-7RmOF7lAawgH6kdA2ZKpKOxU5qU_BQCLcBGAs/s1600/Bo%25C5%25BEesa%25C4%258Duvaj%2B5.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="419" data-original-width="580" height="288" src="https://2.bp.blogspot.com/-p3gsM35pUZs/WqZzKBLzzwI/AAAAAAAAD2Q/kI-7RmOF7lAawgH6kdA2ZKpKOxU5qU_BQCLcBGAs/s400/Bo%25C5%25BEesa%25C4%258Duvaj%2B5.jpg" width="400" /></a></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>"Police. République Croate (RH). Ministère de l'Intérieur (MUP).<br />Sincères salutations de la démocratique, amicale, catholique, reconnue internationalement, pour la première fois indépendante après 900 ans, et fortement dévouée à vous et à votre pays, République de Croatie."<br />Carte postale signée&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;">Božesačuvaj</span>, vers le milieu des années 90.</i></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Paradoxalement, c'est avec la démocratisation que les vrais ennuis du club commencent, avec des résonances jusqu'à aujourd'hui. Il est fermé en 1999 pour cause de nuisances sonores. Les nouveaux riches des quartiers mitoyens de Jabukovac et de&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pantovčak</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;(pron. Pantov'tchak), où se trouve la présidence&nbsp;croate, ne veulent plus de ce club. Celui-ci réouvre pourtant en 2002, après des travaux de mises aux normes et d'insonorisation. Il change également de régime juridique, passant du statut de club associatif (un relent de l'époque socialiste) à celui de SARL.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Entre temps, la ville s'est réveillée d'une certaine torpeur, et de nouveaux lieux ont peu à peu vu le jour, comme la&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Močvara</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, salle alternative située près du parc de loisir de Jarun, en banlieue sud de Zagreb, ou encore la Medika, non loin du centre-ville. Ces nouveaux lieux fédèrent de nouvelles énergies et une nouvelle génération, autour des valeurs alternatives partagées ailleurs en Europe dans des espaces similaires: politisation, conscientisation, végétarisme, défense des minorités, rock engagé ou underground. La Jabuka, dont l'action politique fut en fait de ne jamais véritablement faire de politique, et de rester soi-même face aux ères du temps mouvantes qu'elle a traversée, apparaît alors comme datée. Elle l'est d'autant plus que sa programmation semble elle aussi datée, avec des soirées où les DJ's ont leurs platines calées sur le meilleur des années 80 et 90. Mais là encore, ce qui semble au départ être un handicap, le piège de la ringardise ou de la nostalgie, s'avère être un atout: d'abord, la Jabuka a gardé une partie de son public, lequel a vieillit mais cultive, comme elle, la mémoire musicale des décennies où elle s'est épanouie. Un public plus jeune, désireux précisément de découvrir la musique de ses aîné(e)s, répond aussi présent.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-CsxwC4cZ3A0/WqVKPtaiGMI/AAAAAAAAD1A/QBG6V6m10GcRUAfbBwx6ZSiYKIsXczwogCLcBGAs/s1600/Jabuka%2Bdanas.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="472" data-original-width="630" height="239" src="https://4.bp.blogspot.com/-CsxwC4cZ3A0/WqVKPtaiGMI/AAAAAAAAD1A/QBG6V6m10GcRUAfbBwx6ZSiYKIsXczwogCLcBGAs/s320/Jabuka%2Bdanas.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est que la Jabuka a su garder sa réputation d'intégrité et de lieu de bon goût, un bon goût qu'elle garde désormais comme du bon vin, sortant ses bonnes bouteilles chaque soir comme autant de millésimes qu'elle partage avec un public de connaisseurs avertis. Loin d'être ringarde, la salle de Jabukovac est la mémoire vivante et intemporelle d'une certaine idée du rock et de la nuit à Zagreb: on continue de s'y retrouver, dans une ambiance bon esprit, à l'écart des modes, du temps et du centre-ville livré aux franchises internationales, aux lounges et aux bars à "cajke" (pron. "tsaïké", la daube croate).</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, la Jabuka a traversé l'histoire et ses tourments sans se renier et en restant elle-même. "Un club qui ne pourrit pas"comme le dit l'un de ses récents slogans.</span></div></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Les 50 ans du club ont pourtant un goût amer, et la fête n'est pas complète. Le lieu qui a survécu au régime socialiste, à la guerre, à l'autoritarisme de Tudjman est aujourd'hui victime de chicaneries et d'humiliations infligées par une mairie démocratiquement élue. A l'heure où le club devait souffler ses 50 bougies, des ouvriers, escortés par des "inconnus" musclés, sont venus démolir à la pelleteuse sa terrasse d'été, où des générations de&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Jabučari</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;ont bu, dansé, dragué, fumé, ri, refait le monde... Déjà l'an dernier, des "inconnus" musclés avaient mis sous scellés la fameuse terrasse, empêchant l'équipe comme le public du club d'y accéder.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-13rJe8E_BOM/WqVMEU1v7dI/AAAAAAAAD1M/pB3opm7nBrcluJT_ZbiLmHG-cY5G0sWkQCLcBGAs/s1600/terasa.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="630" data-original-width="1024" height="196" src="https://4.bp.blogspot.com/-13rJe8E_BOM/WqVMEU1v7dI/AAAAAAAAD1M/pB3opm7nBrcluJT_ZbiLmHG-cY5G0sWkQCLcBGAs/s320/terasa.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>La terrasse de la Jabuka ces dernières années...</i></span></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><i><br /></i></span></span></span></div></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-FYk0GRmjEMU/WqVMHbRktfI/AAAAAAAAD1Q/sf7v9h1G89oiV4h3lrxZEEnUZD-7iSJwwCLcBGAs/s1600/GK_Jabuka_terasa-1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="514" data-original-width="913" height="180" src="https://4.bp.blogspot.com/-FYk0GRmjEMU/WqVMHbRktfI/AAAAAAAAD1Q/sf7v9h1G89oiV4h3lrxZEEnUZD-7iSJwwCLcBGAs/s320/GK_Jabuka_terasa-1.jpg" width="320" /></span></a></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><i>La même terrasse fermée et condamnée l'an passé.</i></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><i><br /></i></span></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><img border="0" src="https://2.bp.blogspot.com/-BoYCjF-Ra0A/WqVMJh0fxRI/AAAAAAAAD1U/UWVCdKi3k34D-P9u-yfDXq8LIWDBVWk6wCLcBGAs/s320/Jabuka_8.JPG" /></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-jM54I1ZvZTc/WqVNKYuRwBI/AAAAAAAAD1k/iGvThwV_G-0lS-sqkNvn5Iho4-aWeopSQCLcBGAs/s1600/rusenje%2Bjabuke.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1200" data-original-width="1600" height="240" src="https://4.bp.blogspot.com/-jM54I1ZvZTc/WqVNKYuRwBI/AAAAAAAAD1k/iGvThwV_G-0lS-sqkNvn5Iho4-aWeopSQCLcBGAs/s320/rusenje%2Bjabuke.jpg" width="320" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><i style="color: #fff2cc;">La destruction de la "scène d'été" qui se trouvait sur la terrasse,&nbsp;</i><i style="color: #fff2cc;">en février 2018...</i></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Derrière ces différents incidents se cache une bataille entre le club et la mairie de Zagreb, dirigée par l’indéboulonnable Milan Bandić, toujours populaire chez une majorité de "Purgeri" (pron. Pourguèri, "les bourgeois", surnom péjoratif des zagrébois dans toute l'ex-Yougoslavie) qui le réélisent malgré ou à cause de sa bétonisation à outrance de la capitale, de son clientélisme et de sa profonde bêtise.&nbsp;</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bandić souhaite construire un parking à l'emplacement de la terrasse du club (Bandić adore construire des parkings sur des espaces verts !). Accessoirement, il veut la peau du club qui dépare dans ce quartier rupin où se trouvent probablement bon nombre de ses électeurs. Pour ce faire, Bandić prétend que cette terrasse n'a jamais appartenu à la Jabuka, et que celle-ci l'occupe donc illégalement, s'appuyant sur un flou juridique lié au fait que le club a vu le jour à une autre époque, dans un autre Etat, et sous un autre régime politique, aujourd'hui non reconnu, ce qui rend le droit de propriété du club caduque (je résume). Bandic prétend aussi que la présence du club dérange l'école primaire mitoyenne, alors que la direction de la Jabuka fait état de relations excellentes avec le personnel éducatif. On voit de toute façon mal comment un lieu ouvert et travaillant la nuit peut gêner des enfants présents le jour. Le bras de fer, qui date des années 2000, où la Jabuka fut déjà inquiétée, semble vouer à durer, et va s'exprimer désormais par avocats interposés, la direction du club ayant déposé plainte suite aux destructions de ce qu'elle considère comme son bien.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le lieu peut néanmoins poursuivre ses activités, mais à l'intérieur de ses murs, sans sa terrasse abritée par les arbres, indispensable en été, lorsque la chaleur du climat continental s'abat sur la ville...</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Nombreux internautes, une partie de la société civile, et même certains médias se mobilisent pour soutenir le club que d'aucuns sur place considèrent comme une institution musicale appartenant à l'histoire de la ville et du pays, qu'elle a indéniablement contribué à mettre sur la carte du monde rock. Un point de vue et des préoccupations que je partage d'autant plus que, j'ai, à mon humble niveau et quoique de manière temporaire, été un Jabučar, dans une période fondatrice de ma vie, qui a beaucoup contribué à l'idée de lancer ce blog. Longue vie à la Jabuka !</span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NTz4WB9T2pM/WqU_nWpyG8I/AAAAAAAADyc/_3aPcssSFUItRLCVEIsKXlq9fy0qin71QCLcBGAs/s1600/music-club-jabuka-15-467x350.jpg" imageanchor="1" style="font-family: 'Times New Roman'; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="350" data-original-width="467" height="238" src="https://1.bp.blogspot.com/-NTz4WB9T2pM/WqU_nWpyG8I/AAAAAAAADyc/_3aPcssSFUItRLCVEIsKXlq9fy0qin71QCLcBGAs/s320/music-club-jabuka-15-467x350.jpg" width="320" /></span></a></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Photo (c) Citypal</span></i></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b><span style="color: #fff2cc;">Prolongements:</span></b></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Outre mes souvenirs et connaissances personnels du lieu, quelques articles en serbo-croate ont servi de source pour la rédaction de ce post. A lire en complément, si vous parlez la langue:</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a href="http://www.index.hr/black/clanak/video-u-bivsoj-kuglani-ante-pavelica-je-prije-50-godina-nastao-klub-u-kojem-se-stvarala-povijest/1026530.aspx"><span style="color: #e06666;">http://www.index.hr/black/clanak/video-u-bivsoj-kuglani-ante-pavelica-je-prije-50-godina-nastao-klub-u-kojem-se-stvarala-povijest/1026530.aspx</span></a></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #e06666;"><br /></span> <br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a href="https://100posto.hr/zivot/jabuka-slavi-pedeseti-rodendan-donosimo-povijest-kluba-koji-ne-truli"><span style="color: #e06666;">https://100posto.hr/zivot/jabuka-slavi-pedeseti-rodendan-donosimo-povijest-kluba-koji-ne-truli</span></a><br /><br /></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #e06666; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://www.blogger.com/goog_1033841550"></a></span></div><a href="https://www.telegram.hr/price/mali-esej-o-jabuci-80-ih-nije-bila-osobito-vazna-no-onda-postaje-prostor-slobode-danas-bi-mogla-biti-muzej-rocka/"><span style="color: #e06666;">https://www.telegram.hr/price/mali-esej-o-jabuci-80-ih-nije-bila-osobito-vazna-no-onda-postaje-prostor-slobode-danas-bi-mogla-biti-muzej-rocka/</span></a></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><br /><span style="color: #e06666;"><a href="http://strazarni-lopov.blogspot.fr/2015/10/dark-dance.html?m=1" target="_blank"><span style="color: #e06666;">http://strazarni-lopov.blogspot.fr/2015/10/dark-dance.html</span></a></span><br /><br /><a href="https://www.tportal.hr/magazin/clanak/evo-zasto-volimo-klub-jabuka-20131201"><span style="color: #e06666;">https://www.tportal.hr/magazin/clanak/evo-zasto-volimo-klub-jabuka-20131201</span></a><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><br /></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">La page facebook de la Jabuka:</span><br /><a href="https://www.facebook.com/GKJabuka/"><span style="color: #e06666;">https://www.facebook.com/GKJabuka/</span></a><br /><br /><br /><b><span style="color: #fff2cc;">Aller à la Jabuka:</span></b></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">GK Jabuka, Jabukovac 28, Zagreb</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bus (au départ de Britanski Trg/"Britanac") N° 102 ou 105, arrêt "Paunovac". Une fois sorti(e) du bus, redescendre légèrement en arrière et prendre la première à gauche (rue Jabukovac). La Jabuka se trouve tout de suite après l'école ("Osnovna&nbsp;<span style="text-align: center;">Š</span>kola"), derrière le petit parking...</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /><span style="color: #fff2cc;"> N.b.: La photo d'ouverture de post montre l'entrée de la Jabuka lors d'une soirée Halloween.</span></span></div></div><br />
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Une impression qui m'a saisi dès ma première visite dans cette ville.&nbsp;</i></span></span><i style="color: #fff2cc; font-family: georgia, 'times new roman', serif;">Zagreb n'est ni Manchester, ni New York et encore moins Londres, et pourtant, a</i><i style="color: #fff2cc; font-family: georgia, 'times new roman', serif;">ux seuils des façades jugendstil vieillissantes, à l'ombre des usines aujourd'hui désaffectées, où autrefois grouillait le peuple élu du socialisme, ou encore au pied des tours brutalistes fatiguées des quartiers dortoirs, on se les imagine aisément, les rockers locaux, posant crânement, comme leur modèles britanniques ou américains, dans ce décor où se mêlent, sans toujours une grande cohésion, les époques et les styles, la marque de l'histoire et celle du quotidien. Dans ces confins où se frottent l'Est réputé arriéré et l'Occident supposé moderne, le rocker local assume depuis toujours l'apparente schizophrénie que constitue sa passion musicale d'importation, qu'il affiche comme un trophée existentiel, et son destin de mauvaise graine ayant poussé du mauvais côté de l'Europe. Cette schizophrénie finit par faire fusion et façonne un esprit rock spécifique, où le tempérament frondeur local se marie à merveille avec le "vivre vite" que véhicule cette musique. Certes, Zagreb ne fut pas le seul pôle rock dans l'ancienne Yougoslavie, mais cette subculture s'y est néanmoins épanouie avec succès, et a su y garder une certaine forme d'authenticité et d'intégrité. Plusieurs facteurs ont contribué à cette situation. Un lieu, en particulier, a joué, modestement mais sûrement, un rôle indéniable de "prescripteur" et de catalyseur.&nbsp;</i><br /><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Ce lieu c'est le club </span><a href="https://www.timeout.com/croatia/nightlife/jabuka" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Jabuka</span></a></i><span style="color: #fff2cc;"><i> ("La Pomme", prononcer "Yabouka"). Il vient de fêter ses 50 ans d'existence, et un lien personnel nous lie, lui et moi: un peu de ce blog a été inspiré par mes nuits passées à la Jabuka, au mitan des années 90. Tout cela vaut bien un post, et Yougosonic revient sur l'histoire de la Jabuka, qui rejoint, celle, plus globale, de la Croatie. </i><br /><br />C'est en février 1968 que des membres de la "Ligue de la Jeunesse pour la Paix" investissent cet ancien bowling du paisible quartier de Jabukovac ("la pommeraie", prononcer "yaboukovatz"), sur les hauteurs de Zagreb. Un bowling où, pour la petite, ou plutôt la grande histoire, jouèrent successivement Ante Paveli</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;puis le Maréchal Tito, ainsi que les généraux du "Mouvement de Libération Nationale". C'est donc plus ou moins un ancien mess militaire qui devient, dans cette période de bouillonnement sociétal qu'est la fin des années 60, le lieu de promotion de la paix et de la non violence, sous la houlette d'une organisation de jeunesse para-socialiste.&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><a name='more'></a></div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-gyWUmO5-X84/WqVAeQToDpI/AAAAAAAADys/ykCl0ZZ9iW49UjNabHtxrKSciONkFkkKQCLcBGAs/s1600/1518891711PLAKATI_BUCAN.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="1151" data-original-width="1600" height="287" src="https://4.bp.blogspot.com/-gyWUmO5-X84/WqVAeQToDpI/AAAAAAAADys/ykCl0ZZ9iW49UjNabHtxrKSciONkFkkKQCLcBGAs/s400/1518891711PLAKATI_BUCAN.jpg" width="400" /></span></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Les premières affiches du club, signées du designer</i></span></span><br /><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;"></span><a href="http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2013/01/03/le-croate-boris-bucan-s-affiche-a-paris_1812382_4497319.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Boris Bucan</span></a></i></span><br /><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-8E7cI3REtyo/WqZaeyKaSKI/AAAAAAAAD2A/KThgdaLjo_MnzVzQruJGadUGpRZIGsEGACLcBGAs/s1600/Logo%2BJabuka.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="277" data-original-width="283" src="https://3.bp.blogspot.com/-8E7cI3REtyo/WqZaeyKaSKI/AAAAAAAAD2A/KThgdaLjo_MnzVzQruJGadUGpRZIGsEGACLcBGAs/s1600/Logo%2BJabuka.jpg" /></a></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Le logo actuel : "GK" est l'abrégé de "Glazbeni Klub", club musical.&nbsp;</i></span><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Une promotion qui prend, dès le départ, la forme d'une programmation culturelle tournée vers le théâtre, le cinéma d'art et d'essai, et surtout la musique. C'est cette dernière discipline qui l'emporte au final, et dès les années 70, la Jabuka devient un lieu incontournable de concerts, où la scène rock locale, mais aussi internationale, se produit. On vient aussi s'y encanailler en after de concert, tels les Rolling Stones qui viendront y boire un coup après leur set à Zagreb, en 1979, et termineront la soirée dans une bringue se tenant dans une maison proche du club.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-Cuxz3TqH6GI/WqVPSEh0IMI/AAAAAAAAD1w/BEIwGm5ArpwS_ViOdu-hX36VrxPkOYh-ACLcBGAs/s1600/jabuka6_16022018_privatno.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="454" data-original-width="625" height="232" src="https://4.bp.blogspot.com/-Cuxz3TqH6GI/WqVPSEh0IMI/AAAAAAAAD1w/BEIwGm5ArpwS_ViOdu-hX36VrxPkOYh-ACLcBGAs/s320/jabuka6_16022018_privatno.jpg" width="320" /></span></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Barbecue sur la terrasse du club, dans les années 70.</i></span></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Celui-ci s'impose aussi très vite comme étant musicalement "dans le coup", diffusant dans ses soirées DJ's les dernières tendances du rock, souvent de manière pionnière. Le "flair" des DJ's maison n'est pas le fruit du hasard, il est alimenté par des "correspondants" du club à Londres, New York, Berlin, des yougos de l'étranger envoyant les dernières rentrées de leurs disquaires favoris à l'équipe de la Jabuka. En parallèle, celle-ci ne dédaigne pas de s'offrir une petite excursion à Trieste, la Mecque des produits occidentaux, pour y compléter sa phonothèque. L'anecdote veut que cette phonothèque soit devenue tellement conséquente qu'elle servira à alimenter celle de </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Radio_101_(Croatia)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Radio 101</span></a><span style="color: #fff2cc;">, la station FM alternative, au lancement de celle-ci en 1984.</span></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-NMKy3F-3NBM/WqVA_h1gtlI/AAAAAAAADy4/LENFfZuqIl4B5FIVUBJ7HE82Hlfn-nogACLcBGAs/s1600/Alen%2Bkosanovic.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1484" data-original-width="1038" height="400" src="https://2.bp.blogspot.com/-NMKy3F-3NBM/WqVA_h1gtlI/AAAAAAAADy4/LENFfZuqIl4B5FIVUBJ7HE82Hlfn-nogACLcBGAs/s400/Alen%2Bkosanovic.jpg" width="278" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Câblages et meubles rudimentaires, tourne-disque de chaîne hi-fi, et bien-sûr l'incontournable cendrier à proximité du matériel... Alen Kosanović, l'un des DJ's phares du club dans les années 80, en pleine action.</span></i></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Dans les années 80, le club franchit un nouveau cap en s'imposant comme l'épicentre des musiques undergrounds nées dans le sillage du punk. Il est l'un des premiers clubs du pays à passer des groupes comme Joy Division et autres Cabaret Voltaire, et contribue à ce titre à l'émergence des "darkeri", cette tribu musicale toute de noire vêtue, adepte de musique sombre et de spleen existentialiste (en français, les "gothiques" et autres "corbeaux"). Zagreb deviendra ainsi le coeur névralgique de cette scène en Yougoslavie, au point d'ailleurs d'inquiéter les autorités locales qui ne goûtent ni son excentricité, peu en phase avec le nivellement égalitariste socialiste, ni ses penchants nihilistes, récusant la promesse progressiste de l'idéologie officielle. Elles tenteront alors de la dynamiter de l'intérieur en colportant, suite au suicide d'une adolescente, la rumeur que le mouvement est une secte, "la Rose Noire" ("</span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Crna Ruža</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">", pron. Tseurna Rouja), adepte d'orgies dans les cimetières, de pratiques satanistes et de suicides rituels. Cette campagne de manipulation est aussi l'occasion d'essayer de faire tomber </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/%C5%BDeljko_Malnar" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zeljko Malnar</span></a><span style="color: #fff2cc;">, une figure de la bohème zagréboise d'alors. L'homme, un aventurier baba-cool ayant roulé sa bosse de par le monde dans les 70's, dirige une communauté artistique néo-hippie à Zagreb. Il a donc peu à voir avec le milieu "darker", mais son indépendance d'esprit dérange, et il est accusé d'être le gourou de la secte.&nbsp;</span></span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">La "Rose Noire" n'a en fait jamais existé (l'adolescente s'est suicidée en raison de problèmes personnels), et Malnar sera finalement innocenté, mais le mythe de la secte a perduré jusqu'à nous jours, et ressort parfois encore au détour d'un article de la presse à sensation, surfant sur le goût de l'étrange qui habite volontiers l'inconscient collectif local, et jouant à faire peur avec quelques vieux mystères, soi disant non résolus, du temps de l'ancien Etat. Dans le milieu rock, la "rose noire" fait désormais partie de la légende urbaine zagréboise. On aime aussi à la ressortir ça et là, pour rappeler, non sans nostalgie, le parfum de soufre que portait en elle la subculture musicale du moment, dans le climat doucement "fin de règne" de cette époque où le vernis du régime commençait à craqueler, et où l'attitude de ce dernier face aux jeunes, épris d'alternatives musicales, n'était qu'un signe de nervosité parmi d'autres.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Même si la presse de l'époque pointe du doigt les "darkeri" et leurs soirées, intitulées "dark dance", se tenant à la Jabuka, le club ne sera au final pas véritablement inquiété par les autorités, qui se contenteront d'insuffler rumeurs et fantasmes, plutôt que d'attaquer frontalement cette jeunesse et son repère.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Paradoxalement d'ailleurs, par un naturel retour de boomerang, il est plus que probable que les délires propagés par la presse et les autorités aient finalement contribué à gonfler le mouvement darker local comme la notoriété de la Jabuka, leur conférant ce goût du fruit défendu largement surfait par rapport à la réalité.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">En effet, quoiqu'on en dise aujourd'hui, cette communauté musicale reste à cette époque relativement anecdotique en termes d'importance, constituant une "niche" de quelques centaines de personne, davantage qu'un mouvement de fond. Les soirées "dark dance" ne s'étalent que sur deux ans, et à raison d'une fois par semaine.  Quand à la Jabuka elle-même, elle est et demeure un brin excentrée dans la géographie nocturne de la ville, et ne possède ni le poids ni l'audience des autres mastodontes de la nuit rock zagréboise, tel le cultissime </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kulu%C5%A1i%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kulusic</span></a><span style="color: #fff2cc;">, qui, avec 800 places, et sa situation en plein centre-ville, brasse plus de monde à cette époque.</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-cjzJnLGBpDc/WqVDI0LY0bI/AAAAAAAADzM/iOmxdRUFVrkOD1RZ5e0di2BzHPi54kheQCLcBGAs/s1600/Ulaz%2Bu%2BJabuku.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="540" data-original-width="720" height="240" src="https://1.bp.blogspot.com/-cjzJnLGBpDc/WqVDI0LY0bI/AAAAAAAADzM/iOmxdRUFVrkOD1RZ5e0di2BzHPi54kheQCLcBGAs/s320/Ulaz%2Bu%2BJabuku.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>L'entrée de la Jabuka.</i></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le lieu se développe donc un peu à l'écart, presque dans la discrétion. Mais ce qui paraît être un handicap s'avère être en fait un atout: pour rejoindre le club, il faut, soit arpenter une colline boisée, avec un bon dénivelé par endroits, soit ne pas rater le dernier bus qui part en fin de soirée de "Britanac" ("pron. Britanatz, "le britannique", le surnom affectueux par lequel les Zagrébois désignent "la place de Grande Bretagne"), dans la ville basse, pour s'aventurer dans les méandres des collines dominant la ville, dont celle de Jabukovac. Ces conditions opèrent une sélection naturelle qui éloigne de fait les relous, les parasites de soirée, les petites frappes et autres&nbsp;</span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šmekeri </span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">(prononcer&nbsp;"chmèkèri"=les "petits bourges", les "minets". Mot d'origine allemande. On dit parfois aussi "</span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šminkeri", pron. Chming'kèri</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">). Venir à la Jabuka est un vrai choix. Celui ou celle qui s'y rend l'a vraiment et mûrement décidé.</span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est pour cette raison que se cristallise dans les années 80 ce qu'on pourrait appeler la "génération Jabuka", les&nbsp;</span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">"Jabučari"</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;en argot zagrébois (pron. Yaboutchari"= Les "Yaboukiens"): un public d'adolescents et de jeunes adultes d'horizons divers, que fédère la quête d'autres sons et d'autres ambiances sans se prendre la tête et sans se ruiner. Les bières sont bon marché, et les "videurs" sont davantage là pour protéger les usagers que pour les empêcher d'entrer, contrairement à d'autres lieux de la capitale.</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Les différentes tribus musicales cohabitent là-bas en bonne intelligence, d'autant que tout le monde finit par se connaître. Les incidents de type bagarres ou embrouilles sont rares, au point d'ailleurs que l'un des slogans du club, présent sur de nombreux flyers est "pas de panique, nous gardons vos enfants" (photo ci-dessous).</span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-fpewgAGl18M/WqVEIi6kIPI/AAAAAAAADzY/9ZKkI-r3YZgVLiacg8rLsTkcYEWMGFubACLcBGAs/s1600/drzimo%2Bvasu%2Bdjecu.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="451" data-original-width="625" height="230" src="https://3.bp.blogspot.com/-fpewgAGl18M/WqVEIi6kIPI/AAAAAAAADzY/9ZKkI-r3YZgVLiacg8rLsTkcYEWMGFubACLcBGAs/s320/drzimo%2Bvasu%2Bdjecu.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Personne à vrai dire ne souhaite compromettre cet endroit précieux, considéré comme un îlot de liberté. De cette "génération Jabuka" émergeront diverses personnalités connues aujourd'hui du paysage médiatique et culturel, comme </span><a href="http://www.montazstroj.hr/en/borut-separovic/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Borut Separovic</span></a></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, directeur de la compagnie de danse/théâtre </span><a href="http://www.montazstroj.hr/en/index.php" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Montazstroj</span></a><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, ou, plus surprenant,  Tomica Petrović, le manager de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Severina_Vu%C4%8Dkovi%C4%87" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Severina</span></a><span style="color: #fff2cc;">, qui affirme encore aujourd'hui son amour, intact (contracté à 15 ans), pour le club de Jabukovac. Ou encore, pour l'anecdote et pour rester dans la variété, le danseur et chorégraphe,&nbsp;</span></span></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Emil Matešić, que l'on voit en boxeur dans le clip de "</span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=i1xudU08wQ8" target="_blank"><span style="color: #e06666;">je t'aime mélancolie</span></a><span style="color: #fff2cc;">" de Mylène Farmer (</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Matešić a quitté Zagreb pour Paris dès la fin des années 80, pour y étudier la danse).&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Véritable incubateur, le club est aussi un tremplin pour </span></span><a href="https://www.discogs.com/artist/2188240-Zdenko-Franji%C4%87" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Zdenko Franjic</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, futur patron du cultissime label "</span><a href="https://www.facebook.com/Slu%C5%A1aj-Najglasnije-Listen-Loudest-103211269773002/" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Listen Loudest</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">", qui y fait entre autres ses premières armes en tant que DJ.</span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-XwLY2FgVjcI/WqVFbRdlapI/AAAAAAAADzk/pYs3nry_rKADQSsTSa0qg6KbdVPObNTwgCLcBGAs/s1600/Jabuka_Salle.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="458" data-original-width="625" height="234" src="https://2.bp.blogspot.com/-XwLY2FgVjcI/WqVFbRdlapI/AAAAAAAADzk/pYs3nry_rKADQSsTSa0qg6KbdVPObNTwgCLcBGAs/s320/Jabuka_Salle.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>La piste de danse.</i></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Toujours dans ces "golden 80's", le Jabuka devient le point de chute de tous les groupes alternatifs de la fédération, ainsi que des artistes étrangers, pour qui le club zagrébois devient un passage obligé en Yougoslavie. Le Jabuka est associé avec le centre culturel étudiant SKUC, de Ljubljana, ce qui lui permet de proposer une date supplémentaire aux artistes en tournée en Europe Centrale, faisant souvent escale en Slovénie, territoire par lequel la plupart des subcultures, du mouvement hippie au punk, entrèrent en Yougoslavie. Vers la fin de la décennie, sa bonne réputation resserre les liens de cette génération, alors que l'ambiance change doucement en Croatie, comme ailleurs dans le pays. La "ruralisation" de la société, prélude à sa "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_d%C3%A9mocratique_croate" target="_blank"><span style="color: #e06666;">HDZ</span></a><span style="color: #fff2cc;">isation", est en marche: le club, fidèle à son identité musicale rassemble celles et ceux qui restent attachés à la culture urbaine, et à une certaine intégrité rock'n'roll, alors qu'ailleurs s'installe peu à peu la musique des ploucs et le public qui va avec.</span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Arrivent les années 90. La "dark dance" se fait danse macabre. C'est le bruit des bottes qui donne le tempo. Zagreb, devenue capitale du nouvel Etat croate, est épargnée par les affrontements qui sévissent dans d'autre parties du pays, hormis quelques attaques aériennes sans conséquences majeures. La ville s'enfonce néanmoins dans une nuit de larmes et de tensions. L'Etat de guerre, auquel s'ajoute l'autoritarisme congénital de Franjo Tudjman laisse évidemment peu de place à une jeunesse, qui, non seulement voit partir, dans tous les sens du terme, ses pères et ses frères, mais est priée de ne pas faire de vagues. Un semblant de vie nocturne subsiste, mais son versant "rock" subit volontiers intimidations, fermetures arbitraires et razzias de la police. C'est que le rock demeure suspect, suspect d'insoumission, voire de penchants yougoslavistes, même si en réalité, en cette période de guerre puis d'occupation de régions croates par l'armée serbo-yougoslave, le rock croate, même le plus "alternatif", affiche majoritairement son patriotisme, et pas grand monde n'a envie d'écouter "le rock de l'ennemi", fusse-t-il de la décennie précédente et anti-nationaliste. Ceux qui se risquent à passer du </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Disciplin_A_Kitschme" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Disciplina Kicme</span></a><span style="color: #fff2cc;">, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Idoli" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Idoli</span></a><span style="color: #fff2cc;"> ou </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ekatarina_Velika" target="_blank"><span style="color: #e06666;">EKV</span></a><span style="color: #fff2cc;">, le font en cachette, entre quatre murs, à la maison et au milieu d'une audience choisie. Ces groupes, dont le seul tort est d'être serbes, disparaissent globalement des dancefloors croates, pas forcément toujours parce que les DJ's sont nationalistes, mais par une sorte de "principe de précaution"...</span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Malgré le climat lourd de cette période, la Jabuka parvient à rester ouverte. Une volonté de ses responsables de l'époque, désireux d'offrir un espace d'évasion voire de défoulement à ceux qui ont la chance d'échapper à la mobilisation (les mineurs, les étudiants, les "inaptes", ...et quelques planqués de "bonne famille"). Le lieu tourne alors de 20h à 1h du matin, dans une discrétion redoublée. Malgré le conflit qui sévit à quelques dizaines de kilomètres de Zagreb, il accueille aussi des groupes étrangers, un besoin vital dans cette Croatie en partie coupée du monde. Les DJ's passent d'ailleurs peu de rock croate, et privilégient la fine fleur du grunge, de la fusion et autres néo-métal anglo-saxons en pleine émergence à cette époque. Parmi les groupes de passage, les mythiques </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/UK_Subs" target="_blank"><span style="color: #e06666;">UK Subs</span></a><span style="color: #fff2cc;"> enregistrent en 1993 à la Jabuka un album live, édité par Radio 101, au titre explicite : "Don't you know there's a war on" (extraits disponibles sur </span><a href="https://www.youtube.com/watch?v=q452WnIUJMw" target="_blank"><span style="color: #e06666;">youtube</span></a><span style="color: #fff2cc;">).</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-NkEmNwlfO14/WqVFlT6aPVI/AAAAAAAADzo/1PiMetNrrrIzKze2d5NAIVoP6wRO8tnzwCLcBGAs/s1600/UK%2BSubs%2BJabuka.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="480" data-original-width="480" height="320" src="https://4.bp.blogspot.com/-NkEmNwlfO14/WqVFlT6aPVI/AAAAAAAADzo/1PiMetNrrrIzKze2d5NAIVoP6wRO8tnzwCLcBGAs/s320/UK%2BSubs%2BJabuka.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>L'affiche du concert des UK Subs à la Jabuka.</i></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pendant ce temps là, le paisible quartier de Jabukovac, avec ses villas, sa tranquillité, et son environnement sylvestre, séduit les diplomates des pays qui ont reconnu la Croatie, et qui y établissent leurs ambassades. Celles-ci voisinent avec le club, permettant d'ailleurs à la police qui garde les bâtiments des représentations étrangères, de discrètement surveiller la clientèle. J'en ferai la désagréable expérience moi-même en hiver 95 (j'y reviens plus bas).&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Car après avoir bourlingué jusqu'à plus soif depuis 1990 dans cette "autre Europe" à découvrir, de Prague à Budapest, en passant par l'ex-RDA, mon attirance irrépressible pour ce qui n'est déjà plus la Yougoslavie, m'amène, à l'été 1994, à venir traîner mes guêtres de routard du côté de Ljubljana et Zagreb. J'atterris sans surprise, sur les conseils avisés d'une zagréboise alpaguée près de "Britanac", à la Jabuka qui deviendra vite mon point de chute nocturne régulier durant mon séjour dans la capitale croate. Un part notable du public y est alors très jeune. Certains n'ont même pas 15 ans. Une jeunesse très défoncée soit dit en passant, je veux dire, pas juste imbibée d'</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/O%C5%BEujsko" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Ozujsko</span></a><span style="color: #fff2cc;"> ou embrumée d'herbe qui rend nigaud, mais semblant tourner aux diverses saloperies qui doivent circuler dans le même package que les armes fourbies en sous-main à l'armée croate. Poudres à canon et poudre blanche. Sans doute un moyen de garder cette jeunesse sous calmants et de la dissuader de demander des comptes, car déjà à cette époque, le grand rêve national s'avère ne pas tenir toutes ses promesses.</span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Il va sans dire que ces jeunes ivres de rock à guitare énervé, bien que frustrés par la situation générale et par l'ambiance d'Etat policier, sont, pour une majorité d'entre eux, assez nationalistes. Plus par conformisme ou par colère (certains sont des réfugiés de Vukovar ou même de Bosnie-Herzégovine), que par raisonnement mûri. Ce nationalisme est aussi parfois teinté d'un goût de la subversion qui vient frayer avec les penchants undergrounds de cette jeunesse: dans cette construction mentale, la Croatie est une terre rebelle qui a eu le courage de s'affranchir de siècles d'oppression... C'est sur ce ressort que s'appuiera plus tard, pour perdurer et prospérer, le rock nationaliste croate façon Thompson.&nbsp;</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc;">Toujours est il que le discours moraliste ou modéré occidental sur le mode "mais il y a sûrement des gens bien parmi les Serbes, non ?" n'a aucune chance de passer face à ce public. Je comprends alors très vite qu'il faut abandonner le préchi-précha, et laisser les gens venir à soi, doucement. Au fil de la conversation, l'interlocuteur finit par faire la part des choses, justement parce qu'on ne lui aura pas asséné du prêt-à-penser progressiste complètement hors-sol dans le contexte.</span><br /><span style="color: #fff2cc;"><br /></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><iframe allowfullscreen="" class="YOUTUBE-iframe-video" data-thumbnail-src="https://i.ytimg.com/vi/Uv5wF-E9D8Y/0.jpg" frameborder="0" height="266" src="https://www.youtube.com/embed/Uv5wF-E9D8Y?feature=player_embedded" width="320"></iframe></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Je ne suis de loin pas un fan des Cranberries, mais leur morceau "Zombie", sur le conflit nord-irlandais, passe en boucle à la Jabuka, lors de mes séjours à Zagreb, remplissant chaque fois la piste de danse.&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i>On peut aisément se dire que les jeunes fréquentant le club à cette époque trouvaient dans cette chanson un miroir de leurs propres ressentis et vécus.</i></span></div></div></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Je rencontre aussi d'autres gens, souvent plus âgés et plus éduqués (des étudiants), qui gardent la tête froide et se montrent circonspects face au mainstream nationaliste ou au mensonge officiel d'une Croatie libre, forte et fière. Les échanges sont d'autant plus intéressants que je suis l'un des seuls étrangers que ces jeunes rencontrent, qui ne soit ni un humanitaire, ni un agent de l'ONU, ni un mercenaire de l'armée croate. La plupart de mes interlocuteurs sont ravis de pouvoir discuter à bâtons rompus, et d'avoir en retour un regard extérieur, ouvert et n'essayant pas de juger (j'ai très vite laissé mes grands principes d'occidental repu dans ma chambre d'hôtel). Je suis aussi frappé par leur impressionnante maturité, et une certaine envie de vivre, intensément, malgré tout. Nous devisons ainsi jusqu'à pas d'heure, et refaisons le monde à notre manière, au comptoir du bar, ou sur l'immense terrasse d'été qui jouxte le club, le tout étant ponctué d'allers-retours sur la piste de danse.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-vSihmWciIT4/WqVFuK57POI/AAAAAAAADzs/HK4d4Ph_Skos9F5lYOPUZHVO7PCu55VRwCLcBGAs/s1600/terrasse%2BJabuka.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="467" data-original-width="700" height="266" src="https://2.bp.blogspot.com/-vSihmWciIT4/WqVFuK57POI/AAAAAAAADzs/HK4d4Ph_Skos9F5lYOPUZHVO7PCu55VRwCLcBGAs/s400/terrasse%2BJabuka.jpg" width="400" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><i style="color: #fff2cc;">La terrasse de la Jabuka&nbsp;</i></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;">Photo (c) Boris&nbsp;</i></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Štromar</i></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><br /></i></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">En dépit des quelques amitiés d'un soir ou de quelques jours, que je développe sur fond de décibels soniques, l'ambiance est quand même très particulière dans le club. Au milieu des gamins et des étudiants en sursis de mobilisation, il y a aussi des grands gaillards en uniformes de camouflage au comptoir du bar, sirotant leur bière, le visage fermé et le regard ombrageux. Je comprends très vite que ce sont des bidasses en perm', venant pour quelques heures s'enivrer de rock dur, avant de repartir tenir les positions croates dans les zones encore soumises à turbulences. Leur présence ne dérange personne, et je suis d'ailleurs bien le seul à m'émouvoir de celle-ci.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Pour que la tableau soit complet, il faut aussi préciser que l'ambiance est aussi particulière en ville. A cette époque, m'expliquent très sérieusement deux jeunes punkettes, rencontrées place du&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Ban Jelačić</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, la jeunesse de Zagreb est divisée en deux clans antagonistes: il y a les "pankeri" ("les punks", terme générique désignant toute la jeunesse un peu rock'n'roll) et les</span></span></span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> šmekeri</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">. "Bah", me dis-je, "c'est un&nbsp;peu comme ça partout!" Sauf qu'à Zagreb, c'est une vraie guerre qui oppose les enfants du jeune Etat croate. Comprenez, on ne se contente pas de se mépriser souverainement, on se bat, et on se tue si besoin à coup de couteau. Lors de mon séjour, un de ces "</span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">šmekeri</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">" est d'ailleurs poignardé par un "panker", et ce dernier est présenté comme un véritable héros par mes deux punkettes dont les yeux brillent d'enthousiasme lorsqu'elles me narrent cette histoire. Ce conflit est tellement sérieux qu'il y a des bars, des rues, des immeubles, des quartiers à éviter...</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;">Le sociologue qui sommeille en moi se dit alors que l'ambiance générale dans le pays n'y est pas pour rien dans cette rivalité à couteaux tirés. Avec un Etat dont les aspirations à l'indépendance, au demeurant pas 100% illégitimes, ont rapidement viré en rejet de tout ce qui n'est pas croatiquement correct (Serbes, pacifistes, opposants politiques, journalistes indépendants...), ce rejet finit par flotter dans l'air au sein même de la société en phase d'être globalement purifiée de ses éléments allogènes. La violence politique du pouvoir, l'Etat de guerre, les traumatismes et les frustrations des "rapatriés" intérieurs, les non-dits pas très propres du combat national, viennent compléter le cocktail qui fait que, bien qu'unie et patriote en façade, la jeunesse croate est minée de l'intérieur. Rien d'étonnant: à la même époque, c'est au sein même du mouvement "alternatif" de Novi Sad, en Serbie, que les affrontements violents faisaient rage, avec des bagarres opposant des jeunes de différents quartiers antagonistes, ou de différentes tribus musicales. C'est ce que rapporte le film "</span><a href="http://www.imdb.com/title/tt7332012/" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Kontakt</span></a><span style="color: #fff2cc;">", un documentaire récent sur l'underground de Novi sad. L'un des témoins de cette époque précise l'influence du contexte général, l'absence de perspectives, la sensation d'étouffement, la violence rampante et obsédante dans la Serbie d'alors, et le besoin de dépasser ce climat en relâchant sa propre violence, quitte à l'exprimer sur ses propres frères d'armes subculturelles.&nbsp;</span></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le conspi qui sommeille en moi, se dit, lui, que dans les deux cas, les pouvoirs se sont probablement satisfaits de cette "guerre des boutons" en mode "Orange mécanique" qui sévissait au sein de la jeunesse. Comme les calmants précédemment évoqués, une jeunesse que s'entretue ne posera pas les questions qui fâchent sur le coût très élevé de la réalisation du projet national.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Pour refermer mon retour d'expérience autour de la Jabuka, évoquons mes brefs et bénins ennuis avec la maréchaussée locale. Nous sommes en janvier 95: après mon séjour en été 94, je suis retourné à Zagreb pour une dizaine de jours autour du Nouvel An. Par un soir glacé, enhardi par l'alcool, sans toutefois être ivre, après quelques verres sifflés en ville basse, je remonte à pied la colline qui mène au club. Il n'est pas si tard mais il n'y a pas âme qui vive. Arrivé devant la Jabuka, je me fais interpeller par un condé croate, de faction devant l'une des ambassades établie dans le quartier. J'ai déjà quelques rudiments de croate, et comprend grosso-modo ce que me dit le représentant de la force publique, mais l'instinct du moment et un soupçon d' "inat" (relire </span><a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2017/08/iconoclasmes-3-enfumer-nuit-gravement.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;"> pour le sens de ce mot) me poussent à répondre invariablement en anglais et à prétendre ne rien comprendre à ce qu'il me dit, Monsieur l'agent ne parlant ni anglais, ni allemand, bien qu'il me semble néanmoins piger tout ce que je lui dit (peut-être prétend il lui aussi la même chose que moi de façon inversée). Passeport, motif du séjour, durée, lieu de résidence, nom de mon père, profession de mon père, qu'est ce que je fous à Jabukovac à 23h?, l'interrogatoire est interminable, et d'autant plus que, chacun prétendant ne pas comprendre, tout demande à être répété ou reformulé 3 fois. J'ai aussi droit à mon prénom et mon nom, annonné de façon méconnaissable en phonétique croate par mon condé à un collègue via un talkie-walkie grésillant. La réponse lointaine et métallique de celui-ci, entre deux bips électroniques et trois bruits blancs, me vaut enfin, au bout d'une demi-heure, d'être libéré de cette conversation déplaisante. Je ne figure visiblement pas dans la banque de donnée répertoriant les ennemis du valeureux peuple croate. Je sonne alors à la porte de la Jabuka d'où filtre en sourdine la musique. Le portier m'ouvre pour me dire que c'est fermé, bien qu'il me semble qu'il y ait encore pas mal de monde et d'ambiance à l'intérieur. La porte se referme et je regarde le flic dans sa guérite avec haine. Je comprends alors que le dernier bus à prendre à Britanac semble faire partie d'une sorte d'encadrement invisible du public: qui arrive après, par ses propres moyens, non seulement est suspect et se voit contrôlé, mais ne bénéficie pas ensuite d'un droit d'entrée au club.&nbsp;</span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Je suis toutefois conscient de ma chance d'être étranger. Mon passeport français m'ayant sans doute évité un contrôle plus musclé. Certains jeunes Croates que je rencontre à la Jabuka relatent des arrestations aussi arbitraires qu'humiliantes.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Le régime n'hésite d'ailleurs pas à frapper, au sens strict du terme, sa propre jeunesse. La veille de la Toussaint, en octobre 1995, Samobor, charmante et paisible bourgade baroque des environs de Zagreb, est le théâtre d'une action policière que n'aurait pas renié un Pinochet: un festival punk y est violemment réprimé par la police.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-lND3qs1xg2Y/WqVGpmMNdrI/AAAAAAAAD0A/3Evfgs8ldscB_kWZW3eWEaWhPAZI7MF1wCLcBGAs/s1600/Flyer%2BSamobor.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="352" data-original-width="509" height="276" src="https://1.bp.blogspot.com/-lND3qs1xg2Y/WqVGpmMNdrI/AAAAAAAAD0A/3Evfgs8ldscB_kWZW3eWEaWhPAZI7MF1wCLcBGAs/s400/Flyer%2BSamobor.jpg" width="400" /></a></span></span></span><br /><i style="color: #fff2cc;">Très joliment dans l'air du temps, voir vaguement prémonitoire,&nbsp;</i></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>le flyer du festival de Samobor.</i></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Passages à tabac, têtes frappées contre les murs, coups de matraques, coups de pieds, coups de feu, la flicaille n'y va pas avec le dos de la cuillère, à la stupéfaction des habitants de la commune, abasourdis par la disproportion de la répression policière envers des jeunes parmi lesquels figurent même des mineurs, indistinctement violentés, tout comme les filles. La rumeur dit que certains agents mobilisés à Samobor sont fraîchement de retour du front et ont besoin de passer leurs nerfs sur ces insupportables "narkomani" (toxicomanes). Certains jeunes ne doivent leur salut que par le fait d'avoir été cachés par des habitants, d'autres par la fuite à travers les champs de maïs qui entourent la petite ville. Par miracle, il n'y aura pas de morts.</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-KTdclHIv6Ak/WqVGy0kKZaI/AAAAAAAAD0E/u83SUfvJB_MazV6uqy9XrQhVbJSt7KKvQCLcBGAs/s1600/Noc%2BSamobor%2BArena.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="449" data-original-width="704" height="255" src="https://3.bp.blogspot.com/-KTdclHIv6Ak/WqVGy0kKZaI/AAAAAAAAD0E/u83SUfvJB_MazV6uqy9XrQhVbJSt7KKvQCLcBGAs/s400/Noc%2BSamobor%2BArena.jpg" width="400" /></span></a></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>"La nuit qui a horrifié Samobor" (En haut)</i></span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>"Sur la façade, on trouve encore des traces de sang de la tête d'une jeune fille que la police a frappée contre le mur" (en bas).<br />L'article sensationnaliste du journal Arena, une semaine après les faits.</i></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le scandale de ce "bal tragique" à Samobor n'aurait en principe pas dû connaître les lumières de la place publique. S'il est finalement révélé, c'est parce que parmi ces soi-disant "marginaux" et "dégénérés" figurent des enfants de notables, et pas des moindres: Domagoj&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Šeks</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, le propre fils du président du&nbsp;parlement croate Vladimir&nbsp;</span></span></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Šeks (Šeks s</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">e prononce "Chèks"), était avec ses copains à&nbsp;Samobor, le soir de cette chasse aux sorcières. C'est lui qui témoigne dans la presse quelques jours plus tard. Un cas intéressant que celui du fils et du père&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Šeks</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">, qui illustre le fossé entre les générations à cette époque: si le père est&nbsp;un nationaliste convaincu, </span><a href="https://trialinternational.org/latest-post/vladimir-seks/" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">n'ayant pas dédaigné de recourir aux basses besognes et aux crimes de guerre</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> en Slavonie, avec son sinistre comparse </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Branimir_Glava%C5%A1#War_crimes_charges" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Branimir Glavas</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"> (relire </span><a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2016/07/cops-are-not-all-bastards.html" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">), son punk de fils, lycéen modèle puis étudiant en philosophie, est un partisan du pacifisme et de l'altermondialisme.</span></span></span></span><br /><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span> <br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-gXkp41Rj77M/WqVIazDOT8I/AAAAAAAAD0c/LFH8e3eWlxoZZcqUaJ1CxqB2QLbCpBHeQCLcBGAs/s1600/Vladimir%2BSeks%2BOsijek%2B1991.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="550" data-original-width="671" height="262" src="https://1.bp.blogspot.com/-gXkp41Rj77M/WqVIazDOT8I/AAAAAAAAD0c/LFH8e3eWlxoZZcqUaJ1CxqB2QLbCpBHeQCLcBGAs/s320/Vladimir%2BSeks%2BOsijek%2B1991.jpg" width="320" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Vladimir&nbsp;</i><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;"><i>Šeks</i></span><i>&nbsp;en 1991, lorsqu'il met en place le pouvoir spécial (para)militaire&nbsp;</i></span><span style="color: #fff2cc;"><i>à Osijek.&nbsp;</i></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i><br /></i></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-gnwz8BBxMmg/WqVIgZs8JsI/AAAAAAAAD0g/1d_lDUiS1hIWS2RyzqeuBHGFdTT4Xf2XgCLcBGAs/s1600/Domagoj%2BSeks.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="400" data-original-width="300" height="320" src="https://4.bp.blogspot.com/-gnwz8BBxMmg/WqVIgZs8JsI/AAAAAAAAD0g/1d_lDUiS1hIWS2RyzqeuBHGFdTT4Xf2XgCLcBGAs/s320/Domagoj%2BSeks.jpg" width="240" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><i style="color: #fff2cc;">Domagoj&nbsp;</i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;"><i>Šeks</i></span><i style="color: #fff2cc;">, dans ses années "Goa-trance".&nbsp;</i></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Cruelle ironie de ce fossé générationnel, Domagoj&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Šeks</span>&nbsp;ira au bout de son rêve néo-hippie et en mourra: musicien de dub et de trance, il s'installe à Goa dans les années 2000 avec sa compagne. C'est là qu'il décède dans des conditions jamais élucidées (assassinat, accident, overdose...?). Son père restera de son côté l'incarnation pathétique de celui qui a réussi à sauver sa chemise, en louvoyant au milieu des non-dits et des tabous de la sale guerre croate.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;">Pour revenir à Samobor, personne ne répondra véritablement des faits horribles qui y sont survenus. Refrain connu en d'autres pays à 2h d'avion de Zagreb, on accusera les "narkomani" d'avoir ouvert les hostilités en attaquant la police. Ce clash sanglant entre contre-culture et violence d'Etat sera plus tard considéré par beaucoup de ses victimes comme une sorte de rite initiatique fondateur sur le chemin de la subversion. Il témoigne en tout cas de la considération du jeune Etat croate envers ses enfants, et probablement aussi de la nervosité du régime de Tudjman, qui, bientôt, n'aura plus la guerre comme prétexte pour garder la société sous cloche. "</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Temp%C3%AAte_(Yougoslavie)" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Oluja</span></a><span style="color: #fff2cc;">" a déjà "libéré" les derniers territoires "occupés", et Dayton n'est pas loin. Avant de lâcher fatalement du lest, il faut encore procéder à d'ultimes démonstrations de force pour éradiquer ce qui peut l'être, afin de pouvoir rester au pouvoir et rendre le moins de comptes possibles.&nbsp;</span></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-SPjBu4ce2gw/WqVJIapGHeI/AAAAAAAAD0s/YcnVBvDviVAFiyZ-Z40Dozf34aGZaV5ggCLcBGAs/s1600/radio101wikipedai.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="411" data-original-width="625" height="262" src="https://1.bp.blogspot.com/-SPjBu4ce2gw/WqVJIapGHeI/AAAAAAAAD0s/YcnVBvDviVAFiyZ-Z40Dozf34aGZaV5ggCLcBGAs/s400/radio101wikipedai.jpg" width="400" /></span></a></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Mais la jeunesse sait rendre les coups, et c'est lorsque le pouvoir tente de museler Radio 101, la seule radio alternative et impertinente de la capitale, en 1996, que des milliers de zagrébois descendront dans les rues pour défendre "Stojedinica" (pron. Stoyédinitsa""La cent une", le surnom de la radio). Ce sera la première manifestation d'opposition au pouvoir tyrannique de Tudjman (photo ci-dessus), une bouffée d'air frais dans une Croatie, qui, maintenant que la paix est là, aspire à un vrai Etat de droit et aux libertés civiques. Appuyée par une large mobilisation dépassant les clivages politiques, sociaux et générationnels, et soutenue par l'ambassadeur des Etats-Unis et même par certains membres du HDZ sentant qu'il est temps de virer leur cuti, ne serait-ce que pour rester au pouvoir, Stojedinica sera sauvée. Tudjman, fragilisé, et sentant les premiers frimas d'un vent du nord venu de La Haye, ne sera dispensé de répondre de ses probables crimes et complicités de crime, que grâce au cancer l'emportant en 1999, mais c'est une autre histoire...</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Revenons sur la colline de Jabukovac, que nous avons un peu délaissée, même si, chacun l'aura compris à ce stade de la lecture, ce post aux nombreux détours et prolongements, est autant, sinon davantage, que le portrait d'un club, celui, plus global, des époques troublées qu'il a traversées contre vents et marées.&nbsp;</span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">De ces années sombres et lourdes, la Jabuka ressort plutôt grandie, auréolée du prestige d'avoir tenu bon, d'être restée ouverte, d'avoir su gardé son statut précieux d'îlot de liberté et de bon goût musical. Un autre fait d'armes lui vaut crédit et estime: le club a relancé peu à peu une vie rock à Zagreb et en Croatie. Le rock croate revient d'abord doucement aux platines, puis, via l'organisation par la Jabuka du festival "Fiju Briju" (pron. "Fiyou Briyou") à la Dom Sportova ("La Maison des Sports", l'une des plus grandes jauges de la capitale à l'époque), où se produit la fine fleur des groupes croates, et parfois slovènes.</span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://3.bp.blogspot.com/-XRwe0G9eXYQ/WqVJf2sJvsI/AAAAAAAAD0w/u4LyDUoC3XA8yHBucjE0q5ceDuTQ6FF5wCLcBGAs/s1600/Fiju%2BBriju.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="873" data-original-width="625" height="400" src="https://3.bp.blogspot.com/-XRwe0G9eXYQ/WqVJf2sJvsI/AAAAAAAAD0w/u4LyDUoC3XA8yHBucjE0q5ceDuTQ6FF5wCLcBGAs/s400/Fiju%2BBriju.jpg" width="286" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><i style="color: #fff2cc;">Affiche de l'édition 96 du festival.</i></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>"Fiju Briju" est une expression typique du slang zagrébois, calquée sur l'onomatopée "fiju" indiquant quelque chose de fou, et le verbe "brijati", "(se) raser", mais signifiant en argot local différentes choses comme "être défoncé", "envoyer le bois sur scène", "dépoter"....<br />Un équivalent français de "Fiju-Briju" pourrait être "teuf de ouf!".<br />L'expression fut d'abord utilisée comme nom d'une soirée hebdomadaire à la Jabuka, où l'on passait du rock alternatif croate, avant de donner son nom au festival produit par le club.<br />Encore aujourd'hui, avoir participé, en tant que public ou que musicien, à cet événement est une marque de "rock'n'roll-credibility".</i></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le succès de l'événement est tel qu'il se décline ensuite aussi à Split et à Sarajevo. La Jabuka esquisse ainsi aussi un début de renaissance des réseaux rock dans ce qui ne s'appelle pas encore la Yougosphère, mais dont les prémices se dessinent doucement à travers cette première décentralisation de "Fiju Briju". Enfin, le club s'investit dans l'édition de CDs, avec son propre label, Jabukaton, un nom qui n'est pas sans rappeler celui de l'ancienne maison de disque yougoslave, </span><a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2014/12/sur-les-ruines-du-jugoton.html" style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Jugoton</span></a><span style="color: #fff2cc;">. Ce dynamisme stimule d'autres initiatives et contribue à "structurer" toute une nébuleuse où se retrouvent musiciens, disquaires, tatoueurs, ou encore graphistes comme les excellents "</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Božesačuvaj</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">!" (prononcer "Bojésatchouvaï", "Dieu me garde/Dieu m'en préserve!", expression plus courante en serbo-croate qu'en français), auteurs de nombreux flyers, affiches, pochettes de CD, mais aussi de désopilantes cartes postales ironisant sur le "merveilleux paradis que constitue la Croatie libre".</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-p3gsM35pUZs/WqZzKBLzzwI/AAAAAAAAD2Q/kI-7RmOF7lAawgH6kdA2ZKpKOxU5qU_BQCLcBGAs/s1600/Bo%25C5%25BEesa%25C4%258Duvaj%2B5.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="419" data-original-width="580" height="288" src="https://2.bp.blogspot.com/-p3gsM35pUZs/WqZzKBLzzwI/AAAAAAAAD2Q/kI-7RmOF7lAawgH6kdA2ZKpKOxU5qU_BQCLcBGAs/s400/Bo%25C5%25BEesa%25C4%258Duvaj%2B5.jpg" width="400" /></a></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>"Police. République Croate (RH). Ministère de l'Intérieur (MUP).<br />Sincères salutations de la démocratique, amicale, catholique, reconnue internationalement, pour la première fois indépendante après 900 ans, et fortement dévouée à vous et à votre pays, République de Croatie."<br />Carte postale signée&nbsp;<span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;">Božesačuvaj</span>, vers le milieu des années 90.</i></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Paradoxalement, c'est avec la démocratisation que les vrais ennuis du club commencent, avec des résonances jusqu'à aujourd'hui. Il est fermé en 1999 pour cause de nuisances sonores. Les nouveaux riches des quartiers mitoyens de Jabukovac et de&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Pantovčak</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;(pron. Pantov'tchak), où se trouve la présidence&nbsp;croate, ne veulent plus de ce club. Celui-ci réouvre pourtant en 2002, après des travaux de mises aux normes et d'insonorisation. Il change également de régime juridique, passant du statut de club associatif (un relent de l'époque socialiste) à celui de SARL.&nbsp;</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Entre temps, la ville s'est réveillée d'une certaine torpeur, et de nouveaux lieux ont peu à peu vu le jour, comme la&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Močvara</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">, salle alternative située près du parc de loisir de Jarun, en banlieue sud de Zagreb, ou encore la Medika, non loin du centre-ville. Ces nouveaux lieux fédèrent de nouvelles énergies et une nouvelle génération, autour des valeurs alternatives partagées ailleurs en Europe dans des espaces similaires: politisation, conscientisation, végétarisme, défense des minorités, rock engagé ou underground. La Jabuka, dont l'action politique fut en fait de ne jamais véritablement faire de politique, et de rester soi-même face aux ères du temps mouvantes qu'elle a traversée, apparaît alors comme datée. Elle l'est d'autant plus que sa programmation semble elle aussi datée, avec des soirées où les DJ's ont leurs platines calées sur le meilleur des années 80 et 90. Mais là encore, ce qui semble au départ être un handicap, le piège de la ringardise ou de la nostalgie, s'avère être un atout: d'abord, la Jabuka a gardé une partie de son public, lequel a vieillit mais cultive, comme elle, la mémoire musicale des décennies où elle s'est épanouie. Un public plus jeune, désireux précisément de découvrir la musique de ses aîné(e)s, répond aussi présent.</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-CsxwC4cZ3A0/WqVKPtaiGMI/AAAAAAAAD1A/QBG6V6m10GcRUAfbBwx6ZSiYKIsXczwogCLcBGAs/s1600/Jabuka%2Bdanas.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="472" data-original-width="630" height="239" src="https://4.bp.blogspot.com/-CsxwC4cZ3A0/WqVKPtaiGMI/AAAAAAAAD1A/QBG6V6m10GcRUAfbBwx6ZSiYKIsXczwogCLcBGAs/s320/Jabuka%2Bdanas.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est que la Jabuka a su garder sa réputation d'intégrité et de lieu de bon goût, un bon goût qu'elle garde désormais comme du bon vin, sortant ses bonnes bouteilles chaque soir comme autant de millésimes qu'elle partage avec un public de connaisseurs avertis. Loin d'être ringarde, la salle de Jabukovac est la mémoire vivante et intemporelle d'une certaine idée du rock et de la nuit à Zagreb: on continue de s'y retrouver, dans une ambiance bon esprit, à l'écart des modes, du temps et du centre-ville livré aux franchises internationales, aux lounges et aux bars à "cajke" (pron. "tsaïké", la daube croate).</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bref, la Jabuka a traversé l'histoire et ses tourments sans se renier et en restant elle-même. "Un club qui ne pourrit pas"comme le dit l'un de ses récents slogans.</span></div></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Les 50 ans du club ont pourtant un goût amer, et la fête n'est pas complète. Le lieu qui a survécu au régime socialiste, à la guerre, à l'autoritarisme de Tudjman est aujourd'hui victime de chicaneries et d'humiliations infligées par une mairie démocratiquement élue. A l'heure où le club devait souffler ses 50 bougies, des ouvriers, escortés par des "inconnus" musclés, sont venus démolir à la pelleteuse sa terrasse d'été, où des générations de&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Jabučari</span><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">&nbsp;ont bu, dansé, dragué, fumé, ri, refait le monde... Déjà l'an dernier, des "inconnus" musclés avaient mis sous scellés la fameuse terrasse, empêchant l'équipe comme le public du club d'y accéder.</span></span></div><div style="text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-13rJe8E_BOM/WqVMEU1v7dI/AAAAAAAAD1M/pB3opm7nBrcluJT_ZbiLmHG-cY5G0sWkQCLcBGAs/s1600/terasa.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="630" data-original-width="1024" height="196" src="https://4.bp.blogspot.com/-13rJe8E_BOM/WqVMEU1v7dI/AAAAAAAAD1M/pB3opm7nBrcluJT_ZbiLmHG-cY5G0sWkQCLcBGAs/s320/terasa.jpg" width="320" /></span></a></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>La terrasse de la Jabuka ces dernières années...</i></span></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><i><br /></i></span></span></span></div></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-FYk0GRmjEMU/WqVMHbRktfI/AAAAAAAAD1Q/sf7v9h1G89oiV4h3lrxZEEnUZD-7iSJwwCLcBGAs/s1600/GK_Jabuka_terasa-1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="514" data-original-width="913" height="180" src="https://4.bp.blogspot.com/-FYk0GRmjEMU/WqVMHbRktfI/AAAAAAAAD1Q/sf7v9h1G89oiV4h3lrxZEEnUZD-7iSJwwCLcBGAs/s320/GK_Jabuka_terasa-1.jpg" width="320" /></span></a></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><i>La même terrasse fermée et condamnée l'an passé.</i></span></span></span></div><div style="text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><i><br /></i></span></span></span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><img border="0" src="https://2.bp.blogspot.com/-BoYCjF-Ra0A/WqVMJh0fxRI/AAAAAAAAD1U/UWVCdKi3k34D-P9u-yfDXq8LIWDBVWk6wCLcBGAs/s320/Jabuka_8.JPG" /></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #f9cb9c;"><br /></span></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://4.bp.blogspot.com/-jM54I1ZvZTc/WqVNKYuRwBI/AAAAAAAAD1k/iGvThwV_G-0lS-sqkNvn5Iho4-aWeopSQCLcBGAs/s1600/rusenje%2Bjabuke.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1200" data-original-width="1600" height="240" src="https://4.bp.blogspot.com/-jM54I1ZvZTc/WqVNKYuRwBI/AAAAAAAAD1k/iGvThwV_G-0lS-sqkNvn5Iho4-aWeopSQCLcBGAs/s320/rusenje%2Bjabuke.jpg" width="320" /></a></span></span></div><div class="separator" style="clear: both; font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><i style="color: #fff2cc;">La destruction de la "scène d'été" qui se trouvait sur la terrasse,&nbsp;</i><i style="color: #fff2cc;">en février 2018...</i></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Derrière ces différents incidents se cache une bataille entre le club et la mairie de Zagreb, dirigée par l’indéboulonnable Milan Bandić, toujours populaire chez une majorité de "Purgeri" (pron. Pourguèri, "les bourgeois", surnom péjoratif des zagrébois dans toute l'ex-Yougoslavie) qui le réélisent malgré ou à cause de sa bétonisation à outrance de la capitale, de son clientélisme et de sa profonde bêtise.&nbsp;</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bandić souhaite construire un parking à l'emplacement de la terrasse du club (Bandić adore construire des parkings sur des espaces verts !). Accessoirement, il veut la peau du club qui dépare dans ce quartier rupin où se trouvent probablement bon nombre de ses électeurs. Pour ce faire, Bandić prétend que cette terrasse n'a jamais appartenu à la Jabuka, et que celle-ci l'occupe donc illégalement, s'appuyant sur un flou juridique lié au fait que le club a vu le jour à une autre époque, dans un autre Etat, et sous un autre régime politique, aujourd'hui non reconnu, ce qui rend le droit de propriété du club caduque (je résume). Bandic prétend aussi que la présence du club dérange l'école primaire mitoyenne, alors que la direction de la Jabuka fait état de relations excellentes avec le personnel éducatif. On voit de toute façon mal comment un lieu ouvert et travaillant la nuit peut gêner des enfants présents le jour. Le bras de fer, qui date des années 2000, où la Jabuka fut déjà inquiétée, semble vouer à durer, et va s'exprimer désormais par avocats interposés, la direction du club ayant déposé plainte suite aux destructions de ce qu'elle considère comme son bien.&nbsp;</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Le lieu peut néanmoins poursuivre ses activités, mais à l'intérieur de ses murs, sans sa terrasse abritée par les arbres, indispensable en été, lorsque la chaleur du climat continental s'abat sur la ville...</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Nombreux internautes, une partie de la société civile, et même certains médias se mobilisent pour soutenir le club que d'aucuns sur place considèrent comme une institution musicale appartenant à l'histoire de la ville et du pays, qu'elle a indéniablement contribué à mettre sur la carte du monde rock. Un point de vue et des préoccupations que je partage d'autant plus que, j'ai, à mon humble niveau et quoique de manière temporaire, été un Jabučar, dans une période fondatrice de ma vie, qui a beaucoup contribué à l'idée de lancer ce blog. Longue vie à la Jabuka !</span></div></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-NTz4WB9T2pM/WqU_nWpyG8I/AAAAAAAADyc/_3aPcssSFUItRLCVEIsKXlq9fy0qin71QCLcBGAs/s1600/music-club-jabuka-15-467x350.jpg" imageanchor="1" style="font-family: 'Times New Roman'; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><span style="color: #fff2cc;"><img border="0" data-original-height="350" data-original-width="467" height="238" src="https://1.bp.blogspot.com/-NTz4WB9T2pM/WqU_nWpyG8I/AAAAAAAADyc/_3aPcssSFUItRLCVEIsKXlq9fy0qin71QCLcBGAs/s320/music-club-jabuka-15-467x350.jpg" width="320" /></span></a></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: center;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i><span style="color: #fff2cc;">Photo (c) Citypal</span></i></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><b><span style="color: #fff2cc;">Prolongements:</span></b></span></div><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span><br /></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Outre mes souvenirs et connaissances personnels du lieu, quelques articles en serbo-croate ont servi de source pour la rédaction de ce post. A lire en complément, si vous parlez la langue:</span></span><br /><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a href="http://www.index.hr/black/clanak/video-u-bivsoj-kuglani-ante-pavelica-je-prije-50-godina-nastao-klub-u-kojem-se-stvarala-povijest/1026530.aspx"><span style="color: #e06666;">http://www.index.hr/black/clanak/video-u-bivsoj-kuglani-ante-pavelica-je-prije-50-godina-nastao-klub-u-kojem-se-stvarala-povijest/1026530.aspx</span></a></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><span style="color: #e06666;"><br /></span> <br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"></span></div><a href="https://100posto.hr/zivot/jabuka-slavi-pedeseti-rodendan-donosimo-povijest-kluba-koji-ne-truli"><span style="color: #e06666;">https://100posto.hr/zivot/jabuka-slavi-pedeseti-rodendan-donosimo-povijest-kluba-koji-ne-truli</span></a><br /><br /></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #e06666; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><a href="https://www.blogger.com/goog_1033841550"></a></span></div><a href="https://www.telegram.hr/price/mali-esej-o-jabuci-80-ih-nije-bila-osobito-vazna-no-onda-postaje-prostor-slobode-danas-bi-mogla-biti-muzej-rocka/"><span style="color: #e06666;">https://www.telegram.hr/price/mali-esej-o-jabuci-80-ih-nije-bila-osobito-vazna-no-onda-postaje-prostor-slobode-danas-bi-mogla-biti-muzej-rocka/</span></a></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif; text-align: justify;"><br /><span style="color: #e06666;"><a href="http://strazarni-lopov.blogspot.fr/2015/10/dark-dance.html?m=1" target="_blank"><span style="color: #e06666;">http://strazarni-lopov.blogspot.fr/2015/10/dark-dance.html</span></a></span><br /><br /><a href="https://www.tportal.hr/magazin/clanak/evo-zasto-volimo-klub-jabuka-20131201"><span style="color: #e06666;">https://www.tportal.hr/magazin/clanak/evo-zasto-volimo-klub-jabuka-20131201</span></a><br /><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><br /></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">La page facebook de la Jabuka:</span><br /><a href="https://www.facebook.com/GKJabuka/"><span style="color: #e06666;">https://www.facebook.com/GKJabuka/</span></a><br /><br /><br /><b><span style="color: #fff2cc;">Aller à la Jabuka:</span></b></span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">GK Jabuka, Jabukovac 28, Zagreb</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Bus (au départ de Britanski Trg/"Britanac") N° 102 ou 105, arrêt "Paunovac". Une fois sorti(e) du bus, redescendre légèrement en arrière et prendre la première à gauche (rue Jabukovac). La Jabuka se trouve tout de suite après l'école ("Osnovna&nbsp;<span style="text-align: center;">Š</span>kola"), derrière le petit parking...</span></div><div style="font-family: georgia, 'times new roman', serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /><span style="color: #fff2cc;"> N.b.: La photo d'ouverture de post montre l'entrée de la Jabuka lors d'une soirée Halloween.</span></span></div></div><br />
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                    [atom_content] => <div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-8RcqvEtUWMk/WlojUFGvnVI/AAAAAAAADwQ/5ZDmAUSfXXMixvZqWiG0TT3kWe41NHepACLcBGAs/s1600/Predrag%2BLucic%2BMostar%2B.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="575" data-original-width="1023" height="222" src="https://2.bp.blogspot.com/-8RcqvEtUWMk/WlojUFGvnVI/AAAAAAAADwQ/5ZDmAUSfXXMixvZqWiG0TT3kWe41NHepACLcBGAs/s400/Predrag%2BLucic%2BMostar%2B.jpg" width="400" /></a></span></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Photo (c) Mirsad Behram pour Radio Slobodna Evropa.</span></i><br /><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Predrag Lucić nous a quitté ce mercredi 10 janvier 2018, à l'âge de 54 ans, emporté par la même "longue maladie" que celle qui nous priva déjà d'autres plumes humoristiques talentueuses, telles Desproges et Reiser. L'humour, qui pourtant devrait être remboursé par la sécurité sociale, de par ses nombreuses vertus bienfaitrices, ne protège hélas pas de l'infâme bête à pince, mais cessons là les traits d'esprits, car l'ambiance n'est pas à la fête... Peu connu en France, hors de la sphère des yougophiles serbocroatophones, </span><a href="https://www.balkaninsight.com/en/article/predrag-lucic-made-us-laugh-sing-and-cry-01-10-2018" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Predrag Lucic</span></a><span style="color: #fff2cc;"> (prononcer Prédrag Loutsitch) est né à Split, 2e ville de Croatie, en 1964. Il est l'un des fondateurs du célèbre "</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Feral_Tribune" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Feral Tribune</span></a><span style="color: #fff2cc;">", l'une des rares voix médiatiques indépendantes dans la Croatie de Franjo Tudjman. Le magazine satirique est connu pour avoir tissé des liens avec Charlie Hebdo, dans une fraternité de l'humour politique qui avait su dépasser les barrières de langue et de culture (on en avait parlé </span><a href="http://yougosonic.blogspot.fr/2016/01/charlieferal-ou-la-fraternite-darmes-de.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;">).&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-dQnT_yvC598/Wlov5S4L2KI/AAAAAAAADwo/RQdfD5ptcdMMg-5N2RtCx82MEqSHNA44ACLcBGAs/s1600/predraglucicmostar.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="370" data-original-width="600" height="197" src="https://2.bp.blogspot.com/-dQnT_yvC598/Wlov5S4L2KI/AAAAAAAADwo/RQdfD5ptcdMMg-5N2RtCx82MEqSHNA44ACLcBGAs/s320/predraglucicmostar.jpg" width="320" /></a></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Predrag&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;">Lucić</span></i></div></div><div style="text-align: justify;"><br /></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">C'est au sein du "Feral" que Predrag Lucić, et ses deux principaux frères d'armes, Boris Dežulović et Viktor Ivan</span><span style="color: #fff2cc;">č</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">ić (prononcer respectivement Déjoulovitch et Ivann'tchitch), testeront la subtile et complexe dialectique qu'implique la contestation, par l'humour ou par l'enquête de fond, d'un pouvoir peu réceptif à la critique. D'abord avec le régime communiste finissant, lorsque le "Feral" est encore un supplément hebdomadaire du grand quotidien de Split et de sa région, </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Slobodna_Dalmacija" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Slobodna Dalmacija</span></a><span style="color: #fff2cc;"> ("Dalmatie Libre"), et que s'ouvrent ça et là des fenêtres d'impertinence; puis, lorsque le HDZ de Franjo Tudjman prend le pouvoir, non seulement en Croatie, au bord de l'indépendance, mais également au sein de la rédaction de Slobodna Dalmacija, dans une parfaite continuité des méthodes de noyautage tous azimuths de l'ancien régime, dont, après tout, la plupart des membres du parti nationaliste sont issus.&nbsp;</span></span></div><div style="text-align: justify;"><br /><a name='more'></a></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">C'est à ce moment là que l'équipe du Feral Tribune s'affranchit de Slobodna Dalmacija pour suivre son propre chemin, récupérant au passage des transfuges du quotidien dalmate, et notamment </span><a href="http://dicocroate2.over-blog.com/2015/10/miljenko-smoje.html" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Miljenko Smoje</span></a><span style="color: #fff2cc;"> (pron. Milyenn'ko Smoyé), célèbre écrivain et journaliste splitois, l'un des premiers à avoir introduit le "parler dalmate" dans la presse, après la IIe Guerre Mondiale. Un outil dont il se servit pour placer discrètement des critiques du régime communiste, qui n'y voyait que du feu: le pouvoir interprétait les articles sarcastiques de Smoje en dialecte comme l'expression inoffensive de la galéjade populaire, ou y voyait la marque du bon sens des petites gens, témoignant, si besoin en était, de la supériorité intellectuelle de la classe ouvrière. Ceux qui savaient lire entre les lignes, en revanche, comprenaient le vrai message que Smoje faisait passer. Celui-ci était aussi un homme de terrain, parcourant inlassablement les îles, villages, recoins, monts et vaux, du vaste pays dalmate, allant au plus près des gens pour appréhender au plus juste la réalité humaine de cette région, et les mutations qu'elle traversait avec le nouveau régime et ses élans "modernisateurs".&nbsp;</span></span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://1.bp.blogspot.com/-mVJmFw12asI/WlompPhRq7I/AAAAAAAADwc/nkvz0wYdng4K2UTtRa84JTRho0kXOI9SgCLcBGAs/s1600/smoje.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="225" data-original-width="300" src="https://1.bp.blogspot.com/-mVJmFw12asI/WlompPhRq7I/AAAAAAAADwc/nkvz0wYdng4K2UTtRa84JTRho0kXOI9SgCLcBGAs/s1600/smoje.jpg" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><i>Miljenko Smoje.</i></span></span></div><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;"><br /></span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Si je parle de Smoje (il faudra un jour lui consacrer un post à lui tout seul), c'est parce qu'il fut indéniablement un mentor de Luci</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">ć</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;et de ses complices, des jeunes journalistes enthousiastes et frondeurs, gargarisés au départ, selon leur propres dires, par les brèches de démocratisation, dont ils ne se doutaient pas tout de suite qu'elles allaient virer en fissures irréparables. Smoje fut, lui, propulsé journaliste lors de cet autre changement majeur d'époque que fut l'arrivée des communistes au pouvoir.</span><br /><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">Comme leur illustre aîné, Lucić&nbsp;et ses complices exprimèrent leurs critiques par l'humour, allié à la recherche de la vérité, celle que l'on cache, recherche passant par un examen solide des faits. Comme Smoje encore, l'équipe du Feral troquera volontiers les bureaux confinés du journal contre l'atmosphère chaleureuse, foutraque et populaire des bistrots splitois, beaucoup plus inspirante pour les brainstormings et autres conférences de rédaction.</span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="https://2.bp.blogspot.com/-E9UP28filsE/Wlo3OqM1uOI/AAAAAAAADxE/WIDlGRFXEVADT2kYieq2EtLNWrbpXU4JACLcBGAs/s1600/Feral%2BEkipa.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><img border="0" data-original-height="1025" data-original-width="1600" height="205" src="https://2.bp.blogspot.com/-E9UP28filsE/Wlo3OqM1uOI/AAAAAAAADxE/WIDlGRFXEVADT2kYieq2EtLNWrbpXU4JACLcBGAs/s320/Feral%2BEkipa.jpg" width="320" /></a></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><i>Le jeune trio à la tête du Feral: de gauche à droite,&nbsp;</i></span></div><div style="text-align: center;"><i><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;">Viktor Ivan</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;times new roman&quot;; text-align: justify;">č</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;">ić,&nbsp;</span></span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;">Boris Dežulović</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;">&nbsp;et&nbsp;</span><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif; text-align: justify;">Predrag Lucić.</span></i></div><div style="text-align: center;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><span style="color: #fff2cc;">Cet exposé un rien picaresque ne doit pas cacher la réalité beaucoup plus tendue qu'affrontent très vite&nbsp;Lucić&nbsp;et ses camarades. Certes au début, le HDZ&nbsp;apprécie les critiques du nationalisme serbe exprimées dans le journal, notamment par Lucić, qui, ayant étudié l'art dramatique à Belgrade au milieu des années 80, a vécu de près ce changement idéologique: lorsqu'il s'inscrit à la faculté en 1984, "Belgrade est encore une ville ouverte, yougoslave" confessait-il dans une interview de 2013 (à lire </span><a href="http://www.tacno.net/novosti/predrag-lucic-jugoslavija-je-bila-nasa-eu-sanjali-su-je-najbolji-a-srusili-najgori/" style="color: #fff2cc;" target="_blank"><span style="color: #e06666;">ici</span></a><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"> si vous parlez l'idiome). Cependant, après que le Parti Communiste Serbe et l'</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/SANU_Memorandum" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Académie Serbe des Sciences et des Arts</span></a></span><span style="color: #fff2cc;"><span style="color: #fff2cc;"> aient commencé à exprimer leurs thèses nébuleuses sur la "nation serbe menacée et opprimée" par les autres peuples de Yougoslavie, l'étudiant découvre que "certains de [ses] collègues, dont [il] savait qu'ils n'étaient pas chauvins, se sont soudainement passionnés pour l'histoire". Surtout l'histoire du peuple serbe et de ses souffrances infligées notamment par les Croates. "- Hé, Petzo (diminutif de Predrag), comment vous avez vous pu faire ça, franchement ? - Comment ça? Qu'est ce que j'ai fait?" demande Predrag Lucic à l'un de ces nouveaux convertis à l'histoire du peuple serbe. "- Ben, </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Camp_d%27extermination_de_Jasenovac" target="_blank"><span style="color: #e06666;">Jasenovac</span></a><span style="color: #fff2cc;">!".</span></span></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&quot; , serif;"><br /></span></div><div style="text-align: justify;"><span style="color: #fff2cc; font-family: &quot;georgia&quot; , &quot;times new roman&